#SportStory – Cyclisme / Philippe Casado : Prince de Catalogne.

En cette après-midi du  samedi 21 janvier 1995, l’équipe de France de rugby affronte le Pays de Galles, Emile N’Tamack et Philippe Saint André marquent deux essais d’ailiers et les coqs l’emportent 21 à 9. Philippe Casado, coureur cycliste professionnel,  quitte son domicile, sac de sports à la main pour rejoindre ses amis d’enfance. Son épouse et ses deux  fils le rejoindront ultérieurement. C’est l’hiver, la saison cycliste est encore en préparation. L’entrainement de Philippe Casado est intense, alors il va profiter de ses instants de libre, avant de reprendre la route,  pour jouer un match de rugby au poste d’ailier sur la pelouse  de Baho (Pyrénées-Orientales). A la dixième minute du match, il se couche sur le ballon, il ne se relève pas, le match est arrêté, les secondes puis les minutes s’égrainent, les secours s’affairent…Philippe Casado vient d’être victime d’une rupture d’anévrisme. Il allait avoir 31 ans.
Philippe Casado sur le podium du Giro 1991 après sa victoire d’étape.
Notre rédaction revient sur la carrière d’un coureur, qui donnait l’impression d’être dilettante, voire nonchalant, car il arborait toujours un large sourire, était farceur, et blagueur. 
C’était en fait un stakhanoviste de l’entrainement et un gros travailleur  dans le peloton.

De la médina d’ Oujda, aux berges de la Têt à Saint Estève.
A l’instar du rugbyman Abdelatif Bénazzi, des footballeurs Gérard Soler et Daniel Sanchez, Philippe Casado est né à la  limite de la frontière algérienne dans la ville d’Oudja au Maroc. Son père Lucien est un coureur cycliste amateur à succès. Il est employé dans une compagnie sucrière et n’hésite pas à se mesurer aux meilleurs coureurs locaux de son époque. 
En 1964, soit un an après la naissance de Philippe Casado, la famille quitte le Maroc et s’installe dans le Roussillon au cœur de la catalogne dans  la cité treiziste de Saint-Esteve (66). Enfant, il apprend les rudiments de la boxe et touche du ballon ovale… Mais le vélo, fait parti du quotidien de la famille Casado. Lucien est sacré par deux fois champion du Languedoc-Roussillon aussi bien sur route comme en cyclo-cross. Il croise dans les compétitions cyclistes, le talentueux Jo Kerner et parfois lui dame le pion. Lucien Casado accumulera dans toute sa carrière environ 200 victoires.
Avec son premier vélo et à l’age de 12 ans, Philippe est sur  les traces de son frère Pierre. Il remporte le championnat du Languedoc scolaire, ainsi que 5 victoires pour le compte de son club le VS Stéphanois. En cadet première année bis-répétita.
La deuxième année cadet marque un premier tournant dans sa carrière, il remporte 12 épreuves; mais surtout,  le très convoité titre de champion des Pays Catalans au terme d’un sprint rageur. Premier succès à l’international, en terre ibérique.
En 1981, pour sa première saison en junior, il remporte 13 victoires ainsi que les titres de champion d’académie et de champion du Languedoc- Roussillon  du contre la montre par équipe. A l’image de son père, il pratique en période hivernale le cyclo-cross, discipline dans laquelle il excelle,. Durant l’hiver 1981/1982, il s adjuge le titre de champion du Languedoc.  Il devient quelques jours après  vice-champion de France à Miramas derrière Gilles Sanders, natif de Narbonne, mais qui représente le comité des Pyrénées.
Aux championnats du Monde,  il prendra la 27 ème place.
La saison route 1982 consacre le garçon auteur de 13 victoires,avec  une sélection pour les championnats du Monde, et une troisième place au Concours National de Montargis. Au terme de cette saison, alors qu’il va entrer en catégorie senior, Philippe Casado en est convaincu, il fera profession de sa passion. Il arrête ses études,devance l’appel pour entrer  au Bataillon de Joinville, dans la section cyclo-cross.

Le Bataillon de Joinville anti-chambre du professionnalisme.
