#Rugby – Nationale / J.Russell (Albi) : «La vérité c’est le terrain!»

Jeremy Russell, l’ouvreur du Sporting Club Albigeois, s’est entretenu avec nous lors de notre émission « Le #MagSport – RadioAlbiges«  du 4 septembre 2020 pour faire un point sur son actualité et celles des jaunes et noirs. Actuellement blessé, l’ex Montois qui entame sa 3 eme saison dans la préfecture Tarnaise , aborde tout de même avec ambition et soif de vaincre cette nouvelle saison au SCA. Conscient que la division Nationale sera totalement différente de la fédérale 1 et surtout beaucoup plus intense, le numéro 10 albigeois se prépare en conséquence, tout en gardant dans un coin de tête l’objectif collectif du groupe : la Pro D2. Ce botteur disposant d’une allonge non négligeable, devra prendre les clés du camion albigeois cette saison, un challenge qui ne l’effraie point. Entretien avec un joueur qui en deux saisons au « Sporting » a vécu nombre de péripéties collectives, mais qui compte en faire un levier fort et fédérateur.

Crédit photo Pierre Bras

 

Pour toi s’annonce une 3e saison en terre tarnaise. Une saison où, j’imagine, tu nourris pas mal d’ambitions ? 

 

Exactement. En plus, avec le contexte où nous avons eu un peu trop de pause au niveau du rugby avec la crise sanitaire, nous avons repris le 1er Juillet avec plein d’ambitions, que ce soit personnellement ou collectivement. J’ai hâte de reprendre mais, malheureusement, il m’est arrivé un petit pépin musculaire. Je me suis retrouvé avec une lésion de l’adducteur et une inflammation de l’adducteur gauche donc j’ai été un peu freiné pendant trois semaines mais normalement, je pourrai reprendre à 100% avec l’équipe dès cette semaine. 

 

Ça doit être rageant de voir les copains re-gambader sur les pelouses face à Aubenas en match amical pendant que toi, tu es toujours dans les starting-blocks ? 

 

Le truc, c’est que nous avons bossé assez dur physiquement pendant sept semaines. Nous avons eu une petite semaine de repos à la sortie de cela, j’ai repris une semaine et c’est là que c’est arrivé, au moment où l’on attaquait la phase du vrai rugby. Donc, de voir les copains jouer et reprendre les matches amicaux plus l’opposition que nous avons fait entre nous jeudi dernier, ça donne encore plus envie sachant que, pendant six mois, nous n’avons pas fait de rugby et que là, je suis freiné pendant trois semaines. Mais bon, je pense qu’il vaut mieux avoir déclenché ce petit pépin maintenant que pendant la saison. 

 

Une semaine de repos où tu en as profité pour aller à Nice. C’était pour prendre les repères au stade des Arboras ? 

 

Exactement, j’ai visité la Côte d’Azur pour voir ce qu’il y avait à faire (rires). Non, c’était plus personnel pour voir un peu plus la France puisque j’ai évité de partir à l’étranger pour ne pas être impacté par le virus donc, j’ai profité du soleil de la côte Est. 

 

Niveau virus, Nice n’était peut-être quand même pas le meilleur endroit, ce n’est pas un cluster mais pas loin

 

J’ai fait attention. Depuis, on a fait les tests et je n’ai pas été impacté par ça et puis, j’ai fait très attention pour ne pas le ramener sur Albi. 

 

Tu me lances sur le Coronavirus et j’imagine que ça doit quand même être une hygiène de vie assez particulière actuellement pour vous les joueurs. Pour vous protéger, vous devez vraiment essayer de restreindre au maximum les relations sociales et toute la convivialité qu’il y a avec le rugby ? 

 

Exactement. Après, j’ai un petit peu de chance de pouvoir voir ma famille parce-que j’ai un père et deux frères qui sont dans le rugby et dans des endroits où ils ont aussi testés que nous donc, pour le coup, il n’y a pas trop de problème sur ça. En ce qui nous concerne, on se voit déjà beaucoup la semaine, on essaie de faire des choses entre nous, les joueurs donc, mine de rien, nous avons quand même une petite vie sociale qui fait que nous ne sommes pas trop dérangés par ça. Par exemple, quand on va au restaurant, le masque est de rigueur, on l’enlève quand on est à table et on peut continuer un peu la vie normale. 

 

On voit que ce groupe continue à bien vivre, vous êtes vraiment devenus une bonne bande de copains. C’est souvent une lapalissade dans le rugby, tout le monde dit  » oui, on vit bien, le groupe vit bien  » mais on a vraiment l’impression qu’à Albi, il y a une certaine osmose qui s’est créée dans ce groupe ? 

