#Football – D2F / O.Cordier (Albi) : «Je pense qu’on nous a vraiment pris pour des clowns!»

Ophélie Cordier, est revenue ce vendredi durant l’émission « Le #MagSport by H2G » sur la saison clairsemée de pointillés sanitaires de l’ASPTT Football de l’Albigeois en D2F. Outre nous évoquer son parcours footballistique, la milieu de terrain originaire de Lorraine nous a aussi expliqué son quotidien de pluri active, bercé entre le ballon rond et son travail au sein d’un complexe hôtelier de la cité épiscopale. Mais celle qui en moins de 2 saisons, s’est imposée comme une taulière du vestiaire et du jeu des rouges et jaunes, a poussé un vif coup de gueule sur le deux poids deux mesures du gouvernement concernant le sport de haut niveau, suivant qu’il soit masculin ou féminin. Entretien avec une joueuse qui n’arrive pas à comprendre comment chez les garçons, les amateurs aient pu jouer la coupe de France, alors que chez les filles professionnelles, semi-pros et amateurs n’y ont pas accès. En clair en cette journée mondiale du droit des femmes, Ophelie Cordier met en exergue le long chemin qui reste à parcourir, pour que le sport féminin bénéficie d’une réelle équité.

 

 

Pour toi, cette seconde saison à l’ASPTT avait commencé comme dans un rêve, vous aviez fait un début de saison tonitruant quand le Covid 19 est revenu percuter les ambitions de l’ASPTT. J’imagine qu’actuellement, tu es un peu entre deux eaux ? 

 

Il est sûr que c’est compliqué actuellement, surtout mentalement parce-que nous avions déjà fini la saison dernière avec cinq mois d’avance. Là, on repart sur une saison où on se dit que tout va bien se passer et finalement, on fait cinq matchs de championnat et c’est l’hécatombe. 

 

Avant de revenir sur ce contexte du Covid, on va un peu parler de toi. Tu es à l’ASPTT depuis maintenant un an et demi mais tu n’es pas un pur produit de la formation albigeoise. Ton parcours footballistique a commencé bien au-delà des terres occitanes ? 

 

Bien au-delà oui puisqu’il a débuté dans l’est de la France. J’ai commencé dans mon club de village où je suis resté presque 15 ans avant de de signer dans un autre club, à l’US Franchevelle, car je ne pouvais plus jouer avec les garçons puis j’ai passé un an à l’US Vesoul. Ensuite, j’ai intégré le centre de formation du FC Metz. 

 

Ça a dû être une consécration pour toi car, en Lorraine, le FC Metz est quelque chose de très important ? 

 

C’est ancré en Lorraine (rires). Je suis resté deux ans à Metz puis deux autres à l’ESAP Metz avant d’arriver à Albi. 

 

Tu avais déjà rencontré Albi avec l’ESAP Metz. Vous aviez fait un périple en une journée, vous aviez quasiment dormi dans le bus avant d’arriver à Albi et au courage, vous étiez allées chercher le match nul ? 

 

On était parti le samedi matin pour jouer le samedi soiret nous sommes repartis dans la nuit pour rentrer sur Metz le dimanche. 

 

On dit que les voyages forment la jeunesse mais là, c’était presque une  » opération commando  » ? 

 

Oui mais nous avions réussi à prendre un point donc, c’était déjà bien. 

 

Est-ce que le fait d’être venue à Albi avec l’ESAP Metz et d’avoir découvert le stade Rigaud a motivé ton choix de signer en terre tarnaise quelques mois plus tard ? 

 

En soi, je ne m’y attendais pas du tout, vraiment pas. C’est vrai qu’Albi a toujours été un club qui fait parler de lui au niveau du foot féminin et c’est vrai que, lorsqu’on m’a contactée, le projet m’a plu. De changer d’air et de département, de pouvoir réaliser un autre projet me plaisait aussi. 

 

Tu n’es pas arrivée à Albi la meilleure année. Ça a été une année un peu galère avec le Covid 19 qui a interrompu la saison, mais qui vous a également sauvées car c’est une année où vous avez flirté avec le maintien toute la saison. On pouvait dire  » cardiaques s’abstenir  » ? 

 

C’est vrai mais parfois, il y a des saisons comme ça où c’est un mal pour un bien et je pense que, mentalement, ça forge beaucoup de personnes. Moi, ça m’a forgé, ça m’a fait grandir donc d’un côté, tant mieux. C’est vrai aussi que nous avons galéré toute la saison mais on a su prendre les points là où il le fallait au dernier moment et du coup, on en est là cette année. La saison avait bien commencé. 

