#Rugby – Nationale / A.Castant (Albi) : «On a besoin de jouer!»

Le jeune talonneur du Sporting Club Albigeois, Arthur Castant, a porté lors de notre grand débat « Le #MagSport – RadioAlbiges » sur l’avenir de la division nationale, l’opinion ultra majoritaire chez les joueurs et les staffs : il faut à tout prix continuer les compétitions. Mais le talon de la préfecture tarnaise nous livre, aussi son point de vue sur le sentiment de mal être et d’incertitude qui envahit le microcosme des joueurs pros hexagonaux, au gré de l’évolution de cette pandémie mondiale et de ses conséquences sur le rugby. Chez les jaunes et noirs comme au 4 coins de l’hexagone, les acteurs de ce sport sont conscients du désastre sportif en cas d’arrêt des compétitions jusqu’au 10 janvier 2021, tout comme des périls financiers si les matches se déroulaient a huis clos. Mais Arthur Castant, a l’image de ses dirigeants, est persuadé qu’il vaut mieux parier sur l’avenir en continuant à jouer, que s’enfermer dans un arrêt temporaire pouvant vite se transformer en saison semi blanche. L’albigeois veut croire au rôle sociétal du rugby et à 2 choses primordiales, qui ramènent dans ces temps compliqués, un peu de joie teintée d’évasion dans la vie des fans : la passion et les émotions qu’engendre le sport. Début de réponse à ce débat et ces orientations qui assaillent la Nationale, ce lundi 2 novembre 2020, en fin d’après-midi ,après la visio consultation et le vote organisé par la fédération française de rugby , en attendant une réponse définitive entérinée par le bureau fédéral qui s’en suivra…

Arthur, toi, tu as une position bien particulière : tu es blessé longue durée jusqu’à Janvier / Février puisque tu t’es fait une rupture des ligaments croisés. Tu vois tes copains faire ce championnat par intermittence, une semaine ça joue, une semaine ça ne joue pas, pour des raisons diverses, intempéries ou Covid. Et là, tu vois arriver ce reconfinement avec le risque que le championnat s’arrête. Comment toi et les gars du Sporting Club Albigeois vivez ça, comme un nouveau coup du sort ? 

 

AC (Albi) : C’est forcément très compliqué pour nous et pour, je pense l’ensemble des joueurs de cette division puisqu’on se retrouve dans une situation similaire à celle du mois de Mars avec une grosse incertitude du jour au lendemain sur les semaines et les mois à venir. C’est évidemment très dur à vivre pour les joueurs, il y a eu une préparation d’été tronquée pour certains clubs avec des cas de Covid , des entraînements par petits groupes alors que c’était le moment où certains attaquaient plus la partie rugby. Juillet et Août avaient déjà été compliqués, il y a eu les matches reportés en Septembre donc, même si ça jouait, ce début de saison était forcément compliqué à gérer mais, en tant que joueurs, nous étions malgré tout, très heureux de pouvoir nous entraîner et d’avoir la chance de jouer le week-end, même si ce n’était pas tous les week-end. Il y avait des problèmes de rythme ou autre mais ça jouait quand même donc c’était quand même très plaisant et là, nous replongeons dans une période où nous ne savons pas de quoi ça va être fait. Donc, forcément, cette incertitude fait un petit coup au moral puisque nous savons ce que nous avons vécu, nous savons les difficultés que ça a été pendant les mois de confinement précédents et nous n’avons pas aussi envie de retrouver ça. 

Est-ce que tu arrives à comprendre tous ces algorithmes qui rentrent en ligne de compte au niveau des présidents ? Toi, tu as un prisme bien spécial en tant que sportif et puis, il y a que trois solutions : ou le huis-clos, avec ou sans aide mais huis-clos, ce qui engage beaucoup d’incertitudes, ou l’arrêt des compétitions ce qui engage également beaucoup d’incertitudes ou bien encore une refonte du championnat qui est là aussi un pari sur l’avenir. Que penses-tu de tout ça en tant que joueur ? 

 

AC (Albi) : Oui, je vais m’exprimer sur le côté sportif parce-que je pense qu’autour de cette discussion, il y a des compétences bien plus fortes pour parler des problématiques économiques. Moi, mon sentiment, c’est que les joueurs ont besoin de jouer, la période est très compliquée pour tout le monde. Là, on part sur un mois de confinement sans garantie que ce ne soit pas prolongé derrière donc, on table pour l’instant sur une reprise en Janvier mais ça sera peut-être encore plus tard. Du point de vue sportif, les joueurs ont besoin de jouer et si on leur coupe les pattes pendant trois mois et qu’on leur dit  » maintenant, il faut reprendre le championnat et être de nouveau performants « , on va devoir repartir sur une prépa d’été mais en hiver. Sportivement, ça va être compliqué à gérer, on parle éventuellement d’une refonte de la formule du championnat ce qui veut ne dire qu’on ne sait pas quand ni sous quelle forme cela va finir en fonction de la fin de ce confinement. Donc, forcément aussi, il y en a aura deux qui seront désignés à la fin et en fonction des circonstances, ils auront peut-être moins de légitimité vis à vis d’un championnat qui aurait été joué normalement. Ça crée des situations très compliquées et d’un point de vue sportif, il y aurait deux saisons d’affilée presque blanches donc, du point de vue des joueurs, c’est forcément dur. 

