#Rugby – Nationale / A.Compan (Suresnes) : «Qu’on puisse vivre à minima malgré ce virus!»

Nous avons reçu lors de notre débat « Comment faire reprendre la Nationale ? » , le manager des actuels co-leaders : le RC Suresnes. Les altosequanais, dans cette période de re confinement et d’arrêt provisoire des compétitions sont forcé de proposition auprès des instances et tentent de trouver des solutions pour reprendre dans les meilleures solutions. Alors que la FFR organise une nouvelle visioconférence avec les présidents de clubs, le RCS qui sera représenté par son directeur général, Matthieu Blin, compte faire entendre sa voix et prêcher la conservation du schéma initial (réaménagé par des péréquations et un rééquilibrage des 6 premières rencontres), avec un seul objectif : tenter de faire perdurer les compétitions dans un cadre pérenne. En clair, sur le Mont Valérien, on souhaite trouver un consensus, dans ce débat qui assaille la nouvelle division intermédiaire avec la Pro D2, depuis maintenant 3 semaines.

Alexandre, à Suresnes, on voulait jouer, on voulait continuer la dynamique qui s’était créée en début de saison car vous étiez co-leaders de la Nationale ? 

 

AC (Suresnes) : Notre décision n’a pas été liée à notre position au classement, pas du tout. Nous, nous sommes forcément dans un contexte différent en Ile-de-France et notamment à Suresnes où l’on vit effectivement de par nos partenaires et nos supporters mais en moins grand nombre, je suppose, qu’à Narbonne ou à Blagnac. Donc, la réflexion s’est portée sur d’autres choses pour nous, c’était plus se dire que, comme nous avions demandé à participer à un nouveau championnat national estampillé  » professionnel « , le fait de devoir refuser de continuer à jouer pouvait peut-être mettre un petit coup d’arrêt à ce projet-là. Bien sûr, on entend tout ce qui se dit et les problématiques des autres clubs qui ne sont pas les nôtres aujourd’hui. 

Alexandre, comment va t’on se débrouiller à Suresnes pour les entraînements ? Si j’ai de bons échos, vous avez de l’idée au RCS ? 

 

AC (Suresnes) : On a de l’idée et effectivement, quand j’entends les discours, nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne. Avec Mathieu Blin, on travaille d’arrache-pied, certainement comme tous les clubs, pour trouver des solutions pour que les joueurs ne soient pas pris en otages de cette situation-là et puissent, en tous cas, prendre du plaisir et continuer à jouer. Donc, nous avons saisi au vol l’opportunité qui nous était offerte de pouvoir continuer à nous entraîner et, en tous cas, de pouvoir nous retrouver sur les terrains. Ce que nous avons décidé avec Mathieu et bien sûr avec les présidents Laurent et Olivier, c’est de reprendre les entraînements à partir de la semaine prochaine. On a mis les joueurs en off toute la première semaine de Novembre en attendant toutes les décisions et les dérogations possibles sur un 100% de chômage et reprendre cette semaine avec trois entraînements par semaine. Bien sûr, ça complique la chose, pourquoi ? Parce qu’avec Mathieu et les présidents, nous avons dû rentrer dans des calculs qui font que l’on respecte scrupuleusement ce qu’il nous est autorisé de faire, notamment lié au chômage partiel. Donc, les joueurs ne seront pas à 100% du chômage partiel mais à 80% pour certains, à 70% pour d’autres ou à 60% pour d’autres encore en fonction du contrat parce qu’à Suresnes, nous sommes également sur de la pluriactivité au même titre de Blagnac. C’est tout un travail de calculs, on s’est posé, nous avons pris beaucoup, beaucoup de temps de réflexion donc, les joueurs vont pouvoir s’entraîner à Suresnes à partir de la semaine prochaine sur trois moments dans la semaine, bien calibrés et bien ciblés en temps de manière à respecter tous ces pourcentages de chômage. 

 

Tout cela a été validé par les pouvoirs publics ? 

 

AC (Suresnes) : Bien sûr, c’est une dérogation, accord de la Fédé que, comme je disais, nous avons saisi au vol avec des présidents qui nous soutiennent derrière et qui font les efforts pour. En tous cas, nous aujourd’hui, nous bénéficions de cela à Suresnes, nous en sommes très contents et nous allons continuer à nous entraîner pour reprendre du mieux possible cette compétition quand elle pourra reprendre. 

Alexandre, qu’est-ce qu’on souhaite à Suresnes pour la suite de ce championnat Nationale dont vous êtes actuellement co-leaders ? 

