#Rugby – Nationale / O.Pouligny (Suresnes) : «Il faut qu’on soit conquérant et non pas que l’on subisse.»

Nous sommes allés faire un tour dans les Hauts-de-Seine avec le RC Suresnes, pour prendre le pouls après deux journée de championnat. L’un des co-présidents du club suresnois, Olivier Pouligny, a bien voulu revenir avec nous sur les déplacements à Cognac et Aubenas qui se sont soldés par deux défaites bien distinctes dans le contenu. Mais au delà de la déception de ne pas avoir su verrouiller le match inaugural face aux charentais, le dirigeant altosequanais se projette sur la réception cet après-midi du mythique RC Narbonnais. Focus sur un club en plein apprentissage dans cette 3eme division semi professionnelle, mais qui compte aborder la suite de la compétition avec un état d’esprit conquérant.

 

 

Suresnes a plongé dans le grand bain de la Nationale, pour le moment sans victoire, mais ce n’est pas passé loin à Cognac ? 

 

Non, ça n’est pas passé loin, nous avons ramené le bonus défensif et nous avons surtout été capables de produire le jeu que nous avons envie de mettre en place tout au long de cette saison. Je crois que nous avons surpris Cognac par l’envie de jouer, nous avons réussi à beaucoup marquer mais, malheureusement, on s’est fait contrer deux fois d’affilée alors que nous étions bien devant au score. On a permis à Cognac de revenir et à nous dépasser sur la fin par deux pénalités de plus de 50m. C’est un regret parce-que, sur la physionomie du match, je pense qu’on méritait mieux qu’un bonus défensif et ça nous aurait permis d’avoir un peu plus de confiance pour rentrer dans cette poule Nationale qui est relevée mais qui donne l’impression d’être beaucoup plus homogène que ce que nous pouvions imaginer les uns et les autres. 

 

Si je résume tes propos, il y avait peut-être la place d’aller chercher 4 points à Cognac ? 

 

On aurait dû aller chercher 4 points. Maintenant, c’est la vision côté Suresnes et j’imagine que si on demandait sa version à Fabrice Landreau, elle serait peut-être différente mais, pour avoir discuté avec lui à la fin du match, il était très content du score.  

 

Comme on dit, il a senti le vent du boulet passer pas loin ? 

 

Clairement (rires). Donc, c’est un coup loupé pour nous, on revient avec un point de Cognac qui était quand même premier de sa poule l’an dernier, ce n’est pas si mal. Et puis, on a vu la semaine suivante à Aubenas qu’il ne fallait pas s’endormir parce-que là, nous n’avons pas joué du tout. Nous avons été privés de ballon et on s’est retrouvé à repartir avec 0 point. On a vu que dans l’agressivité, au sens positif du terme, nous avons été complètement pris et battus donc, maintenant, on sait à quoi s’attendre. C’est un groupe qui est jeune chez nous, qui doit rapidement grandir pour être capable de tuer un match comme on aurait dû le faire à Cognac ou de répondre par l’agressivité, encore une fois positive, comme on ne l’a pas fait à Aubenas. 

 

A Aubenas, il y a aussi un contexte particulier, c’est l’un des publics les plus chauds bouillants de Nationale. L’année dernière, vous étiez dans une poule où il n’y a pas trop de public comme ça, ça a peut-être aussi déstabilisé les joueurs d’arriver dans ce chaudron ? 

 

Oui, on a vu que ça poussait bien derrière l’équipe mais ils étaient contraints par une jauge à 1 090 donc, il y avait peut-être deux fois moins que ce qu’ils auraient dû avoir dans un match classique. 

 

Oui, d’habitude, il y en a de partout

 

Ils sont 2 500 / 3 000, ça tape dans tous les sens (rires). On le savait parce-que notre manager sportif a joué à Aubenas et il avait prévenu nos joueurs de ce à quoi il fallait s’attendre en termes d’ambiance. Mais, objectivement, je ne pense pas que ce soit cette ambiance-là qui ait fait que nous soyons passés à côté du match. Il y a une espèce de petite défaillance générale faite de plein de petits détails qui, les uns à la suite des autres, ont fait que nous n’avons pas du tout existé à Aubenas. 

 

Maintenant s’annonce un gros défi pour Suresnes, la réception de Narbonne, qui est affiché par les suiveurs et les médias depuis tout l’été comme un des favoris à l’accession en Pro D2. Pour une première réception, c’est de la réception ? 

