#Rugby – Nationale / M.Kribache (Bourgoin) : «On s’attend à un très gros match!»

En Berjallie, on s’attelle malgré des jauges restrictives à 1000 personnes au stade Pierre Rajon, à préparer au mieux la réception du Stado Tarbes Pyrénées Rugby, une des équipes du trio de tête de Nationale. Pour cette 3eme journée de la division passerelle avec la ProD2, le CSBJ voit arriver le robuste pack tarbais qui viendra chercher un match référence en Isère. Mais du côté de Bourgoin, malgré le manque de rythme dû au report du match face à Albi, on compte bien faire perdurer l’invincibilité à domicile et prendre la bonne corde dans ce premier virage sportif de la saison. Pour nous présenter cette confrontation entre bastion du rugby, nous sommes allés à la rencontre de Mohammed Kribache, un pur produit de la formation ciel et grenat, qui fait son comeback après 3 saisons en terre landaise.

 

Crédit photo Etienne Martin

 

Tu fais cette année un come-back dans tes terres natales et de formation, en Berjallie, à Bourgoin pour venir relever un magnifique défi, celui de ce championnat National ? 

 

Oui, j’avais à cœur de revenir un jour ou l’autre à Bourgoin. Ce fut cette année et ça tombe bien puisqu’il y a cette nouvelle division nationale qui a été créée. C’est une poule intéressante avec beaucoup de grosses écuries qui sont susceptibles de monter directement en Pro D2. Peu importe l’équipe qui montera, elle fera bonne impression en Pro D2 parce-que ce sont des équipes qui sont quand même armées, qui ont fait de très gros recrutements cet été. La plupart des équipes se sont servies de cette crise sanitaire pour récupérer pas mal de joueurs qui étaient  » sur le carreau  » et c’est très bien pour ce championnat et pour ces équipes d’avoir 14 équipes du même niveau qui jouent la même chose, à savoir se qualifier dans les six premiers. 

 

Pour rappeler ton parcours, tu as été formé à Bourgoin, tu as passé 10 saisons en Berjallie et puis, tu es parti dans le Sud-Ouest, à Mont-de-Marsan, en Pro D2. Est-ce que ça fait du bien de parfois changer de cap, de changer de prisme et d’aller un peu ailleurs pour  » s’ouvrir les chakras  » ? Ça t’a permis d’évoluer dans ton rôle de talonneur ? 

 

J’ai passé un peu plus de temps à Bourgoin, 12 années, j’y suis arrivé quand j’avais 17 ans. C’est mon club, j’ai fait mes écoles à Bourgoin et je suis quand même parti à contrecœur parce-que le club avait beaucoup de choses à gérer extra-sportives. Il y avait beaucoup de problèmes dans ces années-là donc je suis vraiment parti à contrecœur.  Mais, il est certain que ça a été un mal pour un bien parce-que mes trois années à Mont-de-Marsan m’ont fait grandir, découvrir autre chose et je pense que j’en avais besoin pour trouver de nouveaux repères, me remettre en question. C’est bien aussi de tomber dans un club où il faut tout le temps faire ses preuves même si je suis plutôt dans une mentalité où rien n’est acquis et qu’il faut tout le temps prouver malgré l’âge et la situation, il faut tout le temps se remettre en question. D’un point de vue personnel, c’était une très belle expérience et le club de Mont-de-Marsan était très ressemblant à Bourgoin. Ils ont voulu me garder mais j’avais vraiment à cœur de revenir dans la région et de retrouver mes racines. Bourgoin avait un projet intéressant avec la Nationale et tout ce qui allait avec donc je n’ai pas mis longtemps à me décider. 

 

En plus, tu es parti de Bourgoin après la descente de Pro D2, qui a été un moment déchirant pour le club, un club qui avait des problèmes financiers. Tu reviens dans un club qui est quasiment tout beau, tout neuf avec une nouvelle SASP qui a été créée et de nouvelles ambitions de remonter en Pro D2. Ca a du te faire bizarre en revenant de retrouver un club  » sur les rails  » ? 

 

C’est sûr (rires). Lors des dernières années à Bourgoin, on avait beaucoup de problèmes extra-sportifs ce qui fait que, malheureusement, nous n’étions pas à 100% sur le terrain. C’était quand même notre boulot, il fallait qu’on mange et du coup, il était parfois compliqué de gérer le sportif et l’extra-sportif. En revenant et en voyant tous les efforts faits par le club sur des choses basiques, ça ressemble plus à un club professionnel qu’avant alors que nous étions en Top 14 / Pro D2. J’arrive ici alors que nous sommes en Nationale mais au niveau structuration et de tout ce qui est extérieur, j’ai l’impression d’être dans un club de Top 14 ou de Pro D2, qui gère bien les choses, qui fait les choses les unes après les autres, qui ne saute surtout pas les étapes. Ça, c’est gratifiant et on a envie que d’une chose, c’est de leur redonner un peu tout le travail qui a été fait pendant ces trois dernières années, de redonner au président, aux managers, à toutes les personnes qui entourent ce club. C’est beau parce-que, malheureusement, beaucoup de clubs ont eu la même situation que nous, je pense à Auch qui a eu du mal à trouver quelqu’un, et quand je vois que Bourgoin est toujours là, ça donne énormément d’espoir. Nous, joueurs, on ne saute surtout pas les étapes, on sait que si on veut que tout ça continue à marcher, il va falloir que le sportif marche aussi donc, nous avons quand même une pression à avoir au fond de nous. 