 

AC (Suresnes) : Je pense qu’au-delà de notre position, et comme je le disais, le problème de fond est de respecter l’équité à minima même si, effectivement, il y aura toujours des injustices. Je rebondis sur ce que disait Mr Delpoux et sur la possibilité de se dire  » est-ce qu’on reprendra peut-être en Janvier ? « . Je pense que nous avions déjà la possibilité de reprendre le championnat alors que la situation n’était déjà pas terrible, je me dis avec optimisme qu’on devrait certainement pouvoir reprendre en Janvier, même si il y a pas mal d’inconnues. Quant à l’idée d’Éric, si je peux me permettre, je suis arrivé cette année dans le projet de Suresnes et si on reprend ce qui s’était passé l’année dernière, je n’étais forcément pas lié à cela. C’était un projet de club mais là, il y en a effectivement un nouveau avec ma venue donc, quand je dis quelque part qu’il y aura toujours de petites injustices qui se créent, il n’y a pas de souci pour moi, c’est l’intérêt commun qui prime. Avec Mathieu et les présidents, on s’est posé, nous avons fait un calcul et nous nous sommes dits  » à la reprise du 10 Janvierjusqu’à fin Juin, il y a 25 dates possibles « . Sur les 25 dates possibles, et de manière à ce qu’il y ait un minima d’équité, il y a des clubs qui ont joué 6 matches sur la phase aller tandis que d’autres n’en ont joué que 3, je crois qu’il n’y a que Bourgoin qui soit à 3 matches. C’est peut-être se dire à la reprise, équilibrer le nombre de matches jusqu’à 6, de manière à ce que tout le monde ait joué ses 6 matches de la phase aller et quand il y aura eu ce rééquilibrage, se dire qu’il va y avoir péréquation sur les 7 matches restants de la phase aller que l’on n’aurait pas pu jouer pour tout le monde et partir après sur une phase retour pour tout le monde, normale, classique, en partant du postulat que la reprise est possible. Avec Mathieu et les présidents, nous tenons compte d’une possibilité de repli, des dates off pour effectivement respecter le nombre de matches en blocs pour que les joueurs aient aussi un temps pour souffler, tout en respectant la convention collective qui nous impose une semaine off entre Février et Mars. Tout ça respecté, ça rentre effectivement dans les 25 dates et en plus de cela, en ayant fini tous ces matches-là, à partir du moment où tout se passe bien, nous avons la possibilité de faire une demi-finale aller, une demi-finale retour et une finale. 

 

C’est ce que j’allais te demander : qu’est-ce que tu fais des phases finales ? Parce qu’il y a quand même beaucoup de clubs qui tiennent aux phases finales

 

AC (Suresnes) : Tu peux garder ta demi-finale aller et ta demi-finale retour dans ce principe-là avec une finale derrière donc tu as quand même un minimum de phases finales. Tu n’auras pas les barrages comme prévu initialement mais en tous cas, tu peux quand même respecter ces phases finales qui sont si importantes pour le rugby. C’est une idée comme une autre mais, encore une fois, ce sont des idées qui sont posées sur la table et bien sûr, soumises à discussion. De toute façon, quoi qu’il arrive, la décision qui sera prise sera la meilleure. 

Alexandre, à Suresnes, vous êtes un peu sur la terre du milieu avec 13 pros et le reste de l’effectif qui est non pro. Comme à Blagnac, vous avez un peu toutes les contraintes des deux côtés ? 

 

