#Rugby – Nationale / P.Champin (Nice) : «On va essayer d’appliquer la loi du talion, œil pour œil, dent pour dent!»

En amont de ce choc de la 14e journée de Nationale, la réception par le Sporting Club Albigeois du leader niçois, nous avons eut la joie d’interviewer le demi de mêlée Azuréens, Paul Champin. Pour l’ex joueur de Bourgoin, cette rencontre face au Tarnais est un véritable juge de paix, pour des maralpins toujours invaincus après 6 rencontres. Alors que les hommes d’Arnaud Méla avaient arraché les 2 points dû matchs nul , sur le gong aux Arboras, Paul Champin et les niçois comptent bien rendre la monnaie de leurs pièces au SCA.

Une rencontre à suivre sur les réseaux sociaux du SCA, ce dimanche 17 janvier 2021 dès 14h45 .

 

 

Cela faisait longtemps que nous attendions tous ce match entre Albi et Nice. Au début de l’hiver, il y a eu des inquiétudes que ce championnat ne reprenne jamais mais enfin, on voit le bout du tunnel, enfin, cet affrontement entre deux équipes qui prétendent au Pro D2 a lieu. J’imagine que tu dois être impatient d’en découdre avec les Albigeois ? 

 

Oui, nous sommes assez impatients d’en découdre dimanche. On a repris le week-end dernier avec beaucoup d’enthousiasme ce championnat qui était encore vraiment menacé par la crise sanitaire. On va remettre le bleu de chauffe dès dimanche et on va se régaler pour affronter une des équipes phares du championnat qu’est Albi. 

 

Le week-end dernier était la journée d’adaptation, journée de reprise mais qui permettait en même temps de rééquilibrer les matchs à domicile et les matchs à l’extérieur. Comme pour toutes les équipes, ça a été pour Nice un démarrage un peu diesel à Cognac ? 

 

Oui, un démarrage diesel, on a failli caler mais les garçons ont fait le nécessaire pour ramener la victoire de Cognac, qui est une équipe accrocheuse, solide en conquête et qui pose pas mal de problèmes pour développer le jeu. On n’a tout simplement pas été bon, on a un peu chargé la mule en début de semaine sur les séquences vidéo et on a eu le temps de se remettre en question. Mais j’avoue qu’en début de semaine, on a chargé. 

 

Si on voit le verre à moitié plein, on sait que cette équipe niçoise a  » la grinta « , que vous avez un certain état d’esprit et vous l’avez encore prouvé en allant quand même chercher la gagne dans les toutes dernières secondes ? 

 

En même temps, on est aussi allé se la chercher avec l’apport du banc de touche, le turn-over a été très important et les gars ont fait l’effort sur la dernière mêlée pour récompenser toute l’équipe. Je pense que, du côté des Cognaçais, ils pensaient que ce n’était pas mérité mais au regard du match, la première mi-temps a été de très bonne facture de notre côté. Après, on a totalement déjoué quand on a eu le vent dans le dos, ils ont pensé qu’ils allaient pouvoir faire un résultat contre nous et, malheureusement pour eux et heureusement pour nous, on a notre 5 de devant qui, sur la dernière mêlée, les met à la faute et Matty James nous offre la victoire en face des barres. 

 

Ce genre de match où on se fait secouer peut être une bonne chose avant un choc et d’aller chez un prétendant à la Pro D2 comme l’est Albi ? 

 

Se faire secouer est une bonne solution, de parfois ne pas arriver sûr de soi avec trop de certitudes. Ce dont on a envie dimanche, c’est de fournir une autre copie, de se régaler d’aller au combat ensemble et de vraiment aller chercher un résultat en terre albigeoise.

 

Côté albigeois, on parle beaucoup d’un carrefour de la saison, d’une croisée des chemins. C’est peut-être aussi un peu le cas pour Nice, ce match peut être un juge de paix pour venir confirmer tout le beau début de saison que vous avez fait ? 

