#Rugby – ProD2 / J.Tastet (Stade Montois) : «Nous avons essayé d’allier de la jeunesse avec de l’expérience!»

Un de nos consultants rugby, Didier Revellat alias « Big Moustache », est allé au cœur du pays landais , pour rencontrer le néo-coach du Stade Montois, Julien Tastet. A peine les crampons raccrochés, celui qui a porté la tunique jaune et noire durant 23 saisons de l’école de rugby jusqu’à l’équipe fanion, a décidé avec son compère Rémy Talés, de répondre à l’appel et au projet sportif du président Cazeaux. Focus sur les champions de France 1963, qui avec un nombre réduit de professionnels dans son effectif , tenteront d’être les troubles-fête de la Pro D2 et d’incarner une certaine identité du rugby.

 

 

Crédit photo Jean Phillipe Bezier

Julien, depuis que vous êtes tout petit, depuis 1997 pour être précis, vous évoluez à Mont-de-Marsan. Vous avez commencé par l’école de rugby pour ensuite intégrer le groupe pro en 2006, à l’âge de 19 ans ? 

 

Tout à fait. J’ai commencé mes premiers matches pros en 2006 pour la première journée contre Toulon, à 19 ans. Et cela, pendant 14 saisons vu que j’ai mis fin à ma carrière il y a quelques mois, le 6 Mars 2020 à Rouen. C’est une carrière assez riche, du moins de mon point de vue, j’ai eu la chance de connaître de très bons moments durant cette période. J’ai eu la chance de jouer pas mal de phases finales avec le club, de connaître les joies de deux accessions en Top 14 et du coup, de passer deux ans au plus haut-niveau ce qui m’a aussi amené à pouvoir partir en tournée avec les Barbarians. Donc, malgré une longévité qui est rare aujourd’hui pour mon club, j’ai pu aussi connaître de grands moments de joie de sport durant toute cette période. 

 

14 saisons, 336 matches exactement en équipe première sous le maillot Montois. Vous avez été sélectionné avec les Barbarians, vous avez aussi quelques sélections avec les moins de 18 et les moins de 19 mais pas avec la grande équipe de France ? Est-ce un petit regret ou pas du tout ? 

 

Non, du tout. Je connais aussi mon niveau donc je n’avais pas les moyens de jouer à ce niveau-là. Ce n’est pas du tout un regret, je suis très content de ma carrière et de ce que j’ai pu faire durant ces 14 saisons. C’est vrai que j’aurai peut-être pu aller ailleurs mais, avec le recul, je suis aujourd’hui très content d’avoir été fidèle à mon club. Ça m’a peut-être aussi donné l’opportunité de basculer sur une nouvelle carrière d’entraîneur donc, il n’y a pas de regret à ce niveau-là. 

 

Il y a sûrement beaucoup de souvenirs et d’anecdotes. Mais y en a-t-il un en particulier qui a marqué pendant ces 14 saisons ? 

 

Il est sûr qu’il y a plein de moments qui m’ont marqué, il y a énormément d’anecdotes. Celle qui m’a peut-être le plus marqué, c’est la première. Ça reste quand même un grand souvenir surtout que c’était à Toulon, c’était les premières années du projet Boudjellal. J’avais 19 ans, je joue dans un Mayol plein, je pars m’échauffer parce-que le 3e ligne titulaire s’était blessé. J’étais dans l’en-but, en train de me faire insulter par le public parce qu’ils ont le sang chaud, et puis, je crois que je suis rentré au bout de 7 minutes, quatre minutes après, il y avait une bagarre générale donc, c’est vrai que ça reste un grand souvenir. Je sais que j’avais pris quelques coups un peu par quelques anciens toulonnais de l’époque donc c’est un moment marquant vu que c’est la première. Après, il y a les finales, tous les grands moments que j’ai pu connaître avec club sont des moments qui resteront gravés dans ma tête. 

 

Vous n’avez pas eu le temps de gamberger, vous avez été lancé dans le grand bain rapidement ? 

 

De suite (rires)

 

Vous avez évoqué votre nouveau métier d’entraîneur. Vous n’êtes pas le seul mais je crois qu’avec Rémy Talès, votre collègue, vous êtes les deux premiers qui finissez votre carrière pour de suite passer entraîneurs. Comment se passe cette transition de joueur à entraîneur ? Est-ce que c’était déjà un projet ? 

