#Rugby – Fed1 / S.Magnat (Beaune) : «Nous nous attendons à quelque chose d’acharné et de très compliqué!»

Du côté du Stade Jean Guiral et du CS Beaune, le manager du club, Sébastien Magnat, prépare la réception ce dimanche, de l’AS Mâcon Rugby, un des épouvantails de la poule 3 de fédérale 1. Alors que cette 3eme saison dans l’élite amateur, semble sourire aux « viticulteurs » (deux victoires et une défaite), la fin de ce 2nd bloc est un véritable carrefour des ambitions bourguignonnes. Pour le coach des bleus et blancs, les enseignements de la défaite à Rumilly (54-36) devront être tirés et le CSB devra faire œuvre de réalisme et de sérieux pour contrecarrer l’armada Mâconnaise. Mais le technicien Côte-d’Orien attend aussi avec impatience le derby chez les voisins du CS Nuiton, qui déterminera le leadership local de ce rugby viticole, ADN d’un territoire et âme d’un terroir raisins et ovalie font bon ménage.

 

Crédit photo Stephanie Maufoux

 

Une nouvelle saison a débuté à Beaune avec le contexte que l’on connaît, ce contexte sanitaire national qui est pesant et parfois même handicapant pour la pratique du rugby. Quel premier bilan peut-on tirer après ce premier bloc, malgré le fait que Beaune ait été exempté dès la seconde journée ? On peut quand même commencer à y voir un peu plus clair dans cette poule 2 de Fédérale 1

 

Un premier bloc forcément satisfaisant puisque nous avions la chance de recevoir nos deux premiers matches; Nous avons été en capacité de prendre par deux fois le bonus offensif, donc de prendre 10 points, en proposant en plus des matches avec un contenu intéressant qui correspondent à ce qu’on veut mettre en place tout au long de cette saison. Donc, forcément un premier bloc plus que satisfaisant et un début de 2e bloc qu’on commence à aborder un peu plus compliqué avec un déplacement à Rumilly qui est évidemment une équipe très compétitive. Nous étions amoindris par beaucoup, beaucoup de blessures et face à une équipe comme Rumilly, ça a été un déplacement forcément un peu plus compliqué. 

 

Avant de revenir sur ce match face à Rumilly aux Grangettes, on va aussi parler de l’avant-saison. Avant le début de cette saison, vous avez commencé ce championnat presque avec la peur au ventre parce-que ça ne s’était pas super bien passé en préparation, vous aviez enchaîné les défaites. Ca devait quand même commencé à cogiter du côté de Beaune ? 

 

Non, pas du tout parce-que des matches de préparation restent des matches de préparation. On teste certaines associations, on teste des joueurs, on donne leur chance à certains qui, a priori, ne sont pas forcément des joueurs qui devaient débuter le championnat. Ça reste des matches de préparation avec tout ce que cela engendre mais honnêtement, il n’y avait pas le moindre doute sur ce que nous étions en capacité de faire. Je pense que nous avons un groupe de compétiteurs aimant vraiment la compétition et le challenge des matches à enjeux et pour qui les matches de préparation ne sont pas ce qui nous correspond le mieux. C’était simplement reprendre du rythme et en plus, nous avions une charge de travail très, très importante à ce moment-là, notamment au niveau athlétique, ce qui fait que les matches étaient peut-être le moment de la semaine où nous étions le plus en difficulté. En tous cas, nous n’avions pas le moindre doute sur ce que nous étions en capacité de faire. 

 

On va revenir sur ce match à Rumilly. De l’extérieur, quand on a vu le résultat de 54 à 36, on s’est dit  » c’était portes ouvertes en défense, il n’y avait pas de barbelé ce week-end ni à Beaune ni à Rumilly et les spectateurs en ont eu pour leur argent « . J’imagine que le corpus de ce match devait être tout autre que cette analyse basique ? 

 

Oui (rires). En fait, ce qui est assez surprenant sur ce match-là, c’est qu’on pourrait penser quand on prend 50 points que notre défense n’était pas en place mais les 7 essais que l’on encaisse, il y en a 6 qui sont à zéro passe. Donc, ce n’est pas forcément la défense qui n’était pas en place, comme je le disais en préambule, nous sommes tombés contre une équipe de Rumilly qui a été notamment très solide et performante devant. Et nous, nous n’avons pas su répondre à cela, en partie parce-que nous n’y avons pas mis l’état d’esprit nécessaire et qu’en parallèle, nous avions beaucoup, beaucoup de blessés devant sur ce match-là, avec notamment zéro 2e ligne disponible. Donc, nous avions recomposé un paquet d’avants avec beaucoup de 3es lignes et beaucoup de talonneurs ce qui fait qu’on manquait beaucoup de densité. Ce n’est pas forcément une excuse mais en tous cas, c’est pour cela que nous avons été en difficulté, notamment sur de nombreux groupés pénétrants et aussi un peu sur les phases de mêlées, ce qui est assez logique. Nous avons été durement sanctionnés par beaucoup de cartons, certains peut-être injustifiés, mais nous avons joué 55 minutes à 14 et sur ces 55 minutes, on a même joué 20 minutes à 13. Donc forcément, dans ce cadre-là, c’est impossible de gagner un match à l’extérieur. Nous avons la satisfaction d’avoir encore une fois marqué 30 points ce qui fait qu’on a plutôt été très performants avec le ballon mais en difficulté quand nous ne l’avions pas parce-que Rumilly a adopté la stratégie qu’il fallait adopter à ce moment-là de la saison et de l’opposition qu’ils avaient en face d’eux. 

 

On peut clairement dire que Rumilly est un sérieux prétendant pour les play-offs ? Ils se sont maintenant placés pour ça ? 