 

On a l’impression d’être testé tous les week-ends, d’être remis en question par les autres équipes qui attendent que les leaders trébuchent. Mais pour nous, ce sera comme le match aller, à l’instar de la première journée, un vrai test pour nous face à Albi, face au pack albigeois. Ça sera aussi une équipe qui est joueuse et qui manœuvre bien en conquête. Donc, on va se tester, on va essayer de lancer la machine proprement mais nous, on ne se prend pas la tête. On prend les matchs les uns après les autres ce qui est souvent la meilleure solution pour avancer humbles et être réalistes les dimanches. 

 

Ce statut de leader est un poids ou bien est-ce que ça vous galvanise ? 

 

Ça nous galvanise plutôt. On a un statut de leader après un championnat fantôme, on est allé se chercher des résultats très positifs sur le début de saison mais le championnat est complètement faussé donc, nous sommes leaders parce-que nous avons su nous accrocher. On a su décrocher des victoires très importantes et accrocher des nuls contre Albi et Tarbes qui nous ont permis de nous maintenir en tête mais honnêtement, nous, ça nous galvanise. On a envie de prendre les matchs les uns après les autres, c’est bien d’être premier mais ce n’est pas une pression supplémentaire même si je t’avoue que dimanche, on arrive plus en position d’outsider qu’en leader confirmé. 

 

Chez Pepone Pizzeria Albi

Parlons de ce match nul qu’était venu arracher Albi dans les dernières secondes au stade des Arboras lors de la journée inaugurale de Nationale. C’est aussi un levier de motivation pour vous parce-que vous aviez quasiment touché du doigt la victoire et Albi est venu vous la cueillir dans les tous derniers instants. C’est quelque chose qui va vous permettre d’être dans un esprit revanchard ? 

 

Oui, un esprit revanchard parce qu’Albi est venu grignoter des points à la maison. On s’était donné comme objectif de ne laisser personne en prendre chez nous mais le pack albigeois avait bien maîtrisé les derniers instants de la rencontre et l’arbitre avait su les récompenser. On va essayer d’appliquer la loi du talion, œil pour œil, dent pour dent donc, ils sont venus chercher le nul chez nous, à nous de faire pareil ou mieux. 

 

On va aussi parler un peu de toi. Tu as réussi à te garder sous pression pendant ce second confinement qui a dû être très, très long. Comment es-tu physiquement, est-ce que tu sens qu’il y a encore besoin de prendre un peu de rythme après ce redémarrage de la Nationale ? 

 

J’ai besoin de reprendre du rythme mais comme tous les joueurs. On a des programmes physiques à faire pour se maintenir en forme, rien ne remplace le terrain. Souvent, dans le travail physique, la dimension des impacts n’est pas trop prise en compte. Tu as beau faire des lignes, du physique et du bouclier, rien ne remplace le terrain et tous les chocs que tu prends et que tu encaisses pour après te relancer sur des courses. Si ce sont des courses moyennes de 40/60 mètres, quand tu as pris un 2e ligne de 100 kg avant, ce n’est pas la même chose que quand tu fais du physique avec ton chrono au bord du terrain. 

 

C’est sûr que ça doit piquer

 

Oui, ça pique (rires). C’est forcément positif pour nous, on a faim de ballon, on a la chance de jouer comparé aux autres divisions pour l’instant donc, on croque ça à pleines dents. On va essayer de se régaler dimanche même si les conditions météo ne seront peut-être pas optimales. 

 

Ça risque d’être un vieux match à l’ancienne avec un vieux crachin qui va vous changer du beau soleil que vous avez sur la Côte d’Azur

 

On a eu le froid mais c’est vrai que nous ne sommes pas trop habitués au crachin, nous sommes vraiment des privilégiés de vivre sur la Côte. On va essayer de s’adapter, de maîtriser les conditions, de restreindre le jeu, d’être solide sur les bases et après, espérer quelque chose. 

