#Foot – W.Prunier « Il (C.Revault) ne voulait que du bien à tout le monde »

Jeudi soir, nous apprenions le décès de l’ancien portier du Hac, du PSG et du TFC, Christophe Revault. Ayant vécu l’une des pages les plus noires mais aussi les plus fantastiques du TFC à ses côtés, William Prunier a tenu à nous présenter son Christophe Revault…

DDM- NATHALIE SAINT AFFRE FOOT TFC SAISON 2001 2002 NATIONAL ENTRAINEMENT AOUT 2001 PRUNIER LIEVRE ET REVAULT TFC 2001

Christophe Revault c’est donc un joueur que vous avez beaucoup côtoyé notamment lors des heures les plus sombres du TFC…

Exactement, on a connu le dépôt de bilan ensemble. Moi je suis arrivé en 1999, lui en 2000 et en 2001, il y a eu la rétrogradation du TFC. Le club a réussi à garder le statut pro. Christophe, moi et Stéphane Lièvre, renforcés par Anthony Bancarel, nous sommes restés pour relancer le club. Bien sûr, Olivier Sadran a mis sa patte, le nouveau patron. Nous sommes partis dans une aventure qui s’annonçait difficile mais faisable. Christophe était toujours très motivé pour atteindre les objectifs qui lui étaient fixés. C’était un garçon très courageux qui voulait aller au bout de ses idées. J’ai été très choqué jeudi par l’annonce de son décès. C’est vraiment un coup dur, nous avons passé de bons moments ensembles. A ces périodes-là, le football ça fait partit de la famille. Nous avions créé des liens très forts car nous étions partis dans une aventure exceptionnelle et nous nous étions beaucoup rapprochés. C’était un homme vraiment proche des autres et toujours inquiets pour les autres. Il ne voulait que du bien à tout le monde. C’est facile à dire aujourd’hui mais c’est la vérité. C’était un garçon très gentil, toujours avec le sourire.

Comment c’était cette renaissance du TFC ?

Quand on est reparti avec les pitchouns, nous étions des vieux pitchouns comme on disait. Lui c’était la douceur, moi j’étais un petit peu le feu. Nous étions bien équilibrés. Moi j’engueulais les jeunes pour les remettre d’aplomb des fois et lui, il allait les consoler derrière. Tu vois un peu comment il pouvait être. C’était un mec exceptionnel. Je n’ai jamais entendu de gens dans le monde du football dire du mal de lui et bien avant son décès. Ça a toujours été quelqu’un d’abordable, les supporters l’adoraient. Quand j’ai quitté le TFC, il a prit la relève et le capitanat. Ça veut dire quelque chose. Là, c’est vraiment un coup dur pour toute sa famille et ses enfants. Je l’ai eu il y a un mois et demi au téléphone. Bien sûr, on parlait toujours football, de la famille et puis voilà. On ne sait jamais quand ça va arriver et malheureusement c’est arrivé jeudi pour lui. C’est très dur à avaler.

Votre trio, avec aussi Anthony Bancarel, vous faites parti des héros du TFC. Rester chez les Violets quand ils étaient au plus mal, est-ce que c’était une décision à trois ou chacun de son côté ?

Il y avait beaucoup de discussions. Après le dépôt de bilan et la reprise du président, Olivier Sadran voulait reconstruire une équipe et il voulait s’appuyer sur des garçons d’expériences. Il nous a proposés le défi. Je crois que Christophe a été le deuxième a accepté après Stéphane Lièvre. Après, nous en avons beaucoup discuté et il voulait que je vienne avec eux dans cette histoire. Je ne l’ai pas regretté par la suite. J’étais parti en stage sans m’être officiellement engagé. Nous faisions chambre ensemble lors du déplacement, et il avait su me prendre la tête jusqu’au bout pour que je reste au TFC et qu’on parte dans cette aventure que je n’ai jamais regretté. Je parle du terrain mais après il y a eu beaucoup de monde autour, des dirigeants, qui ont travaillé autour pour redonner vie au club qui était totalement mort. Ça il ne faut pas l’oublier. Il fait parti de ça Christophe. Le club avait explosé et Sadran a redonné vie, mais les joueurs aussi. C’est un tout. Il a fallu s’appuyer sur les personnes dans les bureaux, même s’il n’y en avait pas énormément. Je me souviens il fallait racheter des ballons. Les entraîneurs Eric Mombaerts et Alain Casanova sont restés. Il fallait reconstruire et nous avons fait parti de cette aventure exceptionnelle. Christophe en faisait parti et nous étions les trois premières pierres, sans oublier Anthony Bancarel qui nous a rejoint par la suite. Nous étions les anciens avec des pitchouns. Nous étions les trois mousquetaires et on peut dire aujourd’hui que c’est lui D’Artagnan.

Sur le terrain comment il était ?

C’était un gardien exceptionnel, une muraille. Il y en a qui l’appelaient Robocop. Nous, nous l’appelions le nounours. C’est bizarre. Oui il était costaud mais en fin de compte à l’intérieur, c’était un nounours.

Avez-vous une image que vous garderez en souvenir de lui ?

Il y en a eu beaucoup d’images et beaucoup de bons moments. Plus que des mauvais. Nous sommes montés en Ligue 2 pour être derrière champions de Ligue 2. Nous revenions de l’enfer. Nous sommes montés en Ligue 1 devant des équipes en L2 : St-Etienne, Metz… Je me souviens en défense, lui c’était la dernière ligne, le dernier rempart, il arrêtait tout. L’image que je garde aujourd’hui… il était tout le temps derrière moi et quand je me retournais et que je voyais ce gaillard, c’est lui qui me commandait tout le temps. Ça a duré cinq ans comme ça. En plus nous avions souffert hors football cette année-là. Il y avait eu l’explosion AZF à Toulouse (21 septembre 2001) qui avait détruit le Stadium. Nous avions changé de terrain et devions jouer sur le terrain de rugby qui était en rénovation. Sa maison avait explosé. Nous avons vécu des trucs dingues. Il savait se relever à chaque fois et il avait cette force de caractère exceptionnelle. Il pensait tout le temps aux autres. Peut-être trop des fois…

Et vous auriez une petite anecdote marrante à son sujet ?

Je me souviens quand nous faisions les déplacements dans les hôtels, nous n’étions pas dans des hôtels chers du tout quoi. Nous étions ensemble en chambre et nous avions deux lits superposés accrochés par des chaînes. Il voulait dormir en haut, je lui ai dit : « non non, car si le lit se casse la gueule, c’est moi qui vais morfler en dessous. Laisses moi dormir en haut. » On s’est battu là-dessus et on a tiré à la courte paille pour gagner le lit…

Qui avait gagné ? (rires)

C’est lui qui a gagné (rires). Il y a eu des petites histoires sympathiques comme ça. C’était un mec exceptionnel.

Propos recueillis par N.Portillo

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