 

Bien évidemment. Moi, de toute façon, je pense que nous sommes dans une poule très, très homogène et qu’il y a beaucoup, beaucoup de concurrents à la qualification. Rumilly en fait forcément parti, leur début de saison le montre tout comme leur saison dernière le montrait aussi. A mon avis, il y aura vraiment de nombreuses équipes qui vont se battre pour espérer accrocher cette place qualificative. 

 

Si j’ai de bons échos, vous vous êtes aussi fait un copain en Haute-Savoie puisque vous vous êtes pris un carton rouge. Ca a un peu chicané avec l’arbitrage ? 

 

Pas du tout, je n’ai pas pris de carton rouge, j’ai pris un rapport du représentant fédéral, ce qui est différent. Et malheureusement, je vais être sanctionné parce-que j’étais le seul qui connaissait le règlement du nouveau remplacement supplémentaire en Fédérale 1. Par rapport à cela, j’ai simplement fait savoir au représentant fédéral qu’il se trompait sur les possibilités de ce changement-là et du coup, je vais être sanctionné pour cela. Ce qu’il faut peut-être en conclure, c’est que finalement, il ne vaut mieux pas connaître le règlement et qu’on est moins sanctionné quand on ne le connaît pas. La prochaine fois, je ferai attention à cela, c’est un peu dommageable mais c’est comme ça. 

 

Pourtant, la loi française dit  » nul n’est censé ignorer la loi  » ? 

 

Nul n’est censé ignorer la loi et peut-être encore plus celui qui est le représentant et qui doit être le  » gérant  » de cette capacité à faire en sorte que le règlement soit mis en place sur nos matches. Mais bon, c’est comme ça, l’erreur est humaine, tout le monde peut se tromper, il n’y a pas de souci de ce côté-là, j’aurai juste la frustration de ne pas être très, très proche de mes joueurs sur le match de dimanche. Mais ce n’est pas très grave, on trouvera des choses pour gérer cela. 

 

Comme vous le disiez, deux victoires et une défaite en trois matches, c’est un bilan plutôt positif pour ce début de saison. Quel va être maintenant l’objectif pour la fin de ce second bloc ? 

 

La fin de ce second bloc est très, très difficile parce qu’on va recevoir dès ce dimanche une équipe de Mâcon qui, sur le papier, est sûrement la plus grosse équipe de la poule avec un potentiel joueurs de très, très haut-niveau pour cette Fédérale 1. En plus, ils viennent d’être battus à domicile donc, il y a aura certainement une exigence comptable de prendre des points dès ce week-end donc, nous nous attendons à quelque chose d’acharné et de très compliqué. Puis nous finirons ce bloc par un très, très court déplacement chez notre voisin du CS Nuiton. Ce sera d’abord un match très difficile mais surtout un très bon match à jouer parce-que c’est toujours très agréable. En tous cas, mêmes si les conditions sanitaires ne nous permettront peut-être pas d’être très, très nombreux, on pourra jouer avec un public et un déplacement très court. 

 

Deux derbys en deux semaines, il y a de l’encre qui va couler pendant cette période. J’imagine que ça va un peu brancher des deux côtés ? 

 

Même si Mâcon n’est pas très, très éloigné quand on est dans le Sud-Ouest, ce n’est pas forcément un derby. D’abord parce-que de notre côté comme du leur, mais surtout du leur, il y a beaucoup, beaucoup de joueurs qui viennent de très, très loin donc j’imagine même que, pour certains, ils ne savent pas trop où situer Beaune. Ce sera surtout nos voisins de Côte d’Or où l’on est vraiment à côté et je pense que ce sont surtout les plus vieux dirigeants des deux clubs respectifs qui vont peut-être forcément  » se brancher  » tout au long de la semaine prochaine. Mais nous, concrètement, ce ne sera bien évidemment pas le cas. 

 

Pour Beaune, et comme on se l’était dit quand nous vous avions eu durant l’été, l’objectif reste vraiment les play-offs pour décrocher quelque chose d’historique et arriver au bout d’un cycle ? Cette équipe est montée ensemble de Fédérale 2 à Fédérale 1 et maintenant, il ne manque plus que ça pour boucler la boucle, aller faire une aventure en play-off ? 

 

Oui, c’est exactement ça. Depuis de nombreuses années et à chaque année, le CS Beaune évolue de manière positive donc la suite logique, même si elle sera compliquée, serait d’accéder aux play-offs et d’avoir la chance de jouer des phases finales à ce niveau-là. Ca serait l’objectif mais il reste encore forcément beaucoup de chemin et beaucoup de travail. 

 

Projetons-nous dans l’avenir : si vous arrivez à cet objectif, quel sera le prochain palier pour le CS Beaune, ce club qui grandit petit à petit mais qui grandit à chaque fois ? 

 

Atteindre cet objectif-là serait déjà très bien. Après, concrètement aujourd’hui, le CS Beaune ne peut pas envisager mieux que ça. Si la question derrière est de se dire  » est-ce qu’un jour, le CS Beaune peut espérer aller chercher le niveau National « ‘, ça paraît aujourd’hui impossible dans les conditions actuelles parce qu’il y aurait trop de choses à régler en très peu de temps. Tout cela est bien loin, nous ne sommes pas un effectif professionnel, nous n’avons pas d’infrastructures qui permettraient de le faire. Il y a encore beaucoup, beaucoup de choses à gérer au sein du club pour un jour espérer accéder à ce niveau-là. 

 

On compte sur vous dans deux semaines pour régler les grands débats, à savoir qui a la meilleure récolte entre la Côte de Nuits et la Côte de Beaune. Ça se règlera sur le terrain et sur les pelouses ! 

 

Avec plaisir (rires)

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-16-octobre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Sébastien Magnat lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 16 octobre 2020

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