#Football – D2F / N.Castanier (Albi) : «Il y a une solution qui a été envisagée, les play-offs et play-downs. »

L’ASPTT Football de l’Albigeois en cette fin d’année 2020 vit au gré du contexte sanitaire, entre confinement et autorisations dérogatoires d’entraînement. La D2 Féminine et son coordinateur sportif / coach adjoint, Nicolas Castanier, sont dans l’attente d’une reprise des compétitions en 2021, après avoir passé 1 mois et demi à s’entraîner avec sérieux, mais sans la saveur du championnat. L’adjoint de Guillaume Balagué nous a donc donner les dernières nouvelles du club et les perspectives de reprise, qui bruissent dans les arcanes de la FFF. Mais Nicolas Castanier en profite pour nous présenter son initiative, « Puissance Foot » , qui s’inscrit totalement dans l’esprit séculaire de former des footballeurs et des citoyen(ne)s chez les rouges et jaunes. Le coordinateur de l’ASPTT FA, en outre d’un bilan sur l’équipe fanion, nous décrit en fin d’entretien, cette action d’étude scolaire au sein du club du président Espié, qui vient consacrer le rôle sociétal du foot au delà du simple spectre sportif.

Comme l’ensemble du sport français, l’ASPTT s’était mise un peu en sommeil au reconfinement du 1er Novembre. Mais si j’ai de bons échos, du fait du statut de haut-niveau ou semi-professionnel de l’ASPTT, vous avez pu reprendre l’entraînement et le chemin de la Guitardié. Ça a dû être une délivrance pour les filles et pour le coach que tu es ? 
Oui, exactement. Heureusement pour nous, ça n’a pas duré trop, trop longtemps même s’il y a quand même eu une coupure de 4 semaines. Quand on voit les autres équipes et les autres clubs à différents niveaux, on ne va pas se plaindre. C’est vrai que nous avons cette chance de pouvoir nous entraîner maintenant depuis fin Novembre, si je ne dis pas de bêtise, plutôt normalement. On a droit au contact et à pouvoir mélanger tout le monde et c’est vrai que c’est moins problématique pour nous que pour d’autres donc, on ne va pas se plaindre. 
Normalement, la période de Novembre / Décembre est celle où toutes les équipes tournent à plein régime et sont montées en puissance. Là, il y a eu une mini coupure : comment gère-t’on ça physiquement, physiologiquement  et même au niveau de la gestion du groupe ? 
C’est compliqué. On va dire que c’est une trêve avant l’heure et c’est vrai que nous ne sommes pas trop préparés pour cela, nous ne sommes pas habitués. Marion Malabry, la préparatrice physique, a bien évidemment donné un programme pour que les filles restent en forme durant ces quatre semaines. Nous avons repris sur une préparation physique que je qualifierai de pas loin d’être classique par rapport à une préparation d’avant-saison avec bien sûr des aménagements assez particuliers. Nous allons couper pendant les vacances scolaires et pendant les fêtes mais beaucoup moins que d’habitude pour justement éviter une deuxième réathlétisation après ces vacances liées aux fêtes. 
Pour toute joueuse de haut-niveau, l’entraînement est le plat de résistance mais la cerise sur le gâteau, ce sont les matchs et la compétition. Comment se sentent les joueuses mentalement, sans ce Graal que sont la compétition et les matchs ? 
Elles bouillonnent ! Elles n’ont qu’une envie, c’est de savoir quand est-ce qu’on va reprendre et elles attendent les annonces avec impatience à chaque fois.  Nous, c’est pareil, nous sommes aussi des compétiteurs et on a qu’une envie, c’est de retrouver les terrains et de se frotter aux autres équipes. Il faut prendre son mal en patience, on sait que nous n’avons pas le choix. Je ne sais pas si c’est la bonne solution, je ne travaille pas au Gouvernement, mais s’il faut en passer par là et que c’est la solution pour eux pour éviter la propagation, on applique et on attendra notre tour pour pouvoir revenir en compétition. 
