Rugby – Nationale / C.Lacombe (UCS) : «Cette saison, nous voulons jouer le maintien!»

En amont de la réception du Blagnac Rugby lors de la 3eme journée de Nationale (défaite 14-22) , nous sommes allés à la rencontre du Co-Président de l’Union Cognac – Saint Jean d’Angely, Christophe Lacombe. Celui qui préside les destinées du club charentais avec Lylian Tessandier, nous narre la structuration et le développement de cette union entre deux clubs, qui ont préféré voir la synergie d’un territoire que faire perdurer la guerre de clochers entre deux bastions. Découvrant la Nationale, avec un nouveau staff amené par Fabrice Landreau, prônant des fondations axées sur la formation, l’UCS ne veut pas griller les étapes et compte faire preuve d’humilité cette saison. Focus sur un club qui actuellement affirme jouer le maintien, mais qui espère dans un futur proche s’installer durablement dans cette division intermédiaire entre Pro d2 et fédérale 1.

 

 

Christophe, vous êtes le co-président de cette union entre Cognac et Saint Jean d’Angély. Cette année, vous allez relever un nouveau défi, celui de ce championnat National. On va déjà faire un point de passage car ce début de championnat pour l’UCS a plutôt démarré sous de bons auspices ? 

 

Oui, nous avons bien commencé par une victoire difficile à la maison face à une belle équipe de Suresnes. Puis, nous avons pris, je dirai, un bon point à Narbonne puisque nous avons la chance de jouer Narbonne qui, je pense, n’était pas encore bien prêt car, avec les problèmes de Covid qu’ils ont eu, ils ont une préparation un peu perturbée. Donc, nous avons été faire un bon match là-bas en ramenant un point en se disant qu’il n’y aura peut-être pas beaucoup d’équipes qui ramèneront un point de Narbonne. Donc, 5 points en deux matches pour nous, qui seront les petits dans cette nouvelle division Nationale, ça rentre dans la marche à suivre que l’on s’était donnée, c’est à dire victoire à la maison et gagner des points à l’extérieur si on le pouvait et 5 points en deux matches, c’est un très bon début de saison pour nous. 

 

Un point à Narbonne mais qui s’est joué sur des détails. Il y aurait aussi eu possibilité que Cognac envisage autre chose ? 

 

Oui, nous avons eu des moments où, effectivement, on aurait peut-être pu faire un peu mieux. Mais, nous avons quand même été un peu dominés en 2e mi-temps, on prend 4 cartons jaunes sur la partie et on joue 40 minutes à 10. Donc, c’est quand même un bon résultat même si, en effet, nous aurions pu être plus ambitieux mais nous, cela nous satisfait très bien. 

 

Pour l’UCS, cette Nationale représente aussi des perspectives de structuration. C’est un bel outil pour faire grandir votre club ? 

 

Oui, dans notre nouvelle union, qui est très jeune puisque ce n’est que la 3e saison, nous avions évidemment comme projet à terme de monter en Pro D2, pour ramener de la dynamique et du sens à notre projet. Quand nous nous sommes unis avec Cognac, ils étaient en Fédérale 1 et 2es de poule et nous, également en Fédérale 1, dans la même poule et 3e de poule donc, il fallait aussi amener et montrer à nos partenaires que nous avions de l’ambition pour ce nouveau club. Nous avons un peu pris la Nationale comme une accession puisque c’est une division au-dessus donc, la première étape qui était l’union, la fusion et l’entente de nos deux clubs était réussie puisque, depuis trois ans, nous avions quelques résultats. Et puis, faire une montée au bout de trois ans qui nous permet  de nous structurer tranquillement, c’est tout bénef pour nous. 

 

Nouvelle division mais aussi nouveau staff avec quand même une pointure du rugby français, Fabrice Landreau, qui remplace une autre pointure, Christophe Hamacek ? 

