#Rugby – Fed1 / B.Bagate (Trélissac) : «Je crois que ce club a une vraie entité, de vraies valeurs de combat!»

En Dordogne,la vie du SA Trelissac a connue foule de bouleversements entre la démission du président Trapy et d’une partie de son conseil d’administration, le départ de Matthieu Queille et la nomination d’un nouveau manager, Benjamin Bagate. Ce dernier, tout fraîchement nommé, et après une défaite encourageante (20-12) à Marmande, nous a livré ses premières sensations sur le banc du SAT. Pour l’ex coach d’Albi, Chambéry, du RACA ou encore de la préfecture Dordognotes Perigueux la saison passée, le défi de Trelissac est une bouffée d’oxygène, après un été passée dans le tumulte de la tentative de rachat de l’ASBH, dans ce que les médias ont appelé « le projet Dominici ». Alors qu’il vient d’être nommé à l’aube d’un re confinement qui met en suspens l’avenir de la fédérale 1, « BenBen » va tenter de redonner confiance aux finalistes du Jean Prat 2018, et imprimer sa patte sur un club, les valeurs ancestrales du rugby subsistent.

 

 

Tu as rebondi à Trélissac après avoir été l’année dernière à Périgueux, à quelques kilomètres de là puisque Trélissac est la banlieue de Périgueux. Cet été, on t’avait espéré à la tête de la cellule recrutement de Béziers, tu étais dans le groupe Dominici pour essayer de reprendre l’AS Béziers. Là, tu as trouvé ce nouveau marchepied, cette nouvelle aventure à Trélissac pour rebondir ? 

 

Effectivement, comme tu le sais, je devais être nommé directeur sportif à Béziers mais le projet ne s’est pas fait, on ne va pas revenir dessus. Je suis toujours resté habité sur Boulazac avec ma famille, j’ai reçu un appel lundi dernier et j’ai accepté de venir donner un coup de main à cette équipe de Trélissac pour la fin de saison, avec un challenge qui va être difficile, en l’occurrence le maintien. J’ai pris mes fonctions mercredi dernier, nous avons fait deux entraînements avant d’aller faire ce match à Marmande dimanche dernier. 

 

Tu arrives à Trélissac dans un contexte sportif et extra-sportif assez compliqué. On a vu qu’il y avait eu un changement de président, Trélissac reste sur plein de matches sans victoire à savoir 4 défaites. Comme tu le disais, il y a là gros, gros défi ? 

 

Oui, certaines personnes m’ont taxé de ne penser qu’à l’argent dans le projet biterrois, ils ne pourront plus le faire maintenant. C’est un défi et moi, j’aime tous les défis, les gens qui me connaissent vraiment savent que, de toute façon, je ne lâche jamais rien. Je crois que ce club a une vraie entité, de vraies valeurs de combat et des vraies valeurs qui existent depuis très, très longtemps en Fédérale 1. Il est vrai qu’il est dans une passe difficile mais je crois que, sportivement d’abord, le challenge peut être relevé. Ensuite, je fais confiance au président et aux dirigeants pour mener le combat à côté qui les regarde eux et qui me regarde moi un peu moins. 

 

Ce club de Trélissac est un peu comme le RACA que tu as aussi entraîné. Ce sont des clubs du terre-terre de l’ovalie qui sont bien ancrés dans ce qu’on va appeler ce cœur et cette âme de la Fédérale et du rugby amateur ? 

 

Ça me rappelle aussi un petit peu le club d’ hagetmeau que j’ai aussi entraîné. Ce sont des clubs dans lesquels j’aime évoluer parce-que ce sont des clubs famille où il y a un état d’esprit irréprochables, des personnes qui aiment réellement le club et qui ont de vraies valeurs d’hommes. Je ne vais pas tous les citer mais dans chacun de ces clubs, je suis resté très proches de certains présidents ou de certains dirigeants parce-que je partage ces valeurs-là. Et effectivement, à Trélissac, je retrouve à travers certaines personnes  cet amour de leur club, cet amour de leur village et c’est ça qui est important. Il faut faire comprendre aux joueurs que c’est un challenge qu’il faut relever pour toutes ces personnes qui donnent depuis tant d’années au club. Je pense à la famille Laurent, bien entendu, à la famille Daudou, ce sont des personnes qui comptent beaucoup pour le SAT. 

