#Rugby – Fed1 / D.Rouanet (Mazamet) : «Il faut garder cette formule-là!»

Lors de notre grand débat sur la fédérale 1, le président du Sporting Club Mazametain, Daniel Rouanet, est venu porter la voix des Sud-Tarnais concernant l’évolution et les perspectives d’avenir de cette division aux confins du professionnalisme et du monde amateur. Pour les Mazametains, qui ont joué en deux saisons de Fed1, à peine le nombre de matches d’un exercice normal, on espère pouvoir enfin goûter à l’intégralité d’un championnat et véritablement s’étalonner dans cette division qu’ils ont retrouvé à l’été 2019. Daniel Rouanet et le SCM souhaitent s’installer durablement dans ce championnat qui leur sied bien, et s’inscrivent dans la droite lignée des clubs amateurs aspirant à une pause, dans la réforme des compétitions envisagée par les instances du Rugby. Ayant connu 2 ans sportivement en pointillé, sans quasiment aucune recette de billetterie ou réceptive, ce club centenaire, souhaite tendre le plus rapidement à un fonctionnement «ante-Covid » et voir son stade de la chevalière reprendre vie. Après avoir voyagé la saison passée et être resté quasi à quai cette année, Daniel Rouanet ne rêve que d’une chose dans ses songes les plus profonds : de la stabilité pour son SC Mazamet.

Daniel Rouanet Pdt SC Mazamet / Crédit photo Le #MagSport by H2G

L’année dernière, pour le come-back de Mazamet en Fédérale 1, la Fédération Française de Rugby vous avait fait voyager dans toute la France. Cette année est un paradoxe car vous n’avez pas eu le temps de voyager ni même de sortir vraiment de Mazamet ?


DR (SCM) : Nous sommes quand même allés à La Seyne, on a fait un petit voyage de 400 km. C’est vrai que nous avons fait trois matchs, que nous sommes complètement frustrés cette année mais comme tous les autres clubs. On attend l’année prochaine impatiemment pour pouvoir remettre tout cela en place. On va voir comment on peut finir cette saison, soit sur des matchs amicaux soit sur un petit peu de challenges ou autres mais on attend surtout de savoir quand nous allons pouvoir revenir sur les terrains et se réentraîner. Chez nous, nous sommes tous semi-amateurs donc nous n’avons fait que des entraînements individuels. On ne peut plus faire d’entraînement personnalisé car les gens travaillent la journée et ça n’était pas possible avec un couvre-feu à 18h, on va peut-être essayer de recommencer maintenant qu’il est à 19h. Nous n’avons pas perdu les joueurs mais ils ont dû s’entraîner individuellement, nous avons peu fait d’entraînements collectifs.


Double punition pour Mazamet, il y avait un derby Mazamet / Graulhet qui s’annonçait et la Préfecture vous en a empêchés. Vous avez été les seuls lors de cette journée à ne pas pouvoir jouer pour une incompréhension règlementaire entre la Préfecture et la Fédération Française. Quand rien ne va, rien ne va ?


DR (SCM) : Quand il y a eu à un moment donné chaque préfet qui faisait ce qu’il voulait dans son département, nous étions interdits de vestiaires dans nos stades. Donc, faire un match de notre niveau sans vestiaire, ce n’était pas possible et nous avons préféré annuler la rencontre.

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Il y a une autre problématique pour Mazamet car, comme vous l’avez dit, vous êtes à 99% semi-amateurs. Comment arriver à maintenir des gars focus sur le rugby alors qu’à côté, certains ont des parcours professionnels à développer car ils peuvent être tenter de se lancer à 100% dedans et de laisser le rugby de côté ?


DR (SCM) : On les a tous au téléphone, ils ont quand même tous envie de reprendre et de s’y remettre. Ils savent que nous sommes bloqués, qu’on ne peut rien faire pour l’instant et même, qu’on n’aurait pas le droit de le faire. On respecte pour l’instant la législation qui nous interdit de faire quoi que ce soit donc, ils s’entraînent à 3 ou à 4, par petits groupes. On les suit, on les a au téléphone, on a un manager qui s’en occupe, de même pour les entraîneurs et on commence à réfléchir sur comment appréhender la saison suivante. On met tout cela en place mais on sait que cette année est une année blanche, c’est compliqué pour tout, ça va être compliqué pour tous les clubs et pas que pour l’équipe première. Ca va aussi être compliqué pour remettre en place des équipes de réserve ou de jeunes ou de moins de 21 ans, il faut voir comment tout cela va se remettre en place au niveau des juniors et des cadets. Nous sommes quand même dans de petites zones d’habitants donc, faire des équipes de cadets et de juniors et motiver 30 à 40 jeunes de notre niveau va, à mon avis, être compliqué. Ca sera peut-être même plus compliqué que des effectifs seniors où les gens savent quand même qu’ils sont là pour ça.

Pour la saison prochaine, quel va être le credo à Mazamet ? La continuité ?