 

Bourgoin est un club illustre avec un passé que tout le monde connaît mais aussi un stade mythique avec un public qui l’est tout autant. Tu es l’un des chouchous de ce public ? 

 

Chouchou, je ne sais pas mais il est sûr que rentrer à Rajon est un truc exceptionnel. C’est l’un des seuls stades qui existent encore un peu à l’anglaise avec des supporters très près, des gens qui viennent tout le temps au stade que ce soit pendant les matches ou pendant les entraînements. C’est vraiment un club aimé dans toute la région mais c’est aussi un club connu partout en France et ça, c’est énorme. C’est très spécial de jouer à Rajon et c’est pour cela que, quand on y est, on est transcendé et quand le public suit, c’est franchement exceptionnel. 

 

Tu as vu, le week-end dernier à Albi, ils ont voulu vous mettre dans les mêmes conditions qu’à Rajon. Ils ont appris qu’il y avait une tribune qui s’appelait  » la piscine « , du coup, ils ont décidé de faire une piscine géante au Stadium. Peut-être un peu trop parce-que le match a été annulé mais vous n’étiez pas dépaysés ? 

 

C’est sûr (rires). Franchement, en l’espace de deux heures de temps, c’était incroyable. Nous étions dans les vestiaires pour nous changer, on a mis entre 20 et 30 minutes avant de sortir dehors pour s’échauffer et c’était franchement incroyable, il y avait du vent, une pluie impressionnante et malheureusement, ça a été annulé. Mais que ce soit pour Albi, pour nous ou même au niveau sécurité, je pense que l’arbitre a fait le bon choix parce-que ça pleuvait vraiment énormément. Quand on voit parfois des photos sur les réseaux du fameux tunnel d’Albi qui rentre sur le terrain où l’eau arrive au niveau des genoux des 2es lignes, je pense que nous, les 1ères lignes, on était presque au niveau buste (rires). 

 

Comment est-ce qu’on appréhende ça ? Parce qu’il y a eu tout un cérémonial, le match devait commencer à 19h puis, il a été reporté à 19h10puis encore à 19h25. Quand on est joueur, qu’on est chaud et prêt à rentrer sur le terrain, comment fait-on pour garder un peu la machine au chaud ? Et quel est l’état d’esprit parce-que, pendant 20 minutes, vous ne saviez pas si vous alliez jouer ou ne pas jouer ? 

 

Complètement. On rentre, au début, c’était un décalage de 10 minutes donc, on essaie de redescendre un peu en pression, de faire un retour au calme pour se réactiver 5 minutes avant mentalement et physiquement. Là, on nous annonce 5 minutes donc, c’est encore une autre chose, on essaie de faire un retour au calme mais aussi de garder les muscles au chaud parce-que ça pleuvait beaucoup et que les muscles avaient refroidi rapidement. Et plus le temps passait, plus on voyait les gens bouger dans les couloirs et dans nos têtes, on se disait qu’il allait se passer quelque chose. Nous joueurs, nous étions prêts, nous avions fait le voyage, on s’était bien préparé, Albi était prêt aussi donc, je pense que pour nous les joueurs, si ça avait décalé de 30 ou 40 minutes ou même de une ou deux heures, on aurait géré. On aurait eu un retour un calme et après, on aurait réenclenché un échauffement, on va dire que ça n’aurait pas été un souci mais là, vraiment, niveau sécuritaire, je pense que les arbitres ont fait le bon choix. Mais nous, les deux équipes, je pense que nous étions prêts à jouer, la plupart d’entre nous aime bien ces temps-là. Ce sont des matches engagés où le mental joue beaucoup donc, nous, nous étions prêts et je pense qu’Albi aussi. 

 

Et puis, c’était un match entre deux gros packs où tu aurais eu à faire ? 

 

Oui, c’est ça. Ils ont un très gros pack et nous, pour le moment, nous avons aussi un très bon pack. Je pense qu’ils sont un peu en avance sur nous mais on travaille tranquillement de notre côté. Nous avons eu pas mal de changements à l’inter-saison donc, on essaie petit à petit mais il est sûr que nous étions prêts à affronter ce pack et c’est tout le temps gratifiant de jouer de gros packs comme ça. Albi a toujours été un gros pack et un gros 8 de devant, que ce soit dans les années Pro D2 / Top 14, c’est aussi un peu à l’image de Bourgoin. C’est un club familial comme nous, on représente un peu les mêmes valeurs et les mêmes choses donc, il est certain que nous étions prêts à les jouer. 

