#Rugby – Nationale / Y.Garcon (Chambéry) : «Les Savoyards sont friands et nostalgiques de cette belle époque!»

Au pied des Alpes, le SO Chambéry prépare studieusement mais sérieusement son début de championnat, ce dimanche en Ardèche, à Aubenas. Pour cette première saison en nationale, Yves Garçon le président des éléphants, en appelle aux souvenirs de l’ancienne fédérale 1 Élite, qui avait vu les chambériens passer en 2017, à un cheveu d’une montée sportive historique en Pro D2. Dans l’attente d’un nouveau stade, qui sera un véritable outils de développement vers d’autres ambitions, Yves Garçon mène son club avec une prudence financière héritée des aléas passés. Mais les savoyards ne comptent pas pour autant être spectateur de la nouvelle division d’accession au Pro D2, et fort d’une culture locale du combat et du labeur, ils s’inscrivent comme une « équipe poil à gratter » du championnat. Focus sur un président qui veut mener avec patience, le SOC vers de nouvelles hauteurs, mais qui dans cette période transitoire ne manque pas d’ambition.

 

 

Dans moins de six jours, le championnat va débuter. J’imagine que, comme chez tout le monde, à Chambéry et en Savoie, on trépigne d’impatience de revoir du rugby et le ballon gambader ? 

 

Tu as totalement raison, on trépigne tous de recommencer. Nous, pour ce premier match, nous allons à l’extérieur, à Aubenas mais les joueurs, le staff, tout le monde trépignent d’impatience. Et même les spectateurs, on a d’ailleurs été assez agréablement surpris parce-que nous avons fait deux matches amicaux et on ne s’attendait pas à voir autant de spectateurs pour ces deux rencontres. 

 

En parlant de spectateurs, le fait qu’il y ait eu cette crise sanitaire du Coronavirus n’a pas entraîné une baisse des abonnements ? L’adhésion est toujours aussi prégnante à Chambéry ? 

 

A aujourd’hui non puisqu’on serait plutôt en hausse d’abonnements qu’en baisse. Je pense que ce sont les bienfaits de la poule Nationale où les gens se rappellent de l’année où nous avons fait la poule Elite avec effectivement des confrontations de haut-niveau malgré tout entre les différentes équipes. Je pense que les Chambériens et les Savoyards sont friands et nostalgiques de cette belle époque. 

 

Vis à vis de cet  » effet Nationale « , on se rappelle que, lors de ta dernière interview, tu avais des inquiétudes par rapport au prisme économique et de savoir comment aller réagir le corps économique après cette crise du Coronavirus. Est-ce qu’il y a eu un effet de la Nationale qui a permis de gommer un peu tout cela ? 

 

Oui, nous avons eu cet effet-là parce qu’en fait, il y a d’abord un effet économique qui est de faire 13 matches au lieu d’en faire 11 avec des équipes de niveau plus élevé. Sans porter préjudice aux autres, c’est vrai que nous aurons quand même des équipes d’un niveau supérieur qui ont tous à terme l’ambition d’aller en Pro D2. Donc, des équipes avec qui on joue dans la même division c’est à dire dans la même division de structuration et d’organisation et ça, c’est important. Nous n’avons pas été trop impactés mais je crois que, malgré tout, nous avons été sages, ne sachant pas où allait nous emmener le Covid-19, nous n’avons pas trop cassé la tirelire. 

 

Une gestion en bon père de famille comme on dit ? 

 

Une gestion rigoureuse de père de famille. Ce qui nous aide un peu aussi, il faut le dire, c’est la création du stade et donc, à partir de là, ça intéresse un peu plus les partenaires et notamment les plus gros. 

 

Surtout qu’il parait que vous avez un espace réceptif tip top ? 

 

C’est ce qu’il se dit. Nous l’avons construit il y a deux ans, c’est une propriété du club et nous l’avions construit parce qu’on s’était rendu compte qu’il fallait que l’on valorise cet aspect de convivialité. Mais comment tu sais ça ? 

 

J’ai un entraîneur qui est venu jouer à Chambéry qui m’a dit  » ils ont un espace réceptif, c’est quasiment une boîte de nuit « 

 

Ça nous pose quelques fois quelques petits problèmes avec les voisins parce qu’effectivement, si le DJ met un peu trop de basses, les voisins ne nous embrassent pas, on va dire qu’ils sont un petit peu contrariés. 

 

Par contre, pour les 3es mi-temps, c’est top ? 

 

Oui, c’est top. 

