#Rugby – Nationale / R.Fuertes (Blagnac) : «C’est vraiment un bon groupe, une famille, ils aiment être ensemble!»

Du côté du stade Ernest Argelès l’ancien demi d’ouverture du Blagnac Rugby et actuel coach des lignes arrières, Romain Fuertes, vit une saison riche en émotions. Ce pur produit de la formation Caouec, ayant rejoint l’encadrement depuis 3 ans aux côtés de Christophe Deylaud et Eric Escribano, voit le regain de performance des hauts garonnais dans cette division nationale, comme un véritable accomplissement collectif. Focus sur les pluriactifs Blagnacais, qui vont recevoir ce dimanche, l’armada narbonnaise, avec des certitudes réaffirmées et une foi invariable en leur projet sportif.

 

 

Crédit photo Blagnac Rugby

Romain, tu es un peu l’idole et l’enfant du pays à Blagnac. Tu as quasiment fait toute ta carrière au club et maintenant, tu es dans le staff. Tu as ces couleurs et cet esprit caouec chevillés au corps ? 

 

L’idole, je ne sais pas, mais l’enfant du club, sûrement parce qu’il y a quelques années, j’ai été le plus jeune joueur de l’école de rugby. Du coup, j’ai fait toutes les catégories jeunes jusqu’aux seniors et à la fin, quand je commençais à vieillir un peu, Christophe m’a proposé de continuer avec lui au niveau de l’équipe une. Je suis donc passé par toutes les catégories du club sans jamais partir. 

 

Passer du rang de joueur sous Christophe Deylaud à rentrer dans le staff, c’est bien pour une transition en douceur quand on arrête une carrière mais ça ne doit quand même pas être simple d’avoir un côté manager avec d’anciens coéquipiers ? 

 

Ça fait maintenant 4 ans et aujourd’hui, je suis complètement passé coach et il n’y a plus énormément de joueurs avec qui j’ai joué, encore quelques-uns mais plus beaucoup. Mais effectivement, lorsque j’ai arrêté de jouer pour passer directement entraîneur, il y avait un côté rassurant à passer sous les ordres de Christophe. Je ne partais pas dans l’inconnu, je savais qu’il m’aidait et qu’il était là si j’avais un souci. Sachant que j’avais déjà entraîné les juniors et après 4 années en senior, je pense être aujourd’hui autonome et Christophe est toujours là pour le moindre conseil, à surveiller aussi que tout se passe bien. Ça s’est très bien passé sur le début, ça se passe toujours aussi bien et c’est du travail ensemble, parfois on est d’accord, parfois on l’est un peu moins (rires). Mais on en discute et tout se passe bien. 

 

Pour prolonger ton propos, même si tu as joué demi d’ouverture, tu es un peu comme un talon entre Deylaud et Escribano, au chaud entre un pilier droit et un pilier gauche ? 

 

Exactement, je suis couvé. On ne dira pas qui est le pilier gauche, qui est le pilier droit, on laissera les gens décider. Mais je suis couvé entre les deux, deux très bons entraîneurs d’expérience et il est sûr que c’est rassurant d’être entouré par ces deux personnes-là. 

 

On va parler de cette première saison de Blagnac en Nationale. Tout le monde vous promettait la misère, ça a été compliqué en début de championnat mais là, vous êtes en train de faire une remontada du feu de dieu, digne du Barça de la grande époque ? 

 

On verra après ce week-end parce-que c’est quand même un gros morceau. Nous avions fait une entame qui était laborieuse, on savait que ça serait dur mais on ne l’imaginait peut-être pas à ce point et nous n’étions peut-être pas assez préparés notamment physiquement et sur les efforts à faire en plus. Nous ne sommes quasiment que des pluriactifs et donc, on s’entraîne un peu moins et c’est vrai qu’au début du championnat, nous avons été un peu surpris par l’intensité mise par les équipes qui étaient plus prêtes que nous et bien en place. Aujourd’hui, nous avons réussi à rattraper un peu le retard et surtout, sans être géniaux pour l’instant, on fait moins d’erreurs. Au début de l’année, on leur a dit  » les gars, l’état d’esprit n’a pas changé, il était déjà là  » mais, dans la rencontre, on faisait deux, trois erreurs importantes qui nous coûtaient le match. Alors qu’aujourd’hui, on ne fait plus ces erreurs et les équipes qui veulent nous battre sont obligées de venir nous chercher et ça, ça fait une grosse différence. 

