#Rugby – FFR / Bernard Laporte : «Je crois qu’ils se sont trompés d’élection, c’est à la Ligue qu’il fallait qu’ils aillent!»

Dans le cadre de notre focus sur les élections Fédérales et la bataille pour la présidence de la Fédération Française de Rugby, Bernard Laporte, nous a accordé une interview grand format ce jeudi pour nous dévoiler son projet pour les 4 prochaines années. Au delà de son plaisir non dissimulé de battre campagne au contact du monde amateur, le président sortant a martelé les axes fort de son programme, avec détermination et verves (Redistribution financière au monde amateur, promotion du rugby scolaire et féminin, reconquête de nouveau licenciés, ou encore l’axe central que va jouer la coupe du monde 2023 pour l’ovalie hexagonale). Mais l’enfant de Gaillac, n’en a pas oublié ses adversaires qu’il décrit comme « nuls », « méconnaissant la fédérale« , et dont il met en exergue la proximité avec la LNR. En clair c’est un Bernard Laporte des grands soirs que nous avons reçu dans notre émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » : précis sur les dossiers, passionnés de son sport mais n’hésitant pas à sortir la boite à gastouffe et à relever la mêlée face à ses concurrents d’ovale ensemble, entre autre en direction des sieurs Grill, Benazi et Derouex qu’il dezingue littéralement.

 

 

Bernard, j’imagine que pour toi, repartir en campagne est une joie car l’on sait que tu aimes aller au contact de ce rugby amateur et de ce rugby français. Et puis, aller ferrailler un petit peu n’est pas ce qui te déplaît le plus ? 

 

Effectivement, ça me plaît, c’est pour cela que j’ai décidé il y a quatre ans de briguer la présidence de la Fédération Française de Rugby alors que j’étais dans un club  » huppé  » avec une très grande équipe et qui était le Rugby Club Toulonnais, Le président voulait me proposer 5 ans de plus et j’ai dit  » non  » parce-que j’avais envie de redonner un petit peu vie et enthousiasme à ce rugby amateur. La campagne m’a permis de sillonner la France, d’aller à la rencontre de ces gens qui, au quotidien, bénévolement, font en sorte de bien éduquer, de bien élever et de bien former nos joueurs. Donc oui, c’est un plaisir de recommencer quatre ans après, même si, durant le mandat, j’ai parcouru la France deux fois par semaine pour aller à la rencontre de ces clubs amateurs. Là, effectivement, c’est tous les jours et c’est un plaisir. 

 

On sait qu’être président de la Fédération Française de Rugby, ce sont des honneurs mais ce sont aussi beaucoup  » d’emmerdes  » parce qu’il y a souvent des dossiers chauds à déminer. Pourquoi repartir après quatre ans, qu’est-ce qui t’a redonné la flamme ? 

 

C’est d’abord que nous avions gagné avec 44 engagements, ce qui était la feuille de route et le cahier des charges, et que nous en avons réalisé 90%. Le fait d’être à la Fédération, de voir un petit peu comment ça se passait m’ont fait renoncer à deux ou trois d’entre eux mais il n’y a rien d’important. Je le répète, 90% ont été réalisés mais ce n’est pas parce-que vous mettez des CTC en place que c’est fini. Il y a un suivi à avoir pour bien que ça marche donc, pour que le travail soit abouti, il faut quatre ans de plus. J’ai envie de voir grandir les grands chantiers et les grandes réformes, de les voir porter leurs effets et pour cela, cela demandait de s’engager à nouveau pour quatre ans de plus. 

 

Comme le dit le slogan,  » transformons l’essai  » ? 

 

Exactement, c’est pour cela que nous avons pris comme slogan  » transformons l’essai « . Et puis, je suis fier d’avoir instauré de la démocratie dans cette Fédération, c’est moi qui ait fait en sorte que l’on change les statuts et qu’un président ne puisse pas faire plus de deux mandats, parce-que je trouve encore une fois que c’est très démocratique. Donc, je me suis octroyé le droit de m’engager pour en faire un second. 

 

Dans cette nouvelle campagne, tu as 15 engagements face à une équipe Ovale Ensemble qui a 300 actions. D’un côté, on peut dire qu’il y a quelque chose de très, très large et de l’autre, quelque chose de très, très synthétique. Quinze engagements, c’est pour que les clubs aient une certaine visibilité ? 

 

Je dirai que d’un côté, il y a quelque chose de sérieux par des gens qui connaissent parce-que cela fait quatre ans qu’ils sont aux affaires. Et en face, il y a effectivement des gens qui rêvent un peu, 300 engagements, c’est vraiment du grand n’importe quoi, pardonnez-moi l’expression (rires). Chacun a le droit de faire ce qu’il veut, ce qui m’intéresse moi, ce sont mes colistiers, mon programme, mes clubs amateurs parce-que, comme je le dis souvent, je veux être leur candidat. Je ne suis pas le candidat de la presse, du Canard Enchaîné ou du JDD, je ne paie pas des boîtes de communication pour me faire passer sur toutes les radios ou dans tous les journaux. Ce que moi je veux, c’est aller à la rencontre des clubs amateurs, leur parler sincèrement avec beaucoup de franchise et de vérité et surtout, continuer à faire ce que nous avