#Rugby – Fed1 / P.Sardella (USSS) : «Pour les joueurs, ça a été dur et je ne parle pas des habitants de Saint-Sulpice!»

Lors du petit journal de la Fédérale 1 dans le cadre de l’émission « Le #MagSport by H2G », nous sommes allés faire un tour sur les bords de la Lèze, à Saint-Sulpice, avec l’un des co-présidents de l’USSS, Pierre Sardella. Ce dernier nous a narré sa vision et son vécu, d’une saison pas comme les autres, tout en pointant les conséquences pour son club. Mais à Saint-Sulpice, on prépare ardemment autour de Victor Labat et Olivier d’Argentin, le prochain exercice, en voulant pérenniser l’évolution de l’équipe première et de la formation, sans oublier de développer le rugby féminin. Focus sur un club qui a fait chuter Narbonne et Albi lors de deux derniers exercices de fédérale 1, et qui attend avec impatience de re- communier avec son bouillant public de Gaston Sauret.

 

Pierre Sardella co Pdt USSS / Crédit photo Le #MagSport – Studios H2G

 

Pour l’US Saint-Sulpicienne comme pour l’ensemble de la Fédérale 1, cette année ne restera pas dans les annales puisqu’il s’agit d’une seconde année noire. Comme les viticulteurs viennent de subir la gelée noire, la gelée noire du Covid s’est abattue sur la Fédérale 1 depuis deux saisons. Vous n’avez pas pu finir celle de l’année dernière alors que vous faisiez un magnifique parcours, cette année, vous avez à peine pu commencer la saison. J’imagine que l’ensemble du staff, des joueurs, des bénévoles et du peuple de Saint-Sulpice qui suit cette équipe avec ferveur doit être en forte peine de ne pas avoir son vecteur social, le rugby ? 

 

La saison dernière s’était arrêtée en Mars alors que nous ambitionnions de faire un ou deux tours en phase finale puisque nous en avions déjà fait un l’année d’avant. C’était un peu l’euphorie et ça a coupé l’herbe sous le pied de tout le monde mais cette saison-là a vraiment été catastrophique. Nous sommes passés par tous les états, on a bossé avec les moyens du bord pour lancer la saison avec des règles drastiques autour du terrain. Nous avons commencé la saison à Hyères, nous avons fait trois matchs officiels et deux matchs amicaux contre Lannemezan et Auch. Depuis fin Octobre, où il y avait eu un ou deux matchs annulés pour cause de Covid dans l’équipe adverse, on a été jusqu’à la suppression de la saison fin Février. On est passé par des plus haut aux plus bas, ça a été assez difficile à gérer avec les joueurs, un peu moins avec les éducateurs car nous sommes quand même assez proches d’eux. Mais pour les joueurs, ça a été dur et je ne parle pas des habitants de Saint-Sulpice, il y a vraiment eu des hauts et des bas.

 

On sait que le stade de Saint-Sulpice est un stade bouillant comme on les aime en Fédérale 1, avec le public le long des talanquères et tout le monde massé les uns contre les autres. On se souvient aussi de votre club-house, un vrai club-house à l’ancienne où tout le monde se regroupe à l’intérieur. Qui dit Covid dit impossibilité temporaire de toutes ces pratiques et je suppose que, pour l’instant, une partie de l’âme du club s’est étiolée ? 

 

Oui, elle s’est étiolée. Nous n’avons reçu qu’une fois en championnat, c’était Lavaur, nous avions eu toutes les autorisations de la mairie pour les animations, repas et sandwichs qui se tenaient à l’extérieur du chapiteau. Donc, le club-house tel que tu le connais était vide, il était juste ouvert pour permettre aux partenaires d’aller aux toilettes. En plus de ce match, il y avait eu l’amical contre Auch qui s’était fait avec des masques, des buvettes avec barrières pour laisser passer les gens, c’était très, très compliqué. Mais nous avons eu quand même pas mal de monde du village contre Lavaur avec le masque et en respectant les gestes ainsi qu’une place assise sur deux dans les tribunes. 

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On va dire que ça a été une bouffée d’air frais pour les supporters avant une longue apnée jusqu’à la prochaine saison ? 

