#Rugby – Nationale / M.André (Albi) : «Il me reste encore une saison à faire et on prendra la décision le moment venu!»

Le capitaine du Sporting Club Albigeois. Matthieu André, nous a fait l’honneur de venir participer à notre émission Web TV « Le #MagSport by H2G » du 9 avril 2021. Retrouvez l’intégralité de cet entretien grand format ou le seconde ligne jaune et noir revient sur la saison et les objectifs du club de la cité épiscopale, mais nous parle aussi de sa pluri activité ou encore de sa fin de carrière qui approche. A quelques semaines du dénouement de ce championnat de Nationale, et des playoffs d’accession en Pro D2, l’homme au plus de 200 matchs sous la tunique albigeoise, nous livre une interview bilan .

 

Matthieu André capitaine SC Albi / crédit photo : Le #MagSport / Studios H2G

 

On sait que tu as un emploi du temps chargé, peut-être le plus chargé du Sporting Club Albigeois car tu es l’un des rares joueurs pluriactifs. Tu as un contrat professionnel pour faire du rugby mais, en même temps, tu gères une société. Tu dois bien dormir le soir ? 

 

C’est exactement ça, j’allie les deux activités avec ma société de construction de maisons et le rugby qui demande aussi beaucoup de temps donc les journées sont très, très chargées. 

 

Tu as côtoyé Clément Meynadier qui est lui aussi pluriactif. A t’il été une source d’inspiration pour toi en termes de pluriactivité pour  » t’ouvrir les chakras  » et ne pas rester focus sur le rugby mais surtout pour avoir un après-rugby ? 

 

Je crois que, quand nous étions ensemble à Albi, nous étions tous les deux dans nos écoles d’ingénieurs respectives. Nous étions chacun dans le rugby et dans les études, chacun a pris des voies différentes ensuite mais c’est vrai qu’il était intéressant de partager nos expériences. 

 

En tant que capitaine, tu incites les jeunes qui arrivent au Sporting à avoir un œil sur leur après-rugby, pour ne pas qu’ils se retrouvent  » à poil  » une fois que leur carrière sera finie ? 

 

On essaye toujours de les conseiller mais je ne veux pas non plus passer pour le Père Fouettard. Chacun prend ses décisions et mène sa vie comme il le veut mais moi, il est certain que j’ai choisi cette voie-là parce-que je trouve qu’il est très intéressant d’avoir ces deux activités. 

 

Ça donne aussi une certaine sérénité. Tu sais qu’une fois que le rugby s’arrête, quelle que soit la date, tu as quelque chose qui t’attend derrière ? 

 

Oui, c’est plus rassurant mais ce n’est pas non plus pour cela que je l’ai fait. Je l’ai fait parce qu’à côté du rugby, on avait pas mal de temps libre et j’avais vraiment à cœur de continuer et de terminer mes études. Et quand elles se sont finies, j’ai eu envie de faire quelque chose à côté tout simplement pour mon bien-être. 

 

On va revenir sur le côté sportif et le dernier bloc de matchs pour le Sporting Club Albigeois et, on ne va pas se le cacher, un bloc mi-figue, mi-raisin surtout avec cette défaite à Blagnac où vous avez encore perdu des points. Vous vous êtes un peu tiré une balle dans le pied ? 

 

On avait bien commencé le bloc parce qu’on avait trouvé notre jeu et on le finit avec beaucoup de frustration sur ces deux matchs de Blagnac et de Dijon. A Blagnac, on prend trop d’essais pour gagner ce match et des essais casquettes qu’on prend sur des erreurs, on est déconcentré pendant quelques minutes ce qui fait qu’on prend ces essais qui nous mettent en difficulté. Donc, très déçus parce qu’on ne finit pas loin, il y a cette dernière pénalité qu’on loupe mais le match doit être gagné avant ça. On enchaîne avec le match de Dijon où c’est un peu pareil : on manque de concentration, on prend ces deux essais rapidement et après, il faut cravacher, d’abord pour gagner ce match. On part de trop loin pour aller chercher ce bonus et notre frustration, elle est là. 