J’imagine que, que ce soit pour toi ou Guillaume Balagué, il doit y avoir un brin de frustration. Vous aviez pas mal démarré ce début de saison avec 3 victoires, un match nul et 2 défaites et vous attendez maintenant avec impatience de pouvoir écrire la suite de cette histoire. Déjà, que retirez-vous de ce début de saison ? 
C’est évidemment un bon début de saison, surtout que c’est très compliqué quand il y a beaucoup de nouvelles joueuses, un nouveau staff, un nouveau projet de jeu. C’est toujours très compliqué pour que ça s’applique très vite et il est vrai que nous avons de la chance que les filles aient  » absorbé  » très rapidement notre manière de fonctionner et c’est une bonne chose. Mauvaise chose peut-être en matière de résultat car nous étions sur une dynamique qui était effectivement favorable et sympa en ce début de saison. Je ne sais pas si nous étions attendus à ce niveau, je ne le pense pas surtout vu la saison dont on sortait, mais tant mieux pour nous. C’est vrai que le confinement nous a fait du bien pour soigner tous les petits bobos des joueuses, ce n’était pas des grosses blessures mais au moins, nous allons pouvoir récupérer à peu près tout le monde quand on va revenir à la compétition. 
Petit registre émotionnel pour toi : on sait que tu es un grand supporter du PSG et que tu attendais une équipe avec impatience, en l’occurrence, l’Olympique de Marseille. Le match n’aura sûrement pas lieu car des matchs risquent de sauter de la phase aller au vu du calendrier. Ça va être une grosse déception pour toi ? 
Le foot féminin et le foot masculin restent un peu différents sur le plan émotionnel et supporter. Mais oui, je suis supporter du PSG depuis tout petit, c’est vrai et ce match contre l’OM me tient à cœur mais ce sont plutôt des boutades dans le vestiaire entre les coachs et les joueuses. 
Cette passion qu’il y a autour du foot masculin fait aussi partie de la littérature du foot et peut parfois se retranscrire dans un vestiaire avec des pro-OM, des pro-OL ou des des pro-PSG par exemple ? 
Exactement mais le point positif chez les filles, c’est que ça reste quand même vraiment bon enfant. On n’est pas sur les dérives du foot et du supportérisme masculins donc ça reste bon enfant. Bien sûr que nous avons tous nos préférences autour des clubs professionnels mais c’est comme ça que je le conçois. On peut très bien supporter des équipes différentes tout en se respectant et c’est ce qui me plaît chez les féminines. 
On va maintenant aborder un autre registre, celui de la suite des compétitions puisqu’on le sait, il devrait normalement y avoir un retour à la compétition. Quel est le format qui est envisagé par les instances et quel serait celui qui te siérait le mieux ? 
Pour l’instant, on n’a pas trop de nouvelles et on ne sait pas vraiment comment ça va se passer. Il faudra déjà une date de reprise officielle parce-que, pour le moment, ce ne sont que des suppositions. Sincèrement, je ne vois pas trop, en l’état actuel des choses et vu comment la situation évolue, comment on va pouvoir terminer ce championnat normalement, j’émets un gros doute. C’est vrai qu’il y a une solution qui a été visiblement envisagée et qui s’appelle  » play-off et play-down « . Je trouve que c’est une bonne solution pour garder un peu d’équité et pouvoir finir ce championnat en gardant un petit peu de suspens et d’enjeu pour les filles qui vont disputer ce championnat. 
C’est là que l’on voit l’avantage d’avoir démarré pied au plancher et pas en mode diesel car, s’il y avait des play-off et des play-down, actuellement, l’ASPTT se retrouverait en play-off ? 
Exactement mais je ne pense pas que ça s’arrête tout de suite, tout de suite. A mon avis, ils voudront quand même terminer les matchs de la phase aller pour faire ce genre de play-off / play-down. 
Donc, tu auras ton Albi / Marseille ? 
Oui (rires), il y a des possibilités. Pour l’équité du championnat, je pense qu’il faudrait que l’on finisse au moins les phases aller pour ensuite pouvoir basculer sur 5 matchs secs en play-off / play-down. Je pense que ça se passerait comme ça mais, encore une fois, je ne suis pas dans les instances du football et ce sont eux qui vont décider. Mais, c’est vrai que cette solution me paraît la plus juste et judicieuse pour pouvoir aller au terme de la saison et être complètement impartial. 
