#Rugby – Fed1 / E.Joliveau (CS Nuiton) : «Les joueurs ont un amour du maillot, un sens de l’identité du CSN qui est énorme!»

Le Club Sportif Nuiton va inaugurer ce week-end, son apprentissage en fédérale 1, dans un contexte particulier certes, mais sans être dénué d’ambition. Pour ce village de la côte d’Or, cette ascension a l’ultime niveau semi-amateur est une consécration pour le travail effectué par la formation Nuitone. Cultivant une identité forte, le CSN veut développer un adn champêtre et un amour du maillot exacerbé. Le manager du club, Eddy Joliveau en est la parfaite incarnation de par son enracinement profond dans son territoire, mais aussi par sa carrière rugbystique ainsi que professionnelle de formateur et de pédagogue. Malgré une admiration certaine face au niveau de jeu et à l’intensité développait par le grand frère dijonnais en amical, le coach Nuiton n’en oublie pas défendre le pré-carré du club et une indépendance ancrée. Challenger d’une poule 2, qui le verra défier la sous préfecture beaunoise, Nuits-Saint-Georges tentera de porter haut et fort l’étendard de ce rugby de village bourguignon au jeu débridé et aux longues agapes d’après matchs. Une première saison en fédérale 1, qui promet des émotions et son lot de rebondissements, et où le CS Nuiton aura indéniablement une carte de trouble-fête à jouer.

 

Crédit photo Baptiste Paquot / CS Nuiton

 

Eddy, pour cette première saison en Fédérale 1, vous arrivez dans un contexte bien particulier au CS Nuiton. J’imagine que vous auriez déjà aimé vous la gagner sur le terrain et pas avec ce Covid qui est une épée de Damoclès géante au-dessus du rugby français ? 

 

Je ne sais pas si le terme d’épée de Damoclès est le bon terme parce-que ça ne va pas non plus mettre tout le monde en péril. Mais il est sûr que la fin de la saison dernière a été un peu frustrante, on s’était attaché à être le plus efficace possible sur la saison de Fédérale 2. Ça a été le cas puisque sur les 15 matches que l’on avait réalisé, nous avions seulement perdu au Creusot donc, ce qui était plutôt une grosse perf et nous avait permis d’être 1ers au classement national de Fédérale 2, ce qui nous a amené à vraiment avoir les ambitions de jouer la montée. L’année d’avant, nous avions fait un très, très bon début de saison en allant notamment gagner à Strasbourg et à Villefranche. C’était très, très fort au niveau sportif par contre, nous n’avions pas de boussole, on ne savait pas où on allait, c’était un peu compliqué. Il y a des joueurs qui voulaient monter, des dirigeants qui ne le voulaient pas, des joueurs qui ne voulaient pas monter non plus, nous étions un peu sans cap clair, net et précis. Là, avec cette première place nationale, même si nous n’avons jamais survolé la poule,  nous n’avons jamais eu cette prétention-là, avec le fait d’être plus pragmatique et de réussir des choses que nous avions ratées la saison d’avant, on s’est donné cette ambition-là et c’est vrai que c’était sympa. Par contre, malgré tout, nous avons un peu la frustration parce-que nous avions à cœur de faire les phases finales et de se le peler sur le terrain (rires). On est comme tout le monde, il faut se dire que l’on avait fait le job avant et que les phases finales, on les vivra une autre saison. 

 

Le CS Nuiton est un club très formateur, ça fait partie des pépites de la formation bourguignonne. C’est quand même assez marrant parce qu’au CSN, on connaît un certain Didier Retière, le patron de la formation française à la Fédération, vous êtes vous aussi issu d’un cursus où vous avez fait beaucoup de formation, entre autres au Pôle Espoir de Dijon. C’est vraiment quelque chose d’ancré, de viscéral au CS Nuiton, ce côté formateur, amener les gars du cru au plus haut-niveau ? 

