#Rugby – Fed1 / J.Arpoulet (Marmande) : «Le train USM est sur les rails!»

Dans le Lot et Garonne, le mythique président Jacky Arpoulet, dont la gouaille légendaire égaye le microcosme de la fédérale 1, a décidé de rendre son tablier et de passer la main à une nouvelle génération. Mais celui qui a dirigé l’USM durant 5 ans, ne quitte pas pour autant le navire, et va donner de sa science et de son temps pour fédérer le corps économique marmandais autour du club. Ce grand passionné de chasse et de chevaux pourra donc s’atteler dorénavant à ses passions, tout en continuant à garder le cœur bleu et blanc, tout en ayant la satisfaction du devoir accompli. Mais en bon ex timonier, il n’oublie pas de fixer des perspectives, comme l’ambition de finir dans les 4 premiers de la poule 1 de fédérale 1 ou ne pas s’interdire à moyen terme d’accéder à la nouvelle division Nationale. Rencontre avec un personnage de l’ovalie dont le verbe n’a d’égal que sa jovialité, et qui fleure bon le rugby à la bonne franquette.

 

 

Jacky, c’est un plaisir de vous avoir avec nous. Le 31 Août, nous avons vu que vous passiez la main en douceur à une nouvelle équipe pour l’US Marmande. Qu’est-ce qui a motivé votre choix ? 

 

Ça fait déjà une grosse année que je veux passer la main. Il est clair que les candidats ne se bousculent pas à la porte et j’ai quand même eu une année assez complexe puisqu’il y a eu ce problème de virus et en plus, le confinement. Donc, nous avons attendu de mettre tout en place au niveau du club pour mettre en place la passation parce-que tout est réglé. Il n’y a plus de que de petits détails à régler, le train est sur les rails, tout est OK. J’ai donc annoncé ma démission, je reste malgré tout au club puisque c’est moi qui m’occupe du partenariat et du sponsoring. Comme vous le savez, c’est une partie importante puisque ça fait partie des ressources. 

 

C’est le nerf de la guerre ? 

 

Oui, c’est sûr que c’est le nerf de la guerre (rires). Nous ne sommes peut-être pas un club ordinaire puisque nous avons un club-entreprise qui nous soutient. En fait, c’est nous qui organisons toutes les manifestations et il faut animer ce club-entreprise, il faut le faire vivre, faire des rencontres et donc, il y a des échanges. Nous avons monté ce club-entreprise, il a été conçu par des chefs d’entreprises pour les entreprises. C’est quand même quelque chose de dur à gérer, il faut être précis mais nous avons de très bons retours. J’ai été agréablement surpris, quand suite au confinement, nous avions pris contact avec des partenaires, d’avoir de très, très bons retours  C’est très bien pour la suite parce-que ça nous permet de garder l’intégralité de nos partenaires. 

 

Et une assise financière ? 

 

Ah oui ! Aujourd’hui, les finances sont primordiales, pour la crédibilité, pour tout. En cette fin de saison, j’ai transmis le flambeau à une nouvelle équipe qui s’est occupée du recrutement, puisque c’est une section sport et vous savez très bien qu’aujourd’hui, qui fait les plus grosses dépenses ? Ce n’est plus ni moins que le sportif, c’est lui qui dépense les sous du club avec éducateurs, joueurs et autres. Il y a bien sûr de l’administratif mais ça, c’est à part et il faut quand même honorer les engagements. On prospecte aujourd’hui pour augmenter la capacité ? (4.03), puisque ça s’appelle comme ça, et les ressources du club. C’est du boulot, j’ai arrêté la présidence qui était beaucoup plus lourde car en plus d’être président, je m’occupais du recrutement et aussi du partenariat donc, j’étais occupé. 

 

Il aurait quasiment fallu être trois pour faire ce que faisait un seul homme ? 

 

Je ne sais pas s’il faut être trois mais il faut être organisé et être présent (rires). A un moment donné, je suis fatigué donc, je reste au niveau du partenariat, ce qui est bien et qui va m’occuper un petit peu parce qu’il ne faut pas oublier que ça prend du temps. Mais c’est très bien, le moment est bien choisi pour la passation et le reste suit son cours. On est une bonne équipe, on travaille bien et j’espère que nous allons aller au bout de nos objectifs. 

