#Rugby – Nationale / G.Gaillard (Albi) : «On n’a pas le droit de baisser les bras !»

Le Sporting Club Albigeois, est malheureusement sevré de compétitions, comme l’ensemble de Nationale. Mais Gianni Gaillard, un des tauliers du vestiaire jaune et noir, malgré les péripéties et les soubresauts vécus par les joueurs de la cité épiscopale, ne se résigne pas, envoyant même un message emplit de résilience. Pour le seconde ligne du SCA, malgré de nombreuses désillusions subies depuis 3 ans, ce groupe ne doit rien lâcher et persévérer vers l’objectif collectif qui les anime : la Pro D2. Cet héritier de la lignée ovalienne Spanghero, malgré l’incertitude autour des formats de reprise de la compétition, veut quoiqu’il advienne, continuer à ferrailler aux côtés de ceux qui, au grès des années sont devenus de véritables frères d’armes. Focus grand format, sur le vice capitaine du SCA, un jeune homme se servant des tréfonds du passé pour se donner la force d’aller chercher le graal de demain et apprécier le bonheur futur qui emplira prochainement sa vie personnelle.

On va essayer de faire un bilan de ce début de saison qui est, comme je le dis souvent, hors du temps, hors du commun, hors de tous canons habituels. C’est vraiment une saison très, très particulière ? 
Oui, c’est une saison très particulière. C’est particulier pour tout le monde, pour tous les corps de métiers, il n’y a pas que pour le rugby qu’elle est particulière. Mais là, c’est vrai que cette année ne ressemble à rien de ce qu’on a connu avant donc on essaie de s’adapter. 
On va reprendre un peu le fil des choses, durant le premier confinement au printemps, vous avez espéré monter en Pro D2. On a entendu beaucoup de gens dire  » Albi, Massy ont voulu passer en force  » mais, les instances vous ont fait espérer une possible montée en Pro D2. Au bout du bout, il y a eu une Nationale qui s’est créée et pas mal de tiraillements. Pour toi, en tant que joueur et que joueur jaune et noir depuis de nombreuses années, ça a déjà dû être un premier confinement très difficile ? 
Le premier confinement a été compliqué parce qu’effectivement, on avait espéré des choses. On espérait parce qu’on lisait les journaux et on avait des gens au téléphone qui nous faisaient croire que, peut-être qu’eux aussi croyaient qu’on allait monter, enfin bref, nous avons eu des croyances. En tant que joueurs, comme tous les ans, nous nous étions vraiment investis pendant la saison, on croyait vraiment que l’on pouvait monter. En plus, il faut aussi se rappeler les choses, à cette période-là, on ne savait pas trop quand allait finir ce confinement et on pensait qu’on allait pouvoir jouer des phases finales. Donc, on allait un peu de désillusion en désillusion puis, une nouvelle ni bonne ni mauvaise puisqu’on crée cette Nationale qui était plutôt une bonne chose et au final, aujourd’hui, on ne sait pas trop comment ça va se passer. J’avais quand même l’impression que c’était un peu écrit l’année dernière, quand des gens avaient proposé de faire deux poules de 9 en Pro D2 pour ne pas jouer tous les matches. J’ai un peu l’impression que tout le monde le savait depuis un moment mais, apparemment, c’est comme ça. 
On va dire que les gens ont préféré rester dans un certain conservatisme au lieu d’essayer de nouvelles solutions qui auraient peut-être permis un peu plus de souplesse ?
Oui, c’est une histoire de pognon, comme souvent. Nous, les joueurs, on reste à notre place, on essaie d’être bons sur le terrain, ce n’est pas toujours facile. On est bien placé pour savoir qu’on ne fait pas toujours ce qu’il faut et qu’on ne fait pas toujours de bons matches mais en tous cas, on essaie d’être performants sur le terrain. Nous n’avons aucune emprise sur ce qui se passe à côté, on ne peut pas faire grand-chose, ce sont les présidents, les instances qui se gèrent entre eux et après, on essaie de continuer à écouter ta radio pour se tenir informés mais souvent, vous êtes bien plus informés que nous les joueurs. 
C’est un comble (rires)
C’est comme ça. Nous, nous avons les infos un peu à la fin, c’est normal, c’est comme ça, nous sommes en quelque sorte les derniers sur la liste avec les supporters. On fait ce qu’on nous a dit de faire, on nous a dit que c’était une Nationale, on est en Nationale, on nous aurait dit Fédérale 1 ou Pro D2, on y serait allé aussi. On a un groupe qui est quand même resté à 70 / 80% le même depuis ces trois, quatre dernières années et je ne suis pas sûr que beaucoup de groupes soient restés comme ça après toutes les aventures, mot un peu faible, que nous avons vécues depuis 3 /.4 ans. 
