#Rugby – Nationale / F.Guionnet (Massy) : «Je suis très confiant pour la saison prochaine!»

Pour cet avant-match de Nationale entre Dijon et Massy, comptant pour la 25e journée de championnat, on va faire un tour en Essonne, à Massy, avec les futurs adversaires du Stade Dijonnais. Nous eu avons la chance d’avoir François Guionnet, le président du RCME, dans entretien grand format, ou l’homme fort du rugby Massicois nous dresse le bilan et les perspectives du RCME.

 

 

La dernière fois que nous vous avions eu dans le #MagSport, beaucoup de choses ont changé et surtout à Massy puisqu’à cette époque, début Janvier, vous étiez quasiment relégables alors qu’aujourd’hui, vous êtes à la corde pour tenter d’accrocher les play-off. Quelle remontada, dirai-je ! 

 

Nous étions effectivement un peu dans les bas-fonds du classement. En fait, quand j’analyse un peu notre saison, nous avons fait une première partie de préparation qui était complètement ratée, nous avons eu beaucoup de cas de Covid sur le mois d’Août et nous avions beaucoup de nouveaux joueurs à intégrer. Je dirai qu’en fait, la mayonnaise n’a pas pris au début dans la préparation donc, nous avons pris du retard dans la préparation physique mais pas seulement, il y a aussi eu du retard dans la préparation du jeu, dans le liant, dans la connaissance des joueurs. Le mois d’Août est tellement important dans le monde du rugby moderne que c’est une période qui nous a manqué donc, de fait, nous avons en effet raté le début de championnat. Je faisais un petit bilan : sur les 7 premiers matchs, nous avons marqué 15 points donc, il est clair que nous étions loin d’un rythme de qualifiable. Et ce qui devait arriver est arrivé puisque finalement, au bout de ces 7 matchs, on s’est retrouvé à la 14e place ce qui, sur 14, était quand même une place loin de nos ambitions. Ensuite, nous avons eu une 2e partie avec peut-être une prise de conscience des joueurs qui avaient une vraie qualité et un goût à rejouer ensemble et à partir de la trêve et du mois de Janvier, on a commencé à enchaîner 4 matchs et à marquer 10 points donc, on passait de 2 points par match à 2,5 points. Après, il y a eu ce moment où l’on a commencé à jouer sans pression, même si je ne pense pas qu’il y en avait beaucoup avant, mais on a joué libéré, on a retrouvé des terrains un petit peu de printemps, on a peut-être trouvé des conditions de jeu qui convenaient plus à notre style et là, sur les 6 derniers matchs, on en a gagné 5 avec notamment une victoire à Bourg-en-Bresse qui nous a fait beaucoup de bien. Derrière, nous avons enchaîné avec 3 bonus successifs dont un à l’extérieur, on a trébuché à Bourgoin qu’on a pris au moment où ils étaient en train de changer le management du groupe, ils étaient remontés comme des coucous et ils ont joué la finale ce jour-là alors que nous, nous n’étions pas prêts donc, encore une fois, nous sommes retombés dans nos travers. Récemment, nous avons fait un bon match et aujourd’hui, nous sommes 6es avec 51 points donc, nous ne sommes pas dans les qualifiés et il nous reste un match très, très important à Dijon. 

 

Quel a été le déclic pour remettre les cerveaux à l’endroit dans ce groupe de Massy ? Est-ce la victoire à Massy ou bien, une bonne causerie à l’ancienne du président et du staff dans le creux du vestiaire au cœur de l’hiver ? 

 