Une nouvelle vie s’offre à lui. Une vie parisienne, loin du cocon familial et des courses régionales qu’il domine avec aisance. Au Bataillon de Joinville, il participera aux meilleures épreuves nationales, il va se mesurer à ce qui se fait de mieux dans le peloton amateur ou semi-pro en France ou à l’international.
Les résultats sont encore époustouflants. Il remporte le championnat régional du Languedoc sur route, puis s’impose à la Route des Vins, il remporte le Critérium international de Berlin sous les couleurs de l’équipe de France, deuxième du contre la montre du Tour du Val d’Aoste et termine au pied du podium des championnats du Monde cyclo-cross.
Au Ruban Granitier Breton et à la Route de France, il fait montre d’un sens inné pour l’attaque et sa  générosité dans l’effort sont salués. Sa fougue lui joue des tours mais les recruteurs sont attirés par ce garçon au regard solaire.
Bernard Thévenet ancien double vainqueur du Tour de France, alors en charge de l’équipe Le Redoute-Motobécane propose au champion catalan un pré-contrat qui prévoit une indemnité de 800 francs par mois (122 €) et un vélo de la marque.  Au Tour de Provence, il remporte le prologue. Au Tour du Vaucluse, il remporte 3 étapes sur quatre jours de course et termine 2 ème au Général, puis il inscrit le Tour du Roussillon à son palmarès.
Au terme de la saison, c’est l’équipe Peugeot, qui lui propose de franchir le Rubicon. Il entre dans la cour des grands au sein d’une formation dans laquelle on retrouve Pascal et Jérôme Simon, Ronan Pensec, Gilbert Duclos-Lassalle, Sean Yates ou Philippe Louviot. Il fera son apprentissage aux cotés du toulousain Robert Forest avec un calendrier de début de saison assez copieux pour ses 22 ans.

Du maillot Peugeot à damiers, au rose du Giro d’ Italia.
Chez Peugeot sa première saison même sans succès, ne laisse pas indifférent les observateurs. Il est régulièrement cité dans les communiqués et comptes rendus de presse, qui soulignent ses efforts pour le compte de ses leaders dès le début de saison. Il enchaîne les courses essentiellement dans le calendrier français. Il aide accompagne, il se sacrifie pour les autres. son altruisme sera tôt ou tard récompensé.
Durant sa deuxième saison, dans l’écurie de Roger Legeay qui garde Peugeot comme équipementier mais s’adjoint la marque de vêtements pour enfants Z. Philippe Casado remporte la première étape de l’Etoile de Bessèges devant Johnny Weltz, Laurent Fignon, son équipier Ronan Pensec et un jeune prometteur Luc Leblanc. Il monte sur le podium pour recevoir l’ovation du public gardois, tout en endossant le maillot de leader. 
Il prendra le départ de Paris-Roubaix avec le scaphoïde cassé à la suite d’une chute dans Gand-Welvelgem . 
Une nouvelle chute à la Milk Race avec fracture de la clavicule le prive du Tour de France. Mais, il  remporte une étape du Tour de la Vienne.
En fin de saison, il s’octroie la 9 ème étape du Tour de l’Avenir, qui portait pour la circonstance le nom de Tour de la CEE, enlevée dans un sprint massif et tumultueux au milieu des purs sprinters.
En 1988, il remporte la première étape de la Milk Race Classic, et participe à son premier Tour de France. Dans la 7 ème étape qui conduit les coureurs de Wasquehal à Reims, l’italien Valério Tébaldi s’échappe, en début de course.  il est rejoint quelques kilomètres après, par Philippe Casado. C’est un raid de pratiquement 200 km qui attends les deux fuyards. L’avance ne cesse d’augmenter, Philippe Casado est même virtuel maillot jaune. Le couple franco-italien ne sera pas rejoint, l’entente est parfaite et cordiale… jusqu’à 1.5 km de l’arrivée, ou l’italien se sachant moins fort au sprint, surprend le catalan… Tébaldi attaque sèchement jetant toutes ses forces de cette attaque. Çà passe ou ça casse !