Toi qui est l’un des vices-capitaines du groupe, tu peux nous parler un peu de ce dernier ? Comme tu le dis, 70 à 80% du club sont restés, vous avez même renégocié ensemble vos salaires avec la direction, comme une vraie famille. On dit souvent  » ce groupe a une âme  » mais là, ce n’est pas une légende, c’est une réalité, vous vivez vraiment ensemble avec tout ce qui vous arrive ? 
C’est sûr que, quand on se reparle un peu à froid des événements que nous avons vécus depuis 3 / 4 ans, il y a bien sûr des mecs qui sont là depuis longtemps comme Arnaud Feltrin qui est arrivé en même temps que moi, Gaëtan Bertrand qui est arrivé un an après. On a quand même vécu des trucs pas banals et c’est vrai que c’est marrant de se les remémorer, on se dit  » avec les trucs qu’on a vécus, on a vécu 15 saisons en 4 « , il s’est passé des choses un peu folles et malheureusement, il y a beaucoup, beaucoup d’extra-sportif et assez peu de sportif en quelque sorte. Il y a beaucoup de mauvaises choses qui se sont passées en-dehors du terrain et non pas sur le terrain. Ça nous embête un peu mais bon, qu’est-ce que tu veux y faire ? C’est la vie et c’est comme ça. 
Quand tu es arrivé au Sporting, tu étais un petit jeunot, un espoir plein de promesses. Le fait que toutes ces péripéties soient arrivées, ça t’a endurci dans ta façon d’appréhender le rugby ? 
Ça endurcit sur le rugby mais aussi dans la vie de tous les jours, quand tu vois un peu quelles sont les priorités et les vraies choses à considérer. Ce qui est sûr, c’est que ces joueurs-là font que le groupe tienne et s’il y avait eu des choses un peu différentes, je pense que le groupe aurait explosé depuis un moment. Mais il n’y a que des bons mecs, même ceux qui sont partis et qui nous ont un peu laissés en cours de route parce qu’ils ont eu des opportunités ailleurs, ça reste quand même des supers mecs. Et heureusement qu’il y a eu ça parce-que sinon, comme je l’ai dit, ça aurait pu péter après Rouen et Cardona, ça aurait pu péter après le premier confinement, ça pourrait péter maintenant. Mais ça tient parce qu’il y a des supers mecs. 

Quand tu parles de supers mecs qui continuent à vous suivre, je pense par exemple à Toto Lacelle qui, quand il a 5 minutes et qu’il voit que le Sporting joue à Nice, il prend la voiture et fait un crochet pour venir voir les anciens copains ?
Carrément, Toto Lacelle, Swan Cormenier, Thibaut Bisman, La Duf (Jérome Dufour), ce sont des mecs qui ne sont pas forcément toujours auprès de nous sur les terrains mais on les a par textos, par téléphone mais ils nous suivent bien sûr. Ils suivent ce groupe autant que ce blason donc, c’est vrai que c’est intéressant et on espère que ça ne va pas trop s’arrêter sur un confinement comme ça. Moi, je ne sais pas trop où on va mais j’espère que ça ne va pas s’arrêter sur quelque chose comme ça. 
Avant ce deuxième confinement, il y a eu un été où on vous a senti pendant deux semaines avoir du mal à vous remettre dans le bain psychologiquement, je ne parle pas physiquement. Psychologiquement, vous aviez encore la tête dans ce confinement avec tous les débats qu’il y avait eus et puis, vous vous êtes remis plein fer dans votre métier, dans votre passion qu’est le rugby, toi et les gars. Et puis, alors que tout était lancé, que vous marchiez un peu dans le bon sens de la marche et que le destin n’était pas en train de vous faire de mauvais sorts, il y a eu le Covid qui est venu pointer le bout de son nez dans le groupe. La saison n’était pas commencée que déjà, avec l’annulation de ce match de préparation face à Narbonne, vous vous disiez  » cette saison ne va pas être comme les autres  » ? 