Si je le savais, je serais content (rires). En fait, nous avons une équipe cette année qui montre deux visages et c’est vrai que nous sommes un petit peu régulièrement surpris du visage que l’on va montrer et même à l’échauffement. Je fais partie des dirigeants qui aiment bien assister à l’échauffement et n’être pas trop loin pour humer l’ambiance, sentir le groupe, l’envie, la volonté, ça fait du bien à tout le monde et à moi y compris. Et c’est vrai que, depuis ces 5 / 6 matchs, on ressent cette envie de gagner, de jouer ensemble, de se passer le ballon et de le faire vivre après les plaquages. C’est tout ce qui faisait le sel du jeu de Massy pendant des années qu’on avait un petit peu perdu et oublié pour des raisons qu’on ne s’explique pas vraiment. Il suffit de pas grand-chose, un ballon qui retombe du bon côté, une décision qui va dans le bon sens, un peu de dynamique, des joueurs qui se connaissent mieux et qui s’entraînent mieux, des joueurs peut-être positionnés différemment. Malheureusement pour nous cette année, la mayonnaise a pris mi-Janvier / début Février avec un petit peu de retard donc, maintenant, on va faire ce que l’on peut et, encore une fois, tous nos regards sont tournés vers le match de samedi qui va être le match le plus important de la saison. 

 

Est-ce que l’une des explications, un peu à l’image d’Albi qui avait loupé son début de saison, n’est pas dans le fait que vous aviez encore un peu la tête à la saison d’avant, avec ce débat sur la montée ou non en Pro D2 et cette saison qui ne s’est jamais finie ? 

 

Que ça n’ait pas fait du bien, c’est certain, que ce soit la cause de nos soucis de début de championnat, je ne pense pas. Je pense vraiment qu’on avait intégré pas mal de nouveaux joueurs, que notre système de jeu était en train de mûrir et ce mois d’Août a vraiment été catastrophique. Et ensuite, que ce soit en Nationale ou en Pro D2, il y a une chose qui est claire sur les saisons que j’ai connues : les 3 / 4 premiers matchs sont décisifs pour la suite de la saison. La dernière fois que nous étions montés avec la poule Elite, je me souviens qu’on avait gagné le premier match à Auch, nous avions un petit peu créé la surprise car Auch était l’une des grosses équipes avec un très, très bon fond de jeu. On gagne donc ce premier match à l’extérieur, on gagne le second chez nous, on a enchaîné sur le 3e et on n’a plus quitté cette réussite. La saison où on se maintient en Pro D2, on va gagner à Carcassonne en marquant le bonus offensif à la surprise de tout le monde, on avait un 2e déplacement sur le match suivant et on va prendre un point de bonus défensif à Grenoble pour enchaîner ensuite avec des résultats. Cette dynamique positive du début de saison sur un championnat court est essentielle et stratégique et les matchs de début de saison sont vraiment très importants. Cette année, on les a ratés et on les a ratés dans un championnat qui est devenu encore plus court que ce qui était prévu donc, nous sommes aujourd’hui à la place que nous avons méritée sur le jeu que nous avons présenté cette saison, à savoir une équipe irrégulière avec un classement à la 6e place et nous sommes à ce jour focalisés sur Dijon. 

 

Comme vous avez loupé le début de saison, vous êtes du coup maintenant obligés de réussir votre fin de saison face à Dijon et Albi. Avec deux victoires, vous pourriez quand même sérieusement espérer être dans les play-offs ?

 

Encore une fois, le match qui nous occupe, c’est Dijon. Dijon est vraiment une belle équipe, quand on regarde le classement et le jeu qu’ils proposent, c’est un petit peu surprenant. C’est l’une des équipes qui a un jeu de haut de tableau de la poule et qui, comme nous, a certainement raté quelques matchs. Malheureusement pour nous, on les prend au moment où ils reviennent en pleine forme, le match de Chambéry la semaine dernière le prouve. C’est une très belle équipe, très, très dure à jouer à Bourillot, on s’en méfie énormément, on ne pourra pas dire qu’on n’est pas prévenu et on va y aller avec le sentiment que l’on va rencontrer une grosse équipe, qui est en plein renouveau et en pleine forme, sur son terrain et on s’attend à un très gros match. Quand on est 6e avec 51 points, je dirai que l’horizon que l’on s’autorise à étudier, c’est l’horizon contre Dijon. Si on gagne à Dijon, on s’autorisera à penser au match suivant puis encore au match d’après mais pour le moment, on n’est pas du tout dans l’optique  » il reste X matchs  » plus après  » est-ce qu’on va jouer les phases finales ? « . Non, aujourd’hui, nous sommes 6es, notre priorité des priorités est très, très claire : il faut aller réussir quelque chose de bien à Dijon ce samedi à 15h. Le reste, c’est de la littérature. 