Casado répond à l’attaque  mais il  coince et ne reviendra pas. Il termine deuxième à 6 secondes de l’italien.
Valério Tébaldi.
En 1991, Philippe Casado touchera le Graal. Sous le maillot de l’équipe Z. Il participe au Tour d’Italie. Il est fréquent qu’un grand tour débute par un prologue. En 1991, le Giro  s’élance de Sardaigne avec une étape en ligne pour hors d’oeuvre. L’arrivée comme souvent se fera au sprint. Le sprinter de l’équipe Z est alors Christophe Capelle. Le dernier virage approche, Casado fait le job, roule à bloc et vire en tête, il lance le finisseur de la maison Z. Christophe Capelle  ne peut remonter son équipier et la ligne approche, les sprinters  des autres écuries sont collés à la roue arrière, seul le picard Didier Thueux (Castorama) essaye dans un dernier coup de rein rageur de devancer le catalan. 
Victoire à la photo finish de Philippe Casado, il s’empare du maillot rose. Le lendemain l’étape est remportée par le grand favori Gianni Bugno, Franco Ciocchioli prend le maillot rose, l’abandonnera un jour au français Eric Boyer de l’équipe Z.
Récemment Eric Boyer interrogé par le site chroniqueduvelo.fr , rapporte la joie qui envahissait l’équipe Z lors de la victoire de Philippe Casado. Il déclare, « Philippe Casado était mon seul et unique ami dans le milieu du vélo ».  Il faisait chambre commune avec le stéphanois et avoue ne pas avoir dormi de la nuit à cause de l ‘euphorie et de l’excitation que procure ce genre de performance.
Quatre jours après l’exploit  de Philippe Casado, Eric Boyer en fera de même, il remporte l’étape et prend le  maillot rose pour une journée aussi, au futur vainqueur final Franco Chioccioli.
Eric Boyer en rose quatre jours après son ami Philippe Casado sur le Tour d’Italie 1991.
Dans la 14 ème étape de ce Giro 1991, qui conduit les coureurs de Turin à Morbegno, dans une arrivée sensiblement identique, Philippe Casado se fait coiffer pour une deuxième victoire d’étape par un certain Franco Ballerini. 
L’Italie terre de succès, mais aussi terre d’accueil de Philippe Casado. En effet au terme de la saison 1993, la maison Gan laisse libre le catalan. Il s’engage alors pour une équipe italienne Jolly- Camponobili – Cage. 
Le championnat de France se dérobe à lui.  
Philippe Casado aura connu la gloire internationale sur les routes d’Italie. Mais il n’a pas eu le succès qu’il méritait dans trois  courses majeures du calendrier français, le Tour de France, comme déjà évoqué plus haut,  le Championnat de France et Paris-Roubaix.
Le championnat de France, course en circuit, peut changer la carrière d’un homme. Aussi, au départ de l’épreuve en 1990 à Saint-Saulge dans le Nivernais, Philippe Casado est dans une forme éblouissante. Il vient de terminer le Giro, son Grand Prix du Midi-Libre a été réussi. Casado prend la bonne échappée, elle est composée de Laurent Pillon, Christophe Manin, Pascal Richard, François Lemarchand, Thierry Marie, Laurent Dubois, du narbonnais Gilles Sanders, et enfin l’aveyronnais d’adoption mais parisien de naissance Philippe Louviot, qui ne rêve que d’une chose inscrire son nom au palmarès du championnat comme son grand-père Raymond en 1934.
C’est alors que Manin, Dubois, Marie et Casado se détachent, puis un groupe revient de l’arrière. A trois tours de la fin, Casado attaque, laisse ses compagnons d’échappée, son avance augmente, mais n’atteindra pas la minute. A 16 km de l’arrivée, Philippe Casado marque le pas. Son instinct d’équipier modèle revient immédiatement et consacrera ses dernières forces à faire gagner son ami Bruno Cornillet qu’il connaissait depuis le Bataillon de Joinville. Mais c’est Philippe Louviot (Toshiba) qui l’emporte.