Quel que soit le format, les objectifs de l’ASPTT resteront les mêmes ? 
Oui, on souhaite évidemment tous se frotter aux meilleures équipes. Si on se retrouve en play-off, on sera très content de pouvoir affronter les équipes du haut du tableau et, si nous sommes en play-down, ce sera une saison où nous serons quand même dans le haut du panier des play-down donc il faudra se maintenir au plus vite et travailler pour la saison d’après. C’est vrai qu’en termes de visibilité et de compétition, c’est quand même beaucoup plus sympa de se retrouver en play-off. 
L’ASPTT, c’est bien évidemment du foot mais ça va même au-delà de ça car, j’ai eu écho que tu lances une nouvelle initiative à partir du 13 janvier 2021, tous les mercredis après-midi qui touche quasiment au périscolaire et qui s’appelle  » Puissance Foot « . Est-ce que tu peux nous en parler  un petit peu ? 
C’est une action que je pilote et qui va être mise en place car je suis en train de passer un diplôme et il faut que je mette en place des actions. Les mauvaises langues diront que je le fais uniquement dans ce cadre-là, je répondrai que non, que c’est quelque chose qui me touche et me tient à cœur. On peut dire que le football est vraiment devenu un vecteur éducatif, le club entier est un lieu de vie où l’on peut jouer mais aussi apprendre. Je pense que l’on peut contribuer à l’épanouissement et au développement des licenciés en mettant ce genre d’action en place. On en parle souvent mais il ne faut pas oublier que le football est quand même un lieu d’éducation, bien évidemment après la famille et et l’école, mais c’en est un et je trouve intéressant de mener à bien ce projet pour justement aider et accompagner scolairement les licenciés de l’ASPTT Albi. 
En clair, le but est de faire la passerelle entre l’école, la maison et le foot en organisant des études au sein de l’ASPTT ? 
Exactement, ce serait une étude encadrée avec évidemment des encadrants de qualité comme, par exemple, des joueuses de D2 Féminine qui sont, pour certaines, à l’INSPE, l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation. Il y aurait des professeurs à la retraite qui seraient là-aussi et je suis en train de discuter avec l’un de nos partenaires pour avoir éventuellement un professeur qui vienne tous les mercredis donner un coup de main à tous ces élèves pour lutter contre ce fameux échec scolaire. Quand on est bien à l’école, quand les parents sont sereins, quand les enfants vont à l’école et au foot, je pense que c’est beaucoup plus sympa pour créer du lien. 
Le fait que l’ASPTT ait une sociologie bien particulière, à savoir un club semi-amateur qui tend vers le professionnalisme, avec pas mal de joueuses pluriactives et un côté assez famille, permet de mettre plus facilement en place ce genre d’action ? 
Oui et l’objectif est vraiment de faire comprendre à toute une population, les licenciés mais également probablement les futurs licenciés de l’ASPTT Albi, que cette action est assez unique dans le coin et dans l’Albigeois. Il est sûr que ce n’est pas facile à mettre en place mais par contre, on y croit dur comme fer et on a vraiment envie d’organiser cette action éducative d’envergure car on estime que c’est quelque chose qui va nous faire grandir en termes de club mais aussi en termes d’humain. Ce n’est pas moi qui l’ai inventé mais j’ai entendu que le joueur se construit sur l’homme et j’aime beaucoup cette phrase donc nous allons essayer de construire des hommes et bien évidemment des femmes avant de construire des joueurs. Je pense que si ces joueuses et joueurs-là sont bien construits, nous aurons des bons joueurs et des bonnes joueuses de foot. 
Grosso modo, former des citoyens avant de former des sportifs de haut-niveau ? 
Exactement, je pense qu’avec une tête bien remplie, on peut comprendre beaucoup plus de choses, même dans le football. 
J’ai aussi eu écho qu’il y aurait sûrement un 2e volet de cette action, plus tourné sur l’humanitaire. Tu t’appuierais sur une joueuse, certains viennent de le découvrir mais d’autres le savaient depuis très longtemps, qui est très investie dans le milieu humanitaire : Nesrine Daoudi ? 
