#Rugby – Nationale / A.Lagarde (Dijon) : «Avancer sans regarder derrière!»

L’international à 7 et arrière/ailier du Stade Dijonnais, Alexandre Lagarde, en amont de ce match entre Albi et Dijon comptant pour la 21 eme journée de Nationale, nous a accordé une interview. Pour ce feu follet passé par le centre de formation de Brive et l’USAP, ce retour dans le groupe Dijonnais s’apparente a la fin d’un long tunnel. Blessé depuis de très long mois, celui qui a fait ses deux seules apparitions en Pro D2 face à Albi et Montauban sous les couleurs catalanes, va re-gouter pleinement aux joies des ambiances de match et son adrénaline inhérente. Alex Lagarde n’en oublie pas de rendre un hommage ému et poignant à son ami et ancien coéquipier, Thomas Lacelle.

Retrouvez la rencontre Albi Vs Dijon en direct vidéo sur facebook et you tube #SCA via Le #MagSport et Studios H2G.

 

 

Avant de parler de cette rencontre pour laquelle tu feras partie du groupe pour reprendre le cours de cette saison, on va un peu parler de ta carrière. Tu as été formé au CA Brive mais tu as la spécificité d’être un enfant de la région parisienne puisque tu es de Clichy -la-Garenne. Comment un bambin de Clichy- la-Garenne se retrouve au beau milieu de la Corrèze ? 

 

Je suis né à Brive-la-Gaillarde mais à l’âge de 10 ans, j’ai commencé le rugby à Clichy-la-Garenne. Nous avons ensuite déménagé avec mes parents pour nous rapprocher de mes grands-parents car il y avait des petits problèmes en région parisienne. A partir de là, j’ai continué un peu le rugby car mon père m’encourageait et je prenais beaucoup de plaisir à jouer avec mes copains, chose que je cherche absolument quoi que je fasse, je veux absolument avoir du plaisir sinon je m’arrête de le faire. Ça me faisait sourire, ça me rendait heureux du coup, j’ai continué et après, j’ai fait ce que j’ai fait et j’en suis là aujourd’hui. 

 

Tu es un joueur d’évitement, un feu follet tandis que Brive est plutôt connu pour le jeu rugueux, d’avants et de castagne. Alexandre Lagarde à Brive, c’est un peu paradoxal ? 

 

C’est vrai (rires). J’ajoutais justement à mon équipe ce côté évitement et vitesse pour que l’on soit une équipe imprévisible. 

 

Si j’ai de bonnes informations, tu avais comme coéquipier à l’époque quelqu’un qui nous a quittés récemment. Thomas Lacelle était lui-aussi à l’école briviste et avait un peu le même profil que toi ? 

 

Oui, c’est le même que moi. C’était un de mes très bons amis, on a commencé à jouer ensemble en Crabos, on est rentré en même temps au Pôle Espoir d’Ussel, lui était directement rentré en 2e année et moi en 1ère. On a vécu ensemble pendant deux ans à Ussel, on a joué ensemble en Crabos puis, parce qu’il était très bon, je l’ai rejoint en espoirs, on faisait la paire d’ailiers, lui était parfois à l’arrière. On a gardé contact, on était une bande de potes et quand j’ai appris la mauvaise nouvelle, j’ai été très peiné. Je suis triste pour sa famille et tous ses amis qui le pleurent. 

 

J’imagine que le fait de venir à Albi, dans l’un de ses anciens clubs, et de jouer précisément ce match-là doit avoir pour toi une valeur assez symbolique ? 

 

Oui, c’est quelque chose qui va me faire du bien puisqu’il a vécu de belles années là-bas, c’est là-bas qu’il s’est relancé pour prendre ensuite la direction d’Aix. J’aurai aimé le voir là-bas, j’aurai aimé jouer contre lui parce-que je l’aimais beaucoup et ça va me faire bizarre. Ça va me faire bizarre quand je vais entendre son nom, quand on va nous demander de faire la minute de silence, c’est quelque chose de très émouvant pour moi. 

 

On n’en doute pas. On va aussi parler de la suite de ta carrière qui s’est passée à l’USAP à Perpignan, tu as fait une grande diagonale à travers la France pour arriver en pays catalan. Et je crois que tu as fait deux matchs en équipe première : un contre Montauban et un contre Albi ? 