 

C’est une grosse réception. Nous sommes hyper déçus parce qu’on vient de passer en Ile-de-France à une jauge de 1 000 personnes. Pour nous, ça n’est pas un drame dans un match classique parce-que nous n’avons pas un gros public mais sur ce match-là, le premier à Suresnes dont tout le monde parle dans la région parisienne depuis des semaines et des semaines, nous étions peut-être sûrs d’être à 2 500 / 3 000 personnes. C’est une frustration pour nous, nous sommes prêts, nous avons préparé ce match et je pense que le non-match à Aubenas doit nous servir en termes de motivation. Je m’attends à ce que nous ayons une équipe de 15 garçons qui soient complètement révoltés pour rentrer sur le terrain aujourd’hui. 

 

Il va falloir activer les esprits qui tournent autour du stade, du Mont Valérien et de la résistance ? 

 

On a Jean Moulin qui veille sur nous donc, je pense qu’il va nous filer un petit coup de main (rires). Il y a aura certes de la résistance mais, je pense qu’avant de parler de résistance, il faut qu’on soit conquérant et non pas que l’on subisse. Donc, à nous de faire en sorte de prendre le match à notre compte dès le début et s’il faut résister pour gagner à la fin, j’espère qu’on saura le faire. 

 

En introduction, tu nous disais que ce championnat était très surprenant. Massy, l’un des voisins de Suresnes, s’est pris les pieds dans le tapis à Tarbes et à Chambéry, l’année dernière, ils étaient seconds nationaux. C’est quand même une grosse surprise ? 

 

C’est une surprise oui et non. Je pense que nous avons tous fait trop vite des pronostics en disant qu’il y allait avoir 5 ou 6 équipes qui allaient se détacher. Il y en aura peut-être beaucoup moins, il y en aura finalement peut-être qu’une ou deux qui finiront par se détacher dans les premiers. Massy reste une très belle équipe qui, à priori, n’est pas encore bien rodée et, de ce qu’on a eu comme échos, s’est effectivement fait surprendre sur l’envie à Tarbes. A Chambéry, ils ne passent pas loin de la victoire et ils l’auraient même peut-être méritée parce qu’à la fin, ils dominent un peu outrageusement. Ca ne se joue pas à grand-chose, sans doute à l’image de beaucoup de matches que nous allons voir cette saison, des petits détails, une pénalité par-ci, par-là. Nous, on perd à Cognac par un excellent buteur qui met deux pénalités de plus de 50m sur la fin du match et on leur donne deux essais tout faits, des  » essais casquettes  » comme on dit. On aurait dû gagner à Cognac, peut-être qu’ils auraient dû gagner à Chambéry et là, on n’aurait pas dit la même chose donc, je pense qu’il faut attendre un petit peu. 

 

Comme tu nous le disais cet été, Suresnes est en apprentissage de cette Nationale. Chaque fois que l’on découvre quelque chose, on fait toujours de petites erreurs ou on trouve des choses que l’on aimerait réappointer. Avec le recul que vous avez, même si deux matches constituent un recul moindre, il y a des choses dans la préparation ou dans la façon d’aborder la Nationale que vous auriez changées à Suresnes, maintenant que vous êtes dedans ? 

 

Non, je ne pense pas. Je pense que, physiquement, nous avons fait une très, très bonne préparation et que nous nous attendions à un apprentissage qui, maintenant, va se faire au fur et à mesure des matches. C’est aussi pour cela que nous étions très contents de faire deux matches à l’extérieur plutôt que de démarrer à la maison. Le 3e match est à la maison, celui-là, il ne faut pas le louper, il faut que l’on marque des points dès aujourd’hui et pareil pour les futures réceptions, pour engranger un peu de sérénité en ayant un compteur qui se débloque. 

 

Avec le sujet d’actualité, qui est le Covid 19, on voit que les jauges baissent et que les restrictions grandissent. Est-ce qu’il y a une inquiétude du co-président que tu es de savoir si l’on pourra aller au bout de cette saison, s’il ne va pas falloir changer le format des compétitions ? On entend que cette solution serait envisagée au cas où une nouvelle vague de Covid viendrait submerger la France. Est-ce que c’est vraiment une inquiétude qui est prégnante pour un président de club ? 