 

Pendant trois ans, Blagnac a toujours été dans le top 8 de la Fédérale 1. Essayer d’accrocher ces 8 premières places, voire les 6 premières, en Nationales, serait sûrement pour vous une grande satisfaction ? 

 

Quand nous sommes allés en Nationale, notre objectif était de nous dire qu’on l’avait mérité sur le terrain. Il y a deux ans, nous étions dans le dernier carré, l’année dernière, on était plutôt bien placé et la situation sanitaire fait que ça s’est arrêté avant donc, on ne sait pas mais nous étions qualifiables. Du coup, nous sommes allés dans cette poule en pensant logiquement que nous avions notre place sportivement sur les dernières saisons. On a eu un peu de mal au début, aujourd’hui, on remet la marche en avant par contre, il y a deux choses : de un, il ne faut pas oublier d’où l’on vient et que nous ne sommes pas à l’abri donc, d’abord le maintien. Et de deux, si on peut l’acquérir assez rapidement, l’appétit vient effectivement en mangeant et on pourra affronter toutes les équipes. 

 

Ce week-end, vous rencontrez un morceau de choix. C’est l’équipe qui marche sur l’eau actuellement qui arrive à Ernest Argelès, en l’occurrence Narbonne. Cette dernière est quand même pour vous un moment charnière de la saison lors de la phase aller car il y a des défaites qui sont souvent fondatrices. Face à Narbonne, vous en aviez vraiment bavé en première mi-temps mais par contre, vous avez fait un come-back du feu de dieu en seconde période. C’est peut-être là qu’est né le nouvel esprit du Blagnac 2021 ? 

 

C’est ça. C’est peut-être à ce moment-là que la mayonnaise a un peu pris, Christophe parle souvent de déclic qui se joue à pas grand-chose. C’est vrai que c’est à ce moment-là, où nous étions un peu dans le dur mentalement et physiquement, que nous avons lancé quelques jeunes qui, au final, ont été très, très bons et qui continuent à jouer aujourd’hui. Sauf que, si nous sommes mieux aujourd’hui, c’est aussi le cas d’une autre équipe et c’est Narbonne. On avait peut-être fait un come-back mais ils nous avaient mis quelques grosses séquences et que l’équipe qui arrive ce dimanche est une équipe très, très en forme et très, très costaud sur les fondamentaux. Donc, à mon avis, ça va être un match d’une grande intensité et j’espère que les joueurs sont prêts pour ça parce qu’en plus, nous avons quelques blessés dans les rangs et il va falloir s’y frotter. 

 

On ne va pas se le cacher, Narbonne est un bastion du rugby français et l’un des colosses de cette Nationale. Mais un colosse a toujours un pied d’argile, quel est celui de Narbonne ? 

 

Je pense qu’on ne va pas forcément le prendre comme ça. Aujourd’hui, certes nous avons fait un come-back mais c’est surtout se recentrer sur nous. Nous avons effectivement détaillé quelques endroits où, peut-être, nous pourrons mettre Narbonne en difficulté. Il va y avoir un combat acharné devant parce-que c’est quand même un gros pack, une grosse mêlée, des ballons portés, ils sont aussi très bons dans le jeu de mouvement. Tout ça fait qu’il faudra que l’on arrive à les contrer voire même être au-dessus mais nous, ce que nous mettons surtout dans les matchs récemment, c’est se concentrer sur nous. Si on arrive à mettre en place ce que l’on a fait à l’entraînement, peut-être que nous arriverons à leur poser quelques problèmes. 

 

On va revenir sur l’ADN du club, dont tu es l’un des porte-drapeaux. Si tu devais décrire en quelques mots ce que Blagnac a dans les tripes, que dirais-tu ? 

 

Blagnac aujourd’hui, et surtout avec ce groupe de joueurs, c’est vraiment un bon groupe, une famille, ils aiment être ensemble et faire des choses ensemble, ils aiment être sur le terrain ensemble. Au final, quand on joue, on n’est peut-être pas les mecs les mieux à regarder pour l’instant, il fallait retrouver la confiance et c’est en train de re-rentrer, mais en tous cas, chacun joue à fond, met tout ce qu’il a sur le terrain pour le maillot et ça, c’est très important. C’est ce qui nous fait aujourd’hui basculer dans les moments-clé, c’est que les mecs sont bien entre eux, qu’ils rigolent entre eux, ils aiment être ensemble et c’est ce qui fait que la formule marche aujourd’hui. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

https://youtu.be/Wkmck_kqMgM

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