On a senti de suite que la saison allait être un peu différente avec effectivement ces matchs de préparation et puis, on lit la presse, il y avait des matchs de Top 14 et de Pro D2 qui étaient aussi annulés donc on sait que la chose n’est pas normale. Ce n’est pas normal d’avoir autant de matches reportés, c’est une situation un peu différente. Et les jours où ça ne va pas trop, tu te dis psychologiquement  » c’est vrai que c’est dur et un peu compliqué « , les jours où ça va mieux, tu relativises un peu et tu te dis qu’il y a des professions qui sont bien plus touchées que la nôtre. Donc, tu te dis que ce n’est pas rose tous les jours mais tu n’es pas un petit entrepreneur ou un petit restaurateur, des mecs qui ont des salles de muscu. Quand tu penses par rapport à ces mecs-là, ils sont quand même bien plus dans la merde que nous donc, il faut arriver à relativiser tout ça même s’il est vrai que, quand tu as envie de jouer au rugby, juste de jouer au rugby, de faire des semaines normales, enchaîner les matchs, voir du public, te régaler, faire la fête après les matchs parce-que tu te régales, et ben putain, c’est sûr que c’est frustrant, c’est clair. 
La saison a commencé et on va déjà te demander un petit regard sur cette Nationale. Pour le moment, c’est quand même un beau produit sportif ? 
Oui, sportivement, j’ai l’impression que ça tient la route. Nous n’avons fait que 4 matchs mais ce sont des matchs de haut niveau à chaque fois et même les équipes supposées les plus faibles sont quand même d’un gros acabit par rapport à l’année dernière. Les différences entre les équipes les plus faibles de cette année et les plus fortes de l’année dernière ne sont pas flagrantes. C’est du haut niveau, ce n’est pas la Pro D2 pour le moment mais, en tous cas, ça reste quelque chose de très intéressant sportivement pour moi. 
On avait l’impression que, l’année dernière, le Sporting pouvait parfois même jouer sur ses facilités. Les mauvais jours comme on dit, parce-que toutes les équipes ont des mauvais jours, en jouant un quart d’heure ou 20 / 25 minutes en Fédérale 1, ça passait tandis que là, en Nationale, ça ne passe plus ? 
Non, en Nationale, il faut vraiment mettre le meilleur sur les 80 minutes. Forcément, chaque équipe a des petits passages à vide, même en Top 14 ou en Pro D2, d’un quart d’heure / 20 minutes mais, si tu dépasses les 15 minutes de passage à vide, c’est fini. Et puis, il faut que ce soit des passages à vide assez relatifs, il ne faut pas que ce soit portes ouvertes pendant un quart d’heure, tu peux être un peu moins bien pendant un quart d’heure mais c’est tout. Parce qu’en face, ça agit, ça s’entraîne quasiment tous les jours voire tous les jours pour certains, il y a des gros noms sur la feuille de match, nous avons joué à Nice et il y a quand même de beaux noms dessus, Bourg-en-Bresse est une équipe qui vient de Pro D2. C’est quand même joli. 
Parlons de ce match à Nice où vous allez vous chercher collectivement, en pack, avec un gros groupé pénétrant qui enfonce tout. Il y a ce match nul qui vaut quasiment une victoire en terre niçoise et derrière, première réception à Albi depuis le mois de Février et là, de nouveau le destin qui s’en mêle. Ce n’est pas le Covid, ce sont les intempéries et même moi qui habite à Albi depuis 35 ans, je crois que je n’avais jamais vu une saucée comme ça en moins d’une heure. On ne va pas jouer les clubs maudits à Albi mais il y a quand même une certaine scoumoune, un chat noir qui traîne dans le coin ? 
Je ne sais pas ce que c’est mais en tous cas, ce qui est sûr, c’est que nous, il n’y a plus rien qui nous étonne. Encore une fois, contre Bourgoin, on a été étonné 5 minutes et puis on s’est dit qu’au final, si tu le mets en perspective avec tout ce qu’on a vécu depuis le début, ce n’est pas fou non plus (rires). Mais c’est vrai que j’avais quand même rarement vu autant de pluie sur un match. 
Derrière, il y a un match à Bourg-en-Bresse où vous faites une belle prestation, certes avec quelques regrets mais une belle prestation quand même. Vous ramenez deux points de la Bresse après en avoir ramené deux de Nice où tout le monde ne ramènera pas des points comme ça. Et il y a cette victoire face à Dax où on s’est dit  » ça y est, la saison du Sporting Club Albigeois va enfin être lancée  » et patatras, de nouveau le Covid avant le match face à Cognac. Même en Fédérale 1, vous jouiez plus alors, comment fait-on pour alterner des blocs de un match, deux matchs, un match ? Ça doit quand même être une horreur pour les sportifs de haut niveau et les mécaniques de précision que vous êtes ? 
