#Rugby – Nationale / Le SC Albi à la croisée des chemins.

Ce dimanche, le Sporting Club Albigeois s’est rapproché de son destin, malgré la défaite à Tarbes. A 15 jours des playoffs, les hommes d’Arnaud Méla, sont certes qualifiés, mais les prestations actuelles laissent pantois les suiveurs. Ce groupe qui depuis 4 ans vit de nombreuses péripéties, semble s’essouffler et va devoir dans cette dernière ligne droite de Nationale , trouver une seconde respiration pour voguer jusqu’à l’itw objectif collectif : la Pro D2. Tour d’horizon de la situation.

Une saison sinusoïdale

Il est un doux euphémisme de dire que la saison du SCA, est celle dont tous les supporters avaient rêvé. Dès l’avant saison, le sort semblait s’acharner sur les gars de la cité épiscopale. Frappés par une vague de Covid-19 à quelques heures d’entamer leur première rencontre amicale face à Narbonne, les joueurs de la préfecture du Tarn ont vu leur préparation totalement tronquée par le contexte sanitaire. Pis encore, la première rencontre à domicile du championnat face à Bourgoin, était elle, annulée pour cause de déluge, tandis que le match de la 5 eme journée à Cognac était lui, reporté pour cause pandémique. Alors que la saison se mettait en sommeil provisoirement fin octobre, le SCA ne pouvait s’appuyer que sur 4 rencontres sur 6 initialement prévues. Malgré le match nul inaugural à Nice et une victoire sans relief face à Dax, les albigeois se mettaient en vacances hivernales avec la tête à l’envers. Car la défaite à Suresnes avait laissé des traces psychologiques bien au delà de celle à Bourg et posait des questionnements sur l’envie et l’implication de ce groupe pourtant rodé a l’adversité.

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Après 2 mois d’interruption, la Nationale reprenait début 2021 avec un Sporting Club Albigeois qui enchaînait 3 victoires à domicile, dont deux importantissimes face à Nice et Bourg en Bresse. Malgré la défaite sur le fil à Bourgoin le comeback des jaunes et noirs semblait fleurer bon, la détermination des années précédentes et une maîtrise collective rassurante. Après une première victoire hors de ses bases à Dax, tout semblait sourire à un SCA qui regrappillait du terrain au classement. Mais les démons du passé resurgissaient et les tarnais venaient fracasser presque 3 ans d’invincibilité au Stadium , dans une rencontre où les cognaçais leur avaient roulé dessus. Vexés, piqués dans leurs orgueils, une fois de plus Matthieu André et sa bande réenclenchaient la courbe fluctuante de leurs prestations, et après avoir touché le fond face à des valeureux charentais, les ex pensionnaires de Pro D2, dominaient Bourgoin, puis Suresnes et Narbonne. L’apport des nouvelles recrues, comme Jacques Engelbrecht ( Macon), couplé à un regain de détermination permettait à tout le peuple jaune et noir de croire à nouveau à un destin radieux.

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Mais alors que le club du président Roumegoux entamait la dernière ligne droite, et que tous les voyants étaient verts, voilà que les soubresauts se réinvitaient dans leur parcours. Dans un derby occitan face a des Caouecs grandement affaiblis (17 blessés), les albigeois ultra dominateurs durant les 30 premières minutes, mais quasi stériles au compteur score ( 7-0) vont voir des locaux leur donner une leçon d’envie en seconde période et s’imposer à la surprise générale. Alors que la semaine précédant ce match, le club avait été frappé par le décès accidentel de l’ex feu follet du Stadium, Thomas Lacelle, joueurs et staff repartaient du stade Ernest Argeles emplis de frustration, en sus du chagrin qui les avaient assaillis.

Depuis cette rencontre, Albi cherche son rugby et ses valeurs séculaires de combativité. Et ce n’est pas la victoire face à Dijon, à l’image de cette saison inconstante, ni celle aux forceps face à Aubenas, qui ont ravivé une flamme s’étiolant peu à peu. Le capitaine albigeois, Matthieu André parlait même de « père Noël » pour qualifier son équipe, tant les jaunes et noirs ont fait des offrandes ces derniers mois à leurs adversaires. Si vous y rajouter un calendrier qui se remodule au grè des épidémies de Covid-19 (Cognac et Tarbes), et une victoire en trompe l’œil face à l’UCS, le tableau de ce sporting certes un pied et demi en playoffs mais tellement décevant, est loin d’avoir le lustre attendu. La quintessence de ce sentiment bizarre qui anime le Stadium, fut la victoire indigeste face aux savoyards du SOC. Certains joueurs avouant à l’issue du match que si le public avait été présent, ils seraient sûrement sortis sous la bronca du peuple jaune et noir. Arnaud Méla, le manager albigeois de rajouter : «Vu l’intensité qu’on a mis aujourd’hui, j’ai peur que les Tarbais nous poussent contre les grilles voire contre le Pic du Midi.»