 

On va revenir sur la frayeur qui a un peu traversé Chambéry parce-que, comme tu le disais, vous trépignez d’impatience de reprendre le championnat. Mais à trois semaines du début de ce dernier, un peu comme toutes les équipes parce qu’on ne va pas se le cacher, ça tourne un peu chez tout le monde, vous avez été touché par le Covid-19. En tant que président, ça doit déjà être une frayeur par rapport à  » tes petiots « , à tes joueurs et à tous les membres du club. Mais ça doit aussi être une frayeur en termes d’organisation pour savoir si vous alliez pouvoir démarrer ce championnat ? 

 

Déjà, pour aborder un point précis, les recommandations de la FFR ne nous imposaient pas de tester. La décision que nous avons prise au Comité Directeur, c’est qu’il fallait protéger les joueurs et puis que l’on sache donc, nous avons fait tester tous nos joueurs, nos staffs. Et là, nous avons constaté un cas Covid sur lequel nous avons officiellement communiqué dès que nous avons su puis, nous avons bien respecté ce qui était requis. Aujourd’hui, nous n’avons plus de cas Covid ce qui est plutôt quelque chose de très positif. Néanmoins, l’une de nos préoccupations est le fait qu’il y ait une grande  » diversité  » : il y a des clubs qui testent, d’autres qui ne testent pas. Quand on ne teste pas, on respecte effectivement les réquisitions de la FFR mais moi, je préfère que nous testions régulièrement tous les joueurs, tous les mardis, il me semble que c’est ce qui a été prévu. Surtout que, si on a un cas Covid, autant le sortir : on le sort et puis on respecte les 7 jours, car il me semble que ça passe à 7 jours, et on re-testera. De toute façon, on veut impérativement ne pas nuire à la santé des joueurs. Donc, nous avons fait ça mais, cette recommandation, elle incombe à tous les niveaux du club. Il est sûr qu’on ne fait pas tester les joueurs de l’école de rugby mais il y a un Covid Manager, ou plutôt un Covid référent, pour chaque catégorie : les U16, les U18, les U14, les espoirs. Nous sommes extrêmement attentifs à ces aspects-là, on fait des réunions Covid régulières et au Conseil d’Administration, nous avons également nommé un  » coordinateur  » du Covid, même si je ne sais pas si c’est le bon qualificatif. Moi, ce Covid-19 m’énerve beaucoup et, à titre perso, j’ai déjà été testé trois fois. 

 

Un test qui n’est pas très agréable mais qui est nécessaire à l’heure actuelle ? 

 

J’ai fait les deux, le test sanguin et le PCR. Il est sûr que le PCR n’est pas très agréable, le test sanguin ne l’est guère plus mais je voyage beaucoup pour le boulot et ils imposent aussi ce test-là donc, de toute façon, il faut le faire. J’ai vu l’autre jour qu’il y avait quelques interrogations au niveau de la Nationale en se disant  » est-ce que tout le monde teste ou pas ? « . J’ai vu que Benoît Trey, à Blagnac,  par exemple, ne teste pas et, à priori, Benoît August à Dax non plus. Après, ce sont des choix, nous, nous avons préféré privilégier la détection du Covid et ne pas infecter ou impacter toute l’équipe et tout le club. Nous avons plutôt préféré ce type d’orientation. 

 

Sois rassuré, Benoît August teste maintenant à Dax puisqu’ils ont eu un cas symptomatique et, du coup, ils sont obligés de tester toute l’équipe. Cela fait une équipe de moins qui n’est pas testée, on va bientôt arriver à du 100%

 

Il est sûr que j’entends bien ce que disait Benoît Trey. J’ai le même problème puisque j’ai une entreprise : si j’ai des cas Covid, je mets tout le monde au chômage donc, c’est aussi un peu compliqué. 

 

Oui car Benoît Trey (Pdt Blagnac) lui, a des joueurs pluriactifs

 

Nous en avons aussi quelques-uns mais il est sûr que Benoît n’a quasiment que des pluriactifs et c’est donc effectivement un peu plus compliqué pour lui, je l’entends bien. 

 

Pour re-basculer dans le positif et ce qui nous enjaille tous, c’est à dire la reprise du rugby, on peut rassurer les supporters des éléphants : il y aura bien une joute entre Chambéry et Aubenas en terre ardéchoise ce week-end ? 

 

Absolument

 

C’est déjà une bonne nouvelle qui va ravir tous les supporters. Malgré ce Covid, il y a eu une préparation pour Chambéry et ça a fait couler un peu d’encre parce-que tout le monde s’est aperçu qu’il allait falloir compter avec le SOC parce-que vous avez pas mal chamboulé l’un des favoris, Bourg-en-Bresse ? 