 

Ce que je vais vous dire va peut-être vous paraître un peu paradoxal parce-que je pense que vous le voyez de loin depuis votre Tarn natal. Nous sommes un village, avec le canton, ça doit faire 6 000 habitants, ce n’est vraiment pas une grosse ville, ça s’apparente à un village. Nous sommes enchâssés entre, d’un côté, j’ai envie de dire  » Beaune la riche  » mais  » Beaune la belle « , une très belle ville de Beaune avec vraiment un accueil touristique très haut de gamme et une ville d’une beauté magnifique et de l’autre côté, la capitale des Ducs non moins magnifique qu’est Dijon. C’est donc un contexte un peu particulier et l’une des façons de vivre pour ce club de Nuits, c’est de former parce-que, traditionnellement, à Nuits ne joue que des Nuitons, il est très rare d’avoir des joueurs non issus du cru et de l’école de rugby du club. Forcément, ça gaze et en plus, à Nuits, il y a un peu de hand, un peu de basket mais pas de foot. J’ai envie de vous dire que Nuits est une cité dortoir de luxe parce qu’à 15 km de Dijon et 8 minutes d’autoroute avec aussi dans le contexte un côté un peu agricole et rural avec les vignes. Donc, ça fait un melting-pot qui fait qu’à la fois, la formation s’impose de soi, Nuits n’est pas un club qui va chercher ses joueurs à l’extérieur ou qui a ces habitudes-là. Donc, la formation va de soi et je pense aussi malgré tout, des joueurs qui sont issus de la formation avec des gênes un peu à part. Tu parlais de Didier Retière et forcément, Arthur Retière a les gênes de son père et de sa mère et c’est le bon profil. Lui est arrivé à Nuits parce qu’il vivait sur Dijon et jouait au Stade Dijonnais, avec son père Didier, nous jouions d’ailleurs ensemble au Stade Dijonnais, et sa maman est vigneronne donc, c’est le bon mélange des gênes entre cette  » cité dortoir de luxe  » et le côté rural et typique de la ville de Nuits. 

 

C’est un club avec une véritable identité ? Il y des équipes dont on dit souvent que les joueurs enfilent le maillot mais peuvent en changer comme de chaussettes mais il y a d’autres clubs où, quand on enfile le maillot, il y a une histoire et une identité, c’est un maillot qui colle au corps. On a l’impression qu’à Nuits-Saint-Georges, il y a une vraie identité avec, justement, ce maillot qui colle vraiment au corps ? 

 

C’est exactement ça. Moi, j’ai eu entraîné Nuits en 2002 / 2004, nous avions déjà fait la montée de Fédérale 3 à Fédérale 2 mais nous étions redescendus dans la foulée. Il y a un truc que je n’avais pas forcément jaugé à l’époque, et pourtant, c’est l’un des clubs que je connais plutôt bien puisque j’ai quand même eu beaucoup de gamins de Nuits au Pôle, c’est qu’en fait, ils sont tous élevés ensemble, je dis souvent qu’il y a de la consanguinité dans le rugby (rires). Il y a des cousins, des frangins, des gens qui sont élevés chez la même nourrice, il y a vraiment des choses qui font que c’est vraiment hyper facile de faire grimper les joueurs aux rideaux parce qu’ils ont un amour du maillot, un sens de l’identité du CSN qui est énorme. Pour moi, c’est le rugby, le rugby du village mais le rugby et en ça, on s’y retrouve tout de suite à Nuits. Il n’y a pas grand-chose à dire pour la motivation avant les matches, les gars sont tout le temps à 100%. On avait une équipe avec des tout petits gabarits, on jouait des équipes surdimensionnées physiquement mais les mecs y mettaient un tel cœur qu’on asphyxiait les équipes. C’est un peu ça Nuits-Saint-Georges avec aussi, je pense qu’il faut le signaler parce-que ça fait aussi partie pour moi du triptyque du dimanche, il y a tout le temps trois grosses mi-temps à Nuits-Saint-Georges. Il y a un esprit de fête, plus souvent quand ça gagne bien sûr. 