Tout à fait. Cela fait très longtemps que je connais Nesrine qui était l’une des joueuses au Toulouse Football Club à l’époque. On s’est toujours beaucoup respecté et je suivais de loin son action humanitaire au sein de son association. Là-aussi, ça m’a donné envie de me joindre à elle pour essayer de monter un autre projet éducatif, justement en lien avec l’humanitaire. Évidemment, tous les licenciés du club de l’ASPTT seront conviés au mois d’Avril à une action humanitaire d’envergure pour aider les personnes en difficulté en Albigeois. 
C’est quand même impressionnant parce qu’avec le contexte actuel, il y en a beaucoup qui auraient renoncé à faire quoi que ce soit. A l’ASPTT, malgré la difficulté et une situation compliquée et anxiogène, on essaie de trouver de nouvelles idées et de nouvelles ressources ? 
Il faut, je pense que c’est important. Un club, au même titre qu’une entreprise, est une entité qui compte dans le paysage et les enfants, surtout, s’identifient. Moi, je pense que comme toi, qui avons été joueurs de football, je m’identifiais beaucoup aux clubs dans lesquels je suis passé et j’ai envie de dire que c’est une vraie marque, un vrai repère pour les enfants. Je crois que si nous, nous donnons les bons codes à ces enfants-là et à ces licenciés, c’est beaucoup plus simple derrière pour les faire grandir et faire grandir le club. En quelque sorte, les licenciés et le club sont partenaires. 
On sait qu’après le match contre Montauban à domicile, tu avais un peu râlé sur l’état de la pelouse de Rigaud, qui est un peu surutilisée avec toutes les équipes régionales de l’US Albi qui viennent aussi jouer dessus. Là, avec le confinement, elle a dû bien se reposer et tu dois avoir un vrai billard, une galette. Tu as surveillé cette pelouse ? 
Oui, on a regardé. Avec le temps qu’il fait en ce moment, ce n’est pas non plus idéal mais c’est vrai que, vu que personne n’y joue, je pense que l’on va récupérer un terrain en super état. Après, si tu me demandes mon avis sur la surutilisation de Rigaud, je suis d’accord, pour moi, elle est surutilisée, je trouve que trois équipes, ça fait beaucoup. Ça reste un avis personnel, cette pelouse est belle mais elle est fragile, on le sait. Par endroits, elle est drainée difficilement donc, c’est vrai que le fait d’avoir parfois deux matchs dans le week-end sur cette pelouse, alors que le temps ne le permet pas toujours, ce n’est pas évident. Je ne défends personne mais ça donne beaucoup de travail aux jardiniers qui eux, les pauvres, essayent de maintenir cette pelouse dans le meilleur état possible. 
On le voit lors des grands matchs, comme avec Marssac en Coupe de France mais on l’a aussi vu avec l’ASPTT tout au long de la saison, ce stade de Rigaud est le temple du football de haut-niveau tarnais ? 
Oui, ce terrain et ce stade parlent à tout le monde. Ils parlent évidemment aux anciens de l’US Albi mais aussi aux gens de l’ASPTT pour les féminines, ils parlent énormément. J’ai même le souvenir d’avoir eu un match de Coupe de France ou un match de Coupe de Midi, je ne me rappelle plus très bien, j’étais vraiment tout petit, du Breuil Olympique  contre Balma qui se jouait à Rigaud, et si mes souvenirs sont bons ils avaient aussi sortie le grand « Toulouse Fontaine ». Ce sont tous les gros matchs et toutes les grandes rencontres qui se jouent dans ce stade et pour le bien de tous, je pense qu’il faut le préserver et le  » garder  » pour les grandes occasions. 
Merci et on te souhaite une bonne reprise des compétitions le plus tôt possible, espérons courant Janvier, et que la lancée de l’ASPTT perdure puisqu’on le rappelle, vous étiez pour l’instant dans le premier tiers du championnat de D2
Merci à toi

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-16-decembre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Nicolas Castanier lors de l’émission « Le #MagSport » du 16 décembre 2020

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