 

Oui parce qu’ils sont passés par tout les états . Nous, dirigeants, avons été occupés par 2 / 3 petites affaires pendant la trêve dont un petit contrôle qui s’est bien déroulé avec la DNACG, nous avons mis les moyens personnels de leur fournir tous les tableaux qu’ils désiraient plus un petit litige sur le match de Lavaur avec un joueur non qualifié qui a joué. Nous avons donc été occupés par ça mais, dans le village, nous étions tout le temps questionnés lorsqu’on passait  » alors, alors, alors, alors ?  » . Alors rien, parce qu’on n’avait rien à leur dire et qu’on ne savait pas trop quoi leur répondre. Quand il y a eu l’arrêt total de la saison, je ne te cache pas que ça a été un ouf de soulagement pour nous. On arrivait au taquet, on avait de plus en plus envie de préparer la saison prochaine, on se voyait mal recommencer avec des matchs et des poules recomposés, jouer la qualif ou la descente sur 7 ou 8 matchs. On ne voyait pas tout ça, on n’avait plus la force, les joueurs n’avaient plus envie de rentrer là-dedans parce qu’ils avaient arrêté depuis quelques temps. Même si ça a été la grosse déception depuis le mois d’Octobre, je pense que notre rôle a changé quand la Ministre des Sports nous a catégorisé comme catégorie amateur. Ça, ça a vraiment tout fait dégringolé et on s’est retrouvé comme les autres séries ou en honneur, sans aucun droit de pratiquer notre sport favori.

 

Je vais rebondir sur tes propos quand tu nous parlais de la DNACG. Quel est l’impact financier de cette crise du Covid et de la suspension du championnat ? Est-ce que, comme certains clubs, ça vous a permis de faire une pause financière et de régénérer un peu les finances ou est-ce que ça a creusé des trous abyssaux ? 

 

Je serai plutôt dans la 1ère catégorie, on a eu pas mal d’aides, qu’on n’a pas tous les ans. Chez nous, les aides publiques sont très, très limitées, entre la mairie d’un village de 2 000 habitants, le Conseil Départemental et le Conseil Régional, ça ne dépasse pas 7 à 8% du budget global. Cette année, on a eu beaucoup plus d’aides dont celles de la Fédération Française de Rugby comme le coût des licences, globalement, c’étaient des sommes qu’il n’y avait pas à débourser et nous a aidés. Donc, nous sommes un petit peu dans la 1ère catégorie, nous avions 5 contrats pluriactifs qui seront malheureusement certainement rémunérés jusqu’à fin Juin par Pôle Emploi mais rien à débourser pour nous. D’un autre côté, tous les défraiements au niveau des joueurs ont été stoppé fin 2020, nous les avions intéressés jusqu’en Décembre, avant la décision d’être catégorisé club amateur car, comme nous pensions reprendre en Janvier, nous les avions un peu défrayés pour qu’ils puissent venir à l’entraînement sur Novembre et Décembre. Quelques éducateurs sont aidés parce qu’ils continuent quand même mais il n’y a plus rien d’autre. Les partenaires ont donné, on en a été très surpris car les partenaires ont continué à donner, pas tous et c’est bien entendu normal. Donc, c’est une saison sans frais de bus, sans frais de repas, d’arbitres ou autres et nous avons bien sûr mis ces sommes de côté car je pense que c’est la saison prochaine qui sera assez difficile, nous verrons cela avec les autres clubs de la division. Certains qui ont participé cette année ne participeront peut-être pas l’année prochaine, il va falloir réamorcer les partenaires qui ne nous ont non pas abandonnés mais qui ont dû faire en fonction de leurs situations personnelles. Quand on remettra le bilan de cette année, il est certain qu’il risque d’être largement bénéficiaire car nous n’avons pas eu de dépense mais nous n’atteindrons pas notre budget prévisionnel de 470 / 500 000€ qu’on avait jusque-là. Mais, pour l’instant, nous sommes dans la première partie de ce que tu as cité. 

 

Avec ces très, très longues vacances de la Fédérale 1 qui ont commencé en Octobre, et comme on sait que la nature a horreur du vide, est-ce qu’il n’y a pas une crainte que le groupe qui se créait depuis quelques années autour de Victor Labat éclate, faute de compétition ? 