 

En parlant du partenariat et des clubs-entreprises, ces derniers, à une certaine période, était l’apanage des clubs professionnels. On voit qu’il y a de plus en plus de clubs semi-pros ou semi-amateurs qui s’y mettent. C’est quand même une forte tendance ? 

 

Le don sans retour, ça ne marche plus trop aujourd’hui, je pense qu’il faut avoir une autre vision des choses. J’ai été chef d’entreprise, j’ai vendu mon affaire en 2014, et je voyais bien comment ça se passait. Tu investis sur quelque chose et tu le fais avec plaisir mais tu le fais aussi pour le business, les contacts, etc, etc. Il te faut des retours, c’est toujours encourageant de donner de l’argent à une association mais, si tu n’as pas de retour de connaissances, d’échanges ni rien, à un moment donné, tu te lasses. Là, nous avons monté et conçu cette fameuse ? (6.14) commerciale qui, aujourd’hui, est le mieux en termes de rapport qualité/prix et qui permet aux chefs d’entreprises de prendre du bon temps quand ils viennent mais en plus, d’échanger, de rencontrer des institutionnels. C’est très bien. 

 

J’imagine qu’un président, c’est comme un joueur : il a un départ, une fin de carrière rêvée. Pour vous, une fin de carrière rêvée aurait été après de belles phases finales en Du Manoir car Marmande était dans les clous pour cette qualification ? 

 

Ça par contre, l’année dernière, j’avais dit aux entraîneurs  » on peut être qualifiable et surtout, dans les quatre premiers « . Je ne m’étais pas trop trompé, si nous n’avions pas raté des matches bêtement d’un point pour des bêtises … Nous avons raté certaines occasions mais j’étais dans le vrai parce-que j’ai joué au rugby, je connais un peu la valeur des joueurs et franchement, nous avions une équipe pour être dans les quatre premiers tranquille. Nous avons battu Cognac, qui est en Nationale, ici, nous avons fait match nul avec Dax mais nous aurions dû aussi gagner parce-que, là aussi, nous nous sommes laissés aller au bout de quelques temps alors que l’on menait largement au bout de 20 minutes. C’est une saison qui ne s’est pas finie et donc, c’est compliqué quand c’est comme ça. Quand tu es président, tu es heureux quand tu fais des phases finales, que tu as des supporters qui sont là, qui viennent, tu as les jeunes de l’école de rugby, les cadets qui t’encouragent et qui viennent aussi au match, c’est bien. Ça ne s’est pas passé comme ça et, au contraire, nous sommes contents d’être partis indemnes parce-que, vu l’hécatombe qu’il  y a eu de gens d’un certain âge comme moi, on a intérêt à raser les murs, moi y compris. 

 

Il fallait faire comme Michel Courtès et aller se planquer dans la palombière ? (Rires)

 

Oui, il fallait aller se cacher dans la palombière (rires). Même ça, c’était interdit, je ne sais pas comment Michel a pu s’y planquer, à moins que ce soit classé résidence secondaire et à ce moment-là, il a le droit. Mais c’était formellement interdit, même d’aller à la pêche, à la chasse, tout était interdit. On a attendu, on a fait comme les copains et on a travaillé sur les réseaux. 

 

Maintenant, arrive une nouvelle saison avec une poule 1 qui monte jusque dans le nord de la France et Marcq-en-Barœul. L’avantage en démissionnant, c’est que vous n’aurez pas à vous taper le déplacement jusque dans le Nord-Pas-de-Calais ? 

 

En tant que joueur, avec Marmande, j’étais allé jusqu’à Arras. 

 

Une belle diagonale comme on dit

 

A l’époque, je travaillais, on était parti le samedi matin sur le coup des 7h. Il n’y avait pas le TGV, on avait pris le train et on était passé par Bordeaux, la gare d’Austerlitz ensuite le métro, gare du Nord où on avait repris le train. Nous sommes arrivés le soir à Arras à 19h30, il faisait gris, il faisait noir !!! On arrive là-bas, on nous met dans un hôtel perdu de chez perdu. Le lendemain, petit réveil musculaire, on joue, on est rentré le lendemain à 7h45, je m’en rappelle, j’avais repris le véhicule et j’étais allé travailler. 

