#Rugby – FFR / Nationale le grand dilemme.

Ce vendredi 30 octobre 2020, dans l’après-midi, les 14 clubs de Nationale seront consultés par la FFR, sur leurs souhaits ou non, de continuer la compétition face au confinement et aux huis clos qui s’annoncent pour leur championnat. Car pour la fédération française de rugby ,apparaissent des choix cornéliens, entre préservation des intérêts économiques des clubs, problématiques calendaires et choix stratégiques. La Nationale, compétition classifiée professionnelle, par le ministère des sports, va en tout état de cause, avoir la possibilité de continuer son activité. Mais les clubs de Nationale sans aides ou compensations substantielles ne pourront supporter le poids des charges qu’engendre un huis clos, sans en contrepartie aucune recette. Dans cette division naissante, le débat se fait donc grand et enflammé, sur le tournant à prendre dans un moment historique, où chaque décision anodine, peut impacter les enjeux de demain.

Crédit Hélène Brasseur photo

De l’émotion à la raison.

Quelques heures après le discours du président de la république, ce mercredi 28 octobre 2020 et quelques minutes après les annonces de la fédération française, le lendemain, le microcosme de Nationale s’est embrasé, en apprenant la possibilité de continuer le championnat à huis clos. Autant la décision fédérale d’ajourner la 7eme journée de ce week-end, pour permettre aux instances de se mettre en ordre avec les nouvelles directives gouvernementales, était unanimement compris, autant jouer à huis clos sans aides, ni droits tv , ou exonérations de charges, était tout bonnement intenables pour une grande majorité de clubs. Philippe Verney à Dijon, tout comme Yves Garçon de Chambéry , ou encore Benoit Trey de Blagnac, bientôt rejoint par les narbonnais et les dacquois, montaient au créneau auprès des autres clubs pour demander l’arrêt temporaire des compétitions. Albi et Massy se positionnaient en « attentiste » tandis que le Stade Niçois voulait jouer à tout prix. Quant à Suresnes, le Co-President, Olivier Pouligny suivait la dynamique, sans être un farouche pourfendeur de la continuité du championnat. Les suresnois, auteurs d’un début de championnat canon, ne voulant surtout pas entendre parler, par contre, d’un changement de format de compétition, qui mettrait leur épopée automnale aux oubliettes. Un seul est réellement sorti du bois, c’est le président du CSBJ , Henry Guillaume Gueydan, qui a fait part publiquement dans « le Dauphiné » d’opérer un stop des compétitions.

La nuit porte conseil

La nuit portant conseil, les présidents de clubs se sont éveillés, avec une vision bien moins sentimentale, et bien plus rationnelle. A l’image d’Albi, de Chambéry ou encore selon nos sources de Bourg en Bresse, une réflexion fait son chemin. Comme nous le confiait un président, après la première voix du « niet », voici qu’apparaît une seconde voix : « ne pas saisir la main tendu du ministère des sport qui nous considère Pro, en refusant de jouer les matchs à huis clos , est un risque de se voir classifier amateur dorénavant et passer à côté de subventions ou d’aides futures plus conséquentes ». En clair les économies d’aujourd’hui en ne jouant pas et en mettant les joueurs en chômage partiel, ne seront elles pas minimes, que jouer à huis clos et profiter des accompagnements futurs. Un soutien des pouvoirs publics qui, nécessairement viendront au secours d’un sport pro exsangue après cette crise sanitaire. Yves Garçon à Chambéry , qui le premier était fervent adepte de l’arrêt temporaire de la Nationale hier, ce vendredi matin soupesait grandement, aussi, l’autre penchant, car dans son club le débat se faisait naissant. Entre autres, les possibilités que pouvaient lui ouvrir une reconnaissance de son entité comme professionnelle, en termes de subventions en provenance des collectivités. Quant à Christophe Lacombe, Co-President de l’Union Cognac / Saint – Jean d’Angély, il résumait bien l’ADN des présidents : « Sans aide ça sera non , mais notre volonté première c’est de jouer, même à huis clos. Mais avec des aides! » . Mais au delà des gros sous, le choix est hautement stratégique et va dessiner le modèle sociologique de ce championnat pour les années à venir.

Migraines calendaires à la fédé

Du côté de la fédération, un autre impératif entre en ligne de compte, les problématiques calendaires. Modifier le format des compétitions passe obligatoirement par un vote périlleux dans ces périodes ou les clubs sont à fleurs de peau. L’allongement du calendrier, serait lui plus aisé et une fin de championnat début juillet a été envisagée. Autres problématiques pour la FFR, en cas d’arrêt temporaire de la nationale, le protocole de reprise des clubs, qui ne pourront décemment pas reprendre la compétition, après 4 semaines de pause. Quant on y rajoute le fait que Bourgoin a 4 matches de retards en 7 journées, et la possibilité de raboter les playoffs : on n’ose imaginer les migraines que doit se faire la commission des compétitions en ce moment. Pour Bernard Laporte et son équipe, l’enjeu est simple, la nationale est le nouveau fleuron fédéral, et ce championnat doit aller au bout pour ne pas rompre la passerelle entre amateur et pro. Car cette division intermédiaire entre Pro D2 et fédérale n’en est qu’à ses premiers balbutiements, certes prometteurs, mais son modèle économique, sa légitimité aux yeux du monde Pro, et sa pérennité sont encore à prouver ou à inventer.

Bernard Laporte face à des choix cornéliens

Une décision, devrait émerger rapidement après la consultation des clubs de Nationale cette après midi, tandis que Bernard Laporte attendait toujours, ce vendredi midi, le décret ministériel, pour connaître le sort qui serait réservé à la fédérale 1. L’élite du rugby fédéral se retrouve face à un carrefour déterminant pour l’après Covid du rugby semi-Pro et amateur francais.

Article rédigé par Loïc Colombié

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