 

Moi, je n’ai pas entendu parler de ces changements de compétitions, donc, peut-être que tu pourras m’en dire plus (rires). Inquiétude, oui, évidemment, nous sommes dans une épidémie qui progresse, même si elle est moins virulente, elle progresse donc, ça oblige à des restrictions. Pour l’instant, ça se passe bien pour nous mais on se demande chaque semaine jusqu’à quand ça va durer. Nous n’avons pas de cas de Covid dans l’équipe première, nous les testons toutes les semaines, il y en a eu un ou deux pendant l’été qui ont été très bien gérés. Mais on le savait dès le début, entre le côté pandémique et le côté économique, que cette saison allait être particulière. 

 

Quand je parlais de changement de format de compétitions, c’est lorsque l’on entend parler de péréquations s’il y a trop de matches reportés, voire même de faire deux poules de 7 après la trêve, s’il y a un calendrier qui devient trop compliqué. Ça peut quand même être une crainte car ça ferait moins de rentrées pour les clubs ? 

 

On entend parler de la péréquation depuis le début mais, pour faire une péréquation, il faut qu’il y ait déjà un certain nombre de matches qui permette de le faire. Donc, c’est un peu trop tôt pour en parler mais oui, les forfaits, les péréquations, si ça continue comme ça, on risque d’y aller. 

 

On a aussi un constat : on s’aperçoit qu’il y a beaucoup plus de matches qui sont reportés en Fédérale 1 qu’en Nationale. Autre constat, tous les clubs de Nationale se sont fait tester pendant l’été donc ont plutôt réussi à endiguer les débuts d’épidémie tandis que les clubs de Fédérale 1 ne sont souvent pas testés et se mettent maintenant à le faire en plein championnat. C’est peut-être un avantage d’avoir commencé les tests très tôt en amont pour avoir essayé de circonscrire au maximum cette épidémie ? 

 

Je pense qu’à l’image de ce qu’est la Poule Nationale, on y est en semi-pro ou pro et on tend vers un professionnalisme à 100%. Donc du coup, les clubs ayant plus d’enjeux ont voulu tester pour endiguer, être capables de réagir et d’isoler les cas. Quant à la Fédérale 1, je peux le comprendre, ce sont des coûts supplémentaires, de l’énergie et on en a moins. Les clubs de Nationale sont pros, en tous cas, ont une démarche beaucoup plus pros, et on s’est tous organisé pour avoir des tests. Nous, à titre d’exemple, on fait venir directement les personnes du laboratoire le mardi et on teste 40 personnes d’affilée pour avoir des résultats 48h après. Mais c’est une organisation et cette organisation n’est pas facile à mettre en place. 

 

Autre question d’actualité : il va y avoir des élections fédérales qui vont avoir lieu, est-ce qu’à Suresnes, on porte un oeil attentif sur ces élections ? 

 

Attentif, oui et non. Je pense que nous ne sommes pas dans quelque chose qui va bouleverser l’organisation du Rugby Club de Suresnes, que ce soit Bernard Laporte ou Florian Grill. Oui, nous sommes attentifs comme tout le monde, on a l’impression d’assister à une espèce de feuilleton avec des rebondissements de dernière minute (rires). Comme je l’ai dit à l’un de vos confrères, à l’Équipe je crois, ce qui est dommage aujourd’hui, c’est l’image que l’on donne du rugby et je pense que l’on devrait un peu plus se concentrer sur le rugby et non pas sur ses à-côtés et sur les coups bas qu’il peut y avoir. 

 

C’est certain. Pour finir, on va se remettre dans le contexte de ce match face à Narbonne avec la question indéboulonnable : l’état d’esprit, les mots clés pour la réception de ce club mythique du rugby français ? 

 

Les mots clés, l’humilité parce qu’on est de toute façon obligé d’en avoir quand on reçoit un club aussi renommé que Narbonne. Ensuite, ça va être le combat, ça ne passera que par du combat et par de l’envie et de l’énergie qu’encore une fois, nous n’avons pas mis à Aubenas, pour être capables de jouer notre jeu. Et ensuite, ce que l’on demande aux joueurs, c’est déjà de faire le maximum, de jouer notre jeu et on verra de quoi sera fait ce résultat mais au moins que l’on joue. La frustration d’Aubenas est de ne pas avoir joué donc, quelque part, il n’y a même pas de frustration, on est sorti de ce match en disant  » on ne peut rien dire, on n’a pas joué donc, on n’a pas existé « . Aujourd’hui, c’est impossible, on n’a pas le droit de ne pas exister, de ne pas tenter, de ne pas jouer. Ca va se jouer à l’énergie et dans la tête de notre équipe qui, encore une fois, est une équipe jeune. Donc, j’espère qu’ils n’auront pas la trouille et qu’ils vont pouvoir se libérer. 

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