#Rugby – Amateur / SJAO XV : L’espérance des lendemains heureux.

Nous sommes allés en immersion dans le ter-ter du rugby tarnais, ces clubs qui permettent tant de pratiquer le sport pour l’ensemble de la jeunesse tarnaise que de socialiser les futures générations. Nous avons donc rencontré deux personnes primordiales pour faire vivre le rugby à Saint-Juéry : le président du SJAO XV Jean-Claude Laur et le maire de la ville, David Donnez. Pour le premier magistrat de Saint- Juery et le président du club Tarnais de rugby, l’attente est longue depuis l’automne 2020 et la mise en quasi sommeil dès activités. Mais que cela soit, pour l’un ou pour l’autre une chose est sûre, ils leur tarde de voir cette entité véritable vecteur poumon du territoire , pouvoir recommencer son activité. Focus sur un club qui attend impatiemment la fin de ce contexte sanitaire pesant pour le sport collectif, et de voir poindre le retour des jours heureux.

Un entretien à retrouver en vidéo dans le #MagSport by H2G du 12 février 2020

 

Mr le Maire, vous avez été élu dans un contexte historique car pandémique. Vous vous retrouvez avec la moitié de la ville qui ne peut plus marcher car cette ville sportive et associative est privée de ce poumon du lien social. J’imagine que ce n’est pas un début aisé ? 

 

DD : Effectivement, jamais une mandature n’a été autant éprouvée ces dernières années. C’est vrai que c’est un contexte où le milieu associatif doit vraiment être soutenu, on essaie de mettre la solidarité au cœur de nos actions et nous sommes donc forcément très proches du rugby et des autres associations. Mais c’est aussi pour continuer nos activités, prévoir et pouvoir envisager l’avenir. Il faut faire preuve d’espérance et d’optimisme et c’est ce que je dis à tout le monde parce qu’en effet, le tissu associatif à Saint-Juéry est quelque chose de très, très fort que ce soit pour nos enfants, nos adolescents mais également pour nos seniors. C’est très difficile mais la municipalité sera toujours aux côtés des acteurs qui font vivre notre ville et notamment le rugby à Saint-Juéry en fait partie. 

 

Jean Claude Laur, vous êtes président de Saint-Juéry depuis de nombreuses années. Vous n’aviez jamais vécu une situation comme celle-là, c’est de l’inédit. Il y a quelques mois, on se souvient que vous aviez poussé un coup de gueule dans nos colonnes car le rugby est certes un sport mais ils forment aussi les citoyens de demain. J’imagine que, deux ou trois mois après, vous êtes toujours désespéré et dans l’attente de perspectives ? 

 

JCL : Tout d’abord, nous sommes ravis d’accueillir « Le #MagSport » avec les studios H2G dans notre maison commune avec la municipalité et, comme tu l’as su, nous avons un nouveau club-house et il me tarde de pouvoir l’inaugurer (rires). Nous en parlions avec Mr le Maire, ce sera en effet le début de la suite mais, pour en revenir au passé, comme bien sûr pour tout le monde, nous n’avons jamais vécu cela. Pour parler du cri du cœur, je suis inquiet parce-que je trouve que l’on n’avance pas, nous ne sommes pas en projection et c’est ce qui m’inquiète le plus. Malheureusement, il y a des faits qui prouvent que ce que l’on disait il y a quatre mois se réalisent à savoir qu’aujourd’hui, les gamins sont désœuvrés. Le désœuvrement fait qu’ils font énormément de conneries et on les voit, je sais que Mr le Maire a d’autres préoccupations car il s’est passé des évènements sur la ville le week-end dernier qui sont catastrophiques. On ne peut pas laisser faire ça donc, à mon avis, les pouvoirs publics et les pouvoirs politiques auraient bon ton parfois d’écouter les associations parce-que tout le travail que nous faisons ne peut pas se mesurer comme ça, du jour au lendemain. Mais quand on s’aperçoit du désœuvrement des enfants aujourd’hui pour en arriver à faire ce qu’ils font, à se tabasser ou à tirer des fumigènes ou des feux d’artifice sur les flics, ça n’est pas normal. Il faut que les pouvoirs publics redonnent aux associations le rôle qu’elles ont, qui est un rôle primordial pour l’éducation. Mon cri du cœur était dans ce sens-là, c’était la crainte que ça n’arrive et aujourd’hui que c’est le cas, il faut arrêter de faire des constats mais faire des projections et c’est pour cela que nous sommes en relation constante avec la Mairie, on échange beaucoup. Il n’y a pas que le rugby à Saint-Juéry, il y a toutes les associations, nous sommes souvent en contact avec le foot et Alexandre Courrèges, avec le XIII s’il le faut. Au niveau des associations, ne nous rebellons pas mais serrons-nous les coudes pour effectivement avancer et passer cette connerie. 

 

Quand on parle de sport, on pense bien sûr aux jeunes générations qui sont les premières pratiquantes mais, autour d’un club associatif, il y a aussi les bénévoles, qui peuvent être de générations plus âgées. Cela leur permet d’avoir du lien social et un stade est un vrai lieu de vie, pas seulement une enceinte pour rencontres sportives, où tout le monde peut partager. J’imagine que cela doit énormément manquer à la ville et au club ? 