Photo: © Willem Dingemanse
La revanche du championnat de France, aura lieu un an plus tard sur le même circuit de Saint-Saulge. Inutile de préciser que Philippe Casado a ce championnat en tête, d’autant que l’équipe Z a fait un tir groupé l’année précédente Bruno Cornillet, Ronan Pensec, Philippe Casado, Gilbert Duclos-Lassalle terminèrent dans les 10 premiers.
A trois tours de l’arrivée, Casado attaque et dépose ses compagnons d’échappée que sont De Las Cuevas, Caritoux, Arnould, Rué et son ami le tarbais Henri Abadie. Derrière Luc Leblanc est mis à la raison par un Duclos-Lassalle omniprésent. Il aborde le dernier tour de course avec une avance supérieur à la minute. Ce jour-là, l’impression qu’il donne est celle d’un coureur sur de lui, puissant, imbattable. Martial Gayant pour l’équipe Toshiba ne veut pas s’avouer vaincu, il se met à la planche pour ramener le peloton, et l’avance de Philippe Casado se réduit.
Le catalan s’arc-boute sur les pédales, cherche l’abri des balustrades pour se donner un second souffle mais à 400 mètres de la ligne il doit s’avouer vaincu. On s e dit alors que le mazamétain Laurent Jalabert en pole position, avec sa pointe de vitesse, va être sacré, mais c’est l’aquitain Armand de de las Cuevas qui va avoir le dernier mot en prenant l’avantage sur Thierry Claveyrolat et Gérard Rué.
Philippe Casado ne sera pas champion de France.
Grand artisan des succès de Duclos-Lassalle dans Paris-Roubaix.

Photo: © Willem Dingemanse


Lorsque l’équipe Z est montée par  Roger Legeay, en 1987, avec ses fidèles adjoints Serge Beucherie, Roland Berland et Michel Laurent, c’est un pan de l’histoire du cyclisme qui vient de tomber. Roger Legeay a hérité du flambeau de l’équipe Peugeot et de son célèbre maillot blanc à damiers, qui a vu tant et tant d’immense champions porter celui-ci. Eddy Merckx, Ferdinand Bracke, Tom Simpson, Bernard Thévenet, Stéphen Roche, Jacques Esclassan, Régis Ovion, Jeaan Pierre Danguillaume, Jean René Bernaudeau, Pascal Simon, Phil Anderson etc….L’équipe roule dans le peloton depuis 1901.
Aussi le maillot proposé par Roger Zannier dénote complètement. 
Mais l’attraction de cette nouvelle équipe qui a gardé la structure et  une grande partie de l’effectif de l’équipe Peugeot c’est l’arrivée dans ses rangs de l’américain Greg Lemond. Il vient de remporter le Tour de France 1989 au sein de l’ équipe belge ADR et a conquis le titre de champion du Monde. Il est redevenu « bankable  » après son accident de chasse de 1987, qui l’a tenu éloigné de peloton durant 2 ans. 
Z et Legeay enrôlent l’américain avec pour objectif le Tour de France 1990. Le pari est gagné, l’américain gagnera son troisième Tour en 1990 sous le maillot de la toute nouvelle équipe française dans laquelle de nouvelles têtes apparaissent comme Laurent Madaous et Ronan Pensec.
En 1992 l’équipe sait quelle connait sa dernière année d’existence. Il est alors important pour l’équipe de marquer les esprits des potentiels annonceurs en remportant une victoire de prestige. Gilbert Duclos-Lassalle a un rêve absolu : remporter enfin Paris Roubaix. Ce coureur exigeant avec lui même possède un palmarès à faire rougir une grande partie du peloton. Il gagne sur route des courses par étapes comme Paris-Nice, le Tour de Corse, le Tour du Tarn, le Tour de l’Oise, le Tour de Suède,  le Tour Midi-Pyrénnées, le Grand Prix du Midi libre mais aussi des classiques comme Paris-Bourges, le Grand Prix de Plouay ou encore Bordeaux- Paris. Il n’hésite pas à remporter sur piste le championnat de France de poursuite ou bien encore les six jours de Bordeaux ou Grenoble.
Photo Le Figaro sports.24.
Une course se refuse à lui… Paris-Roubaix  ! 2 ème en 1980 et 1983, 4 ème  en 1989, 6 ème en 1990.