 

Avec de très bons produits ? 

 

Des produits de luxe mais nous sommes quand même comme tout le monde, on tourne souvent à la bière les dimanches soirs. Mais oui, il y a souvent trois belles mi-temps à Nuits-Saint-Georges. 

 

Ce qui va aussi être sympa dans cette Fédérale 1 et la poule 2 où vous êtes tombés, c’est qu’il y aura un derby face à Beaune, un derby de viticulteurs, un derby entre deux clubs frères et ennemis en même temps. C’est le genre de chose qui est bien aussi pour mettre du sel et du piment dans une saison ? 

 

Nous avions les Beaunois il y a deux saisons dans la poule en Fédérale 2, on avait tous les deux gagné nos matches à domicile. Le premier derby avait été un peu enflammé et le deuxième un peu un pétard mouillé du fait des conditions atmosphériques. Je ne sais pas si la notion de derby est si importante que ça, en plus avec Beaune. Beaune est un club qui se développe différemment du CSN. Je suis souvent admiratif parce qu’ils font des choses et tentent des choses assez exceptionnelles. Ils ont failli se qualifier cette année, on leur pronostiquait une saison très difficile. Ils se développent tout le temps, ils s’agrandissent, ils ont une croissance magnifique. Je n’aimerai pas le traiter comme un match à part pour nous, pour moi, CSN / CSB va être un match avec une saveur particulière mais pour nous, il ne faut pas que ce soit un derby. Souvent, il y a tellement de passion dans un derby, et je n’ai aucun doute sur le fait que le derby soit propre et correct, mais la passion est aussi ce qui amène une grosse déception si on perd. Cette année va être difficile, déjà à cause du contexte mais aussi parce-que l’on grimpe l’un des échelons les plus durs à gravir. Et malgré tout, si on perd des matches, ça fait partie du jeu. En quatre saisons, nous avons perdu 16 matches donc, ça veut dire que nous allons perdre des matches (rires). 

 

Il va falloir réapprendre à perdre ? A moins que ne fassiez la surprise du chef en étant promu et en faisant une magnifique saison ? 

 

A reperdre des matches mais surtout à ne pas l’accepter, ça me paraîtrait une bonne formule. Mais, il est évident qu’on ne va pas refaire une saison comme on a fait depuis quatre ans. Et contre Beaune, c’est l’exemple typique quand on fait un derby, on est tellement pris émotionnellement que parfois, on perd la raison. C’est les meilleurs qui gagnent et puis c’est tout, ce sont ceux qui jouent le mieux et le plus qui gagnent, que ce soit Beaune ou les autres. 

 

En parlant de derby, vous en avez déjà joué un, c’était un amical et c’était face au Stade Dijonnais en match de préparation. Qu’avez-vous pu tirer de ces matches de préparation parce qu’on sait qu’il y a des notions toutes relatives sur ces derniers ? Il y a tellement de brassage et de mélange d’effectifs qu’il est difficile d’en tirer des enseignements bien précis

 

