#Rugby / M.Buzy-Pucheu (FFR) : «Bernard Laporte a mouillé le maillot!»

L’ex patron du rugby amateur à la Fédération Française de Rugby, Maurice Buzy-Pucheu, a laissé son poste de vice président ce mercredi, après une mandature auprès de Bernard Laporte. Au delà la fierté et de l’épanouissement, ce Béarnais disposant d’un sens du consensus aiguisé, a du affronter un dossier explosif et inédit : la crise de la Covid19 qui est venu percuter le rugby français. Heureux d’avoir pu mener à terme le projet Nationale, et d’avoir su reprendre au pied levé, le poste laissé vacant par Thierry Murie en juin 2019, « MBP » se sera battu jusqu’au dernières secondes de son mandat, pour défendre l’intérêt général du rugby et tenter d’accompagner le monde amateur dans cette période trouble. Après avoir mouillé la chemise auprès de l’ex sélectionneur de l’équipe de France durant 4 ans, Maurice Buzy Pucheu, à bientôt 73 ans, a décidé de laisser la place au jeune, tout en restant attentif, proche et dévoué pour l’ovalie hexagonale.

 

 

Maurice, ce sont tes dernières heures en tant que patron du rugby amateur, un mandat qui aura été court puisqu’il aura duré un an et demi mais tu avais avant d’autres compétences à la Fédération Française de Rugby. Que retiendras-tu de ce passage dans le rugby amateur et dans les hautes instances fédérales ? 

 

C’est une expérience qui a été enrichissante mais qui a aussi quand même été compliquée puisque ce qui m’a amené à remplir cette tâche a été la démission de Thierry Murie. Il a d’abord fallu refaire les équipes de travail et surtout, on est presque immédiatement tombé sur la crise Covid à partir du mois de Mars, et ce, même si nous avions eu quelques prémices en Février où nous commencions à nous préparer sur le pire. Nous n’avions pas tort puisque ça a modifié les comportements du déroulement d’une saison ainsi que les comportements des uns et des autres. 

 

Le Covid a un effet néfaste sur l’économie du rugby, la Fédération a été au soutien des clubs amateurs pendant cette période compliquée. Mais, il y a eu un espace avec cette grande pause qui vous permis aussi de réaménager le haut de l’étage du rugby fédéral ? 

 

On va dire que chaque malheur, ou chaque difficulté, amène un retour aux sources. Donc, c’est vrai que nous avions pris des engagements lors du séminaire de Novembre dernier envers les présidents des clubs de Fédérale 1 pour ne pas modifier et laisser la Fédérale 1 se dérouler normalement. La décision de la LNR de ne pas accepter les deux clubs qui, traditionnellement, montaient en Pro D2 a fait que la réflexion a été de se dire  » est-ce qu’on ne profiterait pas de ce moment-là pour modifier la réglementation qui lient à la LNR ? « . Il n’y avait pas d’obligation de recevoir ces clubs-là donc, pourquoi pas les associer à la création d’une Nationale qui, je pense, est positive malgré les cas Covid qui nous amènent à reporter les matches. C’est une compétition qui est homogène, les retours que nous avons, d’une part de la part des clubs qui sont en Nationale sont très, très bons. Certains nous prédisaient la catastrophe mais je rappelle que cette division Nationale n’a pas été créée avec un objectif de monter. Elle a fait évoluer ensemble des niveaux, des comportements de fonctionnements qui sont différents des clubs classiques de Fédérale 1. Le retour des présidents des clubs de Fédérale 1 qui étaient obnubilés par les derbys, et je l’ai vu en allant à Bagnères ou ailleurs, est également très bons. 

 

La Fédérale 1 est devenue homogène du fait que les gros calibres soient partis dans leur division ? 

 

Tout à fait. 

 

On sait qu’au début, tu penchais plutôt pour faire cette division Nationale à l’horizon 2021, entre autres notamment à la fin des droits TV avec l’Equipe TV. Vous l’avez faite un peu plus tôt et cela va quand même être l’une des fiertés de ton mandat parce-que c’est quelque chose qui a l’air de bien marcher. Comme tu le disais, ça a rééquilibré les forces dans ces deux championnats qui sont différents, la Nationale et la Fédérale 1, mais qui sont couplés. C’est une fierté pour toi ? 

 

Ça avait du sens. La chose qui me gênait le plus, c’était le non-respect de l’engagement que l’on avait pris lors du séminaire de Novembre. On s’était expliqué là-dessus, les plus virulents étaient les trois co-présidents de Saint-Jean de Luz, on s’est expliqué et il n’y a pas d’ombre dans nos relations. 