 

C’est ça. Je ne me plaisais plus à Brive parce-que je n’intégrais pas les professionnels, du coup, je jouais avec les espoirs et il n’y avait pas d’avenir. J’ai préféré casser mon contrat et partir loin. 

 

Au soleil ? 

 

Exactement. Une région que j’aime beaucoup parce qu’elle est très ensoleillée. Là-bas, j’ai vécu une saison professionnelle parfaite : je jouais avec les espoirs, on a fini champions de France et à côté de ça, je démarrais les tournois à 7. J’ai eu la chance de faire deux feuilles avec l’USAP à Montauban et contre Albi. 

 

Ce match contre Albi est un bon ou un mauvais souvenir ? 

 

C’est un bon souvenir puisque j’ai joué à mon poste de prédilection qui est arrière et on a gagné donc, j’étais très heureux. 

 

On va bifurquer sur ta carrière à 7 qui est très, très belle dans cette discipline. Comment t’es venue cette envie de tâter du 7, de t’ouvrir un peu les chakras en sortant du registre purement quinziste ? 

 

J’ai découvert ça au Pôle Espoir d’Ussel car avant, nous avions des compétitions inter-pôles où on jouait à 7 entre les pôles du sud et ceux du nord. Il y a ensuite eu le tournoi à Dubaï, le projet m’alléchait, j’avais espoir d’y aller et c’est ce qui s’est passé. J’ai pris énormément de plaisir et depuis, je n’ai jamais souhaité lâcher ce sport. 

 

Est-ce que le 7 t’a vraiment permis de passer un cap et de t’ouvrir sur un autre registre de ton jeu ? 

 

Très clairement, oui. Déjà, mon profil correspond très bien à ce sport et ça m’a appris à progresser puisque, techniquement, c’est bien au-dessus du 15. On doit assurer un ruck seul, faire la conservation seul, tu dois tout faire bien car un plaquage loupé peut engendrer un essai, il faut être très rigoureux et très concentré. Moi, j’ai atterri dans une équipe de France où il y avait quelques difficultés de résultats mais ça n’empêchait en rien le fait que l’on s’entraînait dur et qu’on avait espoir de monter rapidement dans les meilleures nations du monde. Ça paye un peu aujourd’hui puisqu’ils ont commencé à faire des demi-finales, des finales et j’en suis très heureux pour ce groupe-là. 

 

J’imagine que tu aimerais réintégrer très rapidement cette équipe de France à 7 ? 

 

J’aimerai avoir la chance de pouvoir revivre les émotions que ça m’a procuré. Est-ce que j’ai hâte, je ne sais pas mais j’ai surtout hâte de rejouer au rugby puisque ça fait deux ans et demi que je n’ai pas touché un ballon ovale à part à l’entraînement et j’ai hâte de le faire ce week-end avec le Stade Dijonnais. 

 

On va parler de ces deux ans avec cette pléiade de blessures. Tu arrivais au Stade Dijonnais en 2019 pour te relancer et avoir du temps de jeu mais malheureusement, dès ton arrivée, tu as mangé ton pain noir ? 

 

Exactement. Je suis arrivé dans l’optique où j’étais sur la fin de ma rééducation, où j’allais commencer à reprendre les entraînements intensifs, repartir sur une grosse prépa et sur les matchs amicaux pour démarrer la saison avec le Stade. Sauf qu’au final, on a trouvé qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas au niveau de la blessure et il a fallu bien m’entourer et travailler dur pour rejouer, pour ne pas terminer ma carrière sur une blessure. 

 

Le fait que le Stade soit considéré en Nationale comme un club dit  » famille « , un club où il y a de l’accompagnement, ça t’a permis de passer cette étape ? 

 

Oui, j’ai été bien entouré par certains joueurs. Il y a des joueurs qui étaient de Corrèze du coup, on s’est très vite rapproché et entendu. 

 

Comme Romain Kusiolek ? 

 

Romain, Lucas Liabot, des cadres de l’équipe qui ne m’ont pas laissé seul et qui m’ont aidé à avancer. Je les remercie et je dirai même que je ne sais pas ce que je ferai sans eux. J’ai dû être bien entouré, avancer sans regarder derrière. 

 

Je suppose que, quand tu as su que tu étais dans le groupe, tu as dû voir la lumière au bout du tunnel ? 

