#Rugby – Fed1 / L.Mailé (Oloron) : «Il devrait y avoir un peu plus de transparence sur les pratiques des uns et des autres!»

Dans le Béarn, à Oloron-Sainte Marie le président du FCO, Laurent Malié est inquiet quant à l’avenir de la fédérale 1, sur fond de crise sanitaire en France. N’ayant eu, quasiment aucune possibilité de faire rentrer des recettes de matches en ce début de saison tronqué, le FC Oloron est dans l’attente de pouvoir reprendre la fédérale 1 au début de l’année 2021. Mais le Pdt béarnais souhaite aussi, utiliser cette période de pause obligatoire et de re confinement du rugby fédéral (depuis le 1er novembre) , pour réfléchir à l’évolution de cette division mi-amateur, mi professionnelle. Laurent Mailié aimerait donc, que les instances du rugby, organise un « Grenelle » des statuts de la nationale, de la fédérale 1 ainsi que des joueurs. Au « Fécéo » par l’intermède de son président, on dénonce aussi une certaine Olesya sur les pratiques, qui engonce les clubs dans un replis sur soi, assez mortifère en ces périodes incertaines. Entretien avec un dirigeant qui n’a pas peur de dire tout haut ce que pense certains tout bas, malgré le risque de se créer quelques inimitiés.

 

 

Pour le FCO comme pour tous les clubs de Fédérale 1, ce sont de grandes vacances d’hiver qui s’annoncent. J’imagine que, d’un côté, il y a un soulagement parce-que le huis-clos ne devait pas trop être envisageable financièrement pour des clubs de Fédérale 1 comme le tien mais, d’un autre côté, il doit y avoir de l’amertume parce-que cette saison s’arrête déjà temporairement alors qu’elle avait à peine commencé ? 

 

Effectivement, l’information principale est d’avoir pris une décision. Nous avons attendu, et je comprends que la décision ne pouvait pas être facile à prendre, mais nous avons une décision et on sait où aller, au moins pour les clubs de Fédérale 1. Ça, c’est le plus important parce-que rester dans l’inconnu avec l’interprétation des différentes personnes et / ou spectateurs, présidents, peu importe, de tout le monde rugbystique, ce n’est pas forcément une bonne solution. La décision a été prise, bonne ou mauvaise, mais au moins elle a été prise. La deuxième, c’est de la tristesse, de l’amertume, tout ce qu’on peut imaginer par rapport à nos supporters qui pour nous, dans le Béarn, sont une part importante de la vie de nos villes. Nos supporters qui nous suivent tous les dimanches et qui vont dans les stades de rugby, si je peux m’exprimer ainsi, qui vont aux matches de rugby comme on va à la messe, les gens sont habitués, c’est une coutume, un rituel au moment où les gens se rencontrent et partagent des moments de joie et parfois de tristesse. 

 

Le FCO est une institution à Oloron ? 

 

Le FCO, comme beaucoup, beaucoup de clubs dans notre région Sud-Ouest. C’est aussi ce qui fait que nous sommes à un tournant rugbystique, on voit que les nombres de licenciés sont de plus en plus difficiles à maintenir. Nous avons des clubs qui essaient de bien vivre ensemble mais on voit que c’est difficile et c’est souvent parce-que, dans nos régions, on identifie le village à l’équipe de rugby. Donc, si l’équipe de rugby va bien, le village va bien et quand l’équipe de rugby ne va pas bien, souvent, le village ne va pas bien (rires). C’est peut-être un peu moins vrai maintenant, avec le temps qui court, ainsi qu’avec l’évolution du rugby mais c’est encore bien marqué dans nos régions et c’est bien pour cela qu’il y a autant de passion chez les hommes et autour de nos clubs. Donc, une grosse pensée pour nos supporters et pour les gens qui suivent le rugby dans le Béarn mais aussi une grosse pensée pour nos joueurs et nos licenciés, grands et moins grands, puisqu’on sait que pratiquer le rugby sans réellement le pratiquer, c’est se couper de ses amitiés,  se couper d’une discussion, se couper d’un lien. Je ne veux pas employer de grandes phrases mais on parle de rugby sociétal et effectivement, le rugby sociétal est vraiment, vraiment ancré et marqué dans nos régions. Donc oui, c’est une tristesse. 

