#Rugby – Nationale / HG.Gueydan (Bourgoin) : «Nous ne sommes pas tenus de monter pour survivre!»

En Berjallie, le président du CSBJ, Henri-Guillaume Gueydan, tente de maintenir le cap du navire ciel et grenat, malgré un contexte économique compliqué. Pour celui qui préside le club Berjalliens depuis 3 ans, il n’est pas l’heure de l’affolement, mais bel et bien celle de la continuité, à l’image de la proposition de prolongation faite à son manager Jean Henry Tubert. Alors qu’à l’instar des autres clubs de nationale, le boss de Bourgoin espère des aides de l’état pour compenser les pertes de billetteries et de recettes, il n’en oublie pas les objectifs sportifs du club. L’objectif Pro D2 en 2023 chevillé au corps, le club de l’Isère et son président ne se mettent aucune pression dans un exercice 2020-2021 le CSBJ reste à l’affût bien au chaud dans le peloton de tête.

 

 

On est à un tournant de la Nationale, on a déjà passé la moitié du championnat même s’il y a un petit paradoxe pour Bourgoin vu que vous n’avez disputé qu’un tiers des rencontres. Mais j’imagine qu’il y a quand même un peu de visibilité sportive et économique qui se dégage de cette Nationale ? 

 

Oui, il reste un petit peu de flou pour nous puisque nos trois matchs en retard ne nous permettent pas d’avoir l’esprit bien clair sur le classement. Mais on peut se satisfaire d’être aujourd’hui 7es, au milieu du tableau, avec trois matchs en retard. La difficulté, c’est que les trois matchs en question ne sont pas de petites affiches même si, cette année, il n’y a pas beaucoup de  » petites affiches  » dans la poule. Là, pour le coup, on va aller à Albi et Nice et nous recevrons Massy ce qui fait quand même trois gros morceaux et même si Massy a fait un début de championnat plutôt mitigé, il va falloir  » se les peler  » comme on dit. Ça va être en Mars et ils seront peut-être encore mieux qu’aujourd’hui, j’ai l’impression qu’ils sont en train de se relancer. 

 

Il y avait aussi beaucoup d’interrogations sur le côté financier dans cette Nationale en début de saison. On se souvient de comment avait fini la Fédérale 1 Elite, que tu avais un peu connue puisque tu étais arrivé à la tête Bourgoin à la fin de l’épisode de cette division. Il y avait aussi l’inconnue des matchs à huis-clos, sans billetterie, sans hospitalité et sans aucune recette. Où en est-on de ce côté-là à Bourgoin ? 

 

Comme la plupart de nos amis dans la poule, on en est à un point où l’on se dit qu’il va falloir essayer d’arriver en fin de saison avec un bilan proche de zéro. C’est une année assez bizarre, nous avons tous perdu nos recettes de billetterie et il faut trouver d’autres moyens de faire rentrer de l’argent dans les caisses. On y travaille, on est plutôt confiant mais il est vrai que ce n’est pas la façon habituelle de travailler. 

 

Cliquez ici pour commander

On entend aussi pas mal de présidents de clubs demander un soutien de l’Etat mais on voit que ni la Pro D2 ni le Top 14 n’ont encore reçu l’aide promise. Si un jour il y a soutien de l’Etat auprès de la Nationale, quand allez-vous toucher cet argent ? En Juillet, Août, Septembre de l’année prochaine ? 

 

Telle est la question (rires). Je n’en ai aucune idée, je ne sais pas si on touchera quelque chose en tous cas, avec l’appui de la FFR, nous allons essayer tous ensemble d’obtenir une ou plusieurs aides. Nous n’avons vraiment aucune idée de ce que ça pourrait représenter donc, personnellement, je ne compte pas trop dessus et je me dis que ce sera la cerise sur le gâteau. On essaye de faire avec nos propres moyens, c’est un peu plus facile à mettre en place et ce sera avant fin Juin. 

 

On va également parler d’une nouveauté de la Nationale qui est la possibilité pour les clubs de s’auto-diffuser. Je pense que tout le monde a maintenant sauté le pas, chose que vous avez faite à Bourgoin pour la réception d’Albi. Quel recul et quels enseignements sont à tirer de cette première auto-diffusion en interne du CSBJ ? 

 

C’est un point important puisque tout le monde est privé de rugby à tous niveaux, ni les supporters ni les partenaires ne pouvaient voir aucun match ni à la maison ni à l’extérieur donc, c’est bien que tout le monde puisse suivre les matchs. Financièrement, ça n’amène pas grand-chose, si on arrive à placer un peu de publicité sur nos prochains matchs, tant mieux mais ça n’ira sans doute pas très loin car ça ne se commercialise pas comme un match habituel à la maison avec du public. Mais on va essayer d’en tirer un petit quelque chose, ça sera toujours ça de récupéré. 

 

Et comme tu le disais, ça permet vraiment de garder le lien avec les supporters et ce peuple ciel et grenat, un peu en disette de stade et de Rajon ? 