 

Il peut y avoir de la casse avec des joueurs qui jettent l’éponge, qui disent  » j’en ai marre, cela deux saisons que je joue un mois puis un mois que je ne joue pas  » ? Il peut y avoir des joueurs qui se résignent ? 

 

AC (Albi) : Je ne sais pas. Il est sûr que cela va impacter les joueurs psychologiquement parce qu’on va leur dire que pendant les deux ou trois prochains mois, il n’y aura pas de compétition. Il va falloir se re-préparer, repartir comme si c’était une nouvelle saison dans celle-ci donc, c’est forcément compliqué. Et en plus, la période globale pour la société est très dure, il n’y a plus de restaurant, plus de cinéma donc, je pense que les gens ont aussi besoin de voir du jeu. Ils ont le Top 14 et la Pro D2 mais je crois que leur offrir un peu de spectacle avec ce championnat Nationale, même s’ils ne peuvent pas être au stade. Je ne sais pas par rapport aux diffusions télé mais il faut peut-être creuser de ce côté-là pour justement offrir quelque chose à nos publics des différentes villes, et ils sont plutôt nombreux. Mais ce qui est sûr du côté sportif, c’est qu’avoir une grosse coupure et surtout ne sachant quand elle va se terminer, c’est très compliqué à gérer donc, nous préférerions jouer. 

Arthur, comme tout joueur, j’imagine que la médiatisation pour toi n’est pas ça qui fait le job mais c’est quand même important ? Quand on veut avoir une carrière qui évolue, avoir de la visibilité mais aussi être reconnu ? 

 

AC (Albi) : Forcément, plus on est exposé, mieux c’est, surtout que le public rugbystique ne connaît pas encore bien ce championnat, je pense. Cela faisait des années que c’était Fédérale 1 et Pro D2 et là, on leur installe un nouveau championnat entre les deux et on ne leur donne même pas le droit de le découvrir s’ils ne se rendent pas au stade. Je trouve ça vraiment très dommage. 

 

Il y a quand même la radio

 

AC (Albi) : Voilà, il faudrait écouter Le#MagSport – Radio Albigès tous les samedis. (Rires)

on sait que tous les joueurs de Nationale et de Fédérale 1 avez fait des efforts financiers, on voit que tous les clubs, et vos clubs sont en train de faire des efforts financiers. Est-ce que toutes ces inquiétudes qu’il y a autour du rugby français en général, pèsent sur les joueurs et trottent dans leurs têtes ? 

 

AC (Albi) : C’est sûr, évidemment, ce serait mentir que de dire non. Ça pèse forcément sur les joueurs, surtout au niveau psychologique puisque nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Il y a des joueurs qui sont en fin de contrat à la fin de la saison, si on leur dit qu’on va arrêter et qu’on reprendra peut-être en Janvier / Février, ou peut-être pas, eux ont derrière des investissements, des familles à nourrir, ils ont aussi des obligations à respecter. Donc, je pense qu’il y a 1 000 cas différents de joueurs en ce moment par rapport aux contrats, aux salaires ou autres. Ce qui est sûr, c’est que je pense que l’ensemble des joueurs ont fait de gros efforts financiers pour justement aider leurs clubs à résister pendant cette crise du Covid et à pouvoir repartir dans ce nouveau championnat intéressant. Donc,  si on annonce qu’on ne joue plus, si on annonce qu’il va y avoir d’autres efforts à faire, si on annonce que des joueurs ne vont pas être prolongés alors qu’ils auront arrêté de jouer au mois de Février dernier, ça va forcément créer des situations très délicates et je pense que ça va être terrible d’en arriver là. Evidemment que nous espérons tous que, dans les hautes sphères du rugby français, il y a des décisions qui soient prises pour continuer ce championnat. Honnêtement, je pense que la création de cette Nationale a vraiment été une bonne chose, d’extraire de cette Fédérale 1 qui était, à mon avis, vraiment trop mixte, 14 clubs pour l’accession à la Pro D2 et de créer un championnat hyper intéressant. Ça a été une bonne chose maintenant, comme le dit le président Guionnet (Massy), si nous sommes considérés comme championnat professionnel, ce qui a apparemment été le cas au niveau du Ministère, l’aide financière doit être apportée à l’ensemble du rugby professionnel. Donc, à ce titre-là, nous pouvons nous aussi, l’ensemble des clubs de Nationale, prétendre à être aidés et soutenus dans cette crise difficile. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

Retrouvez l’intégralité du débat « Quelles solutions pour la Nationale? » lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 31 octobre 2020

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