 

En parlant de sociétal et un peu de sociologie, tu n’as pas l’impression que le Ministère des Sports a définitivement pointé la sociologie de la Fédérale 1 en la déclarant amateur ? Parce-que la Nationale avait droit à des dérogations, la Fédérale 1 non. La Nationale a refusé son droit de dérogation mais dans un même championnat, puisque la Nationale et la Fédérale 1 sont sous les mêmes statuts, le Ministère a tranché : la Fédérale 1 est amateur, la Nationale est quasi pro ? 

 

C’est toute l’ambiguïté de la période que l’on vit. Moi, ce que j’ai tendance à dire, c’est que ça devrait être une opportunité, même si c’est difficile pour les présidents de clubs, pour les joueurs et, comme je l’ai dit, pour les supporters. Depuis trois ans que je suis à la présidence du FCO donc, la première année, c’est la découverte avec des surprises, avec le mode de fonctionnement qui est particulier. On est dans un milieu qui est bénévole avec une compétition qui est dite amateur mais finalement, quand on y regarde de plus près, je parle d’autant plus simplement que je m’exprime assez ouvertement sur ce sujet, oui, on parle d’argent et de contrats en Fédérale 1, certes avec des degrés divers en fonction des clubs et des régions d’appartenance des clubs. Mais il ne faut pas se voiler la face, la Fédérale 1 est une Fédérale amateur mais avec un niveau qui est élevé, avec des joueurs qui sont anciens professionnels, avec un niveau qui grandit, avec des investisseurs qui viennent aussi, avec de grandes villes qui viennent avec de grands investisseurs. Donc, je dirai que la Fédérale 1 n’est amateur que par la terminologie sportive, à l’intérieur, on parle bien d’associations mais des associations qui ont encore des statuts associatifs pour certains clubs par rapport à d’autres qui ont deux statuts, associatifs et non-associatifs. L’ambiguïté est bien là et je dirai  » profitons de cette période pour se poser les bonnes questions « . Est-ce qu’on n’aurait pas à mettre à plat nos statuts de clubs, nos statuts envers les joueurs ? 

 

En clair, tu voudrais faire un grenelle de la Fédérale 1 et de la Nationale sur les statuts et les conditions sociales des joueurs ainsi que sur les conditions juridiques qui encadrent les clubs ? 

 