 

On va aussi revenir sur ce match face à Dijon qui a été le match inaugural. On pensait qu’à la maison, vous alliez châtier les Bourguignons mais il a été beaucoup plus compliqué que ça de se dépêtrer de cette équipe ? 

 

Oui, beaucoup plus que cela ! Je pense que les premiers matches sont toujours compliqués, on l’a vu un peu avec le résultat de toutes les équipes. C’est compliqué de se mettre en place, surtout sur les premiers matches quand on reçoit à la maison, on a beaucoup plus de pression alors que les équipes viennent sans pression parce-que c’est le premier déplacement. Après, il est sûr que nous avons eu énormément de mal et tant mieux parce qu’on a pu travailler des choses, remettre des choses en place et redescendre un peu pour bien bosser. Les coaches nous ont fait énormément bosser et franchement, pour moi, c’était vraiment un mal pour un bien. Ça aurait été plus dur à gérer si on avait mis 40 point à Dijon pour ensuite se déplacer à Albi. Là, on a pris une grosse pression par Dijon qui est aussi une très belle équipe et ça nous a fait du bien parce-que, franchement, on peut s’estimer heureux d’être rentrés devant à la mi-temps. Après, on a un peu remis les choses en place en 2e mi-temps, on a joué notre jeu et je pense vraiment que c’était aussi un mal pour un bien pour l’équipe. Ils nous ont un peu cassé la tête et c’était très bien pour un premier match. 

 

Pour ce second match à Rajon s’annonce Tarbes qui a fait un très beau début de saison. Ils sont actuellement 3es de la Nationale avec un match nul face à Nice et une victoire face à Massy. C’est leur premier déplacement et ça a tout de la gueule du match piège ? 

 

Oui, c’est certain. Pour nous, ça va être notre deuxième match puisque le précédent a été annulé, il est sûr que l’on s’attend à avoir une grosse opposition avec des temps un peu particuliers et un terrain gras parce qu’il a beaucoup plu dans la région cette dernière semaine. Tarbes est une équipe qu’on aime bien jouer parce-que c’est aussi un pack assez lourd avec pas mal d’expérience. Il est sûr que l’on s’attend à un très gros match, ils vont venir pour faire le coup parfait parce-que nous ne sommes pas au mieux. Mais nous serons prêts, on s’est préparé pour et nous allons vraiment nous focaliser sur nous, sur notre jeu, sur nos valeurs à nous et après, on verra par la suite. On respecte Tarbes, on respecte toutes les équipes mais on va être à la maison donc, à nous de faire le taf. 

 

Tu n’as pas peur qu’avec ces matches reportés, ça fausse un peu le championnat en termes de rythme, de condition physique entre les équipes ? 

 

Si, forcément. Il est sûr que s’il y a encore beaucoup de matches annulés et surtout des matches reportés au mois d’Avril, ça va être un peu compliqué. Je pense que tous les clubs et tous les managers ont pris ça en compte au niveau des entraînements, les semaines où ça sera annulé, ce seront des entraînements beaucoup plus intensifs en condition de match et c’est normal pour ne pas perdre le rythme. On sait très bien qu’après une semaine sans jouer, on perd le rythme assez facilement, surtout là que nous allons jouer Tarbes qui eux, ont enchaîné les matches. Donc, ils vont avoir du rythme et à nous d’imposer notre rythme et de leur montrer que, même si on n’a pas joué, nous nous sommes entraînés très fort cette semaine pour être prêts ce soir. 

 

Et puis, on se doute que le coach Tubert doit avoir une tactique derrière la tête ? 

 

Une tactique, c’est sûr et certain, je l’espère bien (rires). Après, on peut avoir n’importe quelle tactique, si on ne met pas les bases d’entrée, ça peut tout fausser. Donc, il est sûr que nous aurons un cadre et une stratégie mais il va déjà falloir répondre dans le B A-BA du rugby, surtout dans des conditions comme ça. A nous les joueurs de nous préparer personnellement avant ce soir

 

Tu es revenu à Bourgoin pour finir ta carrière en Berjallie, plus d’aller-retour dans le Sud-Ouest ? 

 

 Non, plus d’aller-retour sauf pour aller voir les amis parce qu’à Mont-de-Marsan, on a gardé énormément d’amis avec ma compagne. Nous étions quand même très bien là-bas, c’était un club très familial mais j’avais vraiment l’optique de revenir dans la région pour finir ma carrière ici parce-que c’est là que j’ai commencé et c’est là que j’aurai voulu faire toutes mes années de rugby. L’extra-sportif de ces dernières années avait pris le dessus mais je suis vraiment heureux et satisfait d’être revenu et d’attaquer ce nouveau projet du club. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-25-septembre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Mohamed Kribache lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 25 septembre 2020

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