#Rugby – Fed1 / D.Lelievre (ASBC) : «Nous sommes convaincus d’avoir un très bon groupe, supérieur à celui que nous avions la saison dernière.»

En pays provençal, dans le Vaucluse, David Lelièvre, le président de l’AS Bédarrides-Châteauneuf du Pape a vécu son 3eme derby consécutif victorieux face à Châteaurenard. Alors qu’ils allaient défier Drancy (Victoire 8-27 en Seine Saint-Denis) et après un succès de prestige, et ce malgré une copie loin d’être parfaite contre « chatô », l’ASBC et son président ont définitivement lancé leur saison 2021. À l’image de son manager Arnaud Vercruysse, David Lelièvre n’était pas très enjoué par la prestation de « Beda » lors de son premier au vue des efforts consentis par les dirigeants pour effectuer un recruté qualitatif. Dans ce territoire confluent d’autant de rivières que de passions, l’ « étape Drancy » a sûrement rassuré l’état-major local tout comme les aficionados. Mais pour les vauclusiens comme l’ensemble du rugby français, le contexte sanitaire actuel inquiète et génère énormément de questionnements en tout genre. Entretien avec le président d’un club ambitieux, qui essaye de faire perdurer la dynamique des dernières années , tout en tentant d’appréhender un parcours que le Covid a semé d’embûches.

On dit qu’un bon derby est un derby gagné. Ce week-end, tes hommes recevaient Châteaurenard et ça s’est plutôt bien passé pour vous ? 
Oui, effectivement, mais on retiendra qu’une seule chose de ce week-end, c’est la victoire puisque le reste a été plutôt décevant. Je ne suis pas là pour faire la fine bouche mais décevant dans le contenu, beaucoup de déchet. On ne peut pas les blâmer non plus puisqu’il n’avait qu’une mi-temps dans les jambes vu que nous n’avions fait qu’un seul match amical contre Mazamet et que l’équipe qui a joué ce dimanche n’avait joué qu’une seule mi-temps puisque nous avions fait une rotation complète de l’effectif sur la rencontre amicale. On était heureux de commencer le championnat, commencer par un derby reste toujours compliqué et particulier mais bon, comme je l’ai dit, l’essentiel est là, nous avons pris les quatre points. 
C’est ce que j’allais dire, tu ne vas quand même pas bouder ton plaisir et l’essentiel de cette victoire. Et puis, ça lance définitivement cette saison de l’AS Bédarrides-Châteauneuf du Pape parce qu’avec toutes les misères qui arrivent à tous les clubs, à un moment donné, tu as dû te gratter la tête et te dire  » est-ce qu’on va bel et bien commencer ?  » ? 
Surtout que, dimanche matin, on pensait que l’on n’allait même pas pouvoir jouer à cause de la météo. 
Vous avez voulu imiter Albi ? 
Voilà (rires). Je me suis dit  » vraiment, le sort s’acharne « , il est tombé des trombes d’eau toute la journée de samedi, c’était un véritable déluge. Heureusement, en milieu de matinée, ça s’est calmé, ça s’est totalement levé et le terrain a bien absorbé ce qu’il avait à faire, il était certes gras mais très largement praticable. Mais j’ai vraiment eu cette crainte-là à un moment. 
Si on comprend bien, c’était un bon vieux derby à l’ancienne, avec le terrain qui va bien et tout ? 
Oui, avec certains aspects qu’on avait à l’ancienne qui n’étaient pas là non plus, certains ingrédients, si tu vois ce que je veux dire. 
Totalement. En parlant des derbys, il y a toujours un folklore autour et une ambiance. Malgré les conditions sanitaires, les restrictions et la distanciation sociale, est-ce que ce derby a eu la convivialité et la ferveur des autres cuvées ? 
Pas totalement. Cela dit, nous avons été agréablement surpris lorsque nous avons fait les comptes avec le trésorier lundi matin
Le trésorier est le plus heureux un lendemain de derby
Tout à fait. Par rapport au record de l’an dernier, nous sommes en dessus mais il y a deux ingrédients majeurs : la météo qui n’avait rien à voir l’année dernière où c’était vraiment une journée d’été et puis ces restrictions Covid puisque nous avions une jauge à 1 500 personnes. Dans notre grande décontraction, nous n’avons pas forcément contrôlé les choses mais, en total billets, que ce soit les invités ou les payants, nous avons vraiment eu 1 400 et quelques donc, nous avons finalement respecté les contraintes de notre préfet qui étaient, pour nous, une jauge à 1 500 personnes. Pour répondre à ta question, la convivialité était là du coup, beaucoup de monde tout en restant relatif et oui, nous sommes plutôt satisfaits de cette journée sur le plan comptable, sportif et financier. 
Qu’a pensé Arnaud Vercruysse, ton manager, l’homme qui chapeaute maintenant le sportif à l’AS Bédarrides-Châteauneuf du Pape, de la prestation de Bédarrides ? La victoire j’imagine ? 
Nettement plus largement, il a beaucoup plus développé que cela. Il a pris la parole directement à la rentrée dans le vestiaire après le match et il a clairement exprimé aux joueurs son mécontentement. On a eu un long débrief tous les deux hier matin et ce que l’on se disait encore, c’est que, compte-tenue de tout ce qui a été reproché au groupe et que l’on a eu une victoire contre une très belle équipe de Châteaurenard qui est très, très costaud et qui était vraiment venue pour défendre avec un premier rideau, si on arrive à travailler encore nos marges de progression, ça ne peut être que du bonheur pour la suite. Mais oui, comme l’ensemble du staff, Arnaud a été très déçu sur la manière de gérer les combinaisons sur les touches, au niveau de la mêlée, nous avons été présents 35 minutes et après, on s’est complètement éteint. L’intelligence dans le jeu n’était pas là non plus sur les incitatives donc, beaucoup, beaucoup de sujets à travailler cette semaine. 
Il y a bientôt trois ans, vous étiez champions de France de Fédérale 2 et vous accédez à la Fédérale 1. La première année, vous jouez le maintien, la seconde année, vous tombez dans  » la poule de la mort « , vous jouez le maintien et un peu plus si affinités. Quand on entend tes propos, on a l’impression que le curseur et le niveau d’exigences sont élevés cette année ? 
Oui, toute proportion gardée compte-tenu des moyens financiers que l’on a pu mobiliser sur le recrutement. Mais nous sommes convaincus d’avoir un très bon groupe, supérieur à celui que nous avions la saison dernière. Au niveau des ambitions, quand tu as quelqu’un comme Arnaud Vercruysse à tes côtés qui est peut-être encore plus ambitieux que nous le sommes, nous dirigeants, l’objectif est la qualif. Ca, nous l’avons dit dès le départ et si possible, le plus haut possible afin de recevoir en 8e de finale. 