Ça demande beaucoup d’adaptabilité de la part des joueurs, de la part du staff. C’est assez compliqué parce qu’il y a des programmations physiques et tactiques qui sont faites pour enchaîner un peu les matchs et si tu n’enchaînes pas les matchs, ça n’a plus trop de sens. Et puis, c’est tout con mais il y a l’esprit de compétition, si tu ne joues pas un match parce-que tu n’as pas été bon et que derrières, tu en fais un où tu ne joues que 20 minutes, peut-être que du coup, en deux mois, tu n’auras joué que 20 minutes. Donc, c’est assez compliqué pour se mettre dedans mais on se dit que c’est pareil pour toutes les équipes et que, de toute façon, on n’a pas le choix. C’est faire au mieux avec ce que l’on a et c’est vrai qu’aujourd’hui, la situation fait que ce ne sont pas des conditions optimales mais d’un autre côté, on n’a pas le droit de baisser les bras, il faut que l’on fasse le maximum. 
Le dernier match que vous avez pu jouer était à Suresnes, en région parisienne. On ne va pas revenir sur l’analyse de match, on l’a déjà faite en long, en large et en travers et ce match a beaucoup fait parler. Mais, en tant que groupe, si d’aventure, et on ne le souhaite pas, il y avait un confinement qui s’étendait ou une saison qui se finissait comme l’année dernière, il n’y aura pas un sentiment de regret si la saison s’arrêtait malheureusement sur ce match ? Parce-que le Sporting vaut bien mieux que cette prestation à Suresnes
Bien sûr qu’il y aura des regrets. Après, si la saison doit s’arrêter sur ce match, je ne pense pas que ce seront ces regrets-là qui primeront pas dessus tout, ce seront les regrets de ne pas finir la saison, de ne pas pouvoir terminer quelque chose, une aventure humaine qui a à peine commencée avec un groupe. Nous n’avons fait que 4 matchs donc, il y aura des regrets sur ce dernier match de Suresnes mais honnêtement, dans la hiérarchie des regrets, ce ne sera pas forcément la première position. 
On va maintenant partir sur ce confinement avec les enjeux et les interrogations que ça amènent pour vous les joueurs. Comment va reprendre cette Nationale, dans quel état et est-ce qu’on arrivera au bout de la saison ? Quel est ton point de vue ? 
Mon point de vue, c’est que de toute façon, quoi que je pense, je ne serai pas consulté pour le nouveau format de la Nationale (rires). Ça va se jouer entre présidents et je suis très content de l’attitude de notre président d’avoir fait partie des 4 clubs qui ont voulu continuer à jouer parce-que je pense que c’était une bonne solution, que ce soit sportivement mais aussi par rapport au message que l’on envoie à la Ligue, à la Fédé et au Ministre des Sports. Je pense que c’était une bonne solution et je suis content que le président d’Albi soit allé dans ce sens. Après, aujourd’hui, on parle de plein de trucs : on parle d’un championnat à 7, de péréquations, de l’absence de phases finales. J’espère qu’il y aura quand même cette montée parce-que si c’est pour couper deux années d’affilée la passerelle entre le monde pro et le monde amateur, je pense que c’est quelque chose dont le rugby ne se relèvera pas forcément. Pour le reste, on va faire un peu comme on nous dit de faire : si on nous dit  » il y a tant de matchs « , on les fera, si on nous dit  » c’est fini « , on s’arrêtera. Nous, nous sommes un peu la variable d’ajustement, nous sommes un peu les derniers à être mis au courant et on fera exactement ce qu’on nous dit de faire, nous n’avons pas trop, trop d’autre choix. 
S’il n’y a pas de montée ou que la saison est totalement tronquée, tu n’as pas peur qu’il y ait, à Albi comme ailleurs, de la casse psychologique, qu’à un moment donné, des joueurs craquent et lâchent en disant  » j’ai 31ans, cela fait deux ans que je fais des saisons quasi blanches ou tronquées, je range les crampons  » ? 