En gros, c’est ça. Grenelle, c’est un bien grand mot dans la bouche d’un petit président de club de Fédérale 1 mais oui, c’est avoir une réflexion. Un grenelle, comme son nom l’indique, c’est une réflexion mais qui va dans les deux sens, dans celui de l’entité qui supporte c’est à dire le club mais aussi des collaborateurs et des joueurs qui composent le club. Donc, c’est avoir une discussion avec les instances de la Fédé, avec les instances réglementaires car, pour rappel et si je ne me trompe pas, on parle d’associations et de niveau amateur mais on parle aussi de budgets, d’un contrôle sur des budgets, d’un contrôle sur des contrats, d’agents de joueurs, tout ce principe de fonctionnement, que je cautionne quelque part puisque je suis président. Mais je pense que par moment, les uns et les autres, nous devrions avoir cette réflexion et se poser les bonnes questions sur les statuts des joueurs, le statut du nombre d’étrangers également qui est un grand débat. Je le dis souvent à l’intérieur de mon club, j’essaye d’ouvrir les portes et de montrer ce qu’est un club de Fédérale 1 notamment à mes supporters et je pense que nous ne sommes pas assez ouverts. Nous ne sommes pas dans un milieu industriel où il y a un secret industriel qui est caché et je pense qu’il est vraiment temps de dire clairement les choses, de les mettre à plat, d’essayer de voir comment est-ce qu’on pourrait fonctionner avec des statuts qui pourraient bouger d’un club à un autre mais qui puissent aussi nous protéger. On parle beaucoup d’arrêt de la compétition mais un arrêt de compétition, c’est potentiellement des sponsorings en moins, ce sont aussi des spectateurs qui ont payé leurs cartes donc ça, c’est également quelque chose qu’il va falloir maîtriser. Il va falloir maîtriser notre communication, maîtriser l’après même si nous avons une incertitude et c’est aussi nous, présidents et comités directeurs car moi, j’ai mon comité directeur qui m’accompagne, nous protéger et savoir quel levier on veut avoir  d’un point de vue ou non juridique par rapport à la situation que l’on vit. Les clubs ont des modèles économiques différents les uns des autres, nous, nous savons que si nous n’avons pas public, c’est voué à l’échec parce-que c’est une grosse partie. Le public, le repas d’avant-match, les animations sont ce qui, pas en totalité mais en grande partie, nous font vivre. Nous avons besoin de ça et besoin de l’entretenir, d’autres clubs n’en ont pas besoin, je peux l’entendre et je l’entends complètement. Nous avons tous des modèles économiques différents mais je pense que nous devons quand même avoir une ligne directrice qui nous permette de bien vivre ensemble et d’au moins se poser les questions que nous nous sommes posés : est-ce que la Fédérale 1 est amateur ou non amateur ? Moi-même, je n’ai pas honte de dire que nous étions amateurs de par le niveau sportif mais, à partir du moment où j’ai des salariés employés pour faire vivre le club ou des joueurs sous contrat, je considère que je suis professionnel.  

 

Pour toi, quelles seraient les solutions et les réflexions à trouver après les questions que tu poses ? 

 

Je ne sais pas s’il y a des solutions mais il y en a qui me viennent dans la tête. C’est déjà au moins en discuter entre nous, omerta est un bien trop grand mot mais j’ai l’impression qu’il y a une confidentialité, que je peux comprendre aussi, mais je pense qu’il devrait y avoir un peu plus de transparence sur les pratiques des uns et des autres. 

 

En clair, tu es en train de nous dire qu’il y a les pratiques officielles et des pratiques non-officielles et que ces dernières, avec la crise du Covid, sont en train de tomber par terre ? 

 

Je vais devenir impopulaire (rires). Mais je pense que les questions que l’on se pose sur la continuité ou non de la compétition font que, malheureusement, on s’est un peu éloigné de l’objectif principal du gouvernement qui est quand même d’éviter d’avoir des morts et éviter d’avoir un virus qui se développe partout en France comme on le voit. On s’est déjà un petit peu éloigné puisque nous nous sommes posé des questions plus économiques que sanitaires. Donc, déjà, ça me gêne un petit peu et comme je l’ai dit, nous avons eu dans notre club en interne un premier cas de Covid et ensuite plusieurs. Je n’ai pas hésité à prendre une décision claire et nette de dire  » je ne mets pas en danger la santé de mes joueurs ni celle de mes adversaires « . On s’est souvent éloigné, et c’est ce qui m’a gêné, dans la prise de décisions de continuer ou non la compétition, il y a l’aspect financier qui est important mais il y a aussi l’aspect sanitaire qui, pour moi, est encore plus important. Jusqu’à preuve du contraire, on voit qu’il y a encore des gens contaminés par le virus dans les équipes de rugby, dans les équipes de foot, un peu partout donc, tant que l’on n’a pas maîtrisé cette propagation sanitaire, je pense qu’il est de notre responsabilité de se dire  » prenons du recul et acceptons de couper la compétition pendant un certain moment « . Ça, c’est mon premier point et ensuite, sur le second point, c’est effectivement la crainte financière et pourquoi elle existe. Tout simplement parce-que nous sommes en train de construire des budgets avec des suppositions ou des modèles économiques différents mais qui tombent parfois suite aux situations que l’on vit. Donc oui, il y a les chômages partiels qui peuvent être activés mais sous certaines conditions, il faut respecter un cadre légal qui est quand même bien précis. Est-ce que tout le monde le respecte ? Il y a des pratiques qui peuvent être différentes d’un club à un autre et je pense clairement qu’en discuter et pouvoir dire quelles seraient les meilleures pratiques pour que tout le monde puisse s’en sortir, ce sont peut-être des choses qu’il faudrait envisager, je le pense. 