Nous, nous avons plutôt réussi à voir des éléments de satisfaction puisque c’était notre premier match de préparation en tant que tel, nous avions juste fait un entraînement en opposition. Il y a eu des choses très, très bien et des choses qu’il va falloir très vite gommer. Nous avons été spectateurs pendant 20 / 25 minutes d’une superbe équipe de Dijon, je tiens à le dire. Ils ont mis un rythme et une intensité qu’au bout de 20 minutes, on s’est dit  » on va en prendre 80  » (rires).  J’avais dit aux joueurs qu’il y avait entre 35 et 40 points d’écart entre une équipe de Fédérale et une équipe de Nationale pour l’instant sur les matches de préparation que l’on a pu voir. Là, on s’est dit qu’on était parti sur les bases d’un record du monde et puis, les joueurs ont repris le match en main. Ils ont plutôt été entreprenants puisqu’au bout du compte, nous avons une plus grosse possession qu’eux. Après, nous n’avons pas été très efficaces, on a eu des ratés en défense même si nous étions sur un groupe un peu élargi. Pour moi, il y a vraiment eu des choses très encourageantes, il va maintenant falloir soigner les détails, soigner notre touche, parce-que notre touche a été déficiente sur ce match et ils ont quand même de grands échalas, ce qui nous a vraiment questionné et du coup, je pense qu’on s’est vraiment pris les pieds dans le tapis stratégiquement. Nous avons des certitudes qui ont été renforcées sur ce match et nous allons continuer à bosser dans ce sens-là. 

 

Comment percevez-vous cette équipe de Dijon à Nuits-Saint-Georges ? Vraiment comme une locomotive du rugby côte d’orien ? 

 

Là-dessus, il n’y a pas photo, c’est vraiment la grosse équipe locale. Quelque part, je suis hyper content que la poule Nationale ait été conçue parce qu’on nous a retirés six équipes qui étaient dans notre paysage. Il est sûr qu’en terme de spectacle, ne pas recevoir Bourg, Dijon, Bourgoin, c’est moins bien mais à la vitesse où ça va, en n’ayant nous que des amateurs dans notre équipe, je pense que nous aurions eu de grosses, grosses désillusions tant au niveau des scores que même au niveau physique des joueurs. Ça veut dire que là-dessus, il n’y a pas pour moi pas de doute sur le fait que Dijon soit la locomotive. Je leur souhaite vivement, même si je sais qu’il y a des équipes en pôle position dans la Nationale pour monter, d’essayer d’accéder à la Pro D2 dans les meilleurs délais et que leur projet aboutisse. Donc, belle équipe, un rythme d’enfer, une vitesse d’exécution d’enfer, tout très, très, très, très propre, il n’y a pas de superlatif assez fort pendant 20 / 25 minutes où nous étions amorphes. On a tout subi, nous étions spectateurs mais eux étaient magnifiques, franchement. 

 

Un gros volume de jeu ? 

 

Comme la culture dijonnaise et comme la culture nuitonne. Ça a joué de partout mais c’était vraiment tant la vitesse d’exécution que la propreté de tout ce qui a été fait qui m’a impressionné. Après, petit à petit, nous sommes revenus dans le match, on perd la 2e mi-temps 12 à 5 alors que l’on a un carton sur lequel on prend un essai. Ensuite, ça a baissé un petit peu de pied mais c’est certainement lié au fait d’avoir joué de chaque côté avec deux collectifs différents sur les deux mi-temps. Par contre, ils m’ont plutôt donné bon goût pour la suite en espérant pour eux que la poule Nationale se concrétise vraiment positivement pour eux. 

 

En plus, ils ont eu la riche idée de mettre maintenant les matches du Stade Dijonnais le samedi soir pendant que la Fédérale 1 se déroule le dimanche. Ça vous permettra peut-être d’aller voir quelques matches de Nationale et les gros calibres qui vont débarquer en Bourgogne : les Bourgoin, Narbonne et consorts ? 

 

Je vous arrête tout de suite parce-que nous, on jouait déjà le samedi et il est hors de question qu’on change de jouer nos matches pour le plaisir du Duc de Bourgogne. On fera nos matches quand on aura envie de faire nos matches; chacun a le droit d’exister comme il le fait culturellement. Le Stade n’a jamais joué le samedi soir, ils sont en Nationale, ils veulent y jouer, c’est leur problème et pas le nôtre. Nous, nous allons continuer à faire comme on peut faire. 