Je ne vais pas parler pour les autres clubs et les autres joueurs, je vais juste parler pour le groupe de mecs avec qui je suis depuis 4 / 5 ans. Nous avons vécu des choses assez folles, si on nous dit cette année  » pas de montée, pas de descente « , je pense que oui, ça peut être très compliqué psychologiquement. Déjà, je ne soupçonnais pas le groupe d’avoir de telles ressources pour repartir cette année avec ce qui s’est passé, deux années d’affilée, cela ferait peut-être un peu beaucoup pour le groupe. Je ne sais pas, peut-être que je m’avance un peu trop mais moi, personnellement, ça me ferait assez mal de savoir qu’il n’y aurait pas de montée, pas de descente. Après, qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Ça serait le pire des scénarios qu’on ne puisse pas reprendre ou que l’on reprenne mais qu’il n’y ait pas de montée, pas de descente. Ce serait une trahison de la part de la LNR, j’espère qu’on n’en arrivera pas là. 
On va quand même te poser la question du format des compétitions parce-que, comme tu l’as justement dit, ce n’est pas toi qui décidera mais tu es quand même, avec les joueurs, l’un des acteurs de ce sport et nous, au Mag Sport, on aime bien avoir le point de vue des acteurs. Il y a trois voire quatre hypothèses qui commencent à fleurir, la première, c’est de ne faire que les phases retours avec une péréquation sur la phase aller, sans phase finale, avec les deux premiers qui montent. Une autre solution, qui est de Suresnes, est de rééquilibrer tous les matchs pour arriver à ce que toutes les équipes aient 6 matchs et repartir ensuite sur une phase retour avec de petites phases finales. Après, il y a la solution de Blagnac avec une péréquation qui prend en compte les résultats de l’année dernière et qui générerait, avec la péréquation de cette année, deux poules de 7 et des phases finales. Toi, en tant que sportif, en enlevant tous les intérêts albigeois, que préférerais-tu comme solution ? 
Je pense que toutes les solutions seront bonnes ou mauvaises en fonction du club dans lequel tu te trouves. Il y a des gens qui, je pense, vont se trouver lésés et d’autres qui vont se frotter les mains en se disant que c’est bon pour eux. Moi, en tant que sportif tout simplement, je pense déjà que c’est un peu dommage de prendre en compte les résultats de l’année dernière, même s’ils sont avantageux pour nous. Ce ne sont pas les mêmes groupes qui jouent, il y a des équipes qui ont changé 20 à 30 joueurs, je pense à Narbonne, je crois qu’ils ont eu 20 départs cette année. Qu’est-ce que tu veux compter les résultats de l’année dernière ? Il y a ça et puis moi, en tant que joueur, c’est jouer le plus de matchs possibles avec une timbale à la fin qui est la montée en Pro D2. S’il y a cette montée en Pro D2 et que l’on arrive à trouver un format de compétition qui ne soit pas du n’importe quoi, c’est à dire pas juste trois match en trois mois mais un mini-championnat si tu veux, avec deux poules de 7 par exemple ou faire juste les phases retours. Enfin, un format où l’on puisse au moins gagner notre montée sur le terrain, si on n’y arrive pas, on n’y arrive pas mais, que l’on ait au moins cette possibilité-là d’avoir nos chances de monter en Pro D2, comme les autres clubs. 
Et avec comme cerise sur le gâteau, des micros demi-finales ou un match de barrage pour donner l’accession en Pro D2. Parce-que ces play-off et ces phases finales, c’est ça qui donne la saveur du rugby et de la compétition ? 
Les phases finales, c’est bonnard mais regarde aujourd’hui, s’il y avait des phases finales, ce ne serait pas si bonnard que ça. Ce qui est bonnard avec les phases finales, c’est le beau temps, le fait que les tribunes soient quasiment pleines, la ferveur un peu populaire qu’il y a. Aujourd’hui, les gens ont plein de soucis dans la tête et je ne sais pas s’ils peuvent se passionner pour un match, le temps est moyennasse et le public est assez plafonné, voire à huis-clos. Donc, si la situation change d’ici la fin de l’année, ce sera de supers phases finales et ça sera trop bien d’y participer par contre, si c’est faire des phases finales pour faire des phases finales, juste pour se dire  » on en a fait « , je n’en vois pas trop, trop l’intérêt non plus. 
Tu nous parlais du public. Au Sporting Club Albigeois, vous vivez vraiment au milieu des bénévoles qui sont souvent au soutien, et même aux petits soins des joueurs et du staff pour vous accompagner. Ce contact, ce lien qui est quand même assez fort avec les bénévoles et les supporters doit te manquer ? Il y a encore les figures et les têtes de gondole des supporters et bénévoles qui sont encore là pour aider au Stadium mais il n’y a pas toute la marée jaune et noire ? 