 

Et si le beau temps est de la partie, avec des philosophies portées sur le jeu comme ont Massy et Dijon, on peut s’attendre à une très belle partie ? 

 

J’ai un petit peu regardé la météo, il a plus vendredi et il va pleuvoir dimanche donc, avec un petit peu de chance, on aura du soleil pour le match ce qui conviendra aux deux équipes mais ce qui est tellement plus agréable pour voir de beaux matchs de rugby. 

 

On va également parler du dernier match. Si vous gagnez contre Dijon, cette dernière rencontre face à Albi à Massy sera quasiment un quart de finale qui ne portera pas son nom ? 

 

Franchement, quand on regarde la fin du championnat, il peut tout se passer. Encore une fois, loin de moi l’idée de ne pas vouloir parler du match d’Albi mais il suffit que l’on fasse un match un peu inférieur à notre récent niveau face à Dijon, que Dijon fasse le même niveau de match que ce qu’ils ont fait contre Chambéry et ça peut se terminer dès ce week-end. Le match d’après, nous allons à Narbonne, j’ai regardé le match qu’ils ont fait contre Nice et ce n’est pas une équipe qui fait rire. Donc, aujourd’hui, nous sommes très, très loin de cette idée de jouer un match éliminatoire contre Albi qui, pour l’instant, est devant nous et qui a une fin de championnat pas forcément plus facile mais ils ont des matchs qui paraissent envisageables. Ce week-end, ils reçoivent pendant que nous, on se déplace donc, on verra quand on y sera. Je souhaite pour les deux équipes que le dernier match soit un match qui puisse donner une issue favorable pour les deux mais nous en sommes aujourd’hui très loin, par notre faute puisqu’encore une fois, nous sommes aujourd’hui 6es avec 51 points donc nous ne sommes pas en train de parler d’une confrontation entre le 2e et le 3e pour savoir qui va recevoir chez lui. Nous, aujourd’hui, nous ne sommes pas dans les qualifiés donc, objectif Dijon. 

 

En parlant de ce match en retard face à Narbonne, au même titre qu’Albi serait un quart, on peut l’estimer comme un 8e de finale, vous avez la chance d’avoir une date de repli pour pouvoir le rejouer. D’autres qui font la course à la qualification n’ont plus de date de repli et vont passer par la péréquation. Que pensez-vous de ce système ? Est-ce que l’équité sportive n’est pas un peu altérée ? 

 

Certainement mais quoi faire d’autre ? Le meilleur championnat est certainement celui où toutes les équipes se rencontrent en matchs aller et en matchs retour. On avait déjà un certain niveau d’imperfection puisque certaines équipes ont ou vont rencontrer deux fois des équipes supposées fortes et des équipes supposées faibles. Quand on regarde ça, nous, on fait une défaite et un nul contre Chambéry qui est derrière nous et une victoire / une défaite contre Bourg qui est devant nous donc, qu’est-ce qu’une équipe supposée forte / une équipe supposée faible veut dire ? Il y a la vérité du terrain et nous avons tous des effectifs tellement contraints qu’en fonction d’une date de match, vous avez un ou deux blessés, un ou deux suspendus alors qu’en face, ça tourne à plein régime. Je crois que, ce que nous a prouvé ce championnat de Nationale, c’est que les équipes se tiennent globalement. On a vu à chaque fois des matchs très serrés, un championnat très intéressant et ce qu’on peut espérer, c’est que l’intérêt de ce championnat dépasse un petit peu les bords de terrain de Nationale et qu’il arrive à intéresser les médias et les diffuseurs parce-que franchement, c’est l’un des championnats les plus disputés avec un nombre de matchs limités. Un des championnats les plus disputés et les plus intéressants que l’on ait vu dans le monde du rugby depuis longtemps et ça ne serait quand même pas mal de trouver un diffuseur qui puisse s’intéresser à nous. 

 

Même si on a vu que, côté diffusion, chaque club a essayé de faire un peu ce qu’il pouvait pour mettre en valeur le championnat, les équipes mais aussi garder le lien avec les supporters. Surtout qu’à Massy, vous avez quelques guest-stars pour commenter : il y a eu Mathieu Bastareaud, on entend parler de Vincent Moscato qui pourrait peut-être venir commenter contre Albi. Ça a de la gueule ? 

