#Football – Coupe de France / S.Ferrero (Fleurance) « Créer la carte locale Fleurance et la Lomagne. »

Pour ce quatrième tour de Coupe de France, l’AS Fleurance doit voir encore plus grand. Après avoir éliminé le voisin Auscitain, les Gersois doivent maintenant affronter Balma pensionnaire de National 3. Avant la rencontre, le coach Gersois, Sébastien Ferrero, en a profité pour évoquer les ambitions de son équipe cette saison et l’état du football au sein de son département.

Pour Sebastien Ferrero, Fleurance doit prendre une place importante dans l’avenir du foot Gersois / Crédit DDM

Avant d’affronter Balma, il vous a fallu en découdre avec Auch et l’emporter 2-0. C’est une jolie performance que vous avez réalisée au tour précédent !

C’est le club phare du département. Historiquement il y a eu pas mal de derbys sur les dernières saisons. C’était bien sûr une belle performance et nous étions contents de l’emporter.

Quels facteurs ont permis justement ce succès ?

Depuis le début nous faisons une préparation cohérente. Les joueurs sont nombreux aux entraînements même si j’aimerais qu’ils soient encore plus nombreux. On en veut toujours plus. Nous arrivons à brasser entre 25 et 30 joueurs qui viennent s’entraîner régulièrement. Au total 18 joueurs peuvent jouer à ce niveau R2. Nous avons pas mal bossé avec de nombreuses séances. Nous étions jusqu’à septembre à quatre séances par semaine pour passer à trois. Ce qui est rare pour un club de R2, on passe plutôt à deux séances à ce niveau-là. Mais comme nous avons pris six mois d’arrêt, il fallait relancer un peu tout le monde. Après sur le match contre Auch, nous avons un scénario heureux. Auch est sûrement meilleur, mais nous avions plus d’envie, marquons dès l’entame et juste avant la mi-temps. Nous marquons sur des temps importants. Ce qui nous permet de mieux gérer le match et l’adversaire.

Cette victoire est à mettre en comparaison avec des débuts compliqués en championnat. Quels seraient vos objectifs dans cette poule D de R2 cette saison ?

Par rapport à l’effectif et aux capacités du club, il nous faudrait être dans une première partie de tableau pour pouvoir travailler sereinement et pouvoir asseoir le club et travailler sur l’avenir. Fleurance est un club historique du Gers faisant office de deuxième club départemental. Peut-être pas en terme de licenciés, mais historiquement le club de Fleurance a toujours navigué entre la R1 et la R2. Il y a plusieurs périodes avec des épopées en Coupe de France et plusieurs générations de joueurs ont écrit l’Histoire de ce club. Le club a une certaine maturité. Après, lorsque l’on voit la différence entre les club ruraux et les clubs dits plus urbains qui ont davantage de moyens et d’infrastructures, l’écart se creuse. Pour nous, l’idée est de ne pas avoir un gros écart avec ces clubs. Espérer aller plus haut c’est avoir d’autres moyens, d’autres infrastructures et une école de foot performante. Je ne sais pas si le bassin de population et si le club a les moyens d’aller plus haut. Nous essayons de notre côté de jouer avec des jeunes issus des villages alentours. Nous avons quelques jeunes étudiants, mais ils jouent le jeu de venir s’entraîner en semaine. C’est intéressant pour pouvoir les intégrer à un groupe de R2. Ça pourrait peut-être permettre de créer la carte locale Fleurance et la Lomagne.

Pour vous clairement le football à Fleurance passerait donc par un attachement des jeunes au club jusqu’à un potentiel départ de leur part post-études…

Oui, après économiquement parlant, le secteur de Fleurance est assez dynamique. Nous avons quelques joueurs qui ont rejoint le club et font leur vie dans le secteur. Même si aujourd’hui, les jeunes bougent beaucoup et cassent les frontières, ils peuvent rester ici. Nous avons un magnifique département, des conditions de vie qui sont bonnes. On peut presque tout avoir : à la fois l’épanouissement professionnel, familial et sportif. C’est un des coins du département qui peut jouer au rôle fort dans le Gers. Il faut un club fort comme Auch qui serait l’ascenseur sportif. C’est le club de référence et ça existera toujours. Mais il faut aussi des clubs à la périphérie qui sont là et qui bossent. Quand je jouais, notamment à Muret, lorsque nous nous déplacions à Fleurance, il fallait réussir à s’y déplacer. Même si le rugby est très présent, il y a une fibre football. Il faut continuer à faire vivre cette fibre de génération en génération.

A Auch on déplorait l’été dernier les écarts peut-être un peu trop important parfois entre les formations Gersoises. Cette fibre pourrait-elle être le facteur d’un essor du foot gersois en terme de résultats pour permettre à plusieurs clubs du département de jouer les premiers rôles ?

Je suis de la génération qui a joué à Auch lorsque le club a passé un cap dans les années 2000. Nous étions restés quatre-cinq ans en N3. Depuis Auch touche du doigt ce niveau. Je pense qu’en entrant des jeunes du département, à terme, des clubs comme Auch ont les moyens de rester en N3. Surtout qu’aujourd’hui, ce niveau est régional. J’ai connu la N3, on montait jusqu’à Nantes ! On se faisait tout le côté ouest. Aujourd’hui nous sommes dans une N3 Occitanie. En travaillant sur l’encrage des joueurs et en ayant des clubs périphériques comme le notre ou encore Gimont, Vic Fezensac, L’Isle Jourdain… Est-ce que nous avons fait les bons choix en ne se rassemblant pas plus tôt ? Pour pouvoir lutter et amener de la consistance, il faudrait avoir aux quatre coins du département quatre pôles pour sortir des jeunes en effectif senior avec un certain niveau. C’est délicat quand on doit lutter contre des grosses métropoles. Nous ne sommes pas à armes égales. Lors de mes années à Gimont, j’ai pu voir l’écart qui se creusait entre ces clubs qui n’ont pas d’interruption dans la saison et les autres, pas forcément Gersois, mais qui subissent la saison hivernale. Les apprentissages sur des surfaces rapides comme du synthétique, les jeunes apprennent beaucoup plus vite et derrière ça fait une différence sur la compétition. C’est inévitable. Plus ça va et plus les écarts peuvent se créer. C’est pour cela qu’il faut qu’on arrive, nous les petits clubs avec nos moyens, à ne pas prendre trop de retard et à s’organiser notamment pour un terrain synthétique. Avec nos armes, nous essayons de faire bonne figure.

Propos recueillis par N.Portillo

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s