Au départ de Compiègne lors l’édition 1992, il a une équipe toute dévouée a sa cause. Une équipe dans laquelle on retrouve des coursiers aguerris au combat sur le pavé. Une équipe de gros moteurs; Capelle, Kvasvoll, Gouvenou, Colotti, Casado et Lemond… Les Z sont partout Duclos-Lassalle s’envole après 45 km d’une folle échappée chercher le triomphe et la gloire en ce dimanche 12 avril 1992.
A l’arrivée Philippe Casado qui a crevé et chuté par deux fois, notamment à Wallers-Aremberg attend le vainqueur. Étreintes, embrassades, « Gibus » est sur son nuage. Les observateurs, la presse en sont certains que dans ce Casado, il y a le futur vainqueur d’un Paris-Roubaix, et puis il est à bonne école aux cotés du béarnais.
L’année suivante le maillot Z a trouvé preneur et c’est l’assureur français  GAN, qui prend le relais. L’équipe se présente à Compiègne quasiment dans la même configuration que l’année précédente, la confiance en plus. La veille de la course, Philippe Casado, le souvenir vivace de sa chute dans la tranchée de Wallers-Aremberg dit à son leader mi blagueur, mi stratège : « demain je serai le dernier à entrer dans la tranchée, comme ça, s’il t arrive quelque chose je serai le premier à te dépanner ». Prémonitoire !
Wallers- Aremberg c’est là où tout démarre dans Paris-Roubaix, on ne gagne pas la course dans la tranchée, mais on peut la perdre.
Le lendemain, « Gibus », crève dans Wallers, son directeur sportif le dépanne, mais un coureur écrase la roue de Duclos-Lassalle. « Gibus » repart, quelques hectomètres plus loin il est victime d’une chute… et  c’est alors que Philippe Casado, en bon samaritain arrive, permet à Duclos-Lassalle de se refaire une santé morale, puis les deux comparses retrouvent les fidèles Gouvenou (vainqueur de Paris-Roubaix amateur en 1990), Capelle et Lemond en personne qui vont écraser les pédales, comme dans un contre la montre par équipe, pour ramener le leader de la Gan à l’avant de la course.
La suite est dans toutes les mémoires, Duclos-Lassalle et Ballerini sont les plus forts, ils laissent Ludwig, Museuw, Van Hoydonck, Yates, Sergeant et Van der Poel à plus de deux minutes. 
Ils entrent sur le vélodrome, l' »ancien » prend la corde en bon spécialiste de la piste, oblige Ballerini à faire l’extérieur… Incapable de dire à l’œil nu qui a gagné. Seule la voix chantante de Philippe Casado hurle  que « c’est Gilbert qui a gagné « … les minutes s’égrainent la photo finish est limpide. Gilbert Duclos-Lassalle tombe dans les bras de ses équipiers, remercie à tout va pour le boulot effectué, Casado et Co sont en joie.
photo sudouest.
Souvenir de jeunesse.

J’ai vu courir Philippe Casado dans sa jeunesse cycliste sous les couleurs du VS Saint-Estève. Deux souvenirs marquants concernant ce champion immense.
Le premier  souvenir  est rapporté par Laurent Jalabert dans le magnifique livre consacré à Philippe Casado sous la plume de Pierre Bosc un ancien journaliste de France3, passionné de cyclisme et premier supporter du coureur catalan.
Le mazamétain avoue que son engagement chez Once a été dicté par Philippe Casado. On oublie souvent que Laurent Jalabert a signé chez Once avec Philippe Louviot, alors champion de France et tombeur de Casado à Saint-Saulge.
La Ville d’Albi organise sa traditionnelle nocturne avec une pléiade de champions cyclistes amateurs mais aussi d’anciens professionnels. Ce soir là, le plateau est immense, Patrick Mauriès, les frères Mercadié, Serge Polloni, Denis Pelizzari,Thierry Lavergne, Daniel Amardheil, Michel Fédrigo Fernad et Edouard Lajo,  mais aussi les ex pros Claude Aigueparse, Pierre-Raymond Villemiane ou encore Marcel Kaikinger… 
Ce soir là, Casado, s’échappe, et tient le peloton en haleine pendant plusieurs tours. Les anciens comme les régionaux ont mis des tours et des tours pour revenir sur le fougueux coureur catalan. Il a fait un numéro comme on dit dans le jargon. 