 

On a de la chance, on a pas mal de fidèles du club. On a eu Mathieu Bastareaud qui nous a fait le plaisir de venir nous voir parce qu’il allait dans sa famille donc, il nous a dit  » si vous voulez, je vais passer voir les copains et passer un petit peu de temps au micro  » pour nous rendre service et nous faire plaisir et je l’en remercie encore. C’est quelqu’un qui est toujours très proche du club et qui répond à chaque fois à nos demandes et à nos appels et même parfois, il nous appelle sans qu’on lui demande, c’est vraiment quelqu’un d’adorable et qui a l’esprit massicois chevillé au corps. On a eu aussi Marc Maury, dont le fils joue en espoirs chez nous, qui est également un fidèle de Massy et qui est venu nous donner un petit coup de main. C’est bien de pouvoir compter sur des amis dans cette période de crise, des amis du club qui viennent aider en apportant ce qu’ils peuvent au moment où ils le peuvent et à l’endroit où ils le peuvent. C’est bien rassurant dans une situation aussi difficile de voir que l’on peut compter sur une belle communauté. 

 

En parlant de cette période de crise qui impacte tout le monde, les supporters ne peuvent pas venir au stade et les partenaires sont souvent touchés par la crise économique, vous, vous êtes le président qui devez gérer les cordons de la bourse. Sans billetterie et avec des partenaires impactés, comment arrivez-vous à retomber sur vos pieds dans ce contexte assez hors du temps ? 

 

C’est compliqué. On fait des efforts, on fait dans le club ce qu’on fait dans les entreprises quand certains d’entre nous gèrent et des clubs et des entreprises à savoir que l’on fait attention à tout. On fait attention à ne pas dépenser l’argent que l’on n’a pas, on fait attention aux déplacements, aux équipements aux charges et puis, on fait surtout très, très attention aux ressources c’est à dire que l’on est encore plus présent auprès des partenaires et de nos sponsors. Beaucoup de nos partenaires ont vraiment apprécié l’effort que l’on a fait, notamment de leur donner plus de visibilité sur les retransmissions vidéos que l’on a faites. Entre les premières vues et les deuxièmes vues, podcasts et autres, on a fait entre 15 et 20 000 vues par match, cela fait 15 à 20 000 visibilités pour les partenaires que l’on propose à l’écran, quand on fait des matchs et que l’on a 1 500 / 2 000 personnes, ça fait 10 fois moins. Ça n’est pas la même chose mais je dirai que les partenaires ont été sensibles au fait que nous avons essayé de réagir devant la crise et que l’on essaie de leur proposer quelque chose. Globalement, ils nous ont plutôt remercier pour nos efforts, ils nous ont soutenus et accompagnés, on n’a quasiment pas perdu de partenaires cette année et ils nous ont quasiment tous renouvelé leur confiance pour l’année prochaine. Pour Massy, je dirai que le côté affectif, convivial et supporters nous a bien sûr manqué, en début de chaque retransmission, je passe toujours un petit mot à notre club de supporters  » les Massicois sont là  » je pourrai aussi passer du club des anciens qui s’occupe de l’autre partie du stade pour leur répondre et gérer l’ambiance. Tout ça nous a manqué et nous manque terriblement mais je dirai que, sur le plan économique, on s’est organisé à Massy entre la gestion des besoins, la gestion des ressources mais aussi des aides de la Fédération et de l’Etat qui ont été considérables et aujourd’hui, on devrait terminer la saison à l’équilibre, en tous cas sans difficulté économique. Cette saison ne nous amènera pas de difficulté par rapport à la situation que nous avions l’an passé et où, en termes de fonds propres, nous étions en position de pouvoir administrativement prétendre à la Pro D2. 

 

Beaucoup de suiveurs disent qu’économiquement, la saison la plus dure sera la prochaine, celle où on ressentira vraiment l’impact. Est-ce que vous la redoutez ? 