En parlant de qualif, avec tous ces matches reportés, est-ce que tu commences un peu à voir quels seront les adversaires de Bédarrides pour la qualif ou alors est-ce trop obscur par rapport à la situation des reports ou de matches qui se font à bout de souffle ? 
Ca reste encore compliqué. Déjà, nous n’en sommes qu’à la 2e journée, même si nous avons eu la chance de jouer deux matches. Rumilly a fait fort ce week-end, le Stade Métropolitain aussi, ce sont des gens qui étaient déjà identifiés comme des favoris potentiels, Beaune également. Mais attendons que tout le monde ait pu accomplir 4 ou 5 matches pour commencer à identifier les principaux rivaux dans cette course à la qualification. 
Avant de parler de qualification, il va falloir se déplacer dans certaines contrées assez lointaines. On voit aussi qu’il risque d’y avoir des matches qui peuvent être annulés à la dernière seconde avec ce contexte du Coronavirus. Vous vous êtes faits une petite cagnotte à Bédarrides, une poire pour la soif financière au cas où il y ait besoin de faire deux déplacements  au même endroit parce-que le match est reporté alors que vous vous êtes déjà déplacés, un peu à l’image de Bourgoin qui s’est déplacé à Albi mais n’a pas pu jouer ? Ce n’était pas pour le Coronavirus mais pour cause de météorologie mais avez-vous un peu anticipé face à cette saison un peu hors du temps où il va y avoir un calendrier à tiroirs ? 
Non, parce-que nous n’avons pas les latitudes financières pour intégrer ces excédents de trésorerie que l’on devrait avoir. Donc, nous avons pris le parti de gérer cela comme nous le faisions les saisons précédentes, à savoir comme l’a connu effectivement Bourgoin, que tu arrives et que le terrain est impraticable, tu sais que tu repars à nouveau. Mais, comme je vous l’ai déjà dit à tous, nous avons un budget qui est moins 20% par rapport à l’année dernière, que nous sommes en train de consolider avec nos partenaires et de nouveaux partenaires. Nous n’avons pas d’excédent budgétaire qui nous permettrait de dire  » on va aller deux fois à Drancy, deux fois à Mâcon, deux fois à Beaune « , on gèrera au fil de l’eau. Le week-end prochain, nous allons à Drancy, tout est calé au niveau des TGV. Il y a un petit groupe de 60 personnes qui part, donc, ça reste assez restreint, puisque nous avons les deux équipes, espoirs, première et leurs staffs. Donc, en bons pères de familles, nous allons gérer cela au fil de l’eau mais sans réserve et sans trésor de guerre en sécurité. 
Tu vas croiser les doigts pour qu’il n’y ait pas de grève TGV ? 
Ne parle pas de malheur (rires) ! Entre le Covid et la météo, si en plus les syndicats s’y mettent, ce n’est pas possible. On a de la chance, on joue le dimanche, en général, ils font la grève en semaine pour embêter le monde. 
Malgré ce contexte et ce championnat qui se fait tant bien que mal, ça fait quand même du bien de revoir le ballon, de revoir les joueurs et de revoir le public dans un stade de rugby ? 
Oui, ça, c’est qui nourrit tout le monde, la passion qui nous anime tous. On travaille toute l’année pour cela donc, ça fait beaucoup de bien à tout le monde. Il y avait beaucoup, beaucoup de sourires malgré les masques sur les visages ce week-end, qui plus est, il y avait la victoire donc les sourires étaient encore plus larges. Ca fait beaucoup de bien et on se languit que tout cela se consolide pour vraiment prendre un rythme de croisière définitif pour cette saison qui sera, je l’espère, très bientôt définitivement lancée. 
Question bonus : il y a quelqu’un que l’on aime bien à Bédarrides, en plus d’Arnaud Vercruysse, c’est l’ancien président, ton prédécesseur David Bellucci. Qu’est-ce qu’il devient, est-il toujours dans le packs des dirigeants de l’ASBC ? 
Oui, David est l’un des vice-présidents. On ne sait pas si c’est le Covid ou pas mais il est couché depuis vendredi avec beaucoup de fièvre et de courbatures donc il a tous les symptômes qui vont bien. J’ai encore sa compagne récemment au téléphone qui me disait que ça n’évoluait pas plus dans un sens que dans un autre. Donc, une pensée amicale pour David bien évidemment par ce biais-là mais sinon, oui, il est investi. Il est trésorier du Comité Départemental du Vaucluse et, comme je l’ai dit, il est vice-président avec moi. 
Toujours avec les couleurs et la ferveur collées au cœur comme on dit ? 
Exactement, passionné avec l’ASBC dans les veines. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-22-septembre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de David Lelievre lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 22 septembre 2020

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