Il est sûr que si l’on compare aux autres années où on était avec eux quasiment quotidiennement, il est vrai que là, on ne les voit pratiquement pas. C’est normal aussi, il ne faut pas qu’eux prennent trop de risques et quelque part, nous, il faut que l’on continue à se maintenir en forme. C’est dommage, franchement, ça fait chier, il y a plein de petits trucs qui font que tu kiffes de faire ce sport qui s’envolent un petit peu les unes après les autres. On espère que ça va revenir assez vite. 
On va aussi parler de ton registre familial, tu es un petit-fils Spanghero, de la grande lignée de rugby. Avec tous les événements qui sont arrivés à Albi et dans ta carrière, le fait d’être de cette famille, une famille de combattants, t’as aussi poussé à repousser les limites et les obstacles de la vie ? 
Oui, il y a cette éducation-là et puis, il y a aussi le fait qu’on soit accompagné par les gens qui nous accompagnent. Les joueurs et le staff font aussi que tu as envie de te battre pour eux parce-que, l’énergie pour te battre, tu peux un peu la mettre là où tu veux, ça aurait aussi pu être l’aspect d’arrêter le rugby et de partir sur autre chose. Mais les mecs avec qui je suis au quotidien font que j’ai envie d’y aller. Je n’avais pas envie d’arrêter sur ça et c’est le cas de tout le monde : tout le monde a rempilé, tout le monde a fait des efforts et ça, c’est quand même quelque chose de super. C’est super parce qu’aujourd’hui, on peut s’entraîner en se regardant droit dans les yeux et en se disant que nous sommes tous dans le même bateau depuis un moment et qu’on a envie d’y rester. 
On sait que tu fais partie de ces joueurs qui pensent à l’avenir, un peu comme ton ami Raphaël Mérancienne qui a déjà commencé sa reconversion avec une salle de sport. Tu avais lancé une marque de pâtes assez axée sur les sportifs avec un côté assez nutritionnel pour préparer ton après-carrière. Le Covid n’est quand même pas venu handicaper cette aventure entrepreneuriale ? 
Ce n’est pas moi qui ait lancé la marque, j’ai notamment travaillé avec la famille de mon grand-père qui eux, l’ont lancée. C’est comme tous les secteurs, c’est un peu touché par la crise et aujourd’hui, d’un point de vue professionnel large, il y a très peu de personnes et d’entreprises qui tirent un peu leur épingle du jeu. Ce sont les plus gros qui arrivent à sortir un peu d’argent du truc. 
Malheureusement pour les indépendants et le petit commerce.
C’est vrai que c’est assez compliqué pour les petites entreprises, même si nous, nous étions dans le secteur de l’agro-alimentaire qui n’est quand même pas le secteur le plus touché aujourd’hui. Mais oui, cette expérience m’a donné envie de réfléchir à mon après-carrière, c’est important et puis, quand tu regardes les temps qui courent, tu te dis que c’est aussi important d’avoir des billes sur le côté. Je prends l’exemple d’un mec comme Matthieu André qui a monté son entreprise, ça l’aide aussi dans sa carrière de sportif. Il a cadré les choses dans sa tête, il est plus à même de se concentrer sur le terrain donc, je pense que c’est une bonne chose pour tout rugbyman de préparer son après-carrière et notamment pour les rugbymen qui jouent dans notre division puisque nous n’avons pas de salaires mirobolants. On ne peut pas capitaliser pour après donc, il faut absolument y penser et j’espère que tous les joueurs de ma division ont un peu des projets pour après parce-que de toute façon, à un moment donné, il faut y passer. Même si le Covid nous laisse tranquille, on ne va pas jouer jusqu’à 45 ans donc, c’est important d’avoir des projets à côté. 
On l’a compris, ce qu’il faut t’offrir au pied du sapin de Noël, c’est le droit de pouvoir jouer dès Janvier ? 
Le plus tôt possible. Si c’est Janvier, c’est Janvier, si c’est avant, c’est avant mais bon, d’après ce que j’ai compris, ça ne sera pas avant le 10 Janvier. Et on espère vraiment que ça ne va pas être repoussé encore une fois. 
Dans tous les cas, même si ce n’est pas à Noël mais peut-être un peu plus tard, tu auras d’ici quelques temps le plus beau des cadeaux
Oui, ça c’est sûr. C’est un peu plus tard pour moi mais ça va être bien, ça va amener un peu de soleil. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-10-novembre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Gianni Gaillard lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 10 novembre 2020

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