 

Je pense qu’il ne faut pas s’arrêter sur ce match-là. C’était le début de la saison, on ne sait même pas comment Bourg-en-Bresse s’était préparé, on ne sait pas s’ils étaient plus préparés que nous. Nous avions déjà fait un match la semaine d’avant contre Mâcon, il y a des clubs dont c’était le premier match de préparation donc, il est difficile de s’étalonner par rapport à ce premier match. Après, c’est vrai que nous avons existé en première mi-temps face à Bourg-en-Bresse puis, on a beaucoup moins existé en 2e mi-temps parce qu’on a vu que la machine en face était bien plus structurée et organisée que la nôtre. 

 

Le capitaine de Blagnac, Matthieu Vachon, vous donnait un peu avec Aubenas le statut d’équipe  » poil à gratter « , d’outsider qui allait enquiquiner toutes les grosses écuries pros. Tu le prends ce statut ? 

 

Oui, je pense que je peux l’accepter, c’est comme celui d’Aubenas. On va jouer chez le premier  » poil à gratter  » dimanche parce qu’il est vrai qu’aller à Aubenas n’est jamais une sinécure, ils sont réputés pour cela. Nous, l’objectif est d’être très, très compliqué à battre à la maison déjà. Essayer de gagner tout ce qu’on peut à la maison, le plus possible mais c’est vrai que je pense que l’on sera dans les équipes pas faciles à jouer. 

 

Il y a quelques semaines, nous avions ton coach Antoine Nicoud qui nous disait qu’il voulait s’inspirer des valeurs montagnardes et retrouver ce type de valeurs dans l’équipe de Chambéry sur le terrain, en faisant entre autres de votre stade une citadelle imprenable. Comment cela se met-il en perspective ? Image nous un peu ces valeurs montagnardes qui peuvent être retranscrites dans le rugby

 

C’est déjà le combat, ne jamais rien lâcher, la ténacité, des valeurs qui sont propres aux montagnards. 

 

La solidarité aussi ? Dans les vallées, il y a une solidarité qui est prégnante

 

La solidarité, c’est incontestable. Nous avons aussi une ossature assez locale, je ne dis pas que les étrangers ne sont pas importants, mais nous avons quand même une ossature qui est en train de se créer avec notre centre de formation. Nos gamins qui sortent du centre de formation ont joué en espoir ensemble, maintenant, ils jouent en une donc, disons un peu plus d’homogénéité également. 

 

Il y a une chose qui est peu connue : Chambéry fait partie des clubs qui l’année dernière, sur le cahier des charges Pro D2 / FFR, remplissaient au mieux le cahier des charges. Ça peut donner des idées pour la suite et l’avenir ? 

 

Bien sûr que cela donne des idées, bien sûr que notre objectif est toujours de monter une marche de plus. Par contre, on ne pourra pas le faire et on ne le fera pas sans avoir notre stade. Le stade est donné pour le printemps 2022 ou juste avant les vacances donc, nous avons des objectifs qui sont plus en concomitance avec la réalisation du stade. 

 

Yves Garçon sera un président heureux à partir de quel résultat à la fin de saison en Nationale ? 

 

Disons que, je pense que je serai heureux qu’on puisse d’abord donner du spectacle, que nos gens viennent avec plaisir au stade et ensuite, que l’on existe. Bien sûr que l’on aimerait taquiner et se rapprocher le plus possible des 6 premières places mais ce sont des objectifs qui ressemblent plus à des ambitions. Il faut aussi éviter de jouer les dernières parce qu’après, on joue avec la pression et c’est toujours un peu plus délicat. Moi, je pense que le championnat ne sera pas si facile que ce que les gens veulent bien imaginer parce-que tu as des équipes qui sont des équipes dites  » huppées  » qui risquent d’aller perdre des points chez des  » sans grade « . Ce que je dis n’est pas péjoratif mais je parle d’équipes dans des endroits où tu pensais gagner. Je prends toujours comme référence Bourg avec Châteaurenard l’année dernière où tu penses aller gagner là-bas. J’ai vu un peu ça sur le match Clermont / Toulouse : Clermont mène 25-3, ils se relâchent complet en 2e mi-temps et ils ont failli passer à la trappe. Je pense que nous ferons partie des équipes en tous cas pas faciles à jouer à la maison. 