 

Avec ce reconfinement, vous allez avoir droit au chômage partiel pour les quelques contrats que vous avez dans les clubs de Fédérale 1, parce-que vous avez tous quelques joueurs sous contrats même si ce ne sont pas de gros contrats. Avec les huis-clos, les jauges à 1 000 spectateurs et les buvettes interdites, on entendait un bruit monter de beaucoup de clubs du même type qu’Oloron qui disait  » on ne tiendra pas après Février, au mieux Mars ou Avril, ça va être compliqué « . Est-ce que ce reconfinement va permettre un peu de lisser les pertes ou c’est juste l’iceberg dont, pour l’instant, on ne voit que la pointe et pas la partie immergée ? 

 

Je vais donner des données chiffrées. A Oloron, nous n’avons joué qu’un seul match à la maison donc le ton est donné. Un seul match à la maison, deux matches reportés, un pour Covid et un autre pour problématiques sanitaires sur le terrain autour du club du FCO donc très peu de rentrées d’argent liées aux matches plus un match avec buvette fermée après la manifestation sportive et interdiction de faire des repas. Pour nous, ce sont de gros manques à gagner par match, je n’ai pas peur de donner des chiffres mais, entre la boisson et les repas d’avant-match, on est entre 3 et 5 000€. Donc, c’est important pour un budget comme celui d’Oloron qui est de 500 000€ et comme celui de beaucoup d’autres présidents. En toute transparence, nous, nous avons effectivement besoin des animations d’avant-match et d’après-match et pour répondre à ta question de savoir si les temps vont être compliqués, oui, les temps vont être compliqués, oui. Etre président en cette période, c’est prendre des risques, c’est naviguer au jour le jour, c’est se poser des questions, c’est savoir comment est-ce qu’on va redémarrer. Si on redémarre, c’est arrêter le chômage partiel parce-que si on redémarre, le côté légal nous impose de refaire s’entraîner certains joueurs qui sont sous contrat ce qui veut dire respecter la loi et lever le chômage partiel. Il y a beaucoup de questions de fond qui font que oui, c’est compliqué, oui, ça va être dur et dire le contraire serait mentir. 

 

En plus, c’est quand même assez rageant pour vous car, après le premier confinement, vous aviez pris le problème à bras le corps. Avec Pierre Séréna, vous aviez pris votre bâton de pèlerin pour aller vois tous les commerces locaux pour faire un club des 500 ? 

 

Nous avons monté un club des 500 autour des gens qui aiment le FCO pour essayer de redynamiser notre club et de redonner une identité qui nous semblait un peu nous échapper. Nous l’avons fait par deux axes : l’aspect sportif où ça a vraiment été mettre en avant notre formation, faire monter des jeunes qui étaient en formation chez nous en équipe une, qui est quelque chose qui est vraiment marqué et qu’on ne fait probablement pas assez ressortir. On a aussi fait beaucoup d’efforts sur des promotions sociales en essayant de trouver les meilleures solutions qui nous coûtent le moins cher et qui sont les moins onéreuses en termes de recrutement en essayant de trouver du travail aux joueurs dans la région. C’était notre premier axe sur la partie sportive et ensuite, sur la partie financière, le club 500 nous a amené beaucoup d’abonnés et c’est là que nous avons vraiment vu un engouement. Les gens ont adhéré au projet, adhèrent à la ligne conductrice que nous donnons au club mais il est vrai que nous avons fini l’an dernier avec le Covid qui avait commencé par deux gros derbys qui nous manquent dans nos recettes, les matches de Mauléon et de Bagnères. On recommence cette année avec juste un seul match à la maison donc, je vais le répéter, dire que c’est facile serait réellement mentir. 