 

La semaine dernière, tu étais au repos et tu as pu prendre de la hauteur pour regarder et suivre tous les résultats des matchs qui se déroulaient pendant ce week-end. Qu’as-tu tiré, grosso modo, comme enseignement de toutes ces rencontres avec quelques surprises ?

 

Le seul enseignement que j’ai pu tirer, c’est que chaque équipe se bat corps et âme tous les week-ends pour faire quelque chose. Quand on a annoncé que Massy allait se relancer à Blagnac ou que certaines équipes allaient vraiment batailler comme Suresnes à Bourg, on s’est rendu compte qu’à domicile, quasiment toutes les équipes sont maîtres chez elles. Il n’y a pas de petites équipes, il n’y a pas de grand leader, il n’y a pas de grand club qui survole la Nationale et tous les joueurs s’accrochent et se battent pour prouver tous les week-ends qu’ils sont bons. 

 

Les exemples les plus frappants sont Narbonne et Dijon qui avaient eu un début de saison très compliqué. Avec ce nouveau départ de la Nationale, on a l’impression qu’ils ont une seconde vie, une seconde jeunesse ? 

 

C’étaient des clubs annoncés ambitieux. Narbonne s’est bien relancé à Tarbes, ils ont fait un match propre, et Dijon face à Chambéry a su maîtriser le match jusqu’au bout parce-que les Savoyards revenaient sur la fin de rencontre mais les Dijonnais ont su accrocher la gagne à la fin, ça prouve qu’ils ne lâchent rien. Franchement, il n’y aura pas une seule équipe qui lâchera sur cette deuxième partie de championnat. 

 

Pour revenir sur le match face à Albi, que craignez-vous le plus de cette équipe du côté de Nice ? Quel est le secteur où Albi vous chagrine le plus ? 

 

La conquête. On a vu qu’ils avaient su s’appuyer sur leur huit de devant depuis le début de la saison pour engendrer des points et glaner des succès. C’est fidèle à l’image albigeoise : un gros huit de devant, des phases de conquête bien maîtrisées, des physiques robustes derrière et souvent une charnière qui gère bien le jeu par du jeu au pied et du jeu déployé. On se méfie surtout de l’état d’esprit, on sait qu’à Albi, ça pique donc, nous allons tout faire pour mettre le bleu de chauffe dimanche et aller au combat ensemble. 

 

A contrario, où se trouve le talon d’Achille de cette équipe ? 

 

Je ne sais pas, peut-être que c’est le Stadium vide. 

 

Mais télévisé

 

On sait que jouer à Albi sans ses supporters, c’est peut-être un avantage pour nous. Nous, à Nice, le club met tout en œuvre pour ramener de plus en plus de public et c’est une très bonne chose, nous, joueurs, on s’en félicite. Il y a des clubs comme Bourg ou comme Albi qui sont habitués à jouer devant beaucoup, beaucoup de spectateurs donc, s’il y a bien un talon d’Achille d’Albi dimanche, c’est peut-être le public qui va leur manquer. Mais ça va nous manquer à nous également parce-que, l’ambiance rugby, c’est ça aussi, c’est d’aller dans des places où les supporters nous chatouillent un peu. Oui, ça va nous manquer à tous. 

 

Pour conclure, peux-tu nous décrire en deux, trois mots l’état d’esprit niçois pour débarquer en terre tarnaise ? Plein d’ambition, j’imagine ? 

 

Ambitieux mais humble. On sait qu’on a un gros match qui nous attend dimanche face à une très grosse équipe albigeoise et nous allons arriver assez sereins mais humbles. On ne va pas se prendre pour d’autres et on va essayer de maîtriser notre match. 

https://esalbi.com

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://youtu.be/rxI5CutLQjE

Une rencontre à suivre sur les réseaux sociaux du SCA, ce dimanche 17 janvier 2021 dès 14h45 .

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