 

Et puis, c’est bien qu’il y ait un débat démocratique comme cela dans le rugby fédéral et qu’il y ait la possibilité que toutes les voix s’expriment ? 

 

Notre président Bernard Laporte a mouillé le maillot puisqu’il a appelé tous les clubs sur un week-end. Quand nous avons fait le séminaire par visio, je crois qu’une grande majorité, à plus de 80%, s’est positionnée là-dessus, ils savaient tout ce qu’il se passait. La LNR était aussi impliquée puisqu’elle a pris en charge certains éléments financiers. La division amènera aussi de l’expérience pour les clubs qui montent mais surtout, ce que l’on a dit lors des discussions avec la LNR, nous leur avons dit que nous n’étions pas dans une poule faite uniquement pour monter. Si je prends l’exemple de Blagnac, le club de Benoit Trey, lui dit  » nous sommes là pour nous perfectionner « , pour Bourgoin, c’était la même chose. Les clubs vont se structurer pour être capables de monter en Pro D2 parce-que, ce qu’il faut aussi savoir, c’est qu’en Pro D2, il y a certes un cercle fermé mais aussi des clubs qui peuvent être défaillants. Donc, l’intérêt de la LNR est aussi d’avoir des clubs de Nationale qui sont aptes à monter et maintenir ainsi ce niveau de compétition. 

 

Quel sera l’autre dossier qui restera l’une de tes fiertés dans ce mandat à la tête du rugby amateur ? 

 

Avant, j’étais en charge des commissions régaliennes, c’est à dire de la discipline et de la commission des règlements qui va devenir la commission des litiges et surtout de la commission d’appel dont on a beaucoup parlé avec ces événements de ce que la presse appelle  » l’affaire Altrad « . Là, je peux dire que nous avons quand même eu de grosses, grosses, grosses pressions qui ont été appliquées contre les membres de la commission pour les faire démissionner à l’époque. Et, pour cette commission, je pense que l’on peut dire que c’est la qualité des rapports que j’avais avec tous les membres qui a fait que les démissions ont été limitées et que cette commission a pu redémarrer sereinement. Parce-que, si on imagine qu’une commission d’appel est anéantie, je ne sais pas comment la Fédération peut fonctionner car c’est une commission très, très importante et qui, je le rappelle, est aussi amenée à se prononcer sur des décisions de la commission régalienne de la LNR, c’est à dire la commission de discipline de la LNR. Nous avons instauré un système d’arrivées lors de l’examen de ces cas, nous avons intégré quelques membres de la LNR et ça se passe très bien. 

 

Qui avait fait pression pour qu’il y ait des démissions dans cette commission d’appel et dans quel but ? 

 

Il y a eu le journal L’Equipe, je ne sais pas si tu te rappelles de l’époque, où il y avait des encadrés des membres de la commission d’appel avec des croix pour ceux qui avaient démissionné. C’était une chasse à l’homme et on a vu que L’Équipe avait été extrêmement manipulée, elle l’a également montré dans d’autres circonstances, mais L’Équipe est carrément contre nous et a essayé de déstabiliser notre fonctionnement. 

 

Tu parles de déstabilisation et de  » contre nous  » donc, on comprend contre Bernard Laporte. Lorsque tu as fait cette campagne avec Bernard Laporte, ton candidat et ton président de la Fédération Française de Rugby, comment l’as-tu vécu en interne ? Et comment l’assimiles-tu maintenant qu’elle a été remportée, d’une courte tête certes, mais remportée ? 

 

Il est certain qu’une convocation devant la Brigade Financière 10 jours avant une élection avec une garde à vue, c’est compliqué. Je pense qu’il y avait des personnes qui comprenaient le fond de la chose, ils sont malheureusement très peu et minoritaires. Après, il y a tous les gens qui regardent des séries judiciaires à la télé et pour eux, être en garde à vue, c’est automatiquement être coupable. Maintenant, on va attendre ce qu’il va se passer mais j’avoue que nous avons eu quelques craintes en se disant  » ce n’est pas possible, il y a autre chose « . Mais non, c’était uniquement cette affaire d’appel avec Montpellier., c’est tout. 

 

Quel va être maintenant le futur pour toi ? J’imagine que tu auras toujours un pied ou un orteil dans le rugby ? 

 

Oui, bien sûr. Je suis licencié de mon club de Bénéjacq, j’ai mon fils qui s’occupe de l’école de rugby, mon petit-fils qui y joue donc, j’ai un œil très, très proche en termes de conseils et de fonctionnement sur ce club qui est mon club. Ensuite, je vais aussi être engagé dans la campagne de la Ligue Nouvelle-Aquitaine car on me l’a demandé, je suis motivé pour le faire. Ce qui était pesant à la FFR, c’est que j’ai 73 ans et je ne me voyais pas repartir sur quatre années à fonctionner à bloc. On prend l’avion à 7h le matin ce qui veut dire qu’on se lève à 5h, on rentre le soir par le dernier avion de 23h quand il n’y a pas de retard ou des avions annulés, c’était très, très fatigant pour moi. 