 

Je pensais que vous jouiez le dimanche comme la grande majorité des clubs de Fédérale 1, c’est pour cela que je disais ça

 

C’est parce-que tout à l’heure, on ne s’est pas entendu mais quand je dis qu’il y a trois grosses mi-temps à Nuits, on préfère jouer le samedi parce-que la 3e mi-temps est directement induite. Quand on est amateur, c’est plus compliqué le dimanche soir de faire la bringue. 

 

Ça peut piquer le lundi matin ? 

 

C’est ça (rires). Plus sérieusement, nous avons aussi la volonté de jouer à l’extérieur beaucoup les samedis et d’inviter les équipes à venir jouer le samedi soir. Pour leur premier match, Dijon a la réception de Bourg, nous avons proposé à Drancy de venir sur un horaire qui pouvait être compatible le samedi soir. Drancy ne voulant pas se déplacer le samedi, on jouera le dimanche mais ce n’est pas le positionnement des matches du Stade Dijonnais qui va influencer le positionnement des nôtres. 

 

On va aussi évoquer un sujet d’actualité, c’est malheureusement le Covid-19. Comment Nuits-Saint-Georges gère t’il le cas ? Est-ce que vous vous testez ou non, comment trouvez-vous le protocole de la FFR et quel est votre point de vue sur ce sujet qui fait pour l’instant débat ? 

 

Nous sommes quand même dans un milieu où l’on débat beaucoup. On a été très ennuyé parce-que nous avons joué notre seul match de préparation jusqu’à présent contre une équipe qui, le lundi après le match, avait au moins une suspicion et une personne positive au Covid. Donc, du coup, nous avons tout fermé pendant une semaine, du mardi au mardi, nous avons fermé l’entraînement avec interdiction de s’entraîner. Le mardi, seul les gens du staff et les joueurs qui avaient un test négatif avaient le droit de revenir à partir du vendredi ou du samedi. Cette réception du Stade Dijonnais nous a tiré une balle dans le pied en termes de préparation parce-que, pour l’instant, nous n’avions pas forcément eu autre chose que de demander aux joueurs de s’auto-évaluer et de dire s’il y avait des symptômes, de la fièvre, de la toux, une perte de goût, ce genre de choses, de très vite se signaler et de passer les tests. 

 

Le protocole FFR ? 

 

Voilà. Là, aujourd’hui, ce match-là nous fout clairement le bordel il n’y a pas d’autre mot parce-que, soit nous acceptions de dire  » on ferme les yeux  » en sachant que le Stade avait eu un cas de Covid dans le staff plus un joueur sur lequel ils avaient de fortes suspicions et, comme devait jouer Marcq-en-Baroeul le samedi 29, on les jouait avec le risque de leur refiler ce que le Stade pouvait nous avoir filé. Du coup, nous avons annulé le match, on a coupé du mardi au mardiet reprise avec l’attestation des tests et des résultats négatifs. C’est quelque chose sur quoi, au club de Nuits et avec le président Vincent Lechenault, nous sommes raccords, sur le fait de dire que nous ne prendrons pas de risque parce-que nous, nous n’avons pas de joueur pro, nous sommes tous amateurs. Donc, ça veut dire que c’est bien de faire du sport et de s’éclater dans sa passion mais il ne faut pas prendre le risque que l’on puisse contaminer les gens. Du coup, nous allons fonctionner pareil : tant que nous serons sûrs de notre fait, nous n’aurons pas forcément de tests systématiques. Si par contre, quand on a un doute par rapport à une équipe que l’on a rencontrée ou même si on a un cas qui se déclare, on demandera aux joueurs et au staff de se tester. Nous l’avons tous fait dans le staff et ça a d’ailleurs fait grincer quelques dents mais si on n’a pas le test négatif, on ne reprend pas l’entraînement. 

 

En termes d’accueil du public, nous vous avons décerné la palme au Mag Sport de l’inventivité parce qu’on vous a vu avec vos chaises de camping tous les un mètre le long de la talanquère. Ça, ça s’appelle adapter le règlement de façon maligne. Je pense qu’en match officiel, ça ne sera pas possible mais ça a permis de mettre un peu d’eau dans le vin de ces règles ? 