 

On dit un peu tous les ans que la saison la plus dure sera la prochaine mais ça, c’est pour ceux qui ont la chance que la saison la plus dure ne soit pas l’actuelle (rires). La saison prochaine, nous aurons certainement moins d’aides mais plus de ressources habituelles. On fait pas mal de réceptif et d’opérations menées avec nos partenaires, on a du monde au stade et en général, chaque année dans une année classique et normale, on arrive à équilibrer donc, il n’y a pas de raison qu’on n’y arrive pas l’année prochaine. Il faudra continuer à faire attention à tout, ce ne sera pas une année où l’on va complètement ouvrir les robinets et relâcher les vannes, il va falloir gérer le club professionnel comme une entreprise mais pour le moment, à Massy, on y arrive plutôt pas mal, je touche du bois. Je dirai que cette saison va se terminer globalement à l’équilibre, ça s’était bien terminé l’an passé, je ne veux pas dire de lapalissade mais si on ne dépense pas l’argent que l’on n’a pas, on n’est pas en risque. 

 

Surtout qu’à Massy, vous avez un levier que n’ont pas tous les clubs, votre formation. Certes, c’est un investissement à moyen ou long terme mais pendant les périodes de vaches maigres économiques, ça permet de juguler un peu la masse salariale en piochant dans le vivier massicois ? 

 

On travaille un petit peu sur la saison prochaine et on va intégrer 8 à 11 jeunes dans l’effectif de la première l’an prochain qui viennent de l’effectif espoirs et Crabos et qui viendront défendre le maillot bleu et noir la saison prochaine. Ce n’est pas une innovation, on fait ça tous les ans et on va continuer, avec ou sans crise, c’est plus une philosophie ou une ambition qu’une nécessité. A Massy, nous sommes un club avec un projet qui se déroule sur trois axes : le premier, c’est la Pro D2, cette année, l’année prochaine ou dans deux ans mais c’est important pour nous que l’on soit en Pro D2. D’abord, cela va proposer à de jeunes joueurs un écrin dans lequel ils pourront jouer sans aller dans d’autres clubs pour le rugby d’élite et ensuite parce qu’économiquement, je l’ai déjà dit, la Nationale est aujourd’hui un championnat qui a globalement les exigences de la Pro D2 avec les ressources de la Fédérale 1 et chacun va devoir trouver les moyens de s’y retrouver. Le second axe, c’est la formation et on ne change pas par rapport à ça et en troisième, c’est le fait d’être un club bien dans la cité. Nous sommes un club de banlieue et nous sommes fiers, on veut montrer tout ce que la banlieue peut amener et développer, c’est un but qui est encore plus intéressant et encore plus dans la formation en ce moment quand on voit ce qu’il se passe autour de nous. Je pense que si on proposait à beaucoup de jeunes encore plus d’activités, encore plus d’évolutions, encore plus de défis, d’engagements collectifs et personnels avec des clubs de sports, que ce soit le rugby ou autre chose, peut-être que l’on apporterait une belle partie de solution à un certain nombre de difficultés que l’on connaît aujourd’hui dans les banlieues. 

 

Côté sportif, il va y avoir un nouveau cycle à Massy, Morgan Champagne s’en va et rend son tablier tout comme Mathieu Bonello. On a vu la déclaration de Morgan Champagne qui était un peu frustré en disant  » j’en ai marre de former pour les autres « . Est-ce que vous pouvez comprendre cette punchline et cette lassitude de venir vous faire piquer tous ces jeunes que vous formez ? Et il y en a une palanquée ! 

 

