#Rugby – Nationale / C.Deylaud (Blagnac) : «On n’a pas le couteau sous la gorge! »

Au stade stade Ernest Argelès chez les Caouecs de Christophe Deylaud, on vit cette première saison de nationale sous le sceau de l’apprentissage. Le manager des Blagnacais tient à le répéter, son club n’est pas sportivement dos au mur, et continue à s’aguerrir au grès des joutes face aux Massy, Bourg, et consorts. Même si l’ex buteur du stade toulousain aimerait valider cette expérience par une seconde saison d’affilée dans l’élite fédérale, ce dernier n’en fait pas non plus un impératif. Christhope Deylaud a mesuré les axes de structuration nécessaires aux hauts garonnais pour définitivement s’installer dans la 3eme division du rugby français. Il espère vivement que ces hommes les mettront bel et bien en exergue dès ce week-end à Dax, en étant beaucoup plus pragmatiques et tueurs dans leurs temps forts. Pour l’ancien international tricolore, quoiqu’il arrive, le projet de jeu et sportif Caouecs se fera avec l’apport d’une formation, devenu le socle d’un club qui souhaite rester ancré dans son territoire. Focus sur l’exception sociologique de la Nationale, les pluri-actifs de Blagnac, un club qui se bat pour son maintien avec ses armes et surtout avec la tête haute.

 

 

Pour Blagnac, l’opération maintien se poursuit. Ça a commencé sous les meilleurs auspices avec une victoire face à Massy et derrière, il y a eu la réception du leader bressan qui a été impitoyable même s’il y avait sûrement quelque chose de mieux à faire ? Vous auriez pu leur grappiller un point de bonus défensif ? 

 

Tout à fait mais je vais quand même remettre les choses à l’endroit. Blagnac n’a pas le couteau sous la gorge puisque nous n’avons pas une ambition directe de vouloir monter en Pro D2. Donc, dès le début, nous voulions aller nous expliquer dans cette poule tout simplement parce qu’on le méritait sur les années précédentes et que nous avions mérité notre billet. On savait très bien qu’à partir du moment où nous avions un groupe qui changeait, puisqu’il y a des garçons qui n’ont pas continué l’aventure avec nous, et un groupe en reconstruction, avec des joueurs qui ne sont pas non plus des joueurs de Top 14 ou de Pro D2 comme dans beaucoup de clubs, tout ne marcherait pas à l’endroit. On parle de maintien mais si on venait à revenir, nous ne ferions qu’un retour dans la poule où nous avons réussi à exister pendant quelques années, à savoir le Jean Prat. On a voulu aller dans cette poule Nationale, voir un petit peu, mettre de l’expérience à nos jeunes joueurs et ça, je voulais le remettre en place donc, nous n’avons pas le couteau sous la gorge. Maintenant, à terme, je reste un compétiteur, nous restons des compétiteurs, si nous étions en haut du tableau, je n’aurais peut-être pas ce discours mais je veux quand même remettre les choses à leurs places. Nous n’avons pas le couteau sous la gorge, arrivera ce qui arrivera. Moi, je regarde le contenu et malheureusement, depuis le début de la saison, le contenu laisse réapparaître des lacunes que nous avons à savoir que nous prenons des points sur quelques minutes. Après, nous rivalisons avec les autres équipes sur plein de points, des équipes qui sont constituées de joueurs professionnels et qui veulent monter en Pro D2. Nous rivalisons sur plein de points sauf que, dans les éléments essentiels, il n’y a pas de détail, le  » fameux détail  » comme on l’appelle, il n’y a que des choses qu’il faut faire et réussir c’est à dire mettre le but quand il faut, faire le bon lancer quand il faut, ne pas louper trop de plaquages, ne pas prendre de carton à un certain moment du match ou marquer les points quand ils se présentent. 

 

Même s’il n’y avait pas de détail, il y a eu des points de bascule dans la victoire contre Massy ou dans la défaite contre Bourg-en-Bresse ? 

 

C’est tout à fait ça, à un moment donné, il faut savoir prendre ce qu’il y a à prendre et depuis le début de la saison, c’est trop récurrent et l’homme ne grandit pas. On a pris Massy et Bourg-en-Bresse mais ce n’est pas bien grave et maintenant, il faut que l’on bascule et que l’on devienne mature sur ces matchs où, à un moment donné, il ne faut pas louper les occasions qui se présentent car, c’est ça qui fait le classement à la fin d’un match. On l’a vu contre Suresnes, on ne marque pas en début de seconde mi-temps, on prend deux cartons jaunes ensuite ainsi que deux essais et on court après le score. A Narbonne, c’était pareil, on a peut-être la balle de la victoire et on loupe en touche. Tout ça ne doit pas arriver à ce niveau-là et malheureusement, ça arrive donc, c’est là qu’il faut que l’on grandisse. 