 

Nous avons été hyper échaudés par le Beaune / Dijon qui a eu lieu le 15 Août. Ils n’ont pas un huis-clos parce qu’ils avaient 200 invités le soir mais ils ont fait avec ces 200 invités-là plus les gens du match. Ça faisait six mois que nous n’avions pas de rugby dans le coin et pour nous, c’était une frustration terrible de le jouer à huis-clos ou avec 200 personnes, ce n’était pas possible. Nous avons une toute petite tribune, nous avons une option pour débuter le championnat avec une grosse tribune mobile mais par contre, nous ne l’avions pas pour le match du Stade. Donc oui, il a fallu se gratter un peu la tête et nous avons des dirigeants qui optimisent toujours tout. Cette idée est tombée, nous en avions d’autres comme ouvrir la butte. Même s’il n’y avait pas 5 000 personnes mais entre 1 000 et 1 200 personnes, nous n’avons pas atteint la jauge, tout a été respecté. Les gens ont été respectueux du port du masque parce-que c’est difficile quand on est un grand groupe. L’équipe féminine a fait office d’hôtesses d’accueil; de charmantes hôtesses, en accueillant les gens et en essayant de les dispatcher en fonction de leurs groupes. Quand on a une famille, on ne va pas les faire s’asseoir avec une chaise d’écart. 

 

La fameuse notion de groupe social ? 

 

Il y a surtout eu la fameuse notion de respecter les règlements parce-que nous savions aussi que nous étions dans le viseur de la préfecture et que, si on se ratait, on risquait d’avoir une suite improbable. On a essayé de faire ça avec du bon sens mais aussi du tact, ça s’est bien passé donc c’était nickel. 

 

Vous dîtes qu’à Nuits, vous avez une petite tribune mais vous avez quand même un gros public ? 

 

Je ne sais pas si on a un gros public parce-que pour moi, et même si ce n’est plus de la Fédérale 1, un gros public, c’est Bourg. Nous ne sommes pas sur des assistances comme ça, sur des gros matches, on aura entre 800 et 1 000 personnes. Peut-être que quand il y aura le Beaune / Nuits-Saint-Georges et le Nuits / Beaune, on aura du monde mais nous ne sommes jamais non plus sur des chambrées énormes. Par contre, ce qui est sûr, c’est que quand on aura la tribune mobile, le but du jeu est que tout le monde puisse être assis, pas au bord du terrain mais en tribunes et que tout le monde soit tranquille, qu’il n’y ait pas de souci. Je pense que, ce qui serait le pire aujourd’hui pour le club, et je le dis aussi parce-que j’ai un respect et une amitié énorme pour mon président, ce qui serait terrible, c’est qu’on fasse endosser à mon président la responsabilité d’un foyer de Covid et que des gens puissent dire un jour  » moi, j’ai attrapé le Covid au stade et ça c’est mal « . Là, il faut qu’on soit à la fois malins mais aussi respectueux des règles et avec une éthique qui nous permette de dire  » nous, on peut se regarder dans les yeux « . 

 

Avoir la conscience tranquille comme on dit ? 

 

Voilà, se dire qu’on a fait tout ce qu’il fallait. 

 

On va re-basculer sur le prisme sportif. Quelle est l’ambition du CS Nuiton pour cette saison 2020 / 2021 ? Aller acquérir le maintien le plus tôt possible ? 

 

Honnêtement, je ne sais pas. Aujourd’hui, malgré tout, notre préparation a été un petit peu tronquée même si on ne part pas dans l’inconnue. 

 

C’est un peu nivelé, tout le monde a eu des préparations tronquées entre les annulations de matches,les reports, les matches qui s’organisent en 24h … Tout le monde a un peu  » navigué  » ? 