 

Depuis deux ou trois ans, on a l’impression que le Sporting est un peu une équipe à réaction. Vous avez parfois du mal à construire vos victoires, il faut que l’on vous donne un petit coup de pied aux fesses pour réagir. C’est vraiment le défaut de la cuirasse du Sporting Club Albigeois actuellement ? 

 

Oui, actuellement ou même depuis quelques années. On le sait, il faut qu’il y ait des matchs où l’on passe complètement à travers, comme Cognac à la maison, pour rebondir et aller chercher des performances. On travaille dessus, on en a pleinement conscience mais on sait que maintenant, sur les 5 matchs qu’il reste, il va falloir que l’on soit pleinement acteurs pour aller chercher cette qualification. 

 

A l’issue du match contre Dijon, on sentait ton manager Arnaud Méla un peu remonté comme un coucou. Si on a de bons échos, malgré la victoire, les murs des vestiaires ont un peu tremblé après cette rencontre car ce point de bonus oublié au Stadium peut coûter cher à la fin de la saison ? 

 

De toute façon, quand on a vu le visage des joueurs rentrer aux vestiaires, on a compris. Nous étions tous déçus même si nous avions renoué avec la victoire ce qui était très important parce-que nous avions vécu une grosse déconvenue à Blagnac. Mais nous étions très déçus et très frustrés comme je l’ai dit tout à l’heure parce qu’on tenait vraiment à ce bonus offensif et que nous sommes passés de peu à côté. On part de trop loin, on prend ces deux essais qui nous font très mal dont un qui est un essai d’inattention et ça, c’est dommage. On fait des fautes d’inattention donc on offre des cadeaux à l’adversaire mais nous, derrière, on doit cravacher très, très fort pour aller marquer ces points et on ne finit pas loin, c’est ça qui est frustrant. 

 

Quand on a interviewé Arnaud Méla à la fin du match, on a évoqué Thomas Lacelle et l’hommage qui lui a été rendu, on a vu que l’émotion était prégnante. Est-ce que ce n’est l’une des causes de la baisse de régime du Sporting Club Albigeois, une raison qui ferait que vous vous êtes un peu consumé émotionnellement ? Ce décès de Thomas Lacelle vous a beaucoup affectés et peut-être que cela se ressent aussi sur votre jeu ? 

 

Non, je ne pense pas. C’est vrai que ce qui est arrivé à Toto nous a très fortement touchés, pour beaucoup de joueurs du groupe, nous étions nombreux à avoir joué avec lui. Ça nous a occupé l’esprit pendant pas mal de temps mais je ne pense pas qu’aujourd’hui, ça ait un impact sur nos performances ni que ça influe sur notre jeu. 

 

On va parler de l’adversaire du week-end dernier, Dijon. Tu les as rencontrés il y a deux ans lors qu’un quart de finale homérique où Albi avait failli passer à la trappe et était revenu en fin de match en faisant un come-back du tonnerre, entre autres avec Thomas Lacelle qui était en feu ce jour-là. Comment tu assimiles cette équipe de Dijon deux ans après ? Est-elle toujours aussi joueuse et aussi redoutable ? 

 

Ils ont joué exactement comme nous avions prévu qu’ils joueraient. On avait vu des vidéos, on connaissait cette équipe de Dijon, on savait exactement comment ils allaient nous jouer. C’est une équipe qui déplace beaucoup le ballon, ils ont des joueurs qui se déplacent sur le terrain et on savait qu’ils allaient nous jouer de partout. En plus, c’étaient les premières chaleurs, le temps s’y prêtait, et on savait exactement ce qui allait nous arriver et ça a été le cas. Ils nous ont aussi mis en grande difficulté dans ce jeu et, même si on s’y attendait et qu’on l’avait bien préparé pendant la semaine, nous avons été mis en difficulté. 

 

Pour la suite des aventures du Sporting Club Albigeois, on vous attendait à Cognac dimanche mais ce match n’aura pas lieu. Il avait déjà été reporté en Octobre pour cause de Covid, du côté albigeois cette fois-ci et là, ce sont les Cognaçais qui sont touchés par le variant anglais. On a l’impression que le destin ne veut pas que ce match se joue ? 

