#Foot – R1 / D.Coulibaly (ex-TMFC) « Je vois le manque de respect depuis que j’ai pris le poste de n°1 »

C’est avec de l’émotion dans la voix et beaucoup de frustration que Dialla Coulibaly s’est révélé sur ses dernières péripéties à la tête de l’équipe fanion du Toulouse Métropole FC. Remercié par le président Christian Ragout, l’entraîneur doit maintenant tourner la page de son club de coeur et se tourner vers de nouveaux horizons.

Dialla, tu es désormais ex-coach de Toulouse Métropole après ta récente éviction. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur les conditions de ce départ qui a surpris un peu tout le foot Occitan ?

Elles m’ont surprises aussi oui et non. Pour moi, un entraîneur qui part, ou se fait démettre de ses fonctions, c’est qu’il n’a pas assuré au niveau sportif. C’est le leitmotiv de tout entraîneur. Au niveau sportif, pour ma première année en R1 la saison dernière, on joue la montée. La saison est arrêté par la covid. On est champion d’automne et nous sommes à cinq points du premier lorsque tout s’arrête. Il n’y a donc aucune raison pour que tout s’arrête entre le TMFC et moi-même. Ça me surprend aussi d’autant que je n’ai pas eu de justifications, d’entretiens avec le président. Si ce n’est des bruits de couloirs que j’entends depuis le mois de janvier…

Qui ont donc été officiellement confirmés la semaine dernière…

Officiellement confirmés à l’arrache sur le bord du terrain à la fin de mon entraînement en disons une minute…

C’est donc un clap de fin plutôt express après de nombreuses années au sein du club, tant comme joueur que comme entraîneur… La frustration doit clairement être de mise pour toi non ?

J’ai eu sentiment d’inachevé d’autant que j’ai toujours été loyal, passionné et investit. Je ne comptais pas mes heures. Ce qui est frustrant, c’est de savoir que l’on m’a donné des objectifs qui ont été atteints. Je n’ai pas forcément eu les moyens pour pouvoir atteindre ces objectifs, mais nous avons tout de même fait les choses comme il fallait. J’ai commencé avec l’équipe trois. Nous y intégrions des jeunes, telle une passerelle, pour que sur le long terme, ces joueurs viennent sur l’équipe première pour éviter les transferts et recrutements de fin d’année. On a réussi à évoluer avec cette équipe trois qu’avec des jeunes. La saison suivante, on m’a passé l’équipe réserve pendant deux ans. Avec dans le groupe des jeunes de 17, 18 et 19 ans, nous avons réussi à nous maintenir et à finir sixièmes de Régional 2. Nous étions l’équipe la plus jeune du groupe ! En moyenne d’âge, nous étions sur du 19-20 ans. A chaque saison, je récupérais cinq jeunes de 17HL que j’intégrais directement dans mon groupe. Ces jeunes ont au final terminés titulaires dans mon équipe type.

Le départ de Fred Ouvret pour Luzenac à l’été 2019 t’a ensuite ouvert les portes de l’équipe première… Tu as un peu fais tes gammes en même temps que tes jeunes du coup

Voilà, on me donne l’équipe première, même si certains ne le souhaitaient pas. C’est exactement ça, nous sommes montés en puissance en même temps que les jeunes. Pour la finalité, ces jeunes, j’en avais cinq avec moi au sein du groupe R1 qui ont été titulaires l’année où l’on joue la montée du fait de certaines blessures, du départ de Sebastien Kanon et que nous n’avions pas forcément les joueurs expérimentés au début de saison. Ce sont donc les jeunes qui ont assuré l’intérim, et bien assuré cet intérim. Ça met une émulation et une concurrence seine. Ce qui a poussé tous les joueurs à aller vers la performances. La frustration est là : il y a eu du gros travail fourni, et on vous remercie, sans respect. Qu’ils prennent une décision, c’est une chose, mais ça mérite des explications. Avant Toulouse Métropole, c’étaient les Fontaines, j’étais un joueur et un éducateur des Fontaines, j’ai également joué à St Jo. Ça s’est toujours bien passé. La fusion des deux, pour moi, était très intéressante. Au final, je vois le manque de respect depuis que j’ai pris le poste de numéro 1. Un manque de respect important et je ne me sentais pas soutenu par la direction. Je faisais sans car pour moi le plus important était le sportif et nous avons réussi à avoir des résultats.