 

C’est un petit peu le problème. Victor Labat a beaucoup, beaucoup œuvré avec nous durant cette année, il intègre de plus le club car il fait partie des contrats Campus 2023 donc, il va nous aider dans d’autres secteurs du club où il est très, très performant. Il a tout fait durant la saison pour continuer, on a continué à faire s’entraîner un petit peu les joueurs avec un entraînement hebdomadaire le dimanche matin à cause du couvre-feu, car nous avons beaucoup de joueurs toulousains qui ne peuvent pas rentrer chez eux dans les temps et qu’on ne peut pas faire d’attestation. Pour le moment, nous avons peu d’arrêts ou de départs donc, nous préparons la saison prochaine. Le 8 Mai, nous avons repris des entraînements un petit peu plus sérieux le samedi matin tant que le couvre-feu ne disparaît pas, avec une réathlétisation de tous les joueurs du groupe senior ainsi que les espoirs qui seront conviés. On verra bien qui revient, on a bien entendu appelé tous les joueurs, on sait pour le moment qui arrête et nous n’avons pas une perte énorme. Qu’est-ce que ça va donner sur le terrain, je ne sais pas mais nos coachs restent les mêmes, Victor Labat et Olivier Argentin et c’est un gros plus. En espoirs, Franck Ayela doit retourner un peu plus à plein temps au Stade Toulousain et il m’a prévenu qu’il ne serait plus là, nous avons donc récupéré Benoit Pierre, qui s’occupait des espoirs de Castanet, qui s’occupera des lignes arrières et qui sera associé à Michel Rieux qui était déjà en place. Il y a donc continuité au niveau de l’encadrement, le coach sportif est le même, il y a une grosse stabilité et on est serein. 

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Concernant l’avenir, il y a de grosses craintes sur les équipes espoirs où des jeunes qui n’ont pas joué depuis deux ans vont intégrer cette catégorie espoir. Passer en espoir est déjà un grand saut mais avec quasiment deux ans sans compétition, c’est quasiment un saut dans le vide ?

 

Oui, en effet et nous, nous allons y aller petit à petit là-dessus. Nous avons un bon groupe d’espoirs qui est stable, à part les espoirs qui vont au-delà de l’âge de 23 ans et qu’on propose aux autres clubs aux alentours, mais nous avons des espoirs qui sont stables. On a déjà pas mal recruté en espoirs avec déjà 8 à 10 joueurs considérés vraiment comme espoirs qui vont venir chez nous. Pour parler des juniors qui étaient aux portes des espoirs, nous avons justement comme projet de club de développer une Académie des Sports avec un dépôt de dossiers plutôt pour 2023 et dont Victor Labat s’occupera. On est en train de monter tout ça, on pourra intégrer les cadets qui montent en juniors, les meilleurs juniors et les meilleurs espoirs pour essayer de conserver le plus de joueurs possibles, en tous cas un peu plus que maintenant, au niveau des groupes seniors et espoirs. 

 

En clair, tu es en train de nous dire que vous allez sortir des Roquebert à la pelle ? 

 

Ça, ça serait bien, ça serait l’idéal mais même un ou deux par an serait exceptionnel (rires). Nous avons deux autres projets mais celui de l’Académie USSS prend forme, tous les éducateurs sont concernés tout comme l’un de nos joueurs seniors qui s’en occupe, notre arrière Pierre Jeudy. On est en train de mettre en place un planning hebdomadaire pour s’occuper de tous ces jeunes, autant sportivement qu’intellectuellement. 

 

Si on écoute tes propos, et même si le mot n’a pas encore été évoqué, on sent que Victor Labat devient vraiment une pierre angulaire du club. Vous lui confiez de plus en plus de missions, c’est quasiment un  » manager à l’anglaise  » pour reprendre les propos du football ? 

 

C’était déjà ça mais ça l’est encore plus. Pour deux ans, le temps que dure le contrat Campus 2023 avec la FFR et Pôle Emploi jusqu’à la Coupe du Monde, nous nous sommes donné des projets avec Victor Labat. Ça fait un petit moment que Victor est dans le club et ça ne sera pas éternel, lui-même le dit, parce qu’on ne peut pas rester coach comme ça. Il y a des envies naissent ou des joueurs qui en ont peut-être marre de toujours voir les mêmes têtes mais nous avons vraiment de beaux challenges sur deux ans. Ça nous a au moins permis de nous reposer sur les problématiques des matchs les dimanches et donc de réfléchir à tout ça et là, je pense que l’on va bientôt pouvoir annoncer des trucs de bien pour la Vallée de la Lèze, car c’est cette dernière en entier que l’on atteint, pour essayer de récupérer tous ces jeunes. Il y en a vraiment beaucoup dans la Vallée de la Lèze, certains à gros potentiels et pour ceux qui ne pourront pas aller plus loin, ils alimenteront les clubs aux alentours comme Haute-Rive, l’ESAP, Carbonne, tous ces clubs avec qui nous avons des partenariats et qui sont bien sûr rentrés de plein fouet dans le projet. Avec ces clubs-là, on espère vraiment, vraiment faire de Saint-Sulpice une équipe d’avenir. On verra à quel niveau cela sera, car il va y avoir beaucoup de mouvements, mais on verra bien tout ça. 