 

JCL : Il faut savoir que le dimanche au stade, il y a 500 personnes. Je fais un petit aparté car aujourd’hui, on vous reçoit dans notre nouvelle extension, notre nouveau club-house et le fait de ne pas pouvoir l’inaugurer nous fait râler. Je préférerai qu’il y ait des goûters d’enfants en permanence ici, que l’on puisse organiser de temps en temps des réunions au niveau du Comité Départemental, que l’on puisse recevoir nos homologues de Montredon-Labessonnié dans de bonnes conditions, que l’on puisse participer, partager tout ce lien social qui, comme tu le dis, est vraiment le nerf de notre guerre. On fait ça pour ça, il n’y a rien d’autre qui nous motive et nous anime. Je fais un autre aparté pour dire que dans ce club, dont je suis le président actuel, je ne suis que de passage. Le club a 110 ans, c’est grâce à l’effet de la manifestation des 110 ans que nous avons pu lancer le projet, bien accompagnés par les collectivités que ce soit la Région, le Département et bien sûr la Mairie. Il faut que ce club soit un lieu de vie et non pas ce qu’il est pour le moment, quelque chose de sommaire. Il manque des cadres aux murs, des affiches, un peu de pierre par terre qui est coulée et que l’on est obligé de nettoyer. Il manque tout ça et bien évidemment que je préférerai voir les 500 personnes qui viennent voir les matchs au stade passer du bon temps, échanger et que les gens se sentent chez eux quand ils viennent dans cette maison du rugby pour partager un moment ensemble. Il y a des tables, on envisage de faire du lien social avec de l’aide aux devoirs pour les enfants, des choses comme cela, et je préférerai que ce soit bien vivant dans ce sens-là plutôt que ce soit comme ça l’est aujourd’hui, un peu vide. 

 

Saint-Juéry est une terre de rugby mais également une terre de foot, de cyclisme, avec des associations sportives qui sont très dynamiques. Comment la municipalité compte aider ces associations malgré qu’elles n’aient pas d’activité ? Il va falloir les soutenir pour que, quand le beau temps reviendra et que la pandémie aura pris fin, elles puissent redémarrer plein fer ? 

 

DD : A ce jour, nous avons pris des positions qui sont très fortes pour soutenir le tissu associatif. Nous avons déjà décidé de maintenir l’ensemble des subventions pour tous les clubs, des petits aux plus gros de façon très équitable. Nous avons maintenu le taux de subventions 2020 à 2021 ce qui est quand même exceptionnel, c’est un vrai effort de la municipalité pour encourager nos associations mais aussi pour leur donner un geste d’espoir pour l’avenir. Certes, je partage les mots forts du président Laur et je les cautionne dans le sens où, à un moment donné, le cœur d’un village comme le nôtre ou d’une ville, c’est le tissu associatif. Il est à l’arrêt aujourd’hui et pour nous, de maintenir les subventions, c’est leur dire  » nous sommes derrière vous, on va vous aider, un jour, il faudra que l’on reparte et on va repartir « . C’est très important pour nous. 

 

Ce club du SJAO a aussi une histoire bien particulière et séculaire puisque ce sont des ouvriers du Tarn qui ont été chevilles ouvrières pour la genèse de ce club. C’est quand même une partie de l’histoire de la ville ? 

 

DD : Oui, ça me tient bien sûr à cœur. Comme l’a expliqué le président, il va se servir d’un mur de la structure pour retracer la genèse du club. Je pense qu’il faut maintenir les traditions et faire ce devoir de mémoire. C’est vrai que les jeunes générations ont tendance à l’oublier et, comme vous le disiez, c’est en sachant d’où l’on vient que l’on va savoir où l’on va. 

 

Quelles sont tes espérances pour 2021 ? Je suppose qu’il s’agit de la fin du Coronavirus et de revoir gambader des centaines de gamins sur ces pelouses ?

 

JCL : En relation avec la mairie, on a la chance de voir les gamins gambader. L’école de rugby continue à fonctionner et samedi dernier, nous avons recensé 85 enfants qui ont couru, avec forcément tout le respect des règles sanitaires, ils sont sur des créneaux horaires d’une heure maximum et tout s’enchaîne. Encore une fois, je tiens à féliciter l’ensemble des bénévoles qui, aujourd’hui, sont drivés par Jérémie Giacomini, Aurélien Allard et Philippe Boudon, nos trois chevilles ouvrières de l’école de rugby, qui ont pris le relais de Frédéric Wild, et qui continuent à faire vivre donc ça, c’est bien. Je sais que nous avons également les cadets et les juniors qui trouvent également des créneaux le samedi après-midi, on essaie de toujours trouver quelque chose pour au moins garder ce lien avec les gamins. On ne peut parler ni de rugby ni de sport parce-que c’est très difficile. Le dimanche matin, ce sont les seniors qui se retrouvent pour galoper ensemble, faire des ateliers et des petits jeux. On espère effectivement que l’on va se sortir de là le plus vite possible, comme tout le monde, mais sans braver. Encore une fois, on sait très bien que cette situation est exceptionnelle mais j’aimerai qu’on arrive à comprendre qu’il faut vivre avec. C’est le fait de vivre avec qui nous permettra de certainement repartir d’un bon pied, c’est ce que je souhaite. 

 

Pour conclure, on va se projeter et essayer de se donner rendez-vous cet été pour une belle inauguration du club-house et une belle 3e mi-temps qui va avec. Cela voudra dire que tout est revenu dans l’ordre avec le lien social et la fraternité que l’on aime dans le rugby et dans le sport ? 

 

JCL : Si on arrive à faire ça, j’aurai un gros sourire sous le masque. Même sous le masque, on arrive à voir le sourire. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://youtu.be/YykukaIi0OU

Retrouvez le replay de l’émission « Le #MagSport by H2G » du 12 février 2021

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s