 

Pas du tout (rires). C’est une opportunité qui s’est présentée, nous avons vécu une saison un peu difficile l’année dernière. Je dirai que, peut-être, il y avait un duo d’entraîneurs qui ne s’était pas trop choisi et qui n’avait pas trop d’affinités. De là, le président en a tiré des conclusions et du coup, pendant la période du Covid, il a pris la décision de partir sur un nouveau projet. Il a donc présenté cette opportunité à Rémy et moi, ce sont des choses que nous avions évoquées mais il nous restait encore des années à jouer. Rémy allait re-signer un an de plus et moi, il me restait encore un an de contrat en tant que joueur. Mais malgré tout, quand il nous a présenté son projet, ça ne nous a pas laissé insensible et nous avons demandé une période de réflexion et, quelques jours après, je crois que nous avions basculé sur ce nouveau projet et sur cette nouvelle aventure. Nous avons eu tout le mois de Mai pour préparer ce que nous voulions mettre en place, le projet sportif pour basculer début Juin sur cette nouvelle aventure. 

 

Avant de revenir sur ce projet, on va évoquer cette saison dernière. Vous débutez très, très mal à domicile contre Aix où vous prenez 42-12. Vous gagnez deux fois de deux points, une fois contre Carcassonne et une fois contre Grenoble, ce qui vous maintient un petit peu à flot. C’était dû à une mauvaise préparation physique ou bien déjà à des malentendus avec le duo d’entraîneurs ? 

 

Non, du tout, ce serait trop facile de remettre la faute sur Pierre, Paul ou Jacques. Je crois que, malheureusement, on commence mal notre saison et, à partir de là, s’installe déjà un peu une forme de doute. Après avoir pris 40 points à la maison, on gagne derrière notre premier match qu’à la 3e journée. Et surtout, après, nous avons fait preuve d’inconstance, aussi bien sur les matches où l’on pouvait montrer des choses hyper positives et des séquences hyper intéressantes et, quelques minutes après, tomber dans des périodes de flottement, d’inconstance, de manque de précision et de concentration. Ça a été le reflet de toute notre saison, où nous étions capables de faire de gros matches très aboutis par rapport à ce que nous avions travaillé en amont et à ce qu’on voulait mettre en place et, la semaine d’après, faire un match où nous étions l’ombre de ce que nous avions montré la semaine précédente où l’on ne réussissait rien et que nous n’étions pas appliqués. C’était vraiment un problème d’inconstance tout au long de l’année qui a fait que nous n’avons peut-être pas pu avoir les résultats escomptés. 

 

La saison ne s’est pas terminée et on sait pourquoi. Malgré tout, vous finissez 10e avec 51 points alors que la 7e place n’était qu’à 8 points. Est-ce que le groupe s’était resserré sur cette vision ? 

 

On termine notre saison à Rouen par une victoire. Nous avions un calendrier plutôt favorable sur la fin de saison donc, c’est vrai qu’après ce match à Rouen, nous retrouvions de l’ambition sur la fin de saison pour, pourquoi pas, aller chercher quelque chose ou tout du moins vivre une fin de saison plus excitante avec peut-être un retour aux points. 

 

On va basculer sur votre projet pour le Stade Montois avec Rémy Talès. Il me semble, et puis ça se voit, que vous avez misé sur des jeunes, un peu par exemple comme Mathieu Smaili ? 

 

Oui, complètement. Il faut savoir qu’aujourd’hui, de par la période actuelle, nous avons connu comme beaucoup de clubs une baisse de la masse salariale et une baisse du budget ce qui nous a amené à revoir un peu l’effectif. On tourne autour de 27 / 28 pros, ce qui est quand même assez faible par rapport à d’autres équipes et du coup, on mise sur beaucoup de jeunes. C’est vrai que nous avons eu la chance de nous faire prêter deux jeunes joueurs plein d’avenir qui sont Simon Desaubies et Mathieu Smaili qui ont été champions du Monde il y a un an. Ils viennent jouer aux côtés de deux autres champions du Monde que nous avions à Mont-de-Marsan, Léo Coly et Alexandre de Nardi. Ensuite, nous avons aussi fait la part belle à notre formation, c’est vrai que nous avons la chance d’être dans un vivier où il y a pas mal de bons joueurs donc, nous allons nous appuyer sur eux. Nous allons les intégrer sur les matches amicaux pour juger de leur niveau après deux mois passés à nos côtés. Pour encadrer tout cela, nous avons recruté quelques joueurs d’expérience, que ce soit Vereniki Goneva qui vient de faire 10 saisons en Angleterre, qui a 36 ans et qui a été élu meilleur joueur d’Angleterre il y a encore deux ans, Emmanuel Saubusse qui arrive de Bayonne. Nous avons vraiment essayé d’allier de la jeunesse avec de l’expérience autour d’eux pour pouvoir les laisser éclater au grand jour. 