 

On va parler aussi de l’avenir de la Fédérale 1. Elle va reprendre normalement dans le format actuel avec, à priori, plus ou moins les mêmes poules mais on a vu qu’il y avait des  » frondeurs « , mot à la mode en politique, avec 12 clubs qui ont des sociologies semi-pros voire même pour certains, quasiment totalement professionnelles et qui aimeraient se détacher de la marée semi-amateur de la Fédérale 1. Qu’est-ce qu’on en pense à Saint-Sulpice-sur-Lèze ?

 

Concernant déjà les 14 clubs de la poule Nationale, nous n’étions pas dans ce projet-là même si nous étions plutôt bien placés à l’époque au classement pour être promus dans cette liste (rires). J’ai en effet entendu parler et lu des annonces sur 12 clubs qui, à la fin de la saison 2021 / 2022, pourraient rejoindre la Nationale pour former deux poules de 12, si j’ai bien compris, et ça, ça nous porte souci. On ne va pas trop, trop savoir où se situer, il est certain que ça va appauvrir la Fédérale 1 qui sera pratiquement une Fédérale 2. Est-ce que ce seront des clubs de Fédérale 2 qui monteront pour faire une quarantaine de clubs ? On est en train de tirer par le bas et on se pose vraiment plein de questions. Je comprends que ces 12 clubs  » frondeurs  » aient des moyens autres que Saint-Sulpice ou d’autres clubs de la poule et qu’ils aient aussi envie de voir un petit peu plus haut mais qu’est-ce que ça voudrait dire ? Que l’on ferait monter ces 12 clubs à la fin de la saison sur des comptes comptables ou est-ce que ce seront les 3 premiers par poule ? C’est tout cela qui nous gêne un peu. 

https://www.aristow.com/fr/

Logiquement, si la genèse de la construction de la Nationale était suivie, s’il y avait une seconde poule ou une Nationale 2, elle serait générée sportivement ? (Itw réalisé avant l’annonce de la réforme des compétitions)

 

Oui, il faut l’espérer mais nous, nous n’adhérons pas trop, il va falloir que l’on se situe. Actuellement, on monte des tas de projets en se situant par rapport à la Fédérale 1 telle qu’elle est actuellement mais en plus, concernant la Nationale qui s’est créée, on devait la tester sur une à trois saisons alors qu’on va déjà en changer le mode. Nous, vraiment, on ne sait pas trop et on attend. Il est sûr que l’on va jouer la saison 21 / 22 à fond, si on peut la jouer entière et normalement, ce sera déjà la grosse cerise sur le gâteau au niveau de tous les clubs. On va donc déjà la jouer à fond et on verra à la fin de la saison où est-ce que l’on se situera. 

 

En termes de subventions publiques ou même de sponsoring, vous étiez jusqu’à l’année dernière considérés comme la 3e division du rugby français. Aujourd’hui, statutairement, vous êtes la 3e bis mais sportivement, on va dire que vous êtes la 4e division et s’il y avait encore une poule entre, vous passeriez 5e division. Est-ce que cela aurait un impact économique pour Saint-Sulpice ? 

 

Économique, je ne sais pas, je n’ai pas trop, trop regardé. Je sais que nos partenaires sont géographiques et aiment beaucoup le club, on les fera aussi vibrer dans une autre division. Au niveau de l’accueil des joueurs, de la nature et de la richesse des entraîneurs, il est sûr que l’on dégringolera quand même un petit peu car je pense que passer de 3e division à 5e, ça fait un grand saut. Est-ce qu’au niveau de la Fédérale 1, s’il y a les 12 clubs en moins, il y aura des matchs en moins et donc des poules plus petites ? On ne voit pas actuellement. Est-ce que ces 12 clubs qui souhaitent monter la Nationale 2 dans le futur pensent avoir les reins assez solides pour aller à ce niveau-là ? Je ne sais pas. On voit Trélissac qui a des soucis et on risque d’en voir d’autres d’ici Juin ou Juillet. Nous, nous aimerions garder la Fédérale 1 telle qu’elle était il y un an mais ça n’avait déjà pas été possible (rires). On commençait à bien se trouver, on avait une bonne petite poule avec des gens du côté de Toulon et des gens autour de Toulouse, une poule quand même assez compacte et sympathique, même si on n’a pas pu la mettre à l’usage. On s’adaptera. 