 

C’est ça. Christophe est parti sur un nouveau projet et qui nous a accompagné sur le début de cette aventure XXL puisque, quand on regarde les deux saisons avec l’Union, on se qualifie la 1ère année et on joue la finale du Du Manoir la 2e. Donc, il nous a fait deux belles saisons et puis, il a eu un autre projet donc, il fallait que nous lui trouvions un remplaçant. Et quand les planètes veulent s’aligner, elles s’alignent, j’ai en plus une amitié de 20 ans avec Fabrice Landreau qui se retrouvait à une période de sa vie où il avait un peu envie de retourner dans sa région natale, d’arrêter la vie parisienne et surtout de retrouver le terrain. Donc, nous avons discuté et nous avons eu la chance que ça puisse matcher ensemble. 

 

L’arrivée de Fabrice Landreau est-elle un nouveau cycle pur et dur ou bien un trait d’union avec l’ère Hamacek ? 

 

Ça aurait été la même chose avec Hamacek mais nous démarrons la 2e étape de la construction de la fusée qui est la formation et Fabrice va aussi nous accompagner sur cet aspect. Donc, c’est un trait d’union avec également une accélération sur la formation puisque le club et le Comité Directeur dans son ensemble ont bien évidemment cette volonté, qui était la base de notre union avec Cognac. On se retrouvait en fait à 20 km les uns des autres avec un bassin de population sur lequel on travaillait et la mission première de cette union était de créer un engouement autour d’un club pour pouvoir faire de la formation de qualité et amener nos équipes, on l’espère, le plus rapidement au haut-niveau. Donc, ce trait d’union se fait avec Fabrice Landreau qui, lui, a cette possibilité-là puisqu’il a construit quelques centres de formation en France et a suivi la formation. Pour nous, c’est une très bonne chose que Fabrice Landreau soit arrivé et que Titi Cabannes soit resté puisque lui était le garant de la suite de ce qu’il se faisait avec Christophe Hamacek au niveau des seniors. Il y avait donc une transition qui ne passait pas complètement dans l’inconnu puisque Titi Cabannes était là, ce qui nous assurait en douceur la transmission du poste de Fabrice. Et puis, Fabrice vient bien évidemment aussi pour structurer ce club et lui écrire une belle page, tant au niveau formation que structurel que partenariats. C’est quelqu’un qui arrive pour nous faire passer une autre dimension. 

 

Nous parlions de la sphère sportive et en abordant le partenariat, on va se projeter dans la sphère économique qui va aussi être importante en Nationale. Est-ce que cela va permettre à l’UCS de se structurer économiquement dans ce nouveau championnat ? 

 

Je dirai que ce nouveau championnat arrive à la fois à un très bon et à un très mauvais moment. On ne va pas réexpliquer la genèse de l’épreuve très difficile que traverse la France aujourd’hui donc, cette Nationale arrive à un moment où cela va être très difficile économiquement. Nous, nous avons établi un budget qui est quand même plutôt à la baisse, même avec la montée en Nationale, pour pouvoir assurer la santé financière du club puisqu’aujourd’hui, et encore plus au mois de Juin, on ne savait pas ce qui allait se passer ni comment allait se dérouler la suite de la saison et de ce virus. Donc, nous avons été hyper prudents au niveau de la construction de notre budget mais, maintenant, cette Nationale nous permet quand même de garder voire de limiter les pertes puisque certains de nos partenaires font l’effort par rapport à la Nationale tandis que, si nous étions restés en Fédérale 1, ils ne l’auraient peut-être pas fait. Donc, de par la conjoncture, cette Nationale ne va malheureusement pas nous aider à développer le budget mais elle va nous aider à ne pas trop le baisser. Et nous espérons que, quand toute cette saloperie de Covid sera finie, cette division soit suffisamment attractive pour que les partenaires viennent encore plus abonder à notre projet qui est intéressant  car cette Nationale fait quand même s’opposer de belles équipes et il y a de beaux matches de rugby le dimanche. 