 

C’est un peu notre ADN et cela fait quand même deux ans que l’on vit des choses assez intenses émotionnellement parlant, mentalement, psychologiquement et tout ce qui s’en suit. Donc, c’est vrai que cela nous resserre un peu plus chaque année, on aimerait garder cette cohésion que nous avons mais tout en essayant de vivre des choses un peu plus festives. C’est pour cela que les mecs qui arrivent de l’extérieur s’intègrent très facilement, de par le fait que l’on arrive à faire des choses ensemble plus facilement et je pense que c’est aussi ça qui fait que, sur le terrain, on arrive un peu plus à  » se viander  » pour l’autre. 

 

Le coup d’envoi du début du championnat et de la Nationale approche à grands pas, plus que quelques jours à attendre. Que penses-tu de ce championnat même si j’imagine que tu aurais aimé en jouer un autre ? 

 

Ça va être très intéressant sportivement. On va jouer des matches très intéressants tous les week-ends et je pense que là, il n’y aura plus de problème d’écart entre nous, professionnels, et les équipe vraiment amateurs de la Fédérale 1. Maintenant, nous allons avoir des matches de haut-niveau qui vont nous préparer pour la Pro D2 et je pense que c’est aussi un peu ça la petite contrepartie d’être restés à ce niveau-là. Mais au moins, ce qui est très intéressant, c’est d’avoir de la qualité sur tous les matches et c’est aussi à nous d’élever notre niveau de jeu et de concentration sur la préparation des semaines. Donc, c’est intéressant pour tout le monde et même pour le staff, je pense qu’il va y avoir du boulot au niveau de la préparation des matches. C’est le très bon côté des choses. 

 

En plus, il y a un premier bloc de matches maous costaud : Nice, un outsider, Bourgoin, un prétendant déclaré à la Pro D2, Bourg-en-Bresse qui était en Pro D2 il y a très peu de temps et puis Dax, un bastion du rugby. On est en plein dedans, c’est un début en fanfare ? 

 

Ce sont des affiches de Pro D2, voire même qui auraient pu être en Top 14 les années précédentes. Je pense que c’est le côté positif de cette nouvelle division, nous allons vraiment avoir des matches de très haute intensité. Même pour le public, il va y avoir des enjeux tous les week-ends donc, ça sera le petit truc en plus de cette nouvelle division. 

 

On entendait Simon Pardakhty dire à la fin du match contre Aubenas dire  » je suis déjà focalisé sur ce match contre Nice « . Cette rencontre a tout du guet-apens, Nice est une équipe en devenir, qui s’est très bien armée et qui est un peu l’outsider pour l’accession en Pro D2. C’est vraiment un match piège par excellence ? 

 

C’est ça, surtout qu’ils ont fait un très gros recrutement. Ils sont en train de se développer au niveau de leurs structures, c’est une équipe qui, depuis deux ou trois ans, arrive toujours à jouer le haut de tableau. De toute façon, quand on voit la poule dans laquelle ils étaient l’an dernier, ils ont fait plus que rivaliser avec les 3 / 4 écuries qu’il y avait dans leur poule. C’est un match à prendre très au sérieux et on sait à quoi s’attendre. Ce qui est sûr, c’est que ça va être un très, très gros match, à nous déjà de bien nous préparer toute la semaine et d’arriver au match samedi avec les intentions que l’on aura. 

 

Un des défis de cette Nationale, c’est aussi l’enchaînement des matches. Depuis deux ans, vous êtes habitués à faire des blocs de deux voire de trois matches et même d’un match qui traînait par ci, par là. Là, ce ne seront que des blocs de 4 ou de 5 matches : il va aussi falloir se refaire  » la caisse  » par rapport à ce genre de blocs ? 

 

Exactement mais Arnaud et les prépas physiques nous avaient prévenus dès le début que ça allait être une prépa différente des années précédentes. Ça a été le cas, je pense que le boulot a été fait au vu des matches amicaux. Nous avons fait un match amical contre Aubenas et entre nous jeudi où il y a quand même eu quelques rotations mais, vis à vis de l’intensité qu’il y a pu avoir, je pense que le boulot a été. Mais la vérité, c’est le terrain, ça ne vaut pas des séances de physique. Mais ça va être long et comme je l’ai dit tout à l’heure, cet enchaînement de matches, c’est ce qu’il se passe dans les niveaux au-dessus. Quand on voit la première année en Poule Elite, lorsque les équipes sont montées en Pro D2, elles ont réussi à s’adapter au rythme un peu plus vite que ce qui s’est fait cette année. 