 

Surtout que ce week-end, vous allez à Dax, une équipe qui a été assez bafouée par Narbonne le week-end dernier donc, ils vont être remontés comme des coucous ? 

 

Là aussi, il faut faire attention, il y a le résultat, le contenu et voir l’équipe qu’ils ont présentée. Je pense qu’ils attendent surtout Blagnac pour se dire  » on va prendre 5 points contre eux « . C’est là-dessus que moi, je vois les Dacquois, plus sur notre réception que de vouloir aller faire la guerre à Narbonne. Ce qui n’empêche que nous, malgré nos défaites, on sait qu’il nous faut gommer ce que nous avons à gommer. On ne va pas non plus se présenter en victime et on va y aller pour rivaliser comme on le fait un peu partout avec toutes les équipes. Maintenant, on sait que les points comptent, tous les points, et là où je râle, c’est que samedi, au moins un point aurait été très largement mérité contre Bourg-en-Bresse qu’on ne l’a pas pris par nos erreurs. Ça, c’est indéniable et c’est là que je râle un petit peu, surtout que les points vont compter à la fin. 

 

On sait qu’à Blagnac, vous n’avez pas l’effectif le plus étoffé ni le plus large de la division Nationale. Est-ce que vous avez profité de l’hiver et de l’arrêt des compétitions amateurs pour essayer d’étoffer un peu votre effectif ? 

 

Non, on n’a pas pu. On a essayé de prendre un pilier droit, Karim Kouider, malheureusement, il a eu un problème au niveau neurologique et il a été obligé d’arrêter sa carrière. Ceci faisant, on a enchaîné les blessures chez tous les secondes lignes et nous allons aller à Dax avec une équipe que je vais dire un peu inexpérimentée avec les fameux jeunes, enfin, pour moi, il n’y a pas de jeunes, il n’y a que des joueurs sur un terrain. Mais ce sera une équipe un peu moins expérimentée que ce que nous voulions présenter puisque nous avons Vachon qui est blessé tout comme Verdy, Weber, Daurau-Bedin. Nous avons beaucoup, beaucoup de blessés qui sont à l’infirmerie et qui n’ont toujours pas repris mais nous allons faire le dos rond et faire avec ce que nous avons. Nous n’aurons que 23 joueurs sur le groupe, on ne va pas pleurer, on va essayer de faire du mieux possible avec les joueurs que l’on a. 

 

Pour reprendre vos propos, vous êtes en apprentissage cette année en Nationale. Souvent, dans les divisions nationales, un apprentissage se fait sur deux saisons, l’objectif sera de se maintenir pour valider cet apprentissage l’année prochaine ? 

 

Tout à fait, c’est ça, bien que je dise  » on reviendra là où nous étions « , nous n’avons pas le couperet ou le couteau sous la gorge. On voulait voir ce qu’il fallait y faire, comment il fallait se structurer pour rivaliser avec les meilleures équipes et la deuxième année serait bien si on pouvait rester dans cette division, c’est clair. 

 

Que faudrait-il pour que vous passiez un cap lors de la seconde année ? 

 

Il y aura un gros renforcement, une planification de la semaine beaucoup plus importante, avoir des joueurs pluriactifs mais peut-être avec des horaires un peu plus aménagés avec leurs entreprises pour qu’on puisse les avoir au moins une demi-journée ou sur de la récupération ou pour travailler, que ce soit de la vidéo, du travail physique. Peu importe le contenu mais qu’on ait un temps pour que les garçons puissent travailler un peu plus sur des spécificités. Je parlais des fameuses erreurs, peut-être qu’on ne les ferait pas si nous avions ces moments-là. Il y aura une amélioration et une régénération de ce groupe, étoffé avec des joueurs du niveau au-dessus mais des joueurs qui puissent nous amener énormément tout en faisant confiance au projet que nous avons et à la génération qui arrive derrière. 

 

En emmenant des jeunes à Dax pour se frotter à ce qui se fait de mieux en Nationale, c’est le meilleur hommage que vous pouviez rendre à votre entraîneur des espoirs, malheureusement trop tôt parti ? 

 

Tout à fait. Je crois qu’aujourd’hui, nous sommes marqués par cette disparition soudaine et subite. Je l’avais eu deux heures avant au téléphone, rien ne prévoyait ce malheur donc, s’il y avait un bel hommage à lui rendre, ce serait au moins la victoire. Les espoirs vont faire le maximum et nous, l’équipe une, nous allons essayer de ramener quelque chose de là-bas pour lui rendre ce dernier hommage qu’il mérite et que, de là-haut, il soit fier de tout le monde. 

 

Toute l’équipe du #MagSport s’associe à la peine de ses proches, du Blagnac Rugby et de la grande famille du rugby

 

Merci à vous. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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