 

On va aussi parler de l’identité de club, ce qui est très important dans le rugby. Chaque club a ses valeurs et cultive son identité. Avec une union comme Cognac et Saint Jean d’Angély, beaucoup de mauvaises langues avaient dit  » c’est le mariage de la carpe et du lapin, chacun va perdre son identité « . Où en est-on sur ce sujet ? Est-ce que les deux clubs ont chacun réussi à garder leur identité propre et est-ce que cette union a fait germer une identité propre à l’UCS ? 

 

Vous avez raison, la crainte de la perte de l’identité a été une période assez difficile et pour Lilian, qui était président de Cognac, et pour moi qui était président de Saint-Jean. Ce qu’il faut quand même savoir, c’est que ce n’est pas un projet qui s’est fait comme ça, sur un coup de tête et qui n’a pas de sens. Cognac et Saint Jean d’Angély sont sur le secteur qui s’appelle la Saintonge viticole donc c’est un vrai secteur économique qui date d’avant le Moyen-Age. Donc, nous étions deux clubs avec la même identité de territoire c’est à dire le Cognac, la Saintonge viticole, il faut savoir que les grandes maisons de cognac dont à Cognac mais il y a plus de surface de vignes dans le 17 que dans le 16. On a donc aussi beaucoup, beaucoup de viticulteurs dans le 17, proches de Saint-Jean d’Angély donc, on est vraiment sur le même territoire économique. Notre réflexion a été la suivante : nous sommes sur le même bassin économique et plutôt que d’avoir deux clubs qui vont effectivement se partager les moyens de ce bassin, pourquoi ne ferait-on pas un club avec ses identités ? On perdrait peut-être effectivement un peu d’identité de chaque ville, Cognac et Saint Jean d’Angély par contre, on crée une vraie identité qui existe depuis le Moyen-Age qui est la Saintonge viticole et tout le monde doit se reconnaître autour de ça. C’est notre idée générale de base et notamment par la formation parce qu’aujourd’hui, pour les dirigeants et les spectateurs, cette union peut être difficile. Mais je peux vous garantir que, pour les gamins qui démarrent dans l’une l’autre des écoles de rugby, puisque chaque club a gardé son école de rugby pour garder son identité, Cognac a son école de rugby qui va de U6 à U12, pareil pour Saint-Jean d’Angély, ne sont pas dans une guerre de clubs. Quand ils regardent le maillot de l’UCS, ils n’ont qu’une envie, c’est d’arriver en U14, U16 et U18 pour jouer sous le sein de l’UCS. Donc, je suis sûr que l’avenir nous donnera raison mais il est vrai que, sur le début de l’aventure, il a été très dur de le faire comprendre aux gens. Aujourd’hui, on est dans un monde et dans une France de mutualisation et, quand on voit que les grandes régions fusionnent, que les communes fusionnent, je pense que c’est dans l’ère du temps de dire à un moment donné  » plutôt que d’être moyen ou petit l’un à côté de l’autre, essayons de faire quelque chose de plus important pour que tout le monde s’y retrouve, que l’on puisse inciter des vocations pour que tout le monde puisse s’y retrouver un jour « . 

 

Et puis, il y a ce changement idéologique et sociologique entre les anciens bastions et ce rugby de métropole et de territoire qui est en train de se construire. En faisant comme ça, vous vous inscrivez dans ce rugby de métropole et de territoire ? 