 

Le risque en plus, c’est qu’avec cette saison actuellement en pointillés et ce rugby par  » intérim forcé « , ces partenaires que tu as réussi à fédérer avec le Club 500, tu pourrais en perdre en route car le contexte actuel n’est pas le meilleur vecteur de promotion ni de fidélisation ? 

 

C’est clair que c’est à double tranchant mais comme je le dis, il n’y a pas de bonne ou de moins bonne solution, il faut juste prendre une solution et s’adapter par rapport à cette dernière. Nous avons tous des modèles économiques différents donc, ça va être le rôle des présidents et des comités directeurs et l’importance de la communication. On ne va pas se transposer au travail mais, dans ces périodes de crise, malheureusement, on le fait, nous sommes des associations mais nous nous comportons comme des professionnels. Dans les périodes de crise, la communication est certainement le secteur le plus important donc, bien communiquer, communiquer clairement même si c’est pour donner de petites informations, c’est vraiment l’essence d’une gestion de crise. Là, nous sommes en plein dedans donc, c’est pour ça que je râlais un petit peu après les instances de la FFR dans l’attente de la décision parce-que ça suscitait pas mal de discussions en interne, en externe, chacun y allait de son commentaire. Et pour éviter ça, je pense que la communication est vraiment le timing et que le poids des mots est essentiel. Donc oui pour redémarrer et pour finir, je ne sais pas dans quelles conditions mais oui, plus que tout, la communication est très importante. 

 

On sait que le rugby, c’est la vie, c’est la convivialité, la solidarité, le lien social comme tu le disais si bien. On va trahir un petit off de Pierrot Séréna qui disait, car il y a failli y avoir un derby Oloron / Mauléon,  » un derby sans les buvettes, sans refaire le match à 23h accoudé à une buvette avec tous les gens de la Vallée, ce n’est pas un derby « . Ces ambiances-là, celles qui nous manquent tant, quand penses-tu qu’on les reverra au bord des prés de Fédérale 1 et à Saint-Pée ? 

 

Je suis un adepte des informations tardives avec BFM TV donc, quand j’écoute les uns et les autres, je n’ai pas d’opinion. Malheureusement, et c’est qui me gêne, même dans les situations, que les décisions soit bonnes ou mauvaises, il faut les prendre. Mais m’engager en disant  » on va reprendre en Janvier « , j’ai de gros doutes quand on écoute les acteurs. Chacun a son point de vue, chacun a sa vision des choses donc, sincèrement, la visibilité est impossible, on navigue réellement à vue dans nos associations, dans nos clubs. Mais il y a des choses plus importantes qui se passent autour avec des sociétés qui ferment, avec des gens qui décèdent donc, essayons de prendre un peu de recul. Oui, ça va être difficile, oui, ça va être compliqué mais mettons à profit, comme on a pu le faire pour préparer notre saison, parce-que je pense que, comme pas mal de présidents, l’intersaison a permis de travailler un peu plus sereinement et de développer des choses dans nos clubs. Donc, mettons encore à profit cette période de deux mois ou peut-être plus pour se poser les bonnes questions au niveau du statut de nos clubs, savoir comment maîtriser ce risque financier. Je suis un adepte d’une progression de budget avec un contrôle de 5 ou 10%, je sais que je vais être impopulaire parce qu’on peut avoir à tout moment un gros investisseur qui peut arriver.  Mais peut-être que le gros investisseur va repartir aussi sec avec les périodes que l’on voit donc, pour moi, une stabilité c’est une progression budgétaire contrôlée. Ce ne sont pas des budgets multipliés par deux ou par trois d’une année sur une autre, c’est quelque chose qui est contrôlé et maîtrisé et voir comment est-ce qu’on peut juridiquement protéger nos clubs ou nos associations ou nos institutions. Dire quand est-ce que l’on va redémarrer, je ne sais pas, j’espère que, dans l’intérêt de tout le monde et l’intérêt des jeunes, on va redémarrer le plus rapidement. Après, prenons du recul et regardons aussi ce qu’il se passe à côté, malheureusement, on pourrait dire  » ce n’est que du sport  » mais non, dans notre cas, ça n’est pas que du sport, si on se réfère à ce que j’ai dit en début d’interview. 

