#Football – R1 / C.Rey (Marssac) : «Ça a fait vibrer tout le monde!»

Nous sommes aller faire un petit tour au Marssac RSRDT, le club fanion du foot tarnais masculin qui est en attente de savoir comment, il va pouvoir jouer son 7e tour de Coupe de France. Lors du 6e tour, il y a quelques semaines, on avait vu en direct sur nos ondes du MagSport, l’équipe de Mickael Bertrand , arraché sa qualification face à Argeles dans une homérique séance de tirs au but . Lors de ce match, Charles Rey avait connu un ascenseur émotionnel assez prononcé, tant par son entrée fracassante et le happy end de ce match de coupe qui avait exalté ce joueur formé à l’US Albi, avant qu’une rupture des ligaments croisés ne vienne y poser un bémol certain. Nous avons donc pris des nouvelles ce néo Marssacois, qui se réjouit malgré sa blessure, d’avoir pu participer à cette rencontre , ayant redonné l’instant de 90 minutes de la joue et de la ferveur aux fervent supporters du Marssac RSRDT .


Malheureusement, le couperet est tombé pour toi : c’est une rupture des ligaments croisés du genou. C’est la blessure typique dans le sport mais c’est d’habitude la grosse galère ? 
Oui, c’est ça. Le match était le 17 Octobre, j’ai passé l’IRM le 5 Novembre et du coup, le résultat est tombé. C’est triste mais c’est comme ça, j’avais suivi et regardé sur internet, beaucoup, beaucoup de joueurs sont passés par là donc j’espère m’en sortir correctement. 
Même quand on n’est pas professionnel et que l’on est dans le monde amateur, le foot reste une passion et qui dit passion dit quasiment une drogue. Malgré que ce soit une saison un peu particulière, il va te falloir rester six mois en-dehors des terrains. Ça doit être très, très rageant ? 
C’est ça surtout que, comme vous l’avez dit, je suis un grand passionné de foot et du coup, cet arrêt brutal va me faire drôle mais il va falloir que je m’y fasse. Dès que l’opération sera faite, il va falloir que je travaille un maximum pour récupérer le plus vite possible. 
Quel est le process ? Il va y avoir une opération suivie de la rééducation avec peut-être un petit séjour à Capbreton ? 
Oui, je pense. Je vois le chirurgien le lundi 16 Novembre donc après, soit je vais faire la rééducation à Médipôle à Toulouse soit à Capbreton. Je ne sais pas encore, je verrai tout cela avec le chirurgien pour travailler. 
Avec, j’imagine, un objectif en tête, celui de reprendre avant Juin et avant la fin de la saison ou alors en Septembre l’année prochaine ? 
Je ne sais pas, on verra en fonction de ce que me dira le chirurgien et de comment je me sens après et de comment le genou répond au fur et à mesure de la rééducation. 
On espère pour tout que tu reviendras très rapidement sur les terrains. On va maintenant parler un peu de ton parcours car tu es un pur produit du football tarnais et je dirai même du football albigeois. Tu as fait toutes tes classes à l’US Albi, où tu as connu beaucoup de choses. Tu peux nous parler un peu de ce parcours à l’US Albi, de chez les jeunes jusqu’à l’équipe senior ? 
J’ai commencé en U12 avec Anthony Bazin et Christian Gard. Avec ma génération de 98, nous avons continué en 15 Élite, U16, U17, Honneur Ligue. Lorsque nous étions U16 première année, nous avons fait monter le club en U17 Honneur Ligue, nous avons fini seconds. Avec les U18, nous étions en Promotion Ligue, nous sommes montés en Honneur Ligue et nous avons fait un 32e de Gambardella. Tout était beau et magnifique, j’ai grandi à l’école de foot en voyant l’équipe fanion en CFA donc, ça faisait forcément rêver. Plus j’avançais et plus je grandissais, plus le niveau senior du club a dégringolé comme on dit et du coup, ça a été compliqué. Mais j’ai réussi à intégrer l’équipe une qui était en DH où j’ai connu le maintien puis la descente en DHR. 
De la descente de R1 à R2 jusqu’à la R3 l’année dernière avec le confinement
Oui, la saison s’est arrêtée d’un coup et donc, la fin d’une saison où nous n’avions pas gagné un match. Donc, ça a été très, très dur. 
J’imagine qu’il aurait quasiment été mission impossible de se maintenir l’année dernière ou en tous cas très compliqué. Mais le fait que le confinement soit venu saper vos rêves collectifs, à tout ce collectif de l’US Albi, ça a dû être une pilule dure à avaler ? 
On va dire qu’on le voyait arriver car, plus les matches avançaient, plus nous étions loin de la victoire. C’était une ambiance assez bizarre et du coup, ça reflétait sur les résultats de l’équipe et nous n’avons pas réussi à gagner le moindre match. Nous avions seulement fait un match nul avant le confinement et du coup, nous l’avons payé cash et le club est descendu en Régional 3. Je trouve que c’est très, très dommage pour le club, pour ce qu’il était avant et ce qu’il est devenu aujourd’hui mais j’espère que ça va bien repartir avec de nouvelles personnes au club. 
