#Rugby – Nationale / JJ.Veyrac (Albi) : «On est obligé de repenser l’économie et l’organisation du club.»

Ce mardi 27 octobre 2020, lors de notre émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » nous avons donné la parole à un des acteurs du Sporting Club Albigeois qui, à l’heure actuelle, a du pain sur la planche, le directeur général des services Jean-Jacques Veyrac. Pour celui qui chapeaute, le financier, l’intendance, l’administratif et le secteur commercial du club, cette période hors du temps et des canons habituels, l’oblige à beaucoup d’adaptabilité, de réactivité et aussi à un brin d’inventivité. Contraint et forcé par le bon sens de déplacer l’heure des matchs à domicile ainsi que la jauge spectateurs, pour cause de couvre-feu et sûrement bientôt de re-confinement, freiné dans l’animation de son réseau commercial , les jaunes et noirs et leur DGS sont amenés à jongler entre annonces gouvernementales, décisions fédérales et arrêtés préfectoraux. Alors que les dirigeants ont bouclé tant bien que mal les comptes de la saison passée, avec un résultat positif, certes minime, mais bel et bien présent, le club de la cité épiscopale, à l’instar du sport français en général, avance à tâtons. Malgré la Covid 19 et les conjectures en tout genre sur le déroulement ou non du championnat en intégralité, le Sporting Club Albigeois arrive grâce à 3 saisons sportivement positives et un nouvelle division « Nationale » attractive, à drainer encore de nouveau partenaire dans ce marasme sanitaire et économique sur l’ensemble du territoire. Mais Jean Jacques Veyrac et son président Alain Roumegoux, sont en recherche de soutiens , de solutions et de perspectives de la part des pouvoirs publics, car actuellement le « Sporting » comme l’ensemble de l’ovalie française : vit au jour le jour. Focus sur une structure professionnelle qui emploie directement ou indirectement, plus 60 personnes, tout en étant un vecteur d’identification à la ville d’Albi, et qui face à la pandémie coronavirus cherche à continuer contre vents et marées ses mission et ses obligations, tout en gardant en point de mire ses objectifs sportifs : la Nationale et la remontée en Pro D2.

 

 

On le sait, le poste de directeur général des services dans un club de rugby, c’est un poste de couteau suisse, un peu d’homme à tout faire mais encore plus dans la situation actuelle avec la crise du Coronavirus. Ce contexte sanitaire met plein de carcans autour de la pratique du rugby et du sport professionnel ? 

 

Aujourd’hui, c’est vrai que tout est difficile. Quand on se lève le matin, on ne sait pas ce qu’on va faire, défaire ou être obligé de refaire dans ce que l’on a fait la veille. Tout est un peu compliqué aujourd’hui. 

 

Pour le Sporting Club Albigeois, il y a déjà eu une saison qui a été très fortement impactée par le Covid-19 du côté sanitaire avec des joueurs qui ont été touchés mais il y a aussi un côté organisationnel où il faut mettre le Stadium dans les clous. Comment va-t-on se débrouiller avec les dernières mesures, avec le fait que le Tarn soit en couvre-feu, en alerte maximale et avec le risque d’un reconfinement qui pointe le bout de son nez ? 

 

On va prendre une chose après l’autre. Aujourd’hui, premièrement, nous sommes en couvre-feu donc, nous allons être bloqués avec des matches à 19hparce-que, si on laisse les matches le samedi à 19h, ça va se finir à 20h45 donc, ça pose un souci pour les gens qui vont venir au stade. Ça va surtout nous poser un 2e souci un peu plus important, c’est qu’aujourd’hui, nous n’avons plus d’entrées, plus de buvette, plus de boutique qui est presque à zéro et notre seule source de revenus est notre espace VIP. Donc, si on laisse les matches à 19h, on ne peut pas faire une soirée avec les partenaires après. La première décision qui a été prise dans l’immédiat, on verra sur le long terme après, c’est de passer les matches qui avaient lieu le samedi à 19h au dimanche à 15h. Pourquoi ? D’abord parce-que ça nous permet de pouvoir ouvrir notre espace aux partenaires à 12h30 jusqu’à 14h30 et après, tout le monde va dans le Stadium soutenir l’équipe. C’est maintenir une source de revenus pour le SCA. 

 

Du côté des supporters, une question se pose : le déplacement à Narbonne est normalement prévu ce samedi à 18h30. Est-ce qu’ils vont pouvoir se déplacer parce qu’à l’heure où ils vont rentrer, ils ne seront plus dans les clous du couvre-feu ? 