Je dirai que l’économie du rugby est un petit peu construite comme ça. Il y a un haut de la pyramide qui a énormément de moyens et l’organisation du haut de la pyramide fait que c’est aujourd’hui très intéressant pour les clubs de Top 14 et de Pro D2 de former leurs joueurs à partir de centres de formation, car la JIFF va d’abord être intéressante pour ces clubs-là mais ça rend également intéressant le fait d’aller chercher des jeunes dans les clubs autour. Aujourd’hui, il y a des clubs avec lesquels nous avons d’excellentes relations comme, par exemple, le Stade Français qui nous aide dans notre formation et c’est vrai que nous avons un lien un peu direct avec eux pour les jeunes qui peuvent aller à plus haut niveau en Top 14 comme Lester Etien, Julien Delbouis, Léo Barré qui est un 10 exceptionnel qu’on n’a pas beaucoup vu cette année mais qu’on verra l’an prochain, PH Azagoh qu’on avait fait vu faire une partie énorme en touche le week-end dernier, Macalou. Et puis il y a d’autres clubs qui, je dirais, nous aident moins mais ils n’y sont pas obligés et qui viennent se servir abondamment dans nos rangs de jeunes. C’est un petit peu la description de l’environnement et de l’état du rugby aujourd’hui et il y a deux solutions : soit on pleure en disant  » ce n’est pas bien  » soit on se débrouille avec le bassin que l’on a, et on peut le faire, pour former plus de joueurs qu’on en perd. En fait, l’ambition de Massy n’est pas de ne plus perdre de joueurs, car quelque part, perdre des joueurs, des Bastareaud qui vont en équipe de France, des Etien, quel plaisir, quel bonheur et quel exemple pour les jeunes que l’on va chercher à l’école de rugby. Comme je le dis souvent, si on avait gardé tous nos joueurs, on serait embêté car on aurait en 3e ligne Macalou, Camara, Cancoriet, on aurait mis Jordan Joseph remplaçant et on ne pourrait pas aligner Woki. Ce serait embêtant mais ce sont des soucis que l’on n’a pas (rires). 

 

Ce seraient quasiment les Harlem Globetrotters ? 

 

Ce sont des soucis que nous n’avons pas. Donc, je crois que Massy est un club formateur et a toujours été un club formateur, il ne faut pas se désoler de se faire prendre des joueurs, d’ailleurs je n’aime pas le terme  » piller « . Je préfère celui de  » se faire prendre des joueurs  » parce-que les gens respectent les règles donc, je dirais que la réponse est au-delà de ça. Il faut simplement que l’on s’organise pour former plus de joueurs que nous n’en perdons pour aller à l’étage au-dessus et puis, il y a un élément très important : si demain, nous sommes en Pro D2, mathématiquement, on en perdra moins. Les jeunes que l’on a aujourd’hui qui sont pris pour aller jouer directement en Top 14, il y en a mais ce n’est quand même pas la grande majorité par contre, c’est vrai qu’on en perd pour aller dans des clubs de Pro D2 et si nous étions en Pro D2, on ne les perdrait pas. Donc, notre ambition est la Pro D2, la formation et un club bien dans sa cité. 

 

Et un nouvel encadrement. Est-ce qu’on peut parler un peu de ceux qui vont remplacer Morgan Champagne et Mathieu Bonello et, si j’ai de bonnes infos, il s’agirait d’un encadrement 100% francilien ? 

 

Morgan Champagne est directeur du rugby chez nous, il était sur l’équipe première mais également beaucoup sur la formation, il était là pour faire le lien au niveau du club. L’encadrement de l’équipe première pur, c’est vraiment Mathieu Bonello et Jean-Baptiste Di Martino. Donc Morgan Champagne, comme beaucoup d’intervenants au club, fait partie de la gestion de l’équipe première mais n’est pas directement entraîneur. Dans le binôme qui va être désigné l’an prochain, Jean-Baptiste Di Martino reste au club pour s’occuper des arrières et on fait rentrer Julien Maréchal qui est un Parisien mais qui a longtemps joué à Aurillac comme 2e ligne en Pro D2. Il est ensuite revenu chez nous, il a été joueur au RCME, il a laissé d’excellents souvenirs comme joueur, avant d’aller faire ses armes en Fédérale dans des clubs voisins et amis, à Orsay, Ris-Orangis et d’autres. Au départ, c’est quelqu’un que nous voulions garder pour lui proposer d’entraîner en espoirs, il a préféré aller entraîner en seniors pour s’aguerrir et se former car c’est un jeune entraîneur. J’ai toute confiance en eux, ils s’entendent très, très bien, ils se connaissent bien, ils ont déjà entraîné ensemble en espoirs une année où nous avons été champions de France. Ils se comprennent, ils se parlent, ils s’écoutent et je suis très confiant pour la saison prochaine.