 

On a souvent entendu dire qu’il fallait revoir la pyramide des compétitions au niveau Fédéral. Est-ce qu’avec ces grandes pauses, ce ne serait pas le meilleur moment pour le faire alors qu’il y a l’espace temporel, et je dirais même politique, pour le réaliser ? 

 

On peut réfléchir actuellement. Il n’y a pas de match, pas de phases finales, toutes les instances ont le temps de réfléchir sur tout cela. Nous, actuellement, on ne sait encore pas du tout où on se situe, on ne sait pas ce que va être l’année prochaine. C’est pareil pour les clubs de Fédérale 2, de Fédérale 3 et d’Honneur, il y a des clubs qui n’ont joué aucun match et, même s’ils en avaient joué un, ça ne changerait rien. Pour tous ces clubs-là, je pense qu’il est certain qu’une réflexion doit se faire mais maintenant, pourquoi ne pas lancer la saison 2021 / 2022 normalement puisque c’est un copier-coller de cette saison qui n’a pas eu lieu donc, il faut bien voir ce que ça va donner avec la Nationale à côté et voir en début d’année quels pourront être les changements pour l’année d’après. Là, de vouloir tout de suite changer dans un an, ça n’aura même pas laissé le temps à la Fédérale 1 telle qu’elle avait été faite, sans les 14 clubs de Nationale qui ont repris depuis mi-Janvier, ce qui est bien, de voir l’impact des montées, des descentes, des combats, si deux clubs pouvaient monter ou descendre, ce genre de choses. On n’a pas vu tout ça et on veut déjà changer, ce qui nous gêne un petit peu. On s’adaptera, on s’est toujours adapté mais ça nous dérange un petit peu. J’en parle ici mais nous ne sommes pas écoutés à 100% sur ce sujet (rires). 

On va maintenant parler des enjeux et des objectifs sportifs. Quels sont-ils dans ce  » magma  » d’incertitudes ? 

 

Les objectifs sportifs sont identiques à ceux de la saison dernière. Que ce soit les 5 ou les 6 clubs, on ne sait pas trop, nous avons envie de nous frotter aux phases finales donc, nous allons faire la saison la plus sérieuse possible avec les moyens que l’on aura pour essayer de nous qualifier pour faire des phases finales. La montée en Nationale telle qu’elle est à l’heure actuelle, non, ça, c’est plus que sûr, et après, je ne sais pas. On veut vraiment mettre l’accent sur les jeunes par rapport à l’Académie, on est en pleine labellisation de l’école de rugby, on veut promouvoir le rugby à 5. Donc, nous avons des projets dont un très gros qui prend forme puisque des journées portes ouvertes ont eu lieu ces derniers samedis dans les villages aux alentours : nous montons une section féminine minime, cadette et senior. On avait failli le faire l’an dernier et heureusement qu’on ne l’a pas fait car ça aurait été compliqué de la faire tenir avec cette saison mais cette année, ça marche bien. Il y avait 29 filles pour la première porte ouverte et puis 30 autres pour la seconde donc, ça ratisse large autour de la Vallée et nous avons bon espoir de la monter. 

 

En plus, avec un certain Dorian Hermet dans les effectifs, ça ne sera pas trop difficile de trouver une marraine pour cette section féminine ? 

 

Nous avons déjà joint Gaëlle à ce sujet pour qu’elle puisse venir (rires). Pour l’instant, ça se structure, il y a encore deux samedis après-midi qui se font dans les règles : les filles viennent voir, touchent un petit peu le ballon et on leur montre comment ça va se traduire et comment on adapte tout, avec les terrains supplémentaires et le reste. Donc, les deux grosses ambitions pour la saison future sont l’Académie, sur laquelle on ira même si la F1 s’appauvrit, et la section féminine. Ce sont les deux gros projets. 

 

Malgré qu’il n’y ait pas de Fédérale 1, tu es un passionné de rugby et tu continues à le suivre, le Top 14, la Pro D2, l’équipe de France et bien sûr la Nationale où ferraillent les anciens copains de Fédérale 1. Quel est ton point de vue sur la Nationale et as-tu un petit pronostic sur les équipes qui peuvent monter en Pro D2 ? 