 

Je vais dire que non. S’ils se déplacent à Narbonne, ils n’ont pas d’autres solutions que de dormir sur place et de rentrer le lendemain matin. 

 

Du côté financier, on sait que le Covid-19 a impacté toute l’économie du pays et le Tarn n’y échappe malheureusement pas. Est-ce que le SCA arrive quand même à tirer son épingle du jeu avec la dynamique de la Nationale et à fédérer de nouveaux partenaires ?

 

De nouveaux partenaires, oui. Sur le côté financier, il y a deux choses : la première qui est importante, et nous avions lundi un conseil d’administration avec notre service juridique pour valider les comptes qui ont été faits. La première bonne nouvelle, car on peut quand même appeler ça une bonne nouvelle, c’est que malgré tout ce qu’il s’est passé l’an dernier avec l’arrêt au mois de Mars, nous avons réussi, avec beaucoup de difficultés, mais nous avons réussi à avoir un bilan qui est équilibré Il faut remercier les pouvoirs publics, les partenaires et le Conseil d’Administration  qui a fait rentrer de nouveaux partenaires. Nous avons un résultat positif, pas extraordinaire mais positif, ce qui nous permet de repartir dans la Nationale en règle avec la législation de la DNACG. Ça, c’est le premier point, pour le 2e point, tu parlais effectivement d’économie sur cette année, et quand on repart, on fait toujours un prévisionnel pour dire quelles sont nos dépenses et quelles sont nos recettes. Quand on parle de dépenses, on est assez précis de ce côté-là, quand on parle de recettes, on se base sur ce que l’on a fait les années précédentes et celles qu’on pense faire. Là, nous sommes quand même dans le flou complet puisqu’aujourd’hui, comme tu le sais, nous n’avons plus de recette au guichet avec une jauge à 1 000, il y a tout qui devient difficile. C’est donc assez compliqué de savoir aujourd’hui ce que l’on va faire d’ici la fin d’année. 

 

Tu nous parles de la jauge à 1 000. On sait qu’il y a 1 400 abonnés au Sporting Club Albigeois, comment fait-on pour rentrer 1 400 abonnés dans un stade qui, pour le moment, ne peut en contenir que 1 000 ? 

 

On est obligé de repenser l’économie et de repenser l’organisation des 1 000 personnes. Donc, nous allons faire de la façon suivante : déjà, nous avons nos supporters, ceux qui nous suivent depuis des années. Eux, nous allons les laisser rentrer sur les 1 000 personnes mais pas avec les tickets qu’ils avaient ni leurs cartes d’abonnements. Nous allons aussi repenser tout cela parce-que, si on veut n’en faire rentrer que 1 000, il y aura un bracelet d’une couleur que personne n’a pour l’instant et tout porteur d’un abonnement devra venir à la boutique chercher son bracelet pour rentrer dans le Stadium. Ca , c’est le premier point, le 2e point, comme je te l’ai dit tout à l’heure, ce sont nos partenaires, ces partenaires qui nous achètent des tables. On peut faire le VIP avant les matches même si nous sommes un peu bloqués, ce sont des tables de 6, il faut que les gens soient assis et nous allons respecter la législation mais nous allons le faire. Après, nous allons faire rentrer tous les gens qui vont nous acheter des prestations et, sur ce qui va rester et on en revient aux entreprises qui ont acheté des abonnements, nous ferons un prorata. Si, par exemple, il nous reste 400 places et qu’ils soient 700 ou 800, nous allons en distribuer mettons 50% à tout le monde pour que tout le monde soit content. Alors, bien sûr que tout le monde ne sera pas content, il y en a qui avait 4 abonnements qui ne pourront venir qu’à 2 mais nous allons essayer de ne bloquer personne, que les abonnés comme les particuliers et les entreprises puissent rentrer ainsi que ceux qui ont de l’espace VIP. Nous allons saupoudrer un petit peu mais nous n’allons pas bloquer une certaine catégorie. 

 

C’est quand même rageant d’avoir cette situation sanitaire alors que, pour la première fois depuis que le Sporting est descendu de Pro D2, il y a un véritable championnat attrayant avec de belles équipes et de belles confrontations qui auraient pu permettre au club d’avoir un super produit d’appel d’offre ? 

 

Tout à fait. En plus, depuis le début de la saison, il y a une chose qui est très positive, c’est que, malgré les difficultés, malgré le Covid, malgré le fait que toutes les entreprises doivent se gérer au jour le jour, nous avons fait signer à aujourd’hui 19 nouvelles entreprises de plus par rapport à l’an dernier. Donc, on voit qu’avec ce championnat, des partenaires se disent  » tiens, cette année, il va y avoir de beaux matches, ça va être bien, ça va piquer  » comme on le disait sur nos campagnes d’affichage. Donc, on sentait un peu un engouement autour du SCA et là, on ne sait pas ce qu’il va nous tomber dessus demain ou après-demain. C’est un coup d’arrêt alors que c’était bien parti. 