 

Après avoir été à deux doigts d’être dans un maxi projet avec beaucoup d’argent qui était mis en jeu, est-ce que le fait de revenir à cette base du rugby était essentiel pour toi, pour te relancer, te ressourcer ? 

 

Il est sûr que c’était essentiel. Moi, j’en ai besoin, encore une fois, je suis quelqu’un qui aime beaucoup transmettre et c’est vrai que je suis dans mon élément. J’ai la chance d’avoir les coudées franches dans ce club et la confiance donc, à partir du moment où on me fait confiance pour mener un projet sportif, je donne tout. Effectivement, je crois que cet état d’esprit là me correspond bien donc, je vais essayer de leur faire honneur et d’arriver à cet objectif qui est le maintien. Même si aujourd’hui, nous avons toujours 0 point malgré le beau match que nous avons fait dimanche, il va falloir se retrousser les manches et puis y arriver parce-que, de toute façon, nous n’avons pas le choix et que Trélissac doit rester en Fédérale 1. 

 

Comment t’ont accueilli les gars du SAT pour ton premier entraînement ? 

 

Plutôt bien, j’ai trouvé des joueurs touchés par ce qui leur arrivait. Moi, je dis toujours ce que je pense, ça restera entre nous mais je leur ai dit ce que je pensais par rapport à la situation et surtout, certains comportements qui n’étaient plus possibles quand on jouait le maintien. J’ai trouvé des joueurs plutôt réceptifs et tristes de la situation mais ils ont aussi leurs responsabilités. J’ai aussi une pensée pour Mathieu Queheille, c’est toujours plus facile de se séparer d’un entraîneur que de se séparer de plusieurs joueurs. Il faut aussi que les joueurs soient devant leurs responsabilités, je pense que mon discours a été celui-là et, de toute façon, on s’en sortira tous ensemble. Nous sommes tous sur le même bateau, il va tous falloir pédaler rapidement et avec beaucoup d’intensité. 

 

Malgré que vous ayez enchaîné les défaites, ce groupe de Trélissac a quand même de la qualité. Il y a des joueurs à très gros potentiels ? 

 

Oui, il y a des joueurs à forts potentiels, il y a surtout de jeunes joueurs. Après, on ne refait pas une équipe comme ça, en claquant des doigts, mais il y a effectivement des joueurs qui sont de qualité. Il y a d’ailleurs Voretamaya qui est passé par Albi, Koroi, des joueurs qui doivent apporter beaucoup à cette équipe. Il faut arriver à faire prendre cette mayonnaise, nous n’avons maintenant plus trop le temps d’attendre donc il faut que ça aille vite. On va d’abord commencer par l’état d’esprit, par les bases qui sont la touche, la mêlée, la conquête et la défense. On a essayé de se rassurer par rapport à cela le week-end dernier mais c’est encore loin d’être gagné. Nous avons des échéances importantes qui vont arriver dont notre prochain match à domicile contre le Bassin d’Arcachon dans trois semaines. Donc, nous allons nous préparer pendant 15 jours / 3 semaines pour prendre nos premiers points dans ce championnat. 

 

Parlons de ce match face à Marmande qui était tes premiers pas sur le banc de Trélissac. Comment s’est passée cette première rencontre, tu peux nous en donner un peu le contenu ? 