DR (SCM) : Oui, la continuité, le maintien tout d’abord. Cela fait deux ans que nous sommes en Fédérale 1, nous avons dû faire une demi saison ou un tiers de saison en deux ans donc, nous allons essayer d’en faire au moins une complète. Quand un petit club comme le nôtre monte de Fédérale 2 à Fédérale 1, c’est très compliqué, surtout que, la première année, nous étions dans une poule où les 5 premiers dont 4 sont aujourd’hui parmi les premiers de Nationale. Je n’ai pas honte de dire que ça nous a permis de nous structurer, de comprendre ce que c’était même si nous n’avons pas fait beaucoup de matchs et d’essayer maintenant de continuer et de rester à ce niveau-là.

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Et de pouvoir enfin jouer le derby !


DR (SCM) : C’est vrai. Cette année, tout était bon, nous avions une poule pas tellement loin au niveau des déplacements, une année avec tous les derbys ce qui n’avait pas été le cas la première année où nous avions été joué à Bourg-en-Bresse, à Bourgoin, à Nice, des trucs à 600 bornes. Nous n’avons que des bus, on part le matin, on ne prend pas des chambres d’hôtel pour le samedi, nous n’en avons pas les moyens, on faisait des déplacements de 500 bornes à 50 gars en un week-end. Cette année, c’est une poule qui nous allait bien, de ce que j’ai compris, elles resteront identiques la saison prochaine, en tous cas je l’espère tout comme j’espère qu’on pourra rejouer tous ensemble, faire des derbys, quelques petits voyages et continuer. Il y aura un ou deux gros et nous, nous allons nous battre pour le reste.


Et des 3es mi-temps car, on ne le dira jamais assez, un club amateur sans buvette ni billetterie, c’est compliqué


DR (SCM) : Avec du public, une envie, redonner tout ça. On est dynamique, on a envie d’avancer mais nous avons été bloqués, comme tout le monde. On ne peut pas se plaindre d’un truc comme ça pour nous quand il y a des morts chez certaines familles. Il faut rester humble, se dire que c’est une péripétie que tout le monde a vécu. Nous avons été touché avec le club, certains vont peut-être perdre leur emploi ou ont déjà perdu un proche dans leur famille, on ne va pas se plaindre nous de ne pas avoir joué. Il faut quand même savoir où est notre place, à savoir faire du jeu, mais ce n’est pas non plus un désastre. On essaiera de repartir et je pense que d’ici un an ou deux, si tout revient à la normale, on ne se souviendra même plus que 3 ou 4 ans auparavant, nous n’avons pas joué, c’est mon avis. On oublie vite, quand on est dans le dur, c’est très dur mais quand tout reviendra à la normale, on oubliera vite que nous n’avons pas joué deux saisons ou deux petites saisons.

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On s’en rappellera quand même dans l’histoire


DR (SCM) : Oui, ça sera marqué mais si tout revient à la normale, on reviendra normalement et tout repartira.

Comment voyez-vous la Fédérale 1 à Mazamet ? Dans le format actuel ou vous aimeriez qu’il y ait une réforme ?


DR (SCM) : Quand on s’est parlé au téléphone, je ne savais même pas qu’il était question d’une nouvelle formule. Je pense qu’il faut garder cette formule-là même si je comprends les gens qui sont plus huppés et qui ont peur. On espère que cette pandémie ne va pas durer 20 ans, qu’on essaye au moins de faire une année normale et on verra par la suite. Mais de faire une Nationale 1, une Nationale 2, une Fédérale 1 de suite ,non, il faut avoir une pyramide, une tête et redescendre. Moi, sincèrement et même si ça a peut-être été un peu précipité, je trouve que la Nationale, c’est bien puisque les clubs se valent entre eux. Nous, nous avons vécu une année où nous avions 5 voire 6 gros sur 12, c’était quasiment impossible. Que l’on en ait un ou deux à ce niveau-là qui soient un peu plus huppés, d’accord, et je souhaite à Mâcon, Rennes ou à Saint-Jean de Luz dans 2 ou 3 ans, d’être champion et de monter en Nationale mais, à mon avis, il ne faut pas faire 36 poules où les gens ne tiendront pas parce-que, budgétairement, vous le savez aussi bien que moi, ça va être la guerre. C’est ce qui s’était passé quand ils avaient essayé de faire une poule élite et on va avoir 4 ou 5 clubs qui vont se ramasser et déposer le bilan. Moi, je pense qu’il ne faut rien bouger pour l’instant et laisser faire une année même si je comprends la déprime des gens qui ne font que ça, qui sont professionnels et qui ne peuvent pas jouer. S’il y a encore une pandémie, en prendre 10 / 12 et le faire pour cette année-là si le gouvernement l’autorise, pourquoi pas ? Mais s’il y a une normalité et que tout revient à la normale, il ne faut rien changer pour l’instant.

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://youtu.be/z4PclYvQ07c
https://youtu.be/z4PclYvQ07c

Retrouvez le replay du grand débat fédérale 1, lors de l’émission Web TV « Le #MagSport by H2G » du 9 avril 2020.

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