 

Très clairement, oui, ça m’a fait du bien. Sur les dernières annonces de groupe, comme je me sentais près du terrain, je commençais à avoir cette boule au ventre quand je n’entendais pas mon nom pour partir jouer le match. Donc, quand dans la semaine, j’ai entendu mon nom faire partie du groupe, j’étais très heureux. 

 

En plus, tu vas commencer avec un match face à Albi et son manager qui doit te parler car Arnaud Méla est quand même une légende au CAB. J’imagine que lorsque tu faisais partie de la formation briviste, tu le regardais un peu comme un grand frère ? 

 

C’est une carrière qui donne envie. Il a fait pas mal de matchs en Top 14 et en Pro D2, il a une très belle carrière. Il a réussi à devenir entraîneur d’Albi et aujourd’hui, ça lui réussit bien puisqu’il a une équipe très compétitive et on a hâte de jouer contre une équipe de ce niveau. 

 

Comment vois-tu cette équipe d’Albi ? Quels sont pour toi ses points forts et ses points faibles ? 

 

Dans les points forts, c’est une équipe qui est assez costaud devant, et même derrière. C’est malgré tout une équipe de haut de tableau qui veut jouer la montée et qui va serrer les dents jusqu’au bout pour pouvoir monter. Nous, c’est le genre de match dont nous avons besoin pour retrouver une identité et pour que l’on soit compétitif à l’avenir. 

 

J’imagine que vous avez un peu regardé la recette blagnacaise le week-end dernier où, comme l’a dit leur entraîneur, ils ont fait 400 rucks et essayé de mettre un peu de folie de partout. J’imagine que ça a dû vous donner quelques idées derrière la tête ? 

 

Oui, ça donne des idées mais il ne faut pas non plus se baser sur l’adversaire. Aujourd’hui, nous avons besoin de nous concentrer sur nous, de travailler sur nos points forts et nos points faibles. On va aller à Albi avec des ambitions de bien jouer, on n’est pas les favoris mais nous avons à coeur de bien jouer. 

 

Jusqu’au match de Suresnes, il y avait un peu une chape de plomb au-dessus du Stade Dijonnais avec le spectre de la descente. Maintenant qu’il n’y plus cette épée de Damoclès, on vous sent totalement libéré. Est-ce que tu as ressenti à l’entraînement que quelque chose s’était passé et qu’il y avait eu une sorte de déclic ? 

 

Oui, il y a un petit déclic parce-que nous n’avons plus peur de descendre mais il ne faut pas se dire que ne plus descendre nous protège. Aujourd’hui, comme je l’ai dit plus tôt, nous avons besoin de retrouver une identité, de montrer aux autres équipes que nous n’étions pas les bons derniers, que c’était peut-être une année qui ne nous souriait pas et que maintenant, nous avons à cœur de bien la finir. On est plus libéré et il faut que l’on garde cet état d’esprit pour avancer et bien démarrer l’année prochaine. 

 

Le dernier match du Stade Dijonnais était à Aubenas, une terre hostile où on sait qu’il est très difficile d’aller gagner. Ce match nul vaut plus que deux points ? 

 

Il est plaisant mais très frustrant puisque nous avions les cartes pour gagner là-bas. Malheureusement, on manque 12 points au pied mais nous n’aurions pas dû nous baser sur ce point-là, on aurait pu les enfoncer un peu plus et gagner, non pas plus facilement, mais on aurait pu aller chercher un essai de plus. On a peut-être été un peu trop dans la physionomie d’une équipe qui vient chercher des points à l’extérieur, on a peut-être eu peur de tenter. 

 

Quelles vont être tes pensées lorsque tu vas rentrer sur le terrain après ce long tunnel ? Elles iront sûrement vers tes proches et vers tous ceux qui t’ont soutenu, ceux qui ont fait maul et pack avec toi ? 

 

Oui, je vais penser à tous ceux qui ont été proches de moi et qui m’ont aidé à surmonter cette épreuve. Après, ça n’est pas terminé, ce n’est pas parce-que je rejoue qu’il faut que je me repose sur mes lauriers. Il va falloir continuer à travailler pour être toujours performant et aider l’équipe au mieux. 

 

Pour faire un petit clin d’œil à Toto Lacelle, tu vas rentrer en criant  » allez Brive  » ? 

 

Allez Brive ! 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://youtu.be/Zoj5KNdhLGc

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