 

Ça s’est plutôt passé comme j’avais imaginé que ça allait se passer, c’est à dire que cette équipe de Marmande a voulu nous lancer un gros défi sur le jeu de devant. Il fallait que l’on soit très propre sur nos sorties de camp, ce que l’on s’était évertué à faire la semaine dernière sur les deux entraînements que j’ai mené. On s’est aperçu que nous nous étions manqués deux fois sur deux sorties de camp et nous avons été punis deux fois. Marmande n’est pas une petite équipe, ils avaient quand même gagné leur premier match à Niort et, dans l’engagement, les garçons ont répondu présents, ce qui est le minimum au rugby. Ils ont globalement répondu présents sur l’intensité et les valeurs qu’ils y ont mis et ça, c’est important mais ça ne suffira pas pour se maintenir. Il faut y ajouter une bonne dose de jugeote, rester dans le cadre et ne pas en sortir, progresser d’entraînement en entraînement, reprendre de la confiance pour arriver à gagner des matches. Parce-que c’est cela le plus important, que l’on arrive vite à regagner. 

 

Tu avais quitté la Fédérale 1  » ancienne version « , tu y reviens dans une nouvelle, départie des gros calibres et des grosses écuries pros. Comment tu trouves cette Fédérale 1 nouvelle version ? 

 

Ca me rappelle un peu la Fédérale 1 que j’ai connu la 2e année, lorsque j’étais à Chambéry. C’est une division qui est quand même vachement intéressante, je la trouve plus homogène à partir du moment où les gros clubs sont partis. Ce n’est pas parce-que je suis à Trélissac mais tu sais que j’ai toujours été un fervent défenseur de la Poule Elite ou d’Accession ou Nationale parce-que je trouve que ça prépare bien à la Pro D2. Encore une fois, c’est très bien et cette Fédérale 1 est beaucoup plus homogène, à part 2/3 équipes de la poule qui seront au-dessus, le reste me semble être assez homogène. 

 

Un petit regard sur cette poule Nationale où il y a deux de tes anciens clubs qui ferraillent, Chambéry et Albi ? Qu’est-ce que tu penses de ces 5 / 6 premières journées de Nationale ? 

 

Trois si je rajoute le RACA. Je suis assez surpris des résultats, là-aussi, je trouve que c’est assez homogène. Des clubs comme l’UCS qui devaient avoir des difficultés parce qu’ils n’ont pas pu recruter, on voit qu’aujourd’hui, ils sont allés faire un résultat à Tarbes, qu’ils ont été capables de battre Suresnes qui vient de battre Albi. Le club de Nice, qui s’était équipé, est aujourd’hui premier, Albi, qui était parmi les favoris, est en difficulté. Encore une fois, je crois que c’est une division qui est surprenante de par ses résultats, si ce n’est Bourg-en-Bresse qui est devant même si Bourgoin a beaucoup de matches de retard. Mais, elle est homogène et ça prouve que l’on a eu raison de faire cette division. 

 

On va revenir sur Trélissac. Quel va être le mot d’ordre pour les prochains mois, pour aller jusqu’à Noël, à condition bien sûr que les compétitions puissent aller jusque-là ? 

 

L’objectif est de prendre le plus de points possibles jusqu’à Noël sans se soucier des matches à l’extérieur ou à la maison. On a assez de retard comme ça et il va falloir rattraper les points que l’on a laissés en route à la maison et les rattraper le plus vite possible. C’est pour ça que le comportement des joueurs ce week-end était intéressant mais ça ne suffit pas parce-que cela fait 0 à l’arrivée. Donc, nous avons un besoin urgent de prendre des points. 

 

Un match qui va avoir un côté un peu émotionnel pour toi sera le derby entre Trélissac et Périgueux, l’an dernier, tu étais sur le banc de Périgueux, cette année sur celui de Trélissac. Ce sont deux villes qui sont côte à côte, ça va être un sacré moment ? 

