#Rugby – Fed1 / L.Poupart (Châteaurenard) : «Ca sera un match âpre!»

Seconde partie de notre focus sur ce derby entre Vauclusiens et Bucco-Rhodaniens. Après Arnaud Vercruysse, on va maintenant du côté de « Châto » avec le président du RCC Laurent Poupart. Pour celui qui va vivre sa seconde saison en fédérale 1, l’expérience de la saison passée (double défaite) lui inspire une certaine humilité et amont de ce derby provençal qui draine autant de passion en dehors des terrains que d’engagement sur le pré. A Châteaurenard on s’attend à un match âpre face à BedarridesChateauneuf du Pape, mais à l’image de son président, le club des Bouches du Rhône compte vivre pleinement ce sommet sportif , culturel et rugbystique pour tout un territoire.


Pour vous comme à Bédarrides, ce derby est l’un des summums de la saison, on ne va pas se le cacher ? 
Tout à fait. C’est effectivement un match très important qui est attendu par tout le public de la région. Moi, c’est mon 2e derby, l’an dernier, ça s’est plutôt mal passé sur les deux matches : le match aller a été une démonstration de l’équipe de Bédarrides et sur le second à la maison, un match maîtrisé de Châto jusqu’à 15 minutes de la fin et puis, un relâchement de notre équipe sur la fin et Bédarrides qui gagne sur le fil. Donc, c’est une année à oublier. 
En plus de ce derby, il y a une donnée qui est cocasse : Arnaud Vercruysse, l’actuel manager de Bédarrides, a été entraîneur à Châteaurenard ? 
Entraîneur et même joueur parce-que, dans mes souvenirs, il  a joué à Châto. Arnaud est quelqu’un qui est né dans le rugby donc, il va très certainement amener pour cette saison et les années à venir, je lui souhaite, beaucoup de bien, de méthodologie et de management à Bédarrides qui est une belle équipe. Depuis que je suis arrivé, je m’entends très, très bien avec le président de Bédarrides et nous essayons quand même d’estomper ces guerres de clocher car, même s’il y en a toujours sur le terrain, il faut que l’on travaille ensemble. L’important est de faire grandir les clubs et notre région. 
Les estomper sur les côtés négatifs mais peut-être quand même les faire perdurer sur les côtés positifs parce-que ces derbys sont le folklore du rugby et c’est pour cela que l’on aime ce sport ? 
Bien sûr, nous sommes bien d’accord que l’important dans un derby, c’est sur le terrain. C’est le dépassement de soi des joueurs qui, au moins à domicile, sortent le match de la saison. Il y a des vrais bon côtés, beaucoup de public même si aujourd’hui, nous sommes quand même avec la Covid à avoir des gestes barrières et des mesures sanitaires qui sont quand même contraignantes. Peut-être qu’on aura un peu moins de monde en termes de spectateurs mais oui, un derby est toujours important sportivement. 
Avec cette confrontation avec les  » frères ennemis de Bédarrides « , est-ce que ça commence à causer du derby dans le village ? 
Oui, ça parle déjà depuis bien longtemps et là, effectivement, ça commence à monter : savoir si on est prêt, comment ça se passe, quelle équipe on va aligner. C’est marrant d’ailleurs, moi, je viens du Sud-Ouest et les derbys dans le Sud-Ouest, il y en a plus souvent. 
Il y en a un tous les week-end
Oui, c’est ça donc, je suis un petit peu habitué à ça. Mais oui, bien sûr, ça monte et les joueurs se préparent. 
On va aussi parler des parallèles qu’il y a entre ces deux équipes, Bédarrides et Châteaurenard. Bédarrides est monté à l’issue de la saison 2017-2018, vous en 2018-2019 en Fédérale 1. Bédarrides a eu une première saison, on va dire un peu compliquée puisqu’ils se sont sauvés à la dernière journée. L’année dernière, à Châteaurenard, vous étiez un peu dans la même position même si vous étiez quasiment sauvés, il manquait encore quelques points à grappiller pour assurer le maintien. On a vu que, la saison dernière, Bédarrides s’est bien placé en se positionnant dans le milieu de tableau. C’est une trajectoire qui vous plaît et vous incite à faire un peu pareil qu’eux ? 