 

Un périple

 

Je vous raconte pas le week-end et j’ai dit  » plus jamais ça !  » et là, Marcq-en-Barœul ! Mais bon, on a des moyens aujourd’hui qui sont beaucoup plus rapides, ça sera quand même plus agréable. Et je plains les joueurs de Marcq-en-Barœul qui vont descendre dans le Sud-Ouest tous les 15 jours. 

 

Ils vont voir du pays et pouvoir réviser la géographie 

 

C’est comme ça mais les joueurs s’en souviendront parce-que, quand tu vas à Tyrosse, tu y vas 15 fois à Tyrosse. Mais, quand tu vas dans le Nord, tu as à peine fini le voyage que tu te dis  » il faut rentrer « . 

 

Sur le registre sportif, le fait que les gros calibres de Nationale soient partis va permettre à Marmande d’avoir de grosses ambitions cette année dans cette poule de Fédérale 1 ? 

 

Attention, tout le monde s’est bien armé. J’ai vu que Niort avait tenu la dragée haute à Cognac-Saint Jean d’Angély, je vois que Périgueux se sont armés. Il ne faut pas rêver, ça ne va pas être facile, il y a six promus donc je pense qu’on va quand même tenir la route parce-que devant, on a  la panzer division. Mais il ne faut pas croire que ça va être facile. 

 

Les six premières places sont quand même envisageables ?  

 

Oui, il faut finir dans les quatre premiers parce-que, pour les phases finales, c’est quand même plus intéressant. Mais je pense que beaucoup de présidents doivent tenir le même discours à leurs entraîneurs en leur disant  » il faut finir dans les quatre premiers « . Parfois, tu as des surprises, tu te dis  » oui, bon, celui-là vient de monter  » mais finalement, ça n’est pas si mal que ça. Donc, il faut toujours être très prudent, surtout modeste et il ne faut pas se la péter parce-que parfois tu pleures. 

 

Comme on dit, on peut vite redescendre de l’arbre ? 

 

Là, tu redescends vite de l’arbre et tu dis  » aïe, aïe, aïe « . Et bien oui, mais tu n’avais qu’à y penser plus tôt. Il faut rester les pieds sur terre. 

 

Vous dîtes que les équipes se sont armées mais, rassurez-moi, Marmande aussi s’est équipé ? 

 

On a surtout gardé une bonne ossature devant, il est sûr aussi que nous avons une bonne charnière. On n’est pas mal sur tout l’ensemble mais tu n’es pas à l’abri de blessures, c’est toujours pareil. Parfois, il y a des débuts de saison catastrophique, tu as des équipes qui, normalement devraient être dans les premières places et puis, les blessés étant là, un carton, des trucs bêtes des fois, tu es dans la spirale de la défaite. Le ballon, au lieu de revenir sur le terrain, va en touche et tu sais bien comment c’est quand tu n’as pas de chance. On a vu des grosses équipes en Top 14 dont, normalement, la place n’est pas dernières mais plutôt dans les six premiers. Et pourquoi ? Parce-que tu as raté ton début de saison, peut-être que tu l’as mal préparé, peut-être que tu t’es vu trop beau  … Il y a tellement de choses. 

 

Tout se goupille mal et c’est la spirale négative, comme on dit ? 

 

Ah oui. Il ne faut pas oublier que parfois, dans le sport, tu as des surprises. Et des gens dont tu penses qu’ils vont être dans les 4 ou 6 premiers, tu batailles pour l’avant-dernière place parce qu’ils ne s’en sortent pas. Et puis, tu perds pied, tu perds confiance et après, ce n’est pas bon, tout le monde ronchonne, tout le monde fait la gueule. Ce qu’il faut, c’est bien démarrer, on reçoit Périgueux qui est une bonne équipe et qui a des ambitions. Donc, à nous aussi d’être à la hauteur. 

 

On va aussi parler un peu des sujets d’actualité qu’il y a eu durant ce printemps / été. Il y eu la réforme de la Fédérale avec la création de la Nationale. Quelle était la position de Marmande : pour ou contre cette réforme de la Fédérale 1 et la création de la Nationale ? 