AC (Suresnes) : Effectivement, nous sommes un peu entre deux eaux c’est à dire que nous sommes entre le passage au monde pro et pour l’instant, aujourd’hui, semi-pro avec des pluriactifs. Ce qui nous permet en tous cas d’avancer à Suresnes avec les présidents et Mathieu, c’est l’économie raisonnable. On en est là aujourd’hui parce-que nous sommes sur notre projet avec nos moyens, nous essayons en effet de construire une économie à Suresnes qui fait que l’on puisse vivre correctement et surtout les joueurs, car ce sont les joueurs qui sont au centre pour nous. Ce n’est jamais chose facile d’autant plus quand vous êtes voués à vous-mêmes, je rejoins Marc et Éric sur une histoire de sous. A partir du moment où on n’aura pas d’aides substantielles pour nous aider à aller vers la Pro D2, ça va être compliqué si chaque club essaye de s’en sortir par lui-même, d’autant plus dans cette situation inédite du Covid où les rentrées d’argent qui peuvent faire du bien aux clubs ne sont pas là. Donc nous, aujourd’hui à Suresnes, on essaie de construire ça doucement, raisonnablement en attendant de voir comment ça bouge sur les instances. Et puis voir si on peut effectivement donner un allant supplémentaire à partir du moment où nous sommes aidés. La deuxième chose, c’est que nous, comme nous sommes sur ce modèle semi-pro, nous engageons beaucoup les joueurs, en attendant de franchir le cap, d’être sur le double projet. Beaucoup de joueurs, et même nos joueurs estampillés pros, sont sur un double projet avec Mathieu sur la création d’une commission socio-professionnelle chez nous, sur notre projet qui nous tient à coeur et que Laurent et Olivier accompagnent aussi, pour que les joueurs puissent avoir quelque chose en retour, derrière leur activité principale de rugbyman. C’est ce que nous essayons de faire mais ce n’est effectivement jamais évident. 

 

Marc Delpoux (Narbonne) : Je vais me permettre d’intervenir mais c’est quand même plus facile à Suresnes et à Blagnac qu’à Narbonne. 

 

AC (Suresnes) : Possible, je ne sais pas pour le coup. Bien sûr, chacun a ses problématiques internes et encore une fois, ça reste une histoire de sous, nous sommes dépendants sur certains aspects à partir du moment où on veut donner un nouvel élan à cette Nationale en se dirigeant tout droit vers le professionnalisme. Maintenant, je pense que dans nos réflexions et dans nos perspectives, il est difficile de nous engager sur le chemin aux côtés de ceux qui pourraient nous aider à savoir entre autres la Ligue, le Ministère qui nous donnera les accréditations d’être un championnat professionnel. A Suresnes, en tous cas, nous avançons doucement et on attend de voir comment ça se passe au niveau des instances. 

Alexandre, quelles sont les perspectives du projet sportif en Nationale pour Suresnes avec cette maxi pause ? Un projet qui était naissant, qui prenait corps 

 

AC (Suresnes) : Pour ne m’en tenir qu’aux perspectives sportives, nous concernant, c’est au jour le jour. De toute façon, comme le disaient Marc, Arnaud et Éric, avec ce virus, je crois que l’important pour nous à Suresnes, au-delà de ce projet Nationale qui est très excitant puisque nous ne sommes pas sur un objectif montée, nous arrivons sur la pointe des pieds avec un objectif maintien. On prend du plaisir à rencontrer de très belles équipes tous les week-ends sur les matches que nous avons pu jouer mais maintenant, c’est aussi que les joueurs puissent retourner sur les terrains et prendre du plaisir parce-que je crois qu’ils sont avant tout dans ce projet-là, dans ce projet sportif, c’est leur passion. C’est aussi notre passion en tant qu’entraîneurs / managers, les présidents donc, c’est que ce projet-là, dans chaque club, puisse vivre à minima malgré ce virus qui est présent. Je crois en tous cas que l’essentiel est là, perspectives à court ou moyen termes, j’ai envie de te dire que tant qu’on n’en saura pas plus sur ces possibilités de reprise liées au virus, ce sera compliqué. 

 

Alex, on a pu voir que le président de Suresnes était multifonctions : président, chef d’entreprise mais aussi brasseur de bières. Vous avez prévu une cuvée de déconfinement pour le retour de la Nationale ? 

 

AC (Suresnes) : Je me permets de rectifier, ils sont deux co-présidents, Laurent et Olivier qui sont aussi à la tête d’Umanis. Il y a effectivement cette histoire de bière que j’ai apprise l’année dernière et en tous cas, au moment où on sortira du Covid à Suresnes, on pourra dignement fêter cette sortie. On aura tout à la maison pour pouvoir dignement le fêter. 

 

Surtout que quand les gens parlent de Suresnes, ils pensent Hauts-de-Seine et au département le plus riche de France mais quand on va se déplacer au Mont-Valérien, ce stade est vraiment un petit village dans la mégalopole ? 

 

AC (Suresnes) : On essaye aussi de se sentir un petit peu à la campagne de notre côté et nous avons la chance d’avoir ce petit écrin de verdure, le stade Jean Moulin. Ca nous donne un petit moment de décompression et en tous cas, pour les joueurs qui travaillent chez nous, c’est plutôt appréciable. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-10-novembre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw d’Alexandre Compan lors du « Débat comment faire reprendre la Nationale ? » du 10 octobre 2020

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