#Rugby – Nationale / Un homme, un match : Daniel Blach (Albi Vs Nice)

Le #MagSport est allé rendre visite à une icône du rugby albigeois, Daniel Blach. Fidèle lieutenant d’Eric Béchu lors de l’épopée en Top 14, l’ancien entraîneur du Sporting Club Albigeous fut aussi un joueur émérite qui rencontra le stade Nicois quand il portait la tunique jaune et noire sur les épaules. Plongeons dans les entrailles d’une époque glorieuse , avec un personnage qui a marqué les amoureux du SCA. À quelques jours d’une réception capitale des azuréens, Daniel Blach nous fixe l’histoire entre les deux clubs. Une rencontre à suivre sur les réseaux sociaux du SCA, ce dimanche 17 janvier 2021 dès 14h45 .

 

 

En marge de Albi / Nice dimanche à 15h avec un Stade Niçois qui viendra conforter sa première place face à des Albigeois qui viennent de prendre 5 points face à Aubenas, j’ai choisi pour la rubrique  » un homme, un match  » un autre Albi / Nice qui s’est déroulé dans les années 80 et où tu étais présent. Le match aller s’était soldé par une  » piquette  » comme on disait à l’époque avec un score de 53 à 9

 

Je ne me souviens plus du tout, je ne sais même pas si ça a existé (rires). 

 

Mais au retour, il y a eu une belle victoire 10 à 9

 

Ça, je m’en souviens

 

Est-ce que tu peux un peu nous raconter l’évolution de cette rencontre et comment ça s’était passé pour vous face à cette machine de guerre niçoise ? 

 

Comme tous les matchs en principe déséquilibrés puisqu’à l’époque, Nice faisait partie du Gotha français, ils étaient finalistes ou sur le point de l’être. Ils avaient été renforcés par tous les anciens Toulonnais qui étaient partis, ça faisait une machine de guerre importante. Nous, nous nous étions serré les coudes pour les recevoir et le match se déroulant, on a pris confiance et on les a tenus car, à l’époque, nous étions vaillants devant. D’entrée, ils ont essayé de nous bousculer devant, ils n’ont pas réussi, ils se sont énervés. Je me souviens de cet énervement à  » la Niçoise  » : des excès de paroles vis à vis de l’arbitre et de tout le monde, c’étaient des défis constants. Je crois qu’ils ont oublié de jouer et à la fin, avec un peu de chance aussi car ils manquent une pénalité à la dernière minute, on gagne le match. Ils ont fait de nous les plus heureux du monde pendant au moins une soirée. 

 

Tu soulignais la puissance du pack albigeois. J’en ai parlé dimanche lors de la rencontre Albi / Aubenas puisque, malheureusement, Jean-Pierre Gayraud dit  » Poulou « , venait de nous quitter. Il me semble que tu n’as pas joué avec lui ? 

 

Non, je suis arrivé juste l’année où il a arrêté. J’ai peut-être fait un entraînement avec lui mais il arrêtait juste quand j’arrivais. 

 

Je soulignais à cette occasion que le 5 de devant faisait partie des 10 meilleurs du championnat. Tu corrobores ? 

 

Le pack albigeois faisait peur à tout le monde, venir à Albi n’était pas une sinécure, au moins pour les joueurs de devant. Je suis Agenais et avant de venir à Albi, je me souviens avoir vu un match Agen / Albi à Agen et je me souviens de Poulou. L’image que j’ai d’Albi, c’est ce Poulou avec ces maillots rayés jaunes et noirs et de ce match difficile que, je me rappelle, les Agenais avaient gagné. C’était l’époque où toutes les équipes avaient une personnalité, on retrouvait des personnalités régionales de chaque équipe, ce n’est pas comme maintenant où tout le monde joue un peu pareil. A ce moment-là, les Agenais jouaient à Agen, les Albigeois jouaient à Albi, il y avait des gens qui venaient de droite et de gauche mais pas de très loin, c’était rare. Et Poulou caractérisait bien le jeu de l’Albigeois, il faisait vraiment partie de l’Albigeois. 

 

Pour en dire un peu plus, il y avait Carmaux à côté qui marchait pas mal à cette époque même s’il commençait un peu à décliner. On voulait associer les avants albigeois au 3/4 carmausins mais ça ne s’est jamais fait ? 

 

C’était impossible. On aurait voulu jouer avec les frères Aué, on a voulu les faire descendre mais impossible. On a fait descendre Claude Bourgade, le seul qu’on ait réussi à faire venir de Carmaux (rires). Le reste était vraiment du rugby village patrimonial, c’était localité contre localité. Il y avait parfois des choses agréables et parfois des choses pas top, surtout dans les derbys (rires). Mais, le temps passant, ce sont maintenant de bons souvenirs. 

 

On va revenir sur cet Albi / Nice. Comme tu l’as souligné, les Niçois ratent une pénalité à la fin mais la Dépêche ou le Midi Olympique avaient surtout souligné la jeunesse albigeoise, notamment Frédéric Faragou à l’arrière et Jean-Marc Lescure à l’ouverture en l’absence de Philippe Fernandez. C’étaient déjà les prémices de la formation albigeoise qui commençait à éclore depuis l’école de rugby ? 

