#Rugby – Nationale / M.Vachon (Blagnac) : «On prendra tout ce que l’on pourra!»

Dans notre Tour de France de la Nationale, nous avons fait une étape occitane avec le Blagnac Rugby, dont le capitaine Matthieu Vachon, a bien voulu nous livrer son sentiment à quelques jours du Top départ. Membre d’une des rares écuries pluriactives de la division, le 3eme ligne Caouecs est prêt à faire de nombreux sacrifices pour vivre pleinement cette aventure sportive. Arrivé à maturité comme le groupe depuis deux saison, le capitaine du blagnac rugby ne veut rien s’interdire, dans un championnat qui pourrait révéler de nombreuses surprises. Focus sur un club semi-pro qui va tenter avec ses valeurs de renverser sportivement, l’ordre financier pré-établi de cette Nationale.

 

Crédit : Laurent Bonnet Photographe

 

Matthieu, on est tous dans les starting-blocks, on a déjà eu un avant-goût de la reprise du rugby avec un magnifique Clermont / Toulouse. C’était quasiment un match  » hourra rugby  » avec du suspense. Il y a maintenant du level pour la Nationale et il va falloir que les joueurs de Nationale relèvent le gant par rapport à ce qu’on a vu en Top 14 ce week-end ? 

 

Il est en clair en tous cas que l’on a pris du plaisir à regarder la reprise du Top 14 et surtout ce match de gala de dimanche soir entre le Stade et Clermont. C’était génial, il y avait du jeu et je pense que tous les rugbymen ont les jambes qui frétillent donc, ça donne du beau spectacle. 

 

Pour appeler les gens à venir sur tous les terrains de Nationale et plus particulièrement à Blagnac, au Stade Argelès, on peut rassurer le public : en Nationale, il va y avoir du spectacle aussi ? 

 

C’est certain. Aujourd’hui, avec cette poule et toutes ces belles affiches, le niveau qui monte chaque année, de belles rencontres, des joueurs qui sont prêts, c’est clair que le spectacle va être au rendez-vous. 

 

Pour Blagnac, cette Nationale est un grand saut, vous êtes l’une des rares équipes pluriactives. Grosso modo, au milieu de toutes ces team professionnelles, vous allez être le village d’Astérix ? Et on sait que c’est un côté que vous aimez bien

 

Je ne sais pas si ça nous plaît bien mais, de fait, nous sommes un peu obligés d’être rattachés à ça parce-que, comme tu l’as dit, nous sommes tous pluriactifs. Nous avons un seul contrat professionnel ce qui fait que la semaine, ça taffe. Mais nous allons être prêts à recevoir toutes les belles écuries de Nationale avec les valeurs qui sont les nôtres. 

 

Là où votre statut de pluriactifs est encore plus louable dans cette Nationale, c’est que c’est une division où, encore plus qu’en Fédérale, vous allez vadrouiller aux quatre coins de la France. Il va donc falloir faire des concessions professionnelles et familiales. C’est là que l’on voit qu’en plus d’être des compétiteurs, vous êtes de vrais passionnés de ce sport parce-que, pour accepter de faire de telles concessions, il faut vraiment être mordus ? 

 

Nous étions au fait, nous savions très bien qu’en ayant accepté cette division, il fallait faire des concessions. Donc, les joueurs qui sont partis dans l’aventure ont pris conscience de cela, certains n’ont justement pas poursuivi ce challenge mais c’est normal. Ils ont été honnêtes avec nous parce qu’il y avait des concessions à faire. Mais c’est vrai que, quand on va vu le planning et le calendrier sortir, on se gratte un peu la tête en se demandant quand est-ce que l’on va pouvoir profiter de nos proches, on va dire que c’est le revers de la médaille. 

 

Ce sont les aléas du rugby professionnels, semi-professionnels ou de haut-niveau ? 

 

C’est ça, nous en sommes conscients. En tous cas, on tend vers le professionnalisme donc, nous savions très bien qu’avec notre mode de fonctionnement, les heures persos vont être un peu plus rares. Mais je pense que le bonheur procuré par cette saison va un peu pallier à ce manque de temps perso. 

 

Avant de commencer une saison, il faut souvent poser les fondations et les fondations, ça passe par la préparation. Comment cette dernière s’est-elle passée au Blagnac Rugby ? 

 

Nous sommes un groupe qui se connaît depuis maintenant un moment. Nous avons l’habitude de reprendre fin Juillet donc elle s’est très, très bien passée. On a fait un petit peu attention à tous les mecs et à tous les joueurs qui ont repris parce-que nous avions un petit peur des pépins physiques suite à ce confinement. Mais elle s’est très bien passée, dans la bonne humeur et même si nous n’avons fait qu’un seul match amical puisque nous n’avons pas pu jouer Castanet à cause des cas de Covid. Mais sinon, globalement, elle s’est très bien passée. 