 

C’est ce qui me fait penser que ça sera peut-être moins compliqué. Quand je lis les recrutements et les mercatos qui ont été faits avec des 18 / 19 recrues à droite et à gauche, d’un côté, je me dis que nous ne sommes pas du tout armés pour faire. Mais je dis que nous aurons une certaine homogénéité puisqu’on a 4 recrues choisies pour un total de 9 recrues et que du coup, quelque part, nous allons fonctionner avec les automatismes des saisons précédentes. Nous sommes un peu dans l’inconnu, on va essayer de donner le meilleur et évidemment, on ne part pas pour redescendre. Et puis, le fait que l’on soit dans une poule de 11 avec une seule descente, on va donner le meilleur, on va essayer de savourer cette Fédérale 1 qui est une première pour le club, ce n’est jamais arrivé donc, on va essayer de savourer chaque instant. Et si on a tout donné et que l’on n’a pas de regret à la fin, qu’on descende ou qu’on ne descende pas, ce sera fait. Nous n’avons pas ni la sensibilité ni les charges qui font qu’on va se mettre la pression outre-mesure sur ça. On va essayer de bien jouer, d’être à la hauteur sportivement, on a essayé de se préparer dans de bonnes conditions, de faire en sorte que l’on puisse concurrencer tout le monde et donc essayer d’accrocher tous nos adversaires. Après, nous sommes le petit poucet de la poule et les seuls promus, nous n’avons plus de gros morceaux comme le Stade, Bourg, Chambéry, Bourgoin, les gens qui sont montés. On a quand même de gros morceaux, Mâcon, c’est 2M d’euros de budget et je ne sais pas combien de pros, Bédarrides, c’est un recrutement de pharaon. 

 

Ils n’ont pas fait rire les mouettes en recrutant

 

Oui, du coup, nous allons faire comme on peut mais par contre, ce qui est sûr, c’est que chaque match sur lequel nous serons difficiles à jouer sera un match réussi. 

 

On va vous souhaiter que cette saison 2020 / 2021 soit un grand cru ou à défaut, une bonne cuvée et que le CS Nuiton arrive à continuer son aventure en Fédérale 1

 

C’est hyper gentil, ce sera forcément un bon millésime parce-que, je vous l’ai dit, c’est inédit. Mon seul  » souci « , qui n’est même pas un souci, c’est que j’espère que dans trois matches, le 3 Octobre, on ne va pas nous dire  » vous arrêtez maintenant et c’est terminé pour des raisons de santé  » et que ça s’arrête là. 

 

Ce serait une catastrophe pour le rugby français en général

 

Nous, ça ne va pas nous changer la donne : nous n’avons pas de contrat ni rien de tout ça, ça ne va pas impacter le club. Si ça s’arrête pendant un an, le club sera toujours là dans les mêmes conditions, ça n’est pas un souci. Mais par contre, soit on débute et on va au bout et dans ce cas-là, il faut un peu avoir la capacité de dire  » on va se mélanger, on va tous attraper le Covid et on va continuer  » soit on va au bout du bout des choses et on fait en sorte de dire qu’il faut s’arrêter tout de suite et on prend zéro risque. Il faut trouver la bonne posture. 

 

Comme on dit, on est à la croisée des chemins ? 

 

Oui mais j’espère que l’on va vite se déterminer. J’en profite, je voudrai faire un gros bisou à mon petit frère Julien Rolland, qui entraîne Sor Agout. 

 

Dans le Tarn. Tous les chemins mènent au Tarn ! 

 

C’est ça, quasiment. J’étais chez vous il y a 15 jours, enfin surtout chez lui et saluer aussi Mathias Rolland, qui est de la maison genlissienne, qui est côte d’orien et qui lui, officie au CO. Bonne chance à ces équipes, bonne chance à ces gens-là et merci pour tout. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-4-septembre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw d’ Eddy Joliveau lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 4 septembre 2020.

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