 

Exactement (rires). Ce match est reporté pour la seconde fois, cette fois-ci pour des cas de Covid chez Cognac. On est donc resté au repos ce week-end, on va voir à quelle date il va être déplacé et on finira ce bloc de 5 matchs avant d’attaquer les phases finales, si nous sommes qualifiés. 

 

Sera-t-il ou non déplacé, ça n’a pas encore été statué. Il reste une date le 16 Mai mais la Fédération n’a pas encore décidé. S’il n’est pas déplacé, il y aura péréquation ce qui peut être handicapant. On sait que Nice va aussi être obligé de passer par la case péréquation mais dans la lutte pour les play-offs, ce système peut être gênant ? 

 

Oui, ça peut-être handicapant mais je ne pense pas qu’il faille que l’on prête attention à tout cela. Si ce match ne se joue pas, il nous en reste 4 dont 3 déplacements donc, nous avons vraiment un gros challenge à jouer. Avec ces 3 déplacements, il va falloir que l’on ramène un maximum de points, nous avons beaucoup de travail à faire à ce niveau-là donc, que l’on reste plutôt concentré sur les 3 déplacements qu’il nous reste et sur les matchs à la maison car on sait qu’il va falloir que l’on gagne un maximum de matchs pour être dans les qualifiables. 

 

Cette pause forcée va-t-elle être salutaire pour se remettre la tête à l’endroit ou cela peut-il être un handicap en perdant un peu le rythme ? 

 

Non, je pense qu’elle va être salutaire car nous avions enchaîné ces deux matchs donc, peut-être que certains joueurs étaient émoussés. On avait aussi quelques pépins physiques donc elle va aussi permettre de soigner tout ça et d’arriver frais cette semaine pour bien préparer ce déplacement à Aubenas. 

 

Comme tu le disais, vous allez vous déplacer à Aubenas puis à Tarbes et à Massy pour le dernier match, Massy qui revient du diable vauvert et qui fait une remontada digne du Barça en foot. Ce dernier match face à Massy va quasiment être un quart de finale ? 

 

Ça dépendra des résultats que l’on aura eu sur les matchs d’avant (rires). Si on veut se faciliter la tâche et ne pas aller jouer une qualification à Massy, il faudra que l’on fasse le travail avant, c’est ça qui est important. Donc, d’abord penser à Aubenas et essayer d’aller y faire un résultat, on sait que cela sera très, très compliqué surtout que l’on joue des équipes qui n’ont plus rien à jouer et qui jouent leur va-tout comme Dijon l’a fait et qui vont mettre le feu au terrain. Ce seront des équipes difficiles à manœuvrer. 

 

De plus, Aubenas et Tarbes sont des forteresses à la maison ? 

 

C’est ça, comme je le disais, des équipes très compliquées à jouer d’autant plus quand elles sont à domicile. Donc, nous avons déjà de gros défis qui nous attendent avant de nous occuper de Massy. 

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Pour finir, nous allons parler de toi. Tu as été formé au Stade Toulousain, tu as joué à l’US Dacquoise et tu as plus de 200 matchs sous les couleurs albigeoises. Tu dis souvent que tu te rapproches plus de la fin que du début de ta carrière. Quand est-ce que tu envisages cette dernière et as-tu encore un peu de carburant dans le moteur ? 

 

De l’essence dans le moteur, j’en ai. Je suis heureux dans ce que je fais, ça me plaît donc on verra, il me reste encore une saison à faire et on prendra la décision le moment venu. Pour l’instant, les choses ont beaucoup d’importance pour moi, je me régale dans ce que je fais donc, j’essaie d’emmagasiner un maximum de plaisir. Pourvu que ça dure et qu’on aille le plus loin possible. 

 

Une dernière saison en Pro D2 serait le plus des happy end ? 

 

Oui, exactement, ça serait un très, très beau cadeau. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://youtu.be/z4PclYvQ07c

Retrouvez le replay de l’émission web tv « Le #MagSport by H2G du 9 avril 2021

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