On a également appris le départ récent du directeur sportif, Bertrand Bugnicourt, arrivé à l’été 2019. Est-ce que ces deux départs sont liés comme un désir du club de relancer une nouvelle ère ou est-ce qu’il s’agit de deux départs différents ?

J’ai envie de dire que ce sont deux départs différents, mais j’ai aussi envie de les associer. Deux départs différents car moi je suis au club depuis cinq ans. J’ai fais mes gammes et suis monté en puissance au club donc c’est complètement différent. L’affaire Bugnicourt, c’est très compliqué. Pas du fait de Bertrand, mais compliqué de vouloir instaurer des choses nouvelles quand on a des personnes qui veulent rester dans de l’ancien. On ne juge pas la qualité de l’homme ni la performance mais le fait de vouloir évoluer et changer certaines choses. En l’occurence, si l’on doit mettre un lien entre les deux, ma sensation est que ce n’est pas le président qui a souhaité me désigner comme coach de l’équipe une. Ce n’est pas son choix, Bertrand Bugnicourt n’est pas son choix non plus. Il a voulu porter ses responsabilités et faire sa cuisine avec ses choix. Après pourquoi mettre du sang neuf quand ma première année avec la R1, nous terminons quasiment meilleure attaque et meilleur défense en ne concédant quasiment pas de buts. Ça suivait son cours au niveau sportif et pas mal de jeunes étaient intégrés au niveau sportif. En terme de nouveau, c’était ma première année, ce n’est pas comme si j’y étais depuis cinq ans.

Est-ce qu’il n’y a pas un petit goût amer au moment de quitter votre club de coeur dans lequel vous avez passé tant d’années ?

Bien sûr que si. Il y a un goût amer. Si c’était par échec sportif et que j’avais joué le maintien la première année…

Sachant que la saison précédent ta nomination, l’équipe jouait le maintien…

C’est ça. Ils ont joué le maintien avec un groupe plus qualitatif que ce que j’avais. Moi j’ai du faire avec mes jeunes qui montaient de R2 en R1 et surtout n’avaient jamais en R1 pour la plupart. Vous avez des joueurs confirmés en R1 la saison précédente pour jouer le maintien. Après, les années se suivent et ne se ressemblent pas. Nous avons amenés avec le staff un nouveau dynamisme. C’est là que je n’arrive pas à comprendre lorsque l’on me parle de renouveau sachant que ce que nous proposions était complètement différent de ce qui était auparavant. Après, ça ne veut pas dire que c’était mieux ou moins bien. Mais différent. J’ai apporté d’autres choses. J’ai un goût très amer mais après psychologiquement rien ne m’atteint. S’il faut repartir de zéro, je repartirais de zéro.

C’est donc une page importante qui se tourne pour toi. Dialla Coulibaly l’année prochaine ça sera quoi ? Un nouveau projet ou plutôt l’envie de se mettre un peu au vert ?

Non pas de pause. Le football c’est ma passion. La pause c’est mourir à petit feu. Le confinement nous a mis en pause depuis déjà mars dernier. Là nous n’avons pas vraiment repris. Je suis un passionné, le foot, c’est ma vie. Là ça a été fait rapidement donc je n’étais pas forcément prêt à ça. Je n’ai pas démarché car mon projet était de grandir avec ce club qui était mon club de coeur étant donné qu’il y avait les Fontaines dedans. Ça ne s’est pas fait pour diverses raisons qui en tout cas ne sont pas sportives. Je vais repartir et chercher un projet intéressant, surtout un projet où je sens qu’on me suit et qu’on me respecte surtout pour ce que je suis et mes compétences sportives si les présidents pensent que j’ai les compétences requises pour adhérer à ce genre de projet. Je suis là et mentalement rien ne peut m’atteindre. J’ai connu plein de choses. C’est le football, j’y suis préparé. C’est un monde assez spécial à ce niveau-là et il faut être prêt à ça. Ceux qui arrivent à réussir c’est ceux qui sont prêts à toutes ces éventualités et prêts à rebondir par la suite. Ce n’est pas un échec, car je ne sors pas sur des mauvais résultats. Je vais prendre cette expérience pour grandir et aller chercher d’autres expériences pour avoir même d’autres diplômes. Mais je serais toujours là.

Propos recueillis par Nicolas Portillo

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