 

Ces problématiques de matches amicaux ne vont pas mettre tous les clubs sur un pied d’égalité. Il y en a qui ont fait un match amical, d’autres qui en ont fait trois, d’autres encore qui n’en ont quasiment pas fait du tout ou seulement des bribes. Au niveau de l’équité sportive, ce n’est pas le top mais on prend ce qu’il y a à prendre et que le rugby recommence, c’est déjà bien beau ? 

 

C’est clair, tant que le championnat peut reprendre, dans les conditions les plus favorables on va dire, et en respectant tout ce qu’il y a autour, les mesures et autres, tant mieux. Après, il y en a certains qui n’ont pas fait de match, il y en a d’autres non donc je pense que ça va quand même se ressentir sur le premier bloc. Ceux qui ont pu faire leur préparation et des matches amicaux vont, je pense, quand même être un peu mieux préparés que ceux qui n’en ont pas fait, c’est normal. 

 

Ce Covid s’est aussi invité dans un grand débat qui est venu percuter la Nationale à savoir tests ou pas test puisque la Fédération n’oblige pas les clubs à se tester, il y a 11 clubs au minimum qui se testent en Nationale. On sait que Benoît Trey est monté au créneau pour essayer d’expliquer la spécificité de Blagnac en disant  » moi, j’ai des joueurs pluriactifs, s’ils se testent, que nous avons des cas et qu’avec les cas contacts ils sont obligés de se mettre en quarantaine, cela peut aussi handicaper leur vie professionnelle « . Est-ce que tu peux nous expliquer un peu cette situation à Blagnac où vous avez aussi un prisme un peu inversé par rapport à des clubs professionnels qui eux, peuvent se permettre de se tester et de mettre des joueurs en quarantaine ? 

 

C’est un petit peu le mode de fonctionnement professionnel ou non professionnel, aujourd’hui, il y a trois clubs qui ne peuvent pas  » se permettre  » de tester leurs joueurs. Je ne sais pas si c’est un débat, les équipes pros qui peuvent le faire, tant mieux s’ils en ont les moyens, et surtout le temps parce-que moi, je pense que c’est surtout une question de temps. Quand on a les joueurs tous les jours le matin, on peut se le permettre mais nous, aujourd’hui, nous n’avons que trois entraînements par semaine et si en plus de ces derniers, il fallait réunir les 40 joueurs pour faire les tests … Je pense que c’est surtout une question de logistique qui, aujourd’hui, est tout simplement impossible dans notre fonctionnement. 

 

On va revenir sur le registre sportif. On a eu Christophe Deylaud il y a quelques semaines qui nous disait qu’il serait satisfait en fin de saison d’un positionnement entre la 6e et la 10e place. Mais, depuis trois saisons, on a vu que Blagnac a souvent surpris son monde et s’invitait dans le quatuor ou dans les 6 équipes de tête. Aller décrocher des play-offs serait une vraie consécration pour ce groupe qui arrive à maturité ? 

 

Je pense qu’on est déjà dans la maturité et qu’on l’a prouvé. Les saisons précédentes, on a fait des quarts, une demi-finale face à Valence-Romans donc, je pense que oui, le groupe est à maturité. Cependant, c’était un tout autre format et aujourd’hui, nous allons dans un format où ça va taper tous les jours. On ne pourra plus se reposer à domicile ni faire tourner comme on le faisait peut-être par le passé. C’est quelque chose de nouveau où, tous les week-ends, nous aurons des joueurs professionnels et ça, c’est un peu l’inconnue, donc oui, s’il y la consécration d’avoir des play-offs, tant mieux. Comme tu l’as dit, nous allons jouer  » petit village d’irréductibles « , nous allons faire notre chemin, essayer rapidement de sortir de l’eau et de s’éloigner de la zone rouge pour voir à aller à prétendre à quelque chose derrière. En tous cas, on prendra tout ce que l’on pourra. 

 

Et puis, vous avez peut-être un coche à saisir. On a vu que beaucoup d’écuries professionnelles avait eu beaucoup de turn-over et de brassage dans leurs équipes, à Blagnac, c’est resté dans la stabilité. On sait que le rugby est un sport d’automatismes et peut-être que, dans les 2 / 3 premiers mois, les équipes qui ont gardé un tronc commun de leur effectif auront un brin d’avance ? 

 

Le terrain va répondre à ta question (rires). C’est vrai qu’aujourd’hui, nous avons eu quelques départs importants, nous les avons remplacés mais le socle Blagnac est toujours là. Donc, on se connaît bien et c’est vrai que, sur l’aspect du jeu en lui-même, j’espère que ça va tourner à notre avantage sur les premières rencontres car on a quand même pas mal d’automatismes. 

 

Quelle a été la feuille de route que vous a fixée Christophe Deylaud pour ce début de saison ? 