 

Le club tourne aussi bien sûr autour du sportif et de la bande à Arnaud Méla. Il y a eu un résultat qui a fait un peu grincer des dents le week-end dernier à Suresnes. Là aussi, il est important que l’équipe première, l’équipe fanion, se remette en ordre de match pour drainer et servir de locomotive, que ce soit à l’économie tout comme aux ambitions sportives du club ? 

 

Evidemment que, quand on perd un matche et que l’on a des rendez-vous commerciaux la semaine d’après, c’est toujours plus difficile. C’est vrai qu’il faut que le sportif nous tire vers le haut, ils vont le faire, il y a eu un non-match, on ne va pas en parler 107 ans mais c’est sûr que cela ne nous sert pas. Il faut déjà que l’on puisse relever la tête à Narbonne et qu’il y a ait des victoires derrière. C’est plus facile pour nous quand le sportif marche bien, c’est évident. 

 

On va parler du sujet qui effraie tout le monde du sport, ce prisme et cette épée de Damoclès du reconfinement total es week-end. Ce serait une catastrophe industrielle pour le Sporting et pour le sport français en général ? 

 

Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Si nous sommes reconfinés le week-end, qu’est-ce qu’ils vont faire du sport professionnel s’il n’y a plus aucun match ? Bien sûr que ça serait catastrophique parce-que là, il va falloir réinventer une nouvelle gestion d’entreprise, il y a peut-être le chômage partiel mais ce n’est pas une fin en soi. Ça serait catastrophique si la saison s’arrêtait là, si on nous reconfine le week-end mais il y a la santé des gens et de tout le monde, on ne peut pas aller à l’encontre de cela. 

 

On va parler de ton poste de directeur général des services. C’est sûrement un poste très usant puisqu’il faut être  toute la semaine sur le front et on en voit des vertes et des pas mûres, des joies comme des peines. Je pense à des play-offs magnifiques, à la demi-finale contre Rouen qui a été une grosse peine avec un club qui a failli se mettre entre parenthèses puisqu’il y avait un point d’interrogation ou encore à l’époque des banderoles, il y a aussi maintenant le Covid-19. Tu en as quand même vu de toutes les couleurs en tant que directeur général des services ? 

 

C’est clair (rires). J’ai géré des entreprises toute ma vie et ce que je peux dire, c’est que gérer un club professionnel est beaucoup plus difficile que de gérer une entreprise. Il y a des aléas tout autour et effectivement, nous avons vu plein de choses, des choses positives, des choses négatives mais au-delà de cela, il faut quand même rester positif C’est quand même génial, il y a plein de choses autour de cela qui sont géniales. 

 

Et puis, il y a la passion qui entoure le sport qui donne aussi cette flamme ? 

 

Oui, c’est ce que j’allais dire, au-delà de tout cela, il y a de la passion et de l’affect dans tout ça. Il y a juste une chose dont on n’a pas parlé parmi les questions que tu m’as posées : toute l’économie du club tient aussi autour d’un club affaires, ce club affaires que j’ai monté il y a 7 ans. Aujourd’hui, c’est grâce au club affaires que nous avons 18 ou 19 nouvelles entreprises mais aussi que tous les partenaires restent autour du stade. Ils n’aiment pas forcément le rugby mais c’est devenu le premier réseau économique du département, voire même plus. Et là, aujourd’hui, nous sommes bloqués, nous avons un couvre-feu, on ne peut pas le faire et donc, je suis un peu embêté pour tous ces gens qui nous ont donné de l’argent, qui ont adhéré autour du SCA et à qui on ne peut pas rendre le service. Donc, nous allons essayer de réfléchir aussi à comment on peut mettre en valeur les 18 nouvelles entreprises qui nous ont rejoint. Moi, je vais proposer qu’on aille les voir, qu’on fasse une petite vidéo, qu’on les mette sur notre site. Il faut aussi que l’on soit respectueux de tous ces gens qui nous aident. 

 

Un véritable pack et on espère surtout, on va prendre step by step, étape par étape, que le week-end prochain, les jaunes et noirs puissent gambader et que le rugby et le sport français puissent continuer leurs petits chemins au milieu du Covid

 

Tout à fait, il faut être positif  et déjà, il faut que l’on aille gagner à Narbonne. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-27-ocotbre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Jean Jacques Veyrac lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 27 Octobre 2020

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