 

Oui mais à des degrés divers, il y a toujours eu beaucoup d’Albigeois dans l’équipe d’Albi, c’était à 80% des Albigeois et, pour certains, de valeur internationale comme Lescure ou Fernandez qui était blessé pour ce match-là. Des joueurs de la qualité de Fernandez, je n’en ai pas vu beaucoup tout au long de ma carrière et même durant ma carrière d’entraîneur, je n’ai pas vu de gens aussi doués que lui. Il sortait vraiment de l’école albigeoise, comme Fredo Faragou. Il avait des qualités énormes, il jouait en Première Division à 17 / 18 ans. C’est peut-être pour ça que les Niçois sont venus sûrs d’eux car ils ont vu que des jeunes jouaient et qu’il y avait des absents et ils sont venus la fleur au fusil mais ils ont déchanté. Jean-Marc a fait une grosse partie et je crois que derrière, Fredo n’a pas raté un ballon. Je ne sais pas comment c’est maintenant, il y a peut-être quelques Albigeois dans l’équipe mais là, c’était à 80% des Albigeois. 

 

Pizzeria Albi chez Pepone

Il y en a comme Martin Doan, Simon Veyrac. Tu as une petite anecdote sur cette fin de match et cette pénalité ratée par Nice ? 

 

On menait, on prend une pénalité juste à la fin du match. Celui qui botte la pénalité la manque et là, il y a une petite légende qui apparaît. Je pensais que c’était Barthélémy qui l’avait tapé alors que la Dépêche disait que c’était Mathias mais en tous cas, celui qui l’avait manqué n’a pas pu reprendre le bus et n’a pas pu rentrer à Nice car, de colère, les Niçois l’ont laissé à Albi (rires). Nous, nous étions contents, on a fait la fête le dimanche soir et il a participé à nos festivités, il a pris le train pour Nice le lendemain. Voilà l’image que j’en ai, mais attention, c’est vieux, ça fait 40 ans, quand je lisais les comptes-rendus du match le lendemain, je me disais  » cette rencontre, je ne jouais pas « . Imagine ce qu’il se passe 40 ans après et les distorsions qu’il peut y avoir (rires) ! Je pense que Barthélémy a passé une bonne soirée et, dans l’allégresse, il a fait signer son fils à Albi en leur disant  » ce sont de bons vivants, tu peux y aller « . 

 

Romain Barthélémy, aujourd’hui à Bayonne

 

C’est entre-guillemets, je ne suis pas très sûr de moi. Ça s’est passé il y a 40 ans, les gens ont raconté des histoires mais dans ma tête, c’est ça.

 

Quoi qu’il en soit, ce match a été gagné et bien gagné, c’était une revanche sur le match aller. On va enchaîner sur ta carrière de joueur, même si tu ne souhaites pas trop te pencher dessus. Tu es arrivé lors de la saison 77 / 78

 

En fait, c’était au cours de la saison 76, j’étais enseignant stagiaire à Rascol. 

 

Tu fais quelques saisons jusqu’en 85/86. Quels sont tes souvenirs de cette période, la meilleure saison que tu aies faite ou un match en particulier, peut-être un match de phases finales ? 

 

Des matchs marquants, c’est quand nous étions en Groupe B et que nous sommes montés en Groupe A. Nous avons battu Mont-de-Marsan à Marmande, des Montois qui, je me souviens, avaient Rodriguez, Nadal, Fernandez, des joueurs de niveau international. On les a battus et pour moi, cette montée en Groupe A est l’un de mes plus forts souvenirs, c’était fantastique. D’ailleurs, avec ce groupe de la montée qui a quand même plus de 40 ans, on se rencontre encore. 

 

C’était en 78/79 et dans la poule, il y avait le Stade Toulousain et d’autres gros ? 

 

Je ne me rappelle plus de tout ni de qui mais ce que je sais, c’est que 40 ans après, ce groupe qui est monté à Marmande est toujours ensemble. On se retrouve tous les mois, on mange ensemble, sauf en ce moment puisque c’est interdit, mais on se retrouve, on ne s’est pas quitté depuis 40 ans. C’est vrai qu’il s’agissait à 80% d’Albigeois ou de gens qui étaient venus et qui sont restés. Comme quoi, Albi est une belle ville parce qu’en général, les gens qui y goûtent restent. Pour moi, à l’époque où j’ai joué, cette équipe est le summum. Il y a eu ensuite d’autres matchs et d’autres joies intenses mais je me souviens particulièrement de celle-là parce qu’on voulait monter en Groupe A, on voulait le premier rôle. 

 

Avec l’impulsion de Bernard Vaur 

 

Bernard était là et jouait, Rolland Bacca entraînait. On était déjà monté en Groupe A auparavant avec Marc Azon à la mêlée, je me souviens avoir fait des matchs avant que Bernard n’arrive. On était monté puis descendu puis remonté lorsque Bernard est arrivé et nous étions restés un petit moment à ce niveau-là. A la limite, j’ai des difficultés à me rappeler du jeu et des matchs mais par contre, je me souviens très bien des hommes, je ne les ai pas oubliés, ils sont devenus des amis de vie. 

 

Merci pour ces instants souvenirs et on reviendra vers toi pour évoquer ta carrière d’entraîneur

 

Merci à toi

Propos recueillis par Didier Revellat

https://youtu.be/rxI5CutLQjE

Une rencontre à suivre sur les réseaux sociaux du SCA, ce dimanche 17 janvier 2021 dès 14h45 .

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