 

C’est ça. De toute façon, il faut appeler un chat un chat et on le voit d’ailleurs dans la poule Nationale, des grandes équipes qui ont fait l’histoire du rugby français, et il en a plein, qui sont aujourd’hui dans des petites villes et qui, à terme, vont avoir de grandes difficultés à pouvoir survivre dans une petite ville par rapport au rugby. On voit bien aujourd’hui que les métropoles vont développer un rugby et un sport en général puisque, financièrement, on est sur d’autres planètes. Aujourd’hui, Saint-Jean d’Angély, 7 500 habitants, Cognac, 25 000, et, je parle de Saint-Jean, une ville de 7 500 habitants en Fédérale 1, c’est quand même compliqué. Vous savez que, quand vous êtes dans une zone de revitalisation comme nous l’étions, c’est compliqué financièrement de pouvoir faire vivre une équipe de ce niveau-là. Après, effectivement, les gens disent  » on n’est pas obligé de jouer à un niveau aussi important « . C’est vrai, on peut jouer à un niveau moindre mais moi, pour avoir le club en Promotion d’Honneur il y a 22 ans, j’ai quand même vu malgré tout mon école de rugby grossir avec les résultats de l’équipe senior, c’est à dire que, plus on est monté de divisions, plus on avait de gamins à l’école de rugby. Parce-que quoi qu’on dise, dans une ville où un gamin veut s’identifier, on rentre plus dans un magasin qui a une belle vitrine que dans un magasin qui n’en a pas; même s’il faut travailler ces informations. Donc, il fallait se dire  » nous sommes une petite ville donc nous sommes contraints et forcés, de par la population qui est de moins en moins importante, parce-que la démographie de ces petites villes ne font que descendre « . Donc, si on réfléchit à long terme, on se dit  » OK, on va avoir de moins en moins de gamins et donc, avoir de moins en moins de moyens dans ces  » villes dortoirs  » de province  » et alors, on adapte les niveaux à ces problèmes-là. C’est une vision des choses mais il y en a une autre qui consiste à se dire  » non, on va essayer de créer quelque chose, de créer de l’engouement, d’amener un certain nombre de gamins dans ce club  » . Qu’est-ce qu’il faut faire pour faire ça ? Il faut être ambitieux, il faut avoir une belle image c’est à dire les seniors qui jouent un beau rugby à un bon niveau et derrière, il faut surtout investir financièrement dans la formation. Et concernant le 2e volet qui sont les finances, on a quand même plus de finances à mettre dans la formation quand on est deux que quand on est seul. 

 

L’année dernière, quand nous avions eu Christophe Hamacek en interview, il avait un cheval de bataille qui était la réforme de la loi Evin parce qu’il disait  » le jour où la loi Evin sera réformée, Cognac sera en Top 14 ou en Pro D2 « . Est-ce que vous avez repris le flambeau ?

 

Lui disait ça, moi, je ne sais pas, je ne suis pas bien sûr. Il est certain que, sur Cognac, on a quand même de très, très grosses entreprises qui, si elles veulent s’intéresser à nous demain, on peut avoir un budget, peut-être pas de Top 14 mais de Pro D2 sans souci. Maintenant, aujourd’hui, je pense que nous ne sommes pas suffisamment attractifs pour qu’ils puissent venir donc, c’est à nous de travailler de un sur la formation et de deux sur l’image du club pour que l’on devienne suffisamment attractif demain pour que ces grandes maisons puissent s’intéresser à nous et viennent nous aider de façon importante ce qui, en effet, n’est pas le cas aujourd’hui. 

 

Quelle est la feuille de route sportive que vous avez fixée à votre staff ? 

 

Cette saison, nous voulons jouer le maintien. Vous savez, quand nous avons accepté l’aventure de la Nationale, nous faisions partie des bons clubs de Fédérale 1 dans la poule où l’on était. On s’est dit  » on va monter en Nationale  » tout en se demandant quel en était le risque pour notre projet qui est de grandir. Et bien, c’est de descendre la première année parce-que là, on met un frein très important à notre projet car je pense que, pour sortir de la Fédérale 1 et remonter en Nationale, ça sera compliqué puisqu’il faudra être finaliste. Donc, aujourd’hui, c’est le maintien, essayer de l’assurer le plus vite possible pour travailler dans la sérénité sur cette fin de saison. Mais nous, ça ne sera que le maintien. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-22-septembre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Christophe Lacombe, lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 22 septembre 2020

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