 

Pour toi, quel serait le meilleur format pour aller au bout de cette Fédérale 1 et de cette saison pour arriver à joindre les deux bouts ? 

 

Je pense déjà qu’il va y avoir un souci en Fédérale 1 parce-que le cumul des matches va faire que la plupart des joueurs de la Fédérale 1 qui sont sous contrats ne pourront pas enchaîner les 10 ou 20 matches d’affilée. Légalement, on va certainement avoir PROVALE qui va se mettre dans les textes, regarder ce qu’il se passe et c’est normal car la santé de nos joueurs est aussi importante. Au niveau d’Oloron, je vois aussi que nous avons pas mal de joueurs qui ont eu des blessures que nous n’avions pas les autres années donc, ça veut bien dire que la préparation a vraiment été modifiée avec ce Covid. Donc, je ne sais pas si finir les 19 matches qui nous restent d’affilée sera réalisable, peut-être faire des aménagements mais je ne sais pas non plus si c’est réalisable. Moi, clairement, si je devais me prononcer, je serai sur une saison blanche sans trop se mettre la pression les uns et les autres. Je sais que je vais être impopulaire avec certains présidents mais on fait une saison blanche juste pour que nos joueurs retrouvent la banane, jouent sans se mettre la pression, qu’il y ait le moins de casse possible financièrement parlant et que l’on reparte l’année prochaine sur des bases saines de compétition. Je sais qu’il y en a qui vont vouloir monter, que d’autres ne voudront pas descendre mais, par rapport à crise, je suis plutôt dans l’optique que l’on retrouve une sérénité, une situation nominale et que l’on reparte sur de bonnes bases. J’ai peur que certains clubs comme le FCO repartent sur 20 matches d’affilée sans avoir l’effectif pour les tenir, nous allons sûrement avoir des effets de bord en effectif et donc en résultats. Je suis plus partagé et sur une compétition où on essaie de trouver le meilleur compromis pour finir la saison mais avec des joueurs qui jouent où on retrouve la banane et un lien social, où on se dit  » OK, on est content de jouer « . Il y a peut-être une compétition mais est-ce que l’essentiel n’est pas de rejouer ? C’est juste se poser la question les uns et les autres. Je comprends que ceux qui ont investi vont vouloir monter mais qu’est-ce qui est le plus important ? Monter ou ne pas jouer au rugby ? 

 

C’est un grand débat d’idées et nous allons clôturer sur cette pensée philosophique qui remet un peu aussi l’église au centre du village et la base de ce sport qui, au tout début, est la passion. Après, bien sûr, il y a la compétition et des enjeux financiers mais, à la base, il y a de la passion et on te remercie de nous avoir transmis la tienne et de nous avoir parlé de la situation au FC Oloron

 

En toute simplicité, en toute transparence, je le dis bien, un président de Fédérale 1 qui n’est sûrement pas sur la même longueur d’ondes que pas mal de présidents mais, je le dis avec ce que je pense et aussi avec un peu de recul. Déjà, discutons les uns les autres ensemble. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-4-novembre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw Laurent Mailé lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 4 novembre 2020

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