Heureusement, une semaine plus tard, les prémonitions d’Arnaud Méla ne se révélaient pas totalement, les albigeois relevaient le défi physique en première période et sortaient avec 7 points d’avance à la pause (3-10). Les joueurs d’Arnaud Méla et Jérémy Wanin, déjà qualifiés pour les demi-finales d’accession avant de jouer cette rencontre et s’endormaient peu a peu bafouant leur rugby et faisant preuve d’une fébrilité inquiétante à 15 jours du Monney time. Défaits par de vaillants bigourdans qui voulaient finir en apothéose dans leur antre, Albi sortait de cette avant dernière levée de nationale avec la tête en vrac et de sérieux fantômes qui rôdent autour du groupe . Résultats une nouvelle défaite (15-10) qui obligent les jaunes et noirs à se déplacer lors de la 1/2 finale soit à Bourg , soit à Nice. Tout un menu .

« Opération Commando Pro D2 »

Mais cette défaite, en plus d’obliger les joueurs de la cité épiscopale à se déplacer en terre inconnue, est aussi venue mettre en exergue les maux du moment : l’état de fraîcheur, la fatigue mentale et l’infirmerie pleine du SCA. Ce groupe qui a vécu moult affronts (« affaire Cardona », non montée en Pro D2 en 2020), mais aussi avec énormément de pression (situation économique à flux tendu en 2019), ne serait-il pas làs de tant de turpitudes depuis 4 ans. Si cela s’avérait vrai, l’effondrement mental de cette équipe qui formait encore il y a peu une bande de frères, arriverait au pire des moments : celui où les récompenses tombent et le prix du travail effectué au grès des mois et des années trouvent son accomplissement.

Arnaud Méla qui depuis un mois et demi soupèse l’idée de poursuivre ou non l’aventure en terre tarnaise, est à l’image de ses joueurs : à la croisée des chemins. Le coach albigeois qui voit son équipe dans le dur mentalement et physiquement au grè d’une saison où chaque carrefour fut un rond point, doit aussi faire face à une hécatombe de blessés (Feltrin, Farret, Veyrac, Toevalu, Essid, Pardakhty, Mafi, Doan ou encore Gaillard) qui restreignent l’éventail de ses choix et des options tactiques qui en découlent. Autant dire que tous les signaux ne sont plus au verts au Stadium Municipal d’Albi.

Du côté de l’état-major albigeois, on se projette budgetairement bien entendu sur une possible accession dans l’antichambre du Top 14, mais le paradigme d’une non montée ,oblige les dirigeants albigeois à évoluer avec prudence, entre autres sur le dossier recrutement. Dans ce domaine les albigeois ont eu des contacts. Au rayons des pistes envolées, on peut trouver Sebastien Poet, Dorian Jones, Chaput ou Sakiusa Bureitakiyaca qui se sont respectivement engagés avec Carcassonne, Narbonne et Nice. Mais Albi reste vigilant sur d’autres dossiers comme ceux provenant de la filière dijonnaise, a l’exemple du prometteur arrière bourguignon, Enzo Marzocca ou le pilier droit international portugais Diogo Ferreira. Deux dossiers pris très au sérieux qui actuellement végètent temporairement dans l’attente tant de l’avenir d’Arnaud Méla que de la destinée sportive du SCA.

Comme un signe de ce besoin de répit, le « Sporting » enverra sa jeunesse triomphante en terre massicoise. Pas par forme de manque de respect aux ex pensionnaires de Pro D2, mais bel et bien dans un besoin rédempteur de se régénérer et de faire groupe, aux vues du défi qui les attend : ramener toute une ville qui s’impatiente en Pro D2. Mis au vert durant deux jours cette semaine les albigeois, d’Arnaud Méla on resserré les troupes, le bigourdan d’origine se comportant tél un berger qui va affronter le derniers col d’une longue transhumance. Albi qui a crut apercevoir les vertes prairies de Pro D2 tél un mirage qui se dérobe sous ses pieds en 2019 et 2020, arrivera-t-il à y accéder par des chemins plus ravineux qu’escarpés ?

Cela pourrait être l’épilogue de ce groupe paradoxal qui s’est fracassé par deux fois face au sort alors que la montée lui tendait les bras, et qui sait, s’y invitera alors que la communauté de suiveurs ne donne pas cher de leurs peaux. Réponse dans quelques jours, pour savoir si Arnaud Méla, Mathieu André et tout le groupe albigeois veulent encore écrire ensemble le plus beau des chapitres de leur aventure commune.

Article rédigé par Loïc Colombié

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