#Rugby – Nationale / N.Tolofua (Blagnac) : «On a intérêt à se resserrer!»

Entretien avec Nekelo Tolofua, le 3/4 centre du Blagnac Rugby, en amont du derby occitan face à Albi lors de la 21 eme journée de Nationale.

 

 

Pour toi, Albi / Blagnac représente un peu un condensé de ta vie puisque, tu es le seul pluriactif de la fratrie Tolofua, tous tes frères sont professionnels. Albi, club professionnel, Blagnac, club pluriactif, on est en plein dans la diversité d’horizons que tu côtoies ? 

 

Totalement, en termes de pluriactivité, il est sûr qu’il n’y a pas plus (rires). 

 

On va justement commencer par parler de ce registre pluriactif de Blagnac. Tu as des frères qui sont professionnels du coup, est-ce que tu as l’impression de faire un sport différent du leur, dans l’approche, la pratique et même dans la façon de l’aborder ? 

 

Absolument, quand tu as tes frangins au téléphone qui te disent  » moi, je joue à Fortnite pendant que toi, tu es au boulot  » et que toi, quand tu rentres du boulot, c’est pour aller à l’entraînement, tu ne peux justement pas jouer à Fortnite. Ce n’est pas du tout la même vie, même s’il y a de très bons côtés, mais c’est vrai que ce n’est pas du tout pareil. 

 

Ça doit aussi être une fierté d’avoir des frères qui jouent à ce niveau et qui portent haut le nom Tolofua ? 

 

Complètement, j’en suis fier, je suis très fier de mes petits frères. 

 

A Blagnac, on le sait, tu es l’un des cadres du vestiaire et un grand copain de Jean-André Vernetti, qui te met parfois quelques pièces et ce, même en interview via ta passion pour les chips. Mais ce club de Blagnac va au-delà de ça, c’est un club famille où l’on a vraiment l’impression que, malgré que vous vous retrouviez parfois dans l’adversité du fait de votre statut pluriactif, vous prenez un pied monumental à aller défier ces équipes pros comme Albi, Bourg-en-Bresse ou Narbonne ? 

 

Oui et encore plus cette saison. C’est vrai que, lors des saisons précédentes, on a eu quelques matchs en cours de saison qui nous faisaient nous transcender pour être au niveau, ça arrivait deux, trois fois par an, c’était cool mais ce n’était pas tous les week-ends. On appréhendait un peu le début de saison de justement jouer contre ces équipes, il y a eu des défaites au départ mais c’est vrai que le peu de victoires te permet de te remettre dedans. Donc, ce n’est pas mal et c’est en effet le charme de ce championnat car aujourd’hui, on voit au niveau des résultats qu’il y a bien sûr ceux qui sont en tête mais derrière, il n’y a pas vraiment de clubs qui sont invaincus. On le voit aussi sur les bonus offensifs, le ratio n’est pas énorme. 

 

Vous avez repris 2021 comme des chevaux de course, vous avez fait une magnifique remontada car, alors que vous étiez quasiment derniers, vous avez réussi à vous ancrer dans le milieu de tableau. Mais, depuis quelques semaines, on a l’impression que ça devient un peu plus compliqué, entre autres face à Dijon où vous avez tenu une mi-temps. Tout le monde se disait que ça allait être un match à couteaux tirés mais vous avez craqué sur la fin. Comment peux-tu expliquer ce craquage en seconde mi-temps ? La longueur du déplacement, l’usure d’un championnat qui, comme tu le disais si bien, réserve son lot de surprises tous les week-ends ou un match sans, comme ça peut arriver à toutes les équipes ? 