 

Tu nous parlais des clubs huppés. Pour toi, qui peut prétendre à décrocher la timbale de la Pro D2 en fin de saison parmi eux ? 

 

Si j’avais à mettre aujourd’hui un favori dans la poule Nationale, je mettrai quand même Bourg-en-Bresse, Albi pas loin derrière parce-que ce sont des équipes qui travaillent beaucoup, qui sont homogènes, qui n’ont pas fondamentalement modifié leurs effectifs et avec en plus de très bons joueurs. Après, tu as des équipes comme Narbonne et Nice qui ont fait des recrutements XXL, par contre, il faut arriver à faire de l’homogénéité et de l’osmose dans l’équipe. Donc, je pense que ça peut être un peu plus compliqué si ça ne démarre pas trop bien pour ces équipes-là. Et tu as des équipes qui sont bien évidemment des outsiders comme Dijon, Massy. 

 

Et Bourgoin, tu les as oubliés

 

Non, je n’ai pas oublié Bourgoin qui a aussi fait un recrutement XXL donc, je les mets un petit peu dans la même catégorie que Nice et Narbonne. Je n’ai pas oublié mes amis de Bourgoin, bien au contraire. C’est vrai qu’ils ont quelques blessés en début de saison mais ils ont pris du  » lourd  » (rires). 

 

Ils se sont équipés comme on dit dans le jargon ? 

 

Oui, ils sont très équipés et je suis content pour eux parce-que Bourgoin est une terre de rugby. Ils ont toujours beaucoup de monde et ça donnera des derbys alléchants, ça, c’est aussi non négligeable pour le président qui est aussi un petit peu trésorier de temps en temps (rires). 

 

Il est toujours un peu trésorier, un bon président a toujours un œil sur les finances. 

 

Absolument

 

Je vais te poser la question qui, comme je le dis à tout le monde, est habituelle en cette période de pré-saison. Quel est l’objectif en quelques mots ou en quelques phrases du SOC ? 

 

Nous, nous avons déjà des objectifs de jeunes. Nous avons trois équipes, y compris les féminines, qui jouent les poules de brassage pour jouer en Nationale donc, nous aimerions bien que les trois équipes puissent réellement jouer à ce niveau. Cela concerne les U16, les U18 et les U18 féminines. Pour les seniors, c’est d’exister du mieux possible dans ce championnat National en respectant nos adversaires bien évidemment, tout en étant nous-mêmes respectés quant au jeu. Je ne dis pas que nous sommes sereins mais nous ne sommes pas inquiets, on attend comme tout le monde le début de la saison avec impatience. Surtout que nous avons un début de championnat qui est très, très costaud puisque nous recevons Massy, on va à Nice, on reçoit Bourgoin et on va à Bourg-en-Bresse. 

 

Je te rassure, que tu tournes cette poule Nationale dans un sens ou dans un autre, tout le monde a un début de championnat costaud puisqu’en clair, toutes les équipes sont costauds

 

Oui mais, dans les 5 premiers matches, on prend quand même 3 favoris. 

 

Oui, ce n’est pas neutre. On va terminer comme d’habitude avec la question décalée le Mag Sport. Où en est-on de cette suprématie du Mont-Blanc entre Rumilly et Chambéry ? 

 

Ça, c’est la question qui tue, tu l’as fait exprès ? (rires). Non, je pense qu’en fait, ce sont des querelles de clochers, des querelles qui sont plus antérieures.  C’est vrai qu’au début des années 60, Chambéry était le leader après est arrivé Rumilly. Que dire ? Je pense que ce sera compliqué d’arriver à faire un club commun, un club des Savoies. Économiquement, je crois que ce serait la meilleure solution mais, à mon avis, ça reste un petit peu de l’utopie. On les respecte comme je pense qu’ils nous respectent et il y a d’ailleurs beaucoup d’anciens chambériens qui jouent à Rumilly. Je pense qu’il faut prendre ça avec une certaine philosophie et un certain humour. 

 

Pour remettre l’église au centre du village, on va dire que le Mont Blanc est la fierté de la Haute-Savoie et de la Savoie mais c’est surtout aussi la fierté de la France entière

 

Oui et quand on parle des Savoies et du Mont Blanc aujourd’hui, ce sont pour les sports de montagne, la neige, il y a tellement de choses à y faire. Il est sûr que le Mont Blanc en lui-même est sur la Haute-Savoie, par contre, la marque sur le Mont Blanc est commune aux deux départements. 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-8-sept-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw d’Yves Garçon lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 8 septembre 2020.

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