 

Qui dit plus de matches dit aussi plus de rotations et moins de temps de jeu ? 

 

Oui parce-que, mine de rien, il va falloir  » préserver  » certains joueurs mais, au début, je ne sais pas s’il va y avoir plus de rotations qu’il n’y avait déjà. Mais une chose est sûre, c’est que là, il va vraiment y avoir besoin de tout le monde parce-que les matches vont être intenses et que, comme tu le dis, il y va y avoir beaucoup plus de blocs de gros matches. C’est pour cela qu’il est vrai que cette année, il y aura des rotations mais je pense que ce sera surtout tout le monde dans le même bain dans le sens où, ce ne sera peut-être pas la même équipe mais les ambitions seront les mêmes. On ne peut pas se permettre cette année, avec les ambitions que nous avons, de lâcher des matches, ça va être à 100% avec tout le monde. C’est aussi ça qui est bien, peut-être que l’équipe ne sera pas la même d’un week-end à un autre mais ça sera tout aussi intéressant. 

 

A ton poste cette année, vous allez être trois à postuler : l’ancien Kevin Boulogne, Benji Caminati et toi. Comme tous les rugbymen, tu es un compétiteur et ça te donne un challenge de plus d’avoir un peu de monde qui vient te concurrencer sur ce poste ? 

 

Ça fait quand même trois ans que nous sommes à ce poste tous les trois. C’est quand même bien quand on est joueur d’être concurrencé parce-que parfois, c’est vrai qu’inconsciemment, on a l’air d’être un peu installé et de ne pas se mettre un coup de pied au cul. Donc, c’est vrai que quand on voit qu’il y a d’autres joueurs qui peuvent jouer à ce poste, on est capable d’être remplacé si on passe au travers en match. C’est pour cela que ça file un petit coup de pied au cul donc, c’est toujours intéressant d’avoir de la concurrence mais elle est très saine et c’est ça qui, d’un côté, est très bien. 

 

On peut envisager de voir un Jérémy Russel un peu  » à l’anglaise « , en second ouvreur au centre ? 

 

Ça fait trois ans que je suis ici et que tu me poses la question (rires). Ça, ça ne dépend pas de moi, je pense que les coaches sont au courant et que tu as déjà dû leur poser la question. 

 

Parce-que tu as déjà évolué au centre ? 

 

Exactement. Les premiers matches que j’ai pu faire en professionnel à Mont-de-Marsan ont été à ce poste-là parce-que la vision de Christophe Laussucq, l’entraîneur que j’avais, était de jouer avec deux 10. A Agen, j’avais aussi fait un match à ce poste-là, ça dépend parfois de la vision de jeu de l’entraîneur. Mais les mecs qui sont à ce poste aujourd’hui font très bien le boulot et si je venais à jouer à ce poste un jour, je pense que ça sera plus pour dépanner que pour vraiment m’y installer. 

 

Ça peut être une option stratégique face à un certain type d’équipe ? 

 

Exactement, c’est possible. Mais en tous cas, depuis que je suis ici, les coaches n’en ont jamais vraiment parlé. Donc, si on y vient un jour, je m’adapterai comme il le faut mais, en tous cas, ça n’est pas d’actualité. 

 

Tu nous parlais du Stade Montois, ils ont un nouveau coach, Julien Tastet. Tu l’as côtoyé, c’est quelqu’un que tu connais ? 

 

Oui, c’est quelqu’un que je connais, que j’ai pu revoir et que j’ai eu au téléphone. Je pense que ce qui lui arrive est très bien et, des échos que j’en ai, ça se passe très bien. Donc, tant mieux parce-que je pense que ce n’est pas évident de couper d’un coup comme ça l’amitié et le lien qu’il a avec les joueurs en devenant entraîneur, sachant que je pense qu’il a des amis au sein de cette équipe. J’ai l’impression que, pour l’instant, il fait ce qu’il a à faire en espérant que ça se passe très bien pour lui parce qu’il mérite ce qu’il lui arrive. Je ne pense pas que lui-même pensait que ça allait arriver aussi vite mais voilà, en espérant que ça marche cette année et qu’il fasse une belle saison. 

 

Pour revenir sur ton cas personnel, quel est ton objectif de retour ? Le premier match à domicile face à Bourgoin ? 