 

Tu me l’aurais demandé à chaud dimanche, ça aurait été compliqué, ça l’est moins avec un peu plus de recul sur le match. Mais, même juste après la rencontre, on s’est dit qu’il devait y avoir l’accumulation des 5 semaines, il y avait déjà eu un premier bloc de 4 matchs qui avait été long. Les 5 matchs qui ont suivi sur le second bloc ont été très durs, sans compter le déplacement. Je ne cherche pas d’excuse, c’était une très belle équipe de Dijon qui s’est nourrie de nos erreurs et c’est comme ça mais je pense qu’on a récolté les pots cassés des blessures qui ont amoindri l’effectif. Mais, je le répète, on a eu une très belle équipe de Dijon et on l’a vu en première mi-temps où on s’est accroché comme on pouvait. Mais à un moment donné, en seconde période, on a pris l’eau et ils se sont nourris de bêtises, d’erreurs ce qui fait qu’on prend quand même une belle raclée à Dijon. Il n’y a rien à dire. 

 

Ton coach Eric Escribano mettait en exergue le manque de collectif en seconde mi-temps où chacun a un peu essayé de faire la sienne. Pour un club comme Blagnac, et ce même si c’est la règle dans le rugby en général, dès que vous ne jouez pas collectif, vous payez l’addition ? 

 

Totalement et ceux qui ont pu voir le match ont dû remarquer que c’était très compliqué. Chacun a voulu faire la sienne et je pense que nous sommes vraiment passés au-travers. Je ne crois pas que ce soit une question d’égoïsme, c’est plus le fait que l’on voulait faire du mieux possible sur le terrain pour essayer de faire avancer l’équipe. Comme quoi, le collectif prime et ils ont mieux réussi que nous. 

 

On va maintenant se projeter sur le match à venir face à Albi, un derby d’Occitanie. On sait que vous avez de l’orgueil à Blagnac et pour faire plaisir aux supporters, aller accrocher voire même taper Albi, il n’y aurait rien de mieux ?  Albi est l’un des gros calibres de cette Nationale même si, et on le voit tous les week-ends, il n’y a pas de gros calibres établis et tout le monde est capable de battre tout le monde. Mais accrocher le scalp d’Albi serait quelque chose qui vous plairait bien ? 

 

Oui, surtout qu’on ne les a pas gagnés. Je pense que, de toutes les confrontations que l’on a eues, qu’elles soient amicales ou en championnat l’année dernière, on ne les a pas battus une seule fois. En plus, le confinement a été annoncé juste avant le match à la maison donc, ça serait pas mal de les avoir en confrontation directe, ça serait cool. Il est certain qu’on les attend et, après les déroutes que nous avons eues ces derniers temps, c’est vrai que ça ferait du bien d’avoir une victoire à la maison. On verra mais on a intérêt à se resserrer ce week-end. 

 

Albi a l’un des plus beaux packs, il y a un beau challenge. Ça va être une vraie partie d’hommes devant ? 

 

Oui mais comme chaque week-end de toute façon. C’est vrai que là, il y a une très belle équipe et Albi a toujours été réputé pour ça. 

 

Il va falloir mettre le casque à pointes comme on dit ? 

 

Ce ne sont pas des casques à pointes qu’on aura, il faudra être armés (rires). 

 

On va finir cette interview avec un esprit décalé. Comme je le disais, Jean-André Vernetti t’a mis quelques pièces dans une interview écrite en te branchant sur ta passion pour les chips en déplacement. Lui aussi doit bien en avoir une, tu peux lui rendre la monnaie de sa pièce ? 

 

Je n’irai pas jusqu’à son petit déhanché sur du latino avec son confrère Gérald Augustin (rires). Les deux forment un sacré binôme. 

 

Ce sont des danseurs de salsa ? 

 

C’est ça (rires). 

 

On saura en faire écho et on te remercie pour ta participation, avec ton sourire et ta bonne humeur communicative. On te souhaite le meilleur pour la suite de la saison et surtout pour ce derby face à Albi en espérant qu’il y ait un beau match et un beau derby occitan et que le meilleur gagne à la fin

 

Merci

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://youtu.be/0kU2gPyFzRA

Retrouvez en replay l’émission « le #MagSport by H2G » du 24 mars 2021 en cliquant ci dessus

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