 

Quelles sont les ambitions du Stade Montois cette année ? 

 

Au jour d’aujourd’hui, je crois qu’il serait prématuré de donner des ambitions. Nous avons donné des ambitions par rapport au contenu que l’on souhaitait voir pendant les matches, à l’état d’esprit que nous voulions avoir, à la maîtrise du projet global de jeu. On estime que, si on arrive à maîtriser tout cela et à être irréprochables en termes d’état d’esprit et d’investissement, on sera capable de ramener des victoires, de faire de grands matches et après, l’appétit viendra en mangeant. Donc, aujourd’hui, je pense que nous n’avons pas assez de recul sur la valeur des effectifs de chaque équipe. Nous avons pu voir que beaucoup d’équipes de Pro D2 ont quand même fait un gros recrutement avec notamment des joueurs venus de Top 14 ou de l’étranger mais d’un très bon niveau et ce, un peu malgré la période actuelle. Donc, c’est vrai qu’il est difficile de dire, de se positionner et d’afficher des ambitions de classement donc, pour l’instant, on affiche plutôt auprès des joueurs des ambitions d’état d’esprit et de ce que l’on veut faire sur le terrain. Si on arrive à être bon dans tout cela, je pense qu’on arrivera à bien se positionner au niveau du classement. 

 

 

On a parlé de l’aspect sportif. Au niveau administratif, il y a eu un débat que vous ne l’avez peut-être pas vécu comme un président ou un manager car la décision était déjà entérinée. Mais, comment expliquez-vous le refus des clubs de la Ligue, ceux de Pro D2 et de Top 14, des montées des clubs de Fédérale ? Avez-vous un avis sur la question ? 

 

C’est vrai que moi, j’ai vu ça un peu de loin vu que je n’étais pas encore concerné par tout cela, même si j’ai pu échanger un peu avec Arnaud Méla par rapport à ça. Il est sûr que c’est difficile, il est vrai qu’en plus, on voyait dans d’autres sports qu’il y avait des relégations et des montées, qu’ils avaient arrêté les championnats en prenant comme base la date à laquelle ils s’étaient arrêtés. Moi, quand j’en avais discuté avec Arnaud, je trouvais que le fait de faire monter deux équipes et partir peut-être sur un championnat à 18 pouvait être intéressant. Sur un manque de sport, ça pouvait rajouter des dates, économiquement, ça pouvait aussi rajouter deux matches en plus à domicile ce qui n’était pas négligeable en termes de trésorerie. C’est vrai que c’est difficile et même d’un point de vue sportif, les deux équipes qui sont montées l’an dernier ont été en difficulté et n’ont aujourd’hui plus du tout le même effectif. Donc, c’est vrai que ça change pas mal de choses et moi, en tous cas, j’étais pour une accession de deux clubs de plus en Pro D2, d’un point de vue personnel. 

 

En parallèle, est-ce que ça rassure un peu les clubs de Pro D2 qui jouent le bas de tableau, qu’il y ait cette transition avec la Nationale ? Est-ce préférable pour l’assise professionnelle des clubs ? 

 

Je pense qu’il faut attendre un peu de voir comment va évoluer cette saison-là. C’est vrai qu’ils avaient déjà tenté la chose il y a quelques années pour après revenir en arrière un an plus tard. Donc, je pense qu’il faut déjà qu’ils arrivent à pérenniser cette division pour avoir du recul et que, du coup, ça réconforte les clubs de Pro D2 qui sont en difficulté ainsi que les joueurs de savoir que, malgré une descente, ils garderont leur statut professionnel. Mais je pense qu’il faut se laisser se dérouler la saison, voir aussi si financièrement, tout le monde arrive à tenir la route dans cette division pour qu’elle se pérennise et que ça fasse vraiment partie du paysage professionnel dans les années à venir. 

 

Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions et on vous souhaite le meilleur ainsi qu’à Rémy, le staff et l’équipe parce-que le jaune et noir, ça nous parle

 

Merci, c’est très gentil

Propos recueillis par Didier Revellat

Article rédigé par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-25-aout-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Julien Tastet, lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 25 août 2020.

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