C’est vrai que l’an dernier, Bédarrides a fait une belle saison. Je dirai qu’ils avaient un petit peu gommés les faiblesses de leur première saison où ils s’étaient un peu fait remuer devant. Ils ont toujours une belle équipe derrière, ils se sont encore renforcés cette année donc, l’an dernier, ils avaient un gros pack qui leur a effectivement permis d’apprendre de leurs erreurs et puis de gagner là où ils ne gagnaient pas la première saison. On apprend toujours, la Fédérale 1, c’est l’apprentissage et nous aussi, l’an dernier, on a eu un peu de mal devant. Quand on a été un peu mieux, on a su gagner nos matches donc, nous nous sommes un peu renforcés devant et derrière, nous avons misé sur la jeunesse. Donc, l’objectif annoncé de Châteaurenard est de se qualifier cette saison, essayer de finir dans les six premiers, on ne s’en cache pas. On l’a déjà dit et écrit donc, l’objectif est de finir dans les six premiers. Il y a, je pense, une poule homogène et je vois bien Bédarrides très bien placé sur cette poule. 
Comme je le disais à vos anciens rivaux Mazamétains de la saison dernière, exit la course au maintien, bonjour les ambitions ? 
C’est exactement ça. Une année de plus donc un apprentissage, on se perfectionne et on se donne de nouveaux objectifs qui, cette saison, est effectivement de viser la place qualificative. 
On va aussi parler du premier match de Châteaurenard parce qu’à l’inverse de Bédarrides, vous avez eu la chance, on peut parler de chance puisque beaucoup de clubs sont frappés par le Covid, de faire un premier match face au CS Beaune. Vous avez commencé pied au plancher et puis, ça a un peu piqué en deuxième période ? 
Il y a eu une belle première mi-temps avec un respect de l’adversaire et surtout de la tactique de match. Et puis, un début de seconde mi-temps où il y a eu un relâchement pendant une vingtaine de minutes. On est sorti de notre match, on a pris un jaune, deux essais et Beaune s’est envolé, d’ailleurs, c’est une très belle équipe, il faut se le dire. Nous sommes un petit peu revenus en fin de match et c’est pour cela que l’on finit un petit peu moins loin que le score n’était à la 65e. Il nous manque des matches de préparation, Beaune a fait trois matches amicaux, nous, nous n’en avons pas fait sauf un au dernier moment contre Aubenas. Nous n’avons pas pu tester les joueurs sur différents postes et différentes associations donc ça manque un petit peu. Et puis, c’était un match à l’extérieur, c’est toujours compliqué de gagner à l’extérieur mais c’était un bon match. Je suis quand même très content de la prestation que nous avons faite à Beaune, bien sûr que nous nous sommes déplacés pour gagner, nous sommes des sportifs avant tout et on joue pour gagner. Mais, il faut être réaliste, c’était une belle équipe, nous avons bien joué pendant 50 / 55 minutes et malheureusement, il en manquait 25. Donc, c’est comme ça, on apprendra encore de nos erreurs et puis nous allons grandir petit à petit. 
32-21 chez une équipe qui, l’année dernière, aurait sûrement été qualifiée en Du Manoir et qui, cette année, va jouer les qualifications pour les play-off, c’est loin d’être outrancier ? 
On est bien d’accord, le Châteaurenard de cette année n’est pas du tout le Châteaurenard de l’an dernier. Il y a eu un bon recrutement, nous nous sommes améliorés sur nos zones faibles et nous avons un vrai projet de jeu qui a été mis en place par le manager Damien Florio. Les joueurs adhèrent et nous allons continuer à progresser tout au long de la saison donc moi, je n’ai pas d’inquiétude aujourd’hui après ce premier match en déplacement à Beaune, nous sommes en phase. 
Une question par rapport à la saison dernière : s’il y avait des choses à ne pas reproduire par rapport à ce que vous avez fait, car quand on arrive en Fédérale 1, on fait beaucoup de petites erreurs et c’est le cas de tous les clubs, quelles seraient-elles ? 