 

J’espère déjà que nous pourrons le jouer parce-que ça voudra dire que nous serons sortis de cette crise sanitaire qui pénible pour tout le monde et qui est angoissante pour les clubs. Après, c’est la vie, c’est comme ça, j’étais à Périgueux, j’ai décidé de ne pas y rester, aujourd’hui, ils caracolent en tête du championnat et tant mieux parce-que ça me fait plaisir pour le président. Ça sera un contexte particulier, nous ne jouons pas le même championnat qu’eux, au vu du match aller, il y a deux classes d’écart. Donc, nous essaierons d’abord avant ce match-là de prendre le plus de points possibles et puis, de faire honneur au maillot et aux valeurs du club de Trélissac. Ça me paraît être le plus important, sur un derby, ce sont ceux qui ont le plus envie qui le gagnent donc, nous mettrons l’intensité qu’il faut dans ce derby-là mais il y aura plein d’autres matches avant. 

 

Tu n’as pas une peur qui t’assaille : celle d’avoir retrouvé un banc et que dans quelques heures ou quelques jours, on t’annonce qu’il y a un reconfinement et que le championnat est mis en suspens ? 

 

Ca, tu sais, c’est toujours pareil : il y a les choses que l’on maîtrise et les choses qu’on ne maîtrise pas. Donc moi, je vais essayer de maîtriser à fond ce qu’on me demande, c’est à dire d’entraîner l’équipe, et puis, je ferai comme tout le monde, je subirai parce-que là, il n’y a pas d’autre mot que subir. On s’adaptera, si on doit reconfiner, on reconfinera, on va faire confiance aux autorités et, de toute façon, nous n’avons pas le choix. 

 

Une question décalée pour terminer, en forme de clin d’œil mais en même temps, toujours dans l’actualité. Tu sais qu’il y a une corporation qui subit de plein fouet cette crise du Coronavirus, ce sont les salles de sport. A Albi, tu as un proche, un ami qui a une salle de sport, Raphaël Mérancienne. Tu as peut-être une pensée pour lui parce-que le pauvre se retrouve de nouveau à devoir fermer sa salle de sport comme beaucoup de personnes de sa corporation. C’est quand même compliqué et puis, les salles de sport sont des partenaires du rugby ? 

 

C’est toujours embêtant, effectivement pour les salles de sport dans un premier temps parce-que les gens ont besoin de se dépenser et de se défouler. C’est un peu comme pour les restaurants, j’ai plein d’amis qui ont des restos et c’est peut-être l’endroit où ils font le plus attention à la distanciation et aux gestes sanitaires et on leur demande de fermer, c’est quand même compliqué pour eux économiquement parlant . Pour Raph, c’est encore plus compliqué parce qu’il a décidé de mettre un terme à sa carrière pour monter cette salle, je sais qu’il s’y donne corps et âme parce-que je l’ai régulièrement. Déjà, sur la première vague de cette Covid, ça a été compliqué pour lui, il a réussi à s’y remettre à force de boulot. Là, pour l’avoir eu au téléphone et le voir sur les réseaux sociaux, je vois bien qu’il est en galère puisqu’on leur a demandé de refermer, il essaie de se débrouillant en faisant des cours collectifs à l’extérieur. Raph est quelqu’un qui a connu dans sa vie des choses bien plus compliquées que ça et je sais qu’il a la force et la volonté pour se battre et pour ne rien lâcher. J’espère qu’on va lui donner les aides nécessaires et quand je dis on, c’est l’Etat, pour qu’il puisse passer cet écueil et s’en sortit parce qu’au-delà de cette salle, c’est le projet de vie qu’il avait et je sais que ça lui tient à cœur. Donc, je suis à la fois triste et plein d’espoir pour lui. 

 

On va espérer qu’avec Trélissac, tu fasses comme Raph et que tu t’accroches et que tu ne lâches rien, qu’au bout de la saison, il y ait un maintien qui vous seriez allés chercher avec les dents ou ce que vous voulez mais qu’il y ait le maintien à Trélissac

 

C’est gentil, merci beaucoup

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-27-ocotbre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Benjamin Bagate lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 27 octobre 2020

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s