 

C’est sûr. La plus grande satisfaction est que les gens puissent suivre les matchs sur les réseaux sociaux, que ça réanime les pages Facebook et autres du club. Au moins, les gens peuvent parler des matchs parce qu’en lisant l’article sur le Dauphiné Libéré, pour parler de notre journal local, ça n’est pas suffisant et ça ne donne pas la même chose que lorsqu’on peut regarder le match. 

 

On va revenir sur le côté sportif. Es-tu chasseur ou n’as-tu pas cet art ? 

 

Je ne suis pas du tout chasseur. 

 

Parce-que, dans la Nationale, beaucoup trouvent que Bourgoin est un peu  » le chasseur de la meute « . Vous avez trois matchs en retard, vous êtes bien placés au chaud, pas mal d’équipes sont à portée de fusil. Rassure-nous, le but de Bourgoin est toujours d’être dans les quatre premiers et d’aller accrocher les play-offs ? 

 

Notre objectif en début de saison était d’être dans les six pour aller jouer les phases finales. Désormais, il faut être dans les quatre pour les disputer donc, on espère y être. Ça va être compliqué parce-que nous sommes plus que quatre à vouloir ces places (rires). Il va falloir s’accrocher, éviter de faire des matchs un peu ratés comme nous avons pu faire à Dax ou à Tarbes où on a vraiment fait beaucoup trop d’erreurs et beaucoup trop de ballons perdus tout seuls, de notre propre fait. Même si nous avons eu des adversaires largement à la hauteur, nous sommes un peu mécontents de nos deux prestations. 

 

Tu es un peu à l’unisson du coach Tubert qui râlait un peu de ces points perdus à Dax et à Tarbes ? 

 

Oui, il y a trop de déchets, on n’a pas pu jouer surtout à Dax, c’était terrible. On n’a absolument pas joué dans ce match, nous avons défendu mais nous n’avons rien fait d’autre. 

 

Pour toi, les favoris pour les play-offs restent Bourg et Nice ? 

 

En l’état actuel des choses, oui mais il reste beaucoup de matchs. Nous allons rencontrer ces équipes donc, à nous d’être performants. Si on est capable de faire deux supers matchs contre Nice, ça peut peut-être changer les choses. Mais, depuis que je suis président du club, Nice est un peu notre bête noire donc, nous allons y aller en espérant avoir toutes nos armes ces deux jours-là. 

 

Cela fait trois ans que tu es président du CSBJ. Comme tu le dis souvent, tu as essayé au tout début de réconcilier toute la grande famille ciel et grenat car c’était un peu compliquée, la famille était un peu morcelée. Tu as ensuite essayé de reconstruire un projet sportif avec de l’ambition. Si, à la fin de cette saison, vous n’êtes pas en play-off, tu le considéreras comme un coup d’arrêt dans le projet sportif ou bien comme juste une étape qui met un peu plus de temps que prévu ? 

 

Je serai bien entendu déçu mais il n’y aura aucun coup d’arrêt. On s’est fixé un objectif que nous avons annoncé début 2020 : celui d’être en Pro D2 en 2023. Donc, si nous avons la chance de prendre le wagon cette année, c’est super et si c’est l’an prochain ou l’année d’après, on saura s’en contenter. En tous cas, il n’y a pas d’ultimatum, nous ne sommes pas tenus de monter pour survivre. On s’était fixé une feuille de route sur plusieurs années, on verra en 2023 où nous en sommes. 

 

Le président de Béziers a lancé un pavé dans la mare, ou une saucisse, chacun le prendra comme il a envie, en disant qu’il n’y aurait qu’une montée de Nationale en Pro D2. Toi, en tant que président d’un club de Nationale, comment prends-tu cela ? Comme un affront ou comme quelque chose d’inéluctable ? 

 

Je n’étais pas au courant, tu me l’apprends. Je ne sais pas pourquoi il dit ça, il me semble qu’il a peu de chance de se retrouver tout en bas, même s’ils sont dans une mauvaise passe. Un affront, non, je ne vois vraiment pas le pourquoi de ces propos. 

 

Toi qui as croisé les cadres de la Fédération Française lors de réunions récentes entre présidents de Nationale, il n’est pas question d’une seule montée en Pro D2 mais bien de deux ? 

 

Oui, c’est ce qui nous a été répété à plusieurs reprises par les dirigeants de la FFR. Nous saurons fin Février s’il y aura des descentes de Nationale à Fédérale 1, ça dépendra ou non de la reprise du championnat de Fédérale. Par contre, pour la montée, on nous parle bien de deux montées depuis le début de la saison. 

 

On te remercie de remettre un peu l’église au centre du village à ce sujet car ces propos d’un président de Pro D2, qui n’engage pas la Ligue Nationale de Rugby mais bien que lui seul, a mis un peu d’huile sur ce week-end de trêve rugby pendant le Tournoi des 6 Nations. Et c’est bien d’avoir le point de vue des premiers concernés, à savoir les clubs de Nationale. On te remercie de nous avoir fait ce point de passage en Isère et en Berjallie en espérant que vous alliez au bout de vos rêves, à savoir les play-offs au printemps 2021

 

Merci, on devrait se croiser du côté d’Albi à la fin du mois. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s