 

C’est ça. Après avoir discuté avec le coach et Tim le kiné, ce n’était pas forcément de se presser pour revenir au plus vite sachant que la saison va être très longue. Les matches à l’extérieur demandent aussi d’avoir des mecs frais, j’ai loupé les deux matches amicaux donc il faut aussi que je reprenne l’entraînement à 100%. Et puis, il y a des mecs qui ont bossé trois semaines de plus que moi donc, il y a aussi ce mérite-là d’envoyer des mecs frais et prêts sur ce match de Nice qui va être capital pour lancer la saison. Moi, je fais tout, et c’est clair dans ma tête, je me prépare pour revenir pour Bourgoin à 100%. J’ai bien bossé avec le kiné et je pourrai reprendre comme il faut cette semaine. 

 

On va parler aussi du format des play-offs. Il faudra déjà s’y qualifier et ça ne va pas être une mince affaire d’aller les chercher parce-que tout le monde est mort de faim dans cette Nationale. C’est un format qui ressemble beaucoup au Top 14, qu’en penses-tu en tant que joueur ? C’est un format qui te plaît ou tu préférais l’ancien format ? 

 

Je trouve ça normal sachant qu’on récompense aussi la saison des deux premiers parce-que, notamment au niveau auquel on va être, ça va être très dur d’arriver premier ou second et d’être directement qualifiés pour les demi-finales. Pour moi, c’est légitime, au vu des ambitions des mecs, ceux qui se retrouveront là, c’est qu’ils auront fait le job toute l’année. Ça laisse aussi une chance aux mecs qui se retrouveront à faire les barrages, peut-être qu’ils seront passés au travers à un moment dans la saison et ils se rattraperont à ce niveau-là. Je me suis retrouvé dans cette situation-là chez les jeunes, à être 6es et à finir champion de France. Donc, tout est possible et pour moi, c’est légitime, je trouve ça normal. 

 

Quelles sont pour toi les équipes que tu redoutes le plus dans cette Nationale, les équipes qui vont être les plus armées, les plus costauds ? 

 

Bourg-en-Bresse, Massy déjà et ensuite, Bourgoin et Narbonne. J’en ai peut-être cité un peu trop. 

 

Non, ça fait quatre, avec deux de plus, ça nous fait les play-offs

 

Je ne nous ai pas mis dedans parce-que c’est l’ambition première que l’on a et j’ai mis d’autres équipes. Mais, c’est vrai que ça va être compliqué cette année, il peut y avoir des surprises et je crois qu’il y en aura. 

 

Question bonus : ça fait deux ans qu’il n’y a pas eu de défaite au Stadium. Garder le Stadium inviolé est un objectif que vous avez à l’intérieur du groupe ? 

 

Oui, ça va être important, déjà parce-que je pense que ça va être compliqué cette année et qu’il va aussi falloir accepter d’avoir des défaites mais bien sûr, pas à la maison (rires). Ça va être l’objectif de gagner tous les matches à la maison, c’est hyper important pour nous notamment au niveau du classement. Il va falloir accumuler un maximum de points à la maison parce-que ça va être long et compliqué. Il est sûr et certain que l’objectif va être d’être invaincu à la maison mais au niveau de l’extérieur, je pense qu’il va aussi falloir accepter la défaite cette année, au vu du niveau des équipes et du fait qu’il peut aussi y avoir des passages à vide qui seront plus faciles à accepter cette année, je pense, que les années précédentes. Mais il est vrai qu’être invaincu à la maison est aussi un objectif parmi tant d’autres. 

 

Et en ayant ferraillé en Fédérale 1 pendant deux ans, il y a peut-être des valeurs et des vertus des clubs amateurs que vous avez un peu imbibées et que vous allez maintenant reproduire sur cette division professionnelle ? 

 

Oui, on sait surtout comme ça va être à l’extérieur. On s’est tous côtoyé à ces matches à l’extérieur un peu champêtres et je pense que nous sommes aussi tous conscients de ce que c’est que d’avoir un état d’esprit différent quand on va à l’extérieur que quand on reçoit une équipe à la maison. Donc, je pense que certaines équipes vont aussi pouvoir se servir de ça quand ils vont recevoir une grosse écurie à la maison. Maintenant, on sait à quoi s’attendre et, à tous types de niveaux je pense, donc, il n’y a plus trop d’excuses sur ces matches à l’extérieur. Il va falloir les préparer et mettre en place les stratégies pour pouvoir ramener des points à chaque déplacement. 

 

On te remercie de nous avoir fait un petit tour d’horizon de l’actualité du Sporting Club Albigeois et de nous avoir donné ton sentiment. On espère que tu seras très rapidement sur les terrains et on te dit à bientôt dans les colonnes du Mag Sport

 

Avec plaisir, merci beaucoup. Et on se retrouve au bord des terrains pour que tu puisses continuer à commenter ces matches.

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-4-septembre-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Jérémy Russell lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 4 septembre 2020

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