 

Concernant le poste de Morgan Champagne, vous avez trouvé le profil idoine pour remplacer ce qu’on peut appeler un  » meuble  » de Massy ? 

 

Le profil de Morgan Champagne, c’est un peu ce qu’on a créé avec lui car il n’existait pas auparavant. On n’avait pas de directeur du rugby et c’est un poste que nous avons créé il y a deux ans parce qu’on sentait que nous avions besoin d’un lien entre le monde de l’association et le monde de la SASP. C’est un souci qu’il y a à régler dans pas mal de clubs, celui de faire travailler de concert un monde professionnel et un monde associatif. Pour faire ça, nous avons créé un mode projet avec un projet de club qui vient au-dessus du fonctionnement de l’association et du fonctionnement de la SASP avec les gens de l’Asso et de la SASP qui travaillent ensemble avec des chantiers sur des projets. Dans les 15 chantiers que nous avions développé pour ce projet, il y avait le projet sportif et sur ce dernier, nous avons décidé il y a deux ans de créer un poste de manager de rugby que nous avons confié à Morgan qui avait connu un petit peu des deux et qui a fait un très bon boulot par rapport à ça. Donc, aujourd’hui, le poste de manager du rugby n’est pas repris en tant que tel, c’est Bruno Ghiringhelli, l’un de nos formateurs jeunes mais déjà ancien au club, qui va être directeur du rugby pour la partie association et il va travailler directement avec les deux coachs de l’équipe première pour la saison prochaine. 

 

Pour synthétiser, quelle va être la feuille de route sur cette fin de saison mais surtout pour la prochaine, qu’elle soit en Pro D2 ou en Nationale ? 

 

Ce qu’il faut retenir, c’est que l’on a fait une saison qui restera dans les mémoires, une saison quand même très, très particulière. N’oublions pas que nous sommes en train de parler de plaisir de jeu mais nous sommes quand même dans un environnement très, très handicapé par la crise Covid. Cette saison, on va la finir match après match comme on le fait maintenant depuis 6 rencontres, on verra bien ce qu’il se passe, avec pour le moment un seul objectif en tête qui est le match de Dijon à Bourillot ce samedi. On va essayer de faire la meilleure performance possible avec tout le respect que l’on a bien sûr pour l’équipe de Dijon. Ça, c’est la priorité et je dirais que pour la fin de saison, on verra selon le match de Dijon et le suivant ensuite, on va essayer de faire ça jusqu’à la fin, point. Ça ne nous a pas trop mal réussi depuis le mois de Janvier et nous allons continuer comme ça, sans faire trop de plans sur la comète. Quant à la saison prochaine, je suis sûre qu’on aura l’occasion de se reparler. 

 

Pour finir sur une note d’humour, on sent qu’entre présidents de Nationale, vous vous voyez tous souvent par visio et qu’il y a une franche camaraderie. Avec Philippe Verney, vous avez parié une petite caisse de Bourgogne sur le résultat du match ? 

 

Non, nous n’en avons pas les moyens (rires). En tous cas, nous sommes vraiment contents de jouer Dijon, c’est une équipe très difficile à jouer. On l’a jouée en amical au mois de Décembre, on a vu que c’était une équipe très, très difficile et je pense que chez eux, ça va être encore plus dur. Donc, ça promet un très, très beau match de rugby et j’espère que l’on aura de nombreux spectateurs pour regarder ça en vidéo cet après-midi. 

 

Rendez-vous est donné face à nos caméras ce samedi à 15h, à Bourillot pour le choc Dijon / Massy. Merci président Guionnet d’être venu à notre rencontre, vous êtes toujours le bienvenu

 

C’est toujours un plaisir.

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://www.youtube.com/watch?v=6cRWXxEbWOg

Retrouvez la rencontre Dijon Vs Massy 25eme journée Nationale en live vidéo dès 14h45

https://youtu.be/aYE7Rn4v1u8
https://youtu.be/aYE7Rn4v1u8

Retrouvez l’émission web tv « Le #MagSport / Studios H2G » du 6 mai 2021 en replay .

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