 

On va également parler du statut de l’ASPTT Albi qui n’est pas un club professionnel, il n’y a quasiment que des pluriactives et quelques petits contrats fédéraux. Pour toi, c’est comme pour les autres, tu joues au foot à haut niveau mais en même temps, tu travailles. Ça doit quand même être compliqué d’organiser son emploi du temps et d’arriver à avoir une vie sociale en parallèle ? 

 

Au début d’année, lorsque j’ai commencé à travailler à l’Hôtel Ibis, c’est vrai que ça a été compliqué d’allier les deux parce-que ça demande du travail d’être à la fois à l’hôtel et d’être rigoureuse à l’entraînement. Mais,  » grâce au Covid « , je travaille beaucoup moins, je suis au chômage partiel et du coup, ça m’a aidée à accomplir les tâches sur et en-dehors du terrain. 

 

On va revenir sur l’actualité brûlante du moment à savoir cette vraie / fausse reprise de la D2F. On sait que tu es une passionnée de ballon rond et quand il n’y a ni match, ni compétition, tu es en manque comme tous les passionnés. Il y a quelques semaines, on vous a annoncé que vous alliez reprendre le 18 Avril, il y a quelques jours, on laissait entendre que ça pourrait même être le 21 Mars et jeudi dernier, on a eu des échos du Ministère qui remettrait tout à plat et que, du coup, il n’y aurait peut-être pas de reprise de la D2F. Pour vous, les joueuses, de ne pas savoir où vous en êtes doit certainement être quelque chose de très dur à vivre ? 

 

C’est vrai que ça fait beaucoup de faux espoirs. Mentalement déjà, et je pense que tous les clubs l’ont ressenti, on a eu des moments de haut et de bas. Il y a quelques jours, on a connu un moment de haut et là, finalement, je crois que l’on va atteindre un moment de bas. Pour moi, je pense qu’on nous a vraiment pris pour des clowns. 

 

Toi qui es une fervente défenderesse du foot féminin et du sport féminin, comment as-tu vécu le fait que la Coupe de France chez les garçons ait le droit de reprendre mais pas chez les filles ?  

 

Mal mais de toute façon, chez les filles, on l’a toutes mal vécu, on a l’impression que du coup, le Covid ne doit se propager que chez les filles. Il y a quelques jours, on nous dit qu’on doit reprendre le championnat le 18 Avril, ensuite on nous dit que, finalement, on va peut-être reprendre le 21 Mars et en définitive, le fait de nous dire qu’on ne reprendra peut-être pas fait qu’on se pose beaucoup de questions. On se dit alors que le foot féminin ne se développera peut-être jamais et que finalement, on ne réussira peut-être pas à reprendre ce championnat. 

 

C’est dans la pratique que l’on voit si les théories sont mises en place. On parle souvent de parité dans le foot mais on voit que le chemin est encore long ? 

 

Oui, le chemin est très, très loin car si c’était vraiment une question sanitaire, je pense que tous les championnats devraient s’arrêter. Et là, comme on le voit, la D1, la Ligue 1 et la Ligue 2 jouent donc, je pense qu’il n’y a pas besoin d’aller plus loin pour savoir. 

 

Rassure-nous, malgré cela, ton attachement au foot et à l’ASPTT, où tu es quand même une cadre du vestiaire, est indéfectible ? Tu es toujours motivée pour jouer au foot et ça n’a pas endigué ta passion ? 

 

Non, pas du tout ! D’un côté, ça sera un mal pour un bien, ça nous laisse travailler, ça nous laisse du temps pour nous connaître. Oui, c’est un mal mais sur ça, je pense que l’on a fait beaucoup de progrès par rapport au début de saison et ça va nous faire du bien. Même s’il n’y a pas de championnat, il va falloir qu’on arrive à être tous soudés et à être encore meilleurs l’année d’après. 

 

Pour finir sur du positif, as-tu une espérance pour l’avenir de l’ASPTT, de la D2 Féminine et du foot féminin en général ? 

 

J’espère que le foot féminin sera encore plus reconnu qu’il ne l’est à l’heure actuelle et que ce championnat pourra reprendre. Et pour tout le monde, j’espère que le Covid s’arrêtera un jour. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://youtu.be/YykukaIi0OU

Retrouvez le replay du « Le #MagSport / Studios H2G » du 6 mars 2021

 

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