 

Donc, place aux jeunes ? 

 

Place aux jeunes et c’est normal. Je l’ai toujours dit, dans le rugby, quand on voyait arriver des dirigeants, c’était des gens de 70 ans (rires). Je suis un peu cruel quand je dis ça mais, il faut laisser la place aux jeunes. En tous cas, j’aurai vécu une expérience extraordinaire qui m’a rapproché un peu de ma vie professionnelle d’avant puisque j’avais un métier avec des contacts, avec les administrations, les maires, les élus où les choses se passaient bien. Je ne vais pas dire que c’est la même qualité, je ne vais pas me vanter, mais c’est le même respect des personnes et des interlocuteurs avec qui l’on est que j’ai transcrit dans le rugby et ça, ça s’est bien passé.

 

Une petite indiscrétion : qui va te remplacer à la tête du rugby amateur ? A Radio Albigès, et surtout au Mag Sport, ça nous intéresse parce-que la Fédérale 1 et la Nationale sont du rugby amateur et on aimerait bien savoir qui va être le patron de ces divisions

 

Ca va se décider dans les jours qui viennent, je sais qu’il y a des réunions importantes à la FFR. Mais sans te le cacher, vous pouvez jouer une somme importante sur mon remplacement par Patrick Buisson qui est l’ancien candidat du Comité Drôme-Ardèche. Il a de grandes qualités humaines mais aussi une grande connaissance du rugby amateur. (Patrick Buisson a été Nommé ce mercredi 22 Octobre 2020)

 

C’est quelqu’un qui a des attaches avec le club de Vienne ? 

 

Je ne peux pas te dire. Je sais qu’il a pas mal bourlingué puisqu’il a une carrière professionnelle et qu’il est responsable de la DSI, la division informatique chez nous puisqu’il a des compétences importantes en informatique. Je sais qu’il a joué sur la Côte Basque puisqu’il y a eu des opportunités professionnelles quand il était plus jeune, il a joué à Capbreton. Il habite dans le Gard où il a joué, il est très proche du club de Nîmes. 

 

On va maintenant te souhaiter une bonne retraite fédérale en espérant que tu gardes toujours un œil aiguisé et avisé sur ce qui se passe dans le rugby amateur et professionnel

 

Oui, sans problème. Je pense que toi aussi, tu as un rôle très important dans cette forme de rugby. C’est vrai que tu fais un travail considérable pour la Fédérale 1 donc, j’espère que tu pourras le continuer parce-que c’est essentiel non seulement pour le club d’Albi dont tu es très proche mais aussi pour tous les clubs de Fédérale 1 avec les retransmissions, faire connaître tout ce qu’il se passe, leurs problèmes et également leurs bonheurs. Je pense que ce rôle-là est très, très important, nous avons un exemple ici mais qui est local avec Radio Oloron et Pierrot Sibers. Je pense que vous représentez ces valeurs autant que beaucoup de bénévoles qui sont dans le rugby. 

 

Merci Maurice, c’était le plus beau compliment que tu pouvais nous faire et tu sais qu’à Radio Albigès et surtout au Mag Sport, on ne lâche rien et on continuera à mettre en exergue et en valeur ce rugby semi-amateur / semi-pro qui est le terre-terre et l’âme de ce rugby français. A très bientôt sur nos ondes

 

Merci à toi et à bientôt 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-12-octobre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Maurice Buzy Pucheu lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 13 octobre 2020

2 commentaires sur “#Rugby / M.Buzy-Pucheu (FFR) : «Bernard Laporte a mouillé le maillot!»

  1. Il aurait aussi fallu que l’imperator SAS laporte explique comment cette personne est venu à remplacer Thierry Murie et surtout pourquoi Thierry Murie a démissionné de son poste et dans quelles conditions !!!!!!

    LAPORTE à mouillé le maillot ? Il a dû se renverser son énième verre d’alcool dessus !!! A m’en donné quand tu picole trop il faut savoir s’arrêter ! Donne tes verres a simon lui il a du coffre pour distiller les bouteilles et l’habitude !!!!

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    1. Thierry Murie a eu l’occasion dans nos colonnes et ITW de s’exprimer, ce n’est pas à nous de divulguer quoi que ce soit sur cette affaire quand l’intéressé lui même ne veut pas. Pour le reste, on vous laisse libre de vos propos pour le moins déplacés

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