C’est tout le mal que l’on souhaite à l’US Albi. Est-ce que le fait d’être redescendu en R3 a été le déclic de te dire  » il faut que j’aille voir un peu ailleurs ce qui se passe et que  » je m’ouvre les chakras  » comme on dit souvent dans le jargon populaire ? 
Vu que nous n’avions pas gagné un match, je m’étais dit  » je descends avec le club  » tout en travaillant et en me disant qu’il fallait essayer de le faire remonter. Comme je travaille à la mairie d’Albi, je ne me voyais pas partir dans des clubs toulousains ou autres donc, je comptais rester ici. Et une après-midi, le coach Micka Bertrand m’a écrit en me demandant mes projets pour la saison à venir, on s’est vu au centre-ville, on a mangé un petit bout, on a discuté et le soir-même, je lui ai donné mon accord pour signer à Marssac. 
Ça n’a pas été un crève-cœur de quitter la maison bleu et rouge ? 
Si, ça a été compliqué. J’avais des affaires de l’US Albi partout chez moi, depuis tout petit, des survets en pagaille, des maillots. J’ai tout laissé à mon frère qui lui est toujours au club donc ça va, on n’a rien jeté. Mais si, ça a été compliqué, ça m’a laissé un regret de partir comme ça en laissant le club à un niveau qui, je pense, n’est pas le sien. Après, j’ai été très bien accueilli à Marssac, il y avait des joueurs avec qui j’avais joué à Albi comme Brandon Marianella et Nicolas Casano donc, j’ai été très bien accueilli par tout le club et j’en suis content. 
Comment ce départ de l’US Albi a été pris par le club et par les collègues avec qui vous avez grandi ensemble ? 
Les joueurs avec qui j’ai grandi, la génération 98/99 s’est éparpillée au fur et à mesure, suite à la saison U19 en Gambardella. Tout le monde a été à droite, à gauche mais je pense que si tout le groupe avait été conservé, ça aurait été bénéfique pour le club. Mais, du coup, je me suis retrouvé un peu tout seul sur les dernières années seniors à Albi et je suis parti sans trop me poser de questions à la fin. Surtout pour partir à Marssac qui était en Régionale 1 avec un projet ambitieux, toujours un bon parcours en Coupe de France donc ça me donnait envie. 
En plus, il y a eu quelques rivalités qui sont nées entre l’US Albi et Marssac, du fait que ce dernier ait un peu damé le leadership sur le football masculin dans le département. Ça a dû faire couler un peu d’encre ? 
Oui mais c’était mérité, comme le fait qu’ils s’entraînent sur le synthétique d’Albi avant leur match de Coupe de France face à Pau. Je trouve que c’était normal qu’ils se préparent bien et, au vu du niveau régional 1 où ils sont, je pense qu’ils méritaient de s’entraîner sur de bonnes infrastructures. Je pense vraiment que la nouvelle équipe de l’US Albi ne se nourrit plus dans ce conflit et que les deux clubs vont bien s’entendre par la suite. 
Ce serait une sage décision que, les planètes s’alignent dans le foot tarnais
Je le pense, pour que tout le monde avance ensemble et tire le meilleur. 
On va parler de ce début de saison qui a commencé à merveille pour toi avec une intégration à Marssac dès les premiers matches où on t’a vu planter quelques buts en Coupe de France et en championnat. Tout allait bien malgré le côté un peu galère avec les vestiaires qui n’étaient pas toujours accessibles et les consignes sanitaires. Puis, est arrivé ce nouveau confinement qui met entre parenthèses cette saison marssacoise. Ça doit quand même laisser beaucoup d’amertume en plus de ta blessure ? 
C’est ça, je suis très, très déçu puisque tout fonctionnait bien, on était sur un très bon début de saison en Coupe de France et en championnat. Le fait que je marque d’entrée en Coupe de France, aux Copains d’abord et ensuite en championnat à Portet, ça m’a mis dans de meilleures conditions pour continuer à travailler et à écouter les conseils du coach. La condition sanitaire ne me dérangeait pas plus que cela, tant que je jouais au foot sur le terrain, ça m’allait même si nous n’avions pas de vestiaire. Je me suis adapté rapidement, comme tout le monde mais par contre, le fait de ne plus pouvoir mettre les pieds sur le terrain, ça va me faire drôle. 
Tu as quand même pu goûter à quelque chose de vraiment sympa, cette aventure en Coupe de France avec ce 6e tour, malheureusement jour de ta blessure mais où Marssac fait un nouvel exploit face à Alberes Algerès ? 