Clin d’œil  de l’histoire, l’arrivée de cette nocturne avait lieu avenue du Colonel Teyssier, en l’endroit même, où, en 1995,  Laurent Jalabert  remportera la première étape du Critérium International dont il enlèvera le classement général, juste une semaine après avoir remporté Paris-Nice et une semaine avant de triompher dans  Milan-San Rémo.
Mais, le souvenir le plus puissant remonte au weekend de Pâques 1982. Le dimanche de Pâques, Albert Mournès et ses copains organisent le Grand Prix de Sérénac.  Le lundi se déroulait le traditionnel Grand Prix de Valdéries.
Le temps est maussade, il fait froid, le vent est glacial…. L’hiver n’est pas encore terminé et le printemps est en retard.
Une centaine de coureurs sont au départ, les juniors peuvent participer aux courses seniors, parce que c’est un jour férié, encore une bizarrerie du réglement fédéral del ‘époque. Comme souvent, dans les courses amateurs le départ est vif, rapide. Les expérimentés coureurs Christian Sié (VC Lavaur) et Gabriel Tonussi (VRC Albi) se portent en tête. La mi-course approchant, le festival du junior Philippe Casado va commencer. Une violente attaque met à la raison les deux fuyards. Un groupe se forme, creuse l’écart , et à deux tours de l’arrivée, Philippe Casado ne fait pas de quartier. Il attaque,  Julien Boiza (UV Mazamet), Didier Carivenc (VSLL Castres), Alain Cancel (Castelnaudary)  et A Ben Salem (AS Carcassonne) essayent de s’accrocher, en vain. Mais Philippe Casado est intouchable, … 
Ben Salem un coureur expérimenté, passe à côté du futur champion, interpelle Lucien, qui rangeait alors le vélo et le trophée dans le coffre de la voiture Casado et lui dit « ton fils est futur champion ».
Les copains, les « coureurs étrangers », et la promesse des Madiot.


Philippe Casado est engagé dans l’équipe Jolly-Camponibili- Cage pour la saison 1994.   
Cette équipe est managée par Robert Adriano et l’ancien champion du Monde 1972 Marino Basso. Elles est composée de coureurs aguerris  comme Dimitri Konyshev ou le polonais Zenon Jaskula récent 3 ème du Tour 1993, du jeune Roberto Simoni. Il est accompagné par  les français René Foucachon, Dante Rezze, Laurent Pillon et l’occitan Sylvain Bolay passé pro  bien trop tardivement.  
Cette équipe lui offre un contrat, mais le projet sportif laisse a désirer.
Et puis Philippe Casado est loin de ses amis coureurs sudistes. Robert Forest, Christian Chaubet, Henri Abadie, Gilbert Duclos-Lassalle, Laurent Jalabert,  de ses amis coureurs qu’il appelle affectueusement, mais avec un brin de provocation et de malice, les « étrangers », c’est à dire les coureurs  nés au dessus de la Loire, comme Bruno Cornillet, Ronan Pensec, Eric Boyer. L’éloignement avec son épouse et ses enfants commence à peser.
Au terme de la  saison 1994, et malgré un contrat de deux ans, Philippe Casado se pose des questions sur son avenir. Le vélo est-il encore sa priorité ?
Philippe Casado possède une image et une réputation dans le peloton. Au delà du cycliste, l’homme est apprécié. 
Yvon et Marc Madiot fraîchement retraités, apprennent que le garçon sera  sur le marché fin 1995. Ils lui font savoir qu’il sera de l’aventure, dans la future équipe qui verra le jour. Cette nouvelle redonne le moral à Philippe Casado. Il s’accroche au métier, la passion revient.
Les frères Madiot lanceront l’équipe de la Française des Jeux en 1996, sans Philippe Casado, qui vient définitivement de s’échapper.
Le Borgne.

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