Ce qui a été compliqué la saison dernière, c’est que quand on joue la montée de Fédérale 2 à Fédérale 1, on a des matches de barrage et on sait sur le tard que l’on va monter. Donc, on vit dans l’empressement pour le recrutement, on n’a pas le temps de travailler et de bien cibler les joueurs que l’on voudrait faire venir et le recrutement est fait assez rapidement. A part si on est certains de ces capacités, que l’on a survolé la poule et que l’on a déjà une équipe prête à jouer en Fédérale 1, comme l’ont pu être certaines équipes avant, ce n’était pas notre cas. Nous avions une équipe plutôt homogène, une belle équipe de Fédérale 2 mais elle n’était pas taillée pour exister en Fédérale 1. Nous avons recruté tard et nous avons fait certains mauvais choix. 
Et puis, la Fédé vous avait fait un petit cadeau,  » la poule de la mort  » ? 
C’est sympathique pour les joueurs, pour le public et même pour le président d’avoir de grosses équipes. C’est vrai que nous avions une très grosse poule mais nous avons fait de belles performances comme taper Bourg et Bourgoin à la maison. Nous avons perdu quelques matches par manque d’expérience ou de réalisme mais moi, j’estime que la saison de l’an dernier, en tous cas la deuxième partie de saison, était plutôt intéressante. Cette année, on a bien, bien travaillé, nous avons eu le temps et c’est vrai que ce confinement nous a permis de travailler plus longtemps sur la saison à venir et ça a aussi du bon. Financièrement, sportivement, ça nous a donné du temps pour pouvoir avancer sur un projet et travailler sereinement et plus efficacement sur les recrutements à venir. Nous avons bien travaillé en amont et cette année, Châteaurenard est armé pour exister et se qualifier. 
Vous avez parlé de Bourg. Ce match, cette victoire à domicile face à l’USBPA, une équipe qui était sur son piédestal, qui redescendait de Pro D2 et qui roulait sur la poule 3, c’est votre fait d’arme de la saison et votre moment de gloire ? 
Oui, tout à fait et en plus, sur ce match-là, il n’y a pas photo. De souvenir, il y a 29-16 et à la 79e, il y a 29-9 donc, il n’y a pas photo sur ce match. Ils ont été pris dans tous les compartiments du jeu, ça a effectivement été un très gros match d’équipe. Dans la presse la semaine d’avant, Bourg avançait qu’ils travaillaient comme d’habitude et je pense qu’ils se sont vus un peu grands et nous les avons pris à leur propre piège donc, c’était effectivement le gros match de la saison. Ca nous a fait du bien parce qu’avant ça, c’était quand même compliqué et ça a été le début de la saison de Château en Fédérale 1, le point de départ. 
On va revenir sur le présent, sur le contexte de derby. Comment pourriez-vous décrire l’ADN de Châteaurenard et quel est le sel de ce derby ? 
Nous allons essayer comme par le passé, puisque Châteaurenard était réputé pour avoir une grosse mêlée ce qui n’était plus le cas depuis quelques saisons. 
Une grosse mêlée et aussi un public bouillant ? 
Oui, un fervent public un peu chaud effectivement, comme dans d’autres endroits. 
Il en faut des publics ardents
Bien sûr, c’est ce qui fait aussi la beauté de notre sport, ça applaudit, ça crie et à la fin, tout le monde discute. Ce sont les valeurs du rugby : comme sur le terrain, ça pique, ça pique et après, on s’applaudit et on se serre la main. Ca, c’est ce qui est magique dans le rugby, le respect de l’adversaire, c’est magnifique. Donc, l’ADN de Châto cette année, c’est : grosse mêlée, du jeu, nous avons essayé de concilier expérience avec des jeunes. Cette année, oui, ça va être une grosse mêlée et quant au derby, je dirai que contrairement à l’an dernier où l’on avait de belles ambitions, j’ai appris à être plus raisonnable. On va tâcher de faire notre match, je pense que les conditions climatiques ne vont pas être bonnes, j’espère qu’il ne va pas trop pleuvoir et que le terrain ne sera pas trop gras, pour qu’on puisse voir un beau rugby cet après-midi avec un super état d’esprit. Ca sera un match âpre parce-que les 30 acteurs sur le terrain vont se donner à fond et que le meilleur gagne pour cette fois-ci. Je dis  » vivement « , je souhaite un agréable retour à Arnaud Vercruysse dans notre belle région, lui qui était parti depuis quelques saisons sur Rodez et je lui souhaite le meilleur pour ce match. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-18-septembre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Laurent Poupart lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 18 septembre 2020.

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