 

Il y a quand même ce premier match où l’on va à Bourg donc on va déjà se tester là-bas. Eux ont fait deux matches amicaux très importants, nous, nous n’en avons qu’un donc, nous allons commencer par nous tester. A domicile, il faudra être très, très costaud et essayer de faire des exploits à l’extérieur. En termes quantitatifs, il n’y a pas tellement de nombre de points à aller chercher sur ce premier bloc : c’est de gagner tous nos matches à domicile et, à l’extérieur, tout simplement essayer d’aller faire des coups. C’est comme ça que fonctionne notre manager. 

 

En commençant par Bourg, on pourrait dire que vous êtes gourmand à Blagnac. Vous commencez déjà par le plat de résistance avant l’apéritif ? 

 

Là, d’entrée, je pense qu’on nous a dressé la table comme il faut (rires). Avec deux, trois autres clubs, je pense que Bourg est ce qu’il se fait de mieux, une équipe de haut-niveau que l’on connaît. On va rentrer de suite dans le bain avec Bourg-en-Bresse, on va pouvoir se jauger mais aussi se préparer pour la suite. Il va falloir être très, très costaud pour rivaliser là-bas. 

 

On ne va pas se le cacher, Bourg est l’un des cadors de cette poule Nationale avec des objectifs de Pro D2. Pour toi, qui d’autre que Bourg peut avoir ce genre de prétention et, est-ce que tu vois aussi des outsiders émerger ? 

 

Moi, de ce que je vois un petit peu sur les matches amicaux, même si pour l’instant c’est un peu tronqué, et en regardant à gauche, à droite, il y a quand mêmes les historiques. Je pense qu’il y a six clubs qui vont se battre par rapport à leurs structures et à leurs recrutements ; Bourg, Massy, Albi, Bourgoin qui a quand même fait un recrutement énorme, Nice qui, à mon avis, va quand même se positionner là-dedans parce qu’avec ce que l’on voit sur le papier, c’est très, très solide. 

 

Sans peut-être oublier Narbonne ? 

 

Je cherchais la 6e, c’était Narbonne. 

 

Ne nous vexe pas nos amis de l’Aude ! 

 

Non, non, j’avais bien noté six équipes dans ma tête. Après, il y aura peut-être un autre peloton mais ça va tellement vite qu’on n’en sait rien. Comme par le passé, nous allons essayer de jouer les trouble-fête. On peut aussi parler de Chambéry qui a fait un beau recrutement. 

 

Ou d’Aubenas qui, en match amical, est allé chatouiller Albi jusque dans les dernières secondes. Une équipe d’Aubenas qui est très, très costaud

 

Oui, apparemment, c’est très, très costaud, en plus, ils les ont un peu chahutés en mêlée. Sur le papier, le recrutement et la structure professionnelle, je pense que ces six équipes se dégagent mais après, il n’y a rien d’établi. Le terrain va peut-être faire mentir ces préjugés, nous verrons bien. 

 

Tu me dis qu’il n’y a rien d’établi et je vais te tendre une perche. Blagnac est le seul club pluriactif, c’est un appel à renverser l’ordre établi ? Ça, c’est quelque chose qui va vous plaire ? 

 

C’est évident et c’est tout trouvé dans notre motivation. En tant que pluriactif, on veut se mesurer à ça, nous avons déjà prouvé par le passé que nous étions capables de battre ce genre d’équipes. Il clair que nous voulons chahuter un petit peu tout cela pour montrer que l’on existe et que ce club, qui fêtera ses 100 ans l’année prochaine, veut toujours être au plus haut-niveau amateur, si on peut encore parler d’amateur. 

 

Quel est ton meilleur souvenir depuis que tu es sous les couleurs blagnacaises ? La victoire contre Bourgoin, le match retour face à VRDR où vous les avez quand même fait douter à un moment donné ? 

 

Les bons souvenirs sont tellement éphémères que l’on se souvient souvent plus des mauvais. Le quart de finale à Rajon, en éliminant Bourgoin, c’est magnifique et c’est quand même un très gros souvenir. Dans la même année, il y a aussi la victoire à Narbonne, c’est plus sur l’aspect historique de ces clubs. C’est vrai que nous, quand on travaille, on se dit qu’on est capable de ces exploits donc, c’est plus la symbolique qui est très forte pour nous, quand on est passionné, de pouvoir rivaliser et battre ces équipes, ces grands noms. Donc, je dirai Bourgoin et Narbonne. 

 

Et puis, dans ce quart de finale face à Bourgoin, il y aura un match aller qui restera dans les annales avec les projecteurs du stade qui avaient complètement sauté. C’est aussi ça qui fait une certaine littérature, des anecdotes comme ça donne encore plus de charme et de saveur à ces victoires et à ce genre de match ? 

 

C’est clair, c’est ce qui fait qu’on s’en rappelle, il y avait tout ce contexte du quart de finale avec les spots. Ça a donné encore un peu plus de goût à cette victoire. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-8-sept-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Mathieu Vachon lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 8 septembre 2020.

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