 

C’est assez serré. Côté Saint-Sulpiciens, on est assez content de la performance de Blagnac depuis mi-Janvier, même si c’était un peu  » l’ennemi  » sur notre terrain (rires). Mais nous sommes contents de les voir car, pour nous, cela fait un petit club en Nationale et nous sommes aussi super contents de voir Albi remonter progressivement dans les premiers. On ne suit pas des tonnes de clubs mais on suit ces deux-là, on se retrouve au club le matin vers 10h avec une poignée de dirigeants pour continuer à faire vivre le club donc, les commentaires sur la Nationale tournent surtout autour de ces deux clubs parce qu’on les connaît et qu’on est ami avec Albi pour les espoirs. Eux vont quand même jouer la montée car il y aura des montées / descentes cette année donc, on suit ça avec impatience et on espère qu’Albi pourra monter. Pour nous, ça sera une grande fierté si Albi réussit à monter cette année après les avoir eus dans la poule l’année d’avant. 

https://youtu.be/x3xGKGhwtYw

Et les avoir battus ! 

 

Et les avoir battus, oui (rires). Pour nous, ça serait bien. 

 

Pas de regret quand vous voyez la Nationale jouer ? Comme tu le disais, vous étiez à fleur de pouvoir l’intégrer mais ça n’était pas votre mode ? 

 

Non, pas du tout, ce n’était pas notre mode, surtout actuellement. En Nationale, ils se sont vraiment, vraiment comportés comme des pros car, depuis Janvier, on a eu très peu de matchs annulés. Donc, il y a quand même eu un vrai sérieux dans ces équipes-là qui, au début, n’avaient pas forcément les moyens de s’adapter à tous ces protocoles sanitaires et au reste. On peut dire que tous ces clubs-là sont aux portes de faire quelque chose plus haut, certes, il n’y en aura que deux mais nous avons été impressionnés.  Nous n’avions vraiment, vraiment rien à faire là-dedans, on aurait peut-être fait le folklore (rires). 

 

Vous auriez quand même gagné quelques matchs. Connaissant l’état d’esprit et le supplément d’âme de Saint-Sulpice, vous seriez sûrement arrivés à renverser des montagnes

 

Sur quelques matchs, oui, mais sur la saison non. Nous sommes contents de là où nous sommes et comme je l’ai dit plus tôt, on espère faire une saison complète, ça, j’y tiens, et assez normale. Par normale, je veux dire avec un petit peu de public, de l’ambiance et tout le reste en tous cas, faire une saison complète, ce qui n’a pas été le cas sur les deux dernières, jusqu’au bout. Et après, on verra comment tout reconstruire par rapport à tout ça. 

 

S’il y avait un cri du cœur, un message à envoyer à la Fédération Française de Rugby et aux instances, quel serait celui de l’US Saint-Sulpicienne ? 

 

Je n’y ai pas trop, trop réfléchi. Les clubs ont été aidés cette année mais je dirai que ce serait de ne pas complètement couper les aides pour l’année prochaine. Pour voir tout autour et en avoir discuté avec d’autres clubs, je pense que l’année prochaine, même si j’espère qu’elle sera complète car si elle ne l’est pas, ça sera totalement autre chose, va être très, très difficile car il faut relancer la mécanique et là, il faut que la FFR nous aide. Elle le fait en nous proposant des projets, en nous suivant sur d’autres thématiques comme la citoyenneté et c’est très bien, il faut vraiment qu’elle n’abandonne pas là-dessus et qu’elle continue à nous tirer vers l’avant pour faire un petit peu de cette saison un redémarrage du rugby. A ce niveau-là, il va y avoir beaucoup de travail surtout dans certains petits clubs qui ont vraiment beaucoup, beaucoup de travail. Donc, il faut qu’elle redonne envie et qu’on refasse une saison complète, après, tout repartira. 

 

On va te donner rendez-vous pour la reprise de cette Fédérale 1 avec des matchs, des supporters, des buvettes, des merguez et tout ce qu’on aime autour du rugby. On espère vous revoir très rapidement ferrailler sur les prés et avec Victor Labat aux manettes

 

Merci, il n’y a pas de souci, on va essayer. On donnera ce que l’on donnera, comme d’habitude et tu es toujours le bienvenu à Saint-Sulpice.

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://youtu.be/x3xGKGhwtYw
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Retrouvez l’émission « Le #MagSport by H2G » en replay

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