Après ma blessure, je pensais aller à l’hôpital parce-que, sur le coup, ça me faisait très mal. J’étais sur le banc des remplaçants mais j’ai dit aux coaches et aux dirigeants qui étaient à côté de la cahute que je voulais vraiment assister à la 2e mi-temps pour voir mes copains et coéquipiers retourner ce match. J’ai vibré jusqu’à la salve des tirs au but, avec une panenka comme ça, on ne peut que vibrer. C’est mérité, je suis content pour l’équipe et pour les coaches, le président, les bénévoles, c’est bien pour eux, ils le méritent. 

Comment se vit une séance de pénaltys comme ça sur le banc ? En plus, quand on est blessé et que l’on a pas de levier sur le match, ça doit vraiment être très stressant. Le palpitant doit être à 120 ? 
C’est ça mais c’est aussi de la confiance. Je pense que les mecs qui étaient avec moi sur le banc étaient très confiants, le coach et Jérémy aussi. Après, c’est de la concentration et il faut ce brin de chance qui, je pense, est là à Marssac et du coup, tout s’est bien passé. 
Il faut de bons tireurs mais surtout un grand gardien ? 
Oui, c’est ça, si les tireurs sont concentrés et que le gardien fait son travail, c’est magnifique. 
Florian Fred a quand même la baraka aux pénaltys mais, la baraka, ça se provoque ? 
Oui, comme on dit,  » il faut en avoir dans le short  » pour faire ça mais surtout pour le réussir parce qu’il y en a beaucoup, encore ce week-end en première league, il y en a qui a tenté une panenka et qui l’a complètement foirée. Lui, il la tente, il la rentre et c’est magnifique. Ça a fait vibrer tout le monde qui était au stade et je pense qu’ils viennent aussi pour ça. 
Exactement. J’imagine que maintenant, même si tu ne pourras pas jouer, vous êtes tous dans l’attente à Marssac de savoir si aller vraiment pouvoir faire ce 7e tour de Coupe de France et dans quelles conditions. Car, pour l’instant, vous n’avez pas le droit de vous entraîner, vous n’avez pas le droit de jouer. On parle d’une dérogation pour jouer les 7es et 8es tours de Coupe de France avant que les équipes de Ligue 1 ne rentrent en lice tandis que ce sera déjà le cas pour les équipes de Ligue 2. Je pense qu’à Marssac, vous devez guetter toutes les annonces qui arrivent du District, de la Ligue ou de la Fédé ? 
Tous les joueurs essaient de regarder un peu, de prendre les bonnes informations. Le coach a envoyé au groupe un programme individuel et du coup, chaque joueur essaye de s’entraîner et de continuer à garder un minimum de rythme pour pouvoir reprendre dès que les annonces seront faites. 
On va un peu parler de la sociologie de ce club de Marssac. Tu viens de l’US Albi qui est un club en plein cœur du centre-ville d’Albi, qui draine toute la population albigeoise et même celle des alentours. Tu arrives à Marssac dans un club de la périphérie albigeoise, dans un petit village qui a fédéré d’autres communes autour pour créer une belle école de foot. Qu’est-ce que tu as vu comme changements entre l’US et Marssac ? Il y a peut-être un côté un peu plus convivial, un peu plus  » village  » à Marssac ? 
Oui, il y a ce côté village, convivial, tu vois souvent les mêmes personnes qui viennent au stade, ce sont des bons bénévoles. Mais je pense qu’à l’US Albi, il y a aussi ces bénévoles-là, qui y sont depuis de très nombreuses années. Peut-être qu’à l’US Albi, ils n’ont pas été bien vus ou gardés ou pris sous le coude alors qu’à Marssac, je vois le président qui considère vraiment tous les bénévoles, du Mr qui gonflera les ballons à celui qui ira attacher les buts, tous les bénévoles sont considérés à la même enseigne. Je me rappelle que nous avions fait un repas cohésion joueurs chez les seniors et il y avait plein de dirigeants du club et de bénévoles qui étaient venus et qui étaient  » dans le moule « . Personne n’était mis de côté et je trouve ce côté famille très, très sympa. 
C’est aussi un public un peu  » chaud bouillant « , un peu chauvin, un peu  » muy caliente  » comme on les aime dans ces petits clubs de départements et de régions ? 
C’est ça. Quand Blagnac ou Argelès sont arrivés et qu’ils ont vu l’état du terrain, ils se sont demandés si on jouait là. Ils voyaient les barrières très proches des lignes de touche donc, il est sûr qu’il y a une certaine atmosphère. Nous, les joueurs, on y est bien et les adversaires y sont moins bien donc, ça nous avantage et tant mieux. 
Quand on vient commenter les matches de Marssac avec la Mag Sport, on appelle Désiré Gache  » le petit Furiani tarnais « . Tu trouves que ça lui va bien comme surnom ? 
Oui, c’est pas mal. (Rires)
Alors, si tu adoubes le surnom, on va le conserver et on va surtout te souhaiter un très bon rétablissement. On reviendra te voir quand tu pourras re-gambader sur les pelouses et, on l’espère, le plus tôt possible
Merci beaucoup 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-10-novembre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Charles Rey, lors de l’émission « Le #MagSport » du 10 novembre 2020.

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