 

Pour moi, personnellement, ils ont fait ça parce qu’il y avait quelques clubs, notamment Albi et Massy, qui avaient quelques prétentions pour être en Pro D2. Apparemment, ça ne s’est pas fait et ils ont créé cette Nationale un peu rapidement. Moi, par contre, je n’aurai fait cette poule que l’année prochaine, ça a aurait permis aujourd’hui de voir et de surtout de revoir, parce-que la DNACG doit avoir un œil là-dessus, le niveau financier. Parce qu’entre les promesses et ensuite, avoir l’argent dans les caisses, il y a parfois des surprises. J’ai vu que tout le monde s’était armé dans une période compliquée, parce-que si c’est compliqué chez les Marmandais, ça sera compliqué dans toute la France car tout le monde a trinqué. C’est comme ça, ils ont fait cette poule, c’est bien parce-que ça peut nous permettre à nous, si on se structure, que l’on grossit et augmentons le budget, de peut-être prétendre à jouer et essayer de monter en Nationale. 

 

Autre sujet d’actualité, c’est bien sûr le Covid-19 qui amène plusieurs questions. Est-ce qu’à Marmande, vous êtes passés entre les gouttes par rapport au Coronavirus ? Et, est-ce que vous vous testez ou non ? Là, il y a deux écoles : il y a ceux qui suivent strictement le protocole FFR et ceux qui vont plus loin en se testant régulièrement. Où en est-on à Marmande ? 

 

On suit scrupuleusement les consignes. Moi, j’avais fermé le stade jusqu’au 30 Juin, il n’y avait plus personne qui y venait. Là, on fait attention, on respecte ce qui a été dit, je sais que le spécialiste Covid de chez nous, Thibault Martin, suit ça de près et même de très près. On fait attention à tout et moi, je fais super attention donc, j’impose aussi aux autres de faire un petit peu attention (rires). Donc, j’espère que ça continuera comme ça. 

 

Maintenant que vous n’avez plus que le partenariat à vous occuper, vous allez avoir beaucoup de temps libre. A quoi allez-vous dédier ce temps libre : à la palombe, à la famille, aux copains ? 

 

Déjà, j’adore la chasse, surtout à la palombe parce-que c’est convivial et que je chasse avec les copains de Castelbajoux et de Sainte-Bazeille. J’ai fait une fusion : Castelbajoux, Marmande, Sainte-Bazeille, c’est une fusion (rires). 

 

C’est un maul, un pack

 

Voilà (rires). Je vais aussi en Espagne chasser la grive, j’adore les petits chevaux de course, un peu comme Didier Casadéï qui adore ça, car on s’était rencontré plusieurs fois sur les champs de course. Donc, j’aurai certainement l’occasion de discuter avec lui lorsque Périgueux va venir. Après, il y a les voyages et puis, il faut que je profite un petit peu pendant que je suis en bonne santé d’un petit peu de tout. Je pense que je mérite d’être un petit peu au repos après tout ce qui s’est passé et tout ce que l’on a fait. Je pense que c’est pas mal donc, place aux jeunes ! 

 

Le soldat Arpoulet refile l’étendard à la nouvelle génération ? 

 

Voilà, place aux jeunes et puis, le club est assez structuré pour que cela puisse continuer tranquille. Il faut que certaines personnes se mettent un peu en avant et ce n’est pas très compliqué. Il faut être entouré et avoir de l’envie et tout va bien. C’est comme dans une entreprise, c’est toujours pareil, il faut la mener comme ça. Je ne suis pas du tout inquiet. 

 

Il nous reste deux choses à faire : vous souhaiter une bonne retraite sportive et une belle saison 2020 / 2021 pour l’US Marmande en espérant qu’ils soient dans les 4 premières places comme l’objectif que vous leur avez fixé

 

On pourra faire un point fin Novembre quand certains matches seront déjà passés. J’aurai fini la saison de la palombe, on pourra discuter un petit peu sur les antennes, si ça ne pose pas de problème. 

 

Ah, pas du tout ! 

 

Alors, on se donne rendez-vous et on se rappelle fin Novembre avec plaisir

 

Ce sera toujours un plaisir de vous avoir sur nos ondes pour écouter et vos anecdotes et votre passion du rugby

 

On en a toujours des anecdotes, il y a des trucs qui sont pas mal 

 

A très bientôt

 

Merci à vous 

Propos recueillis par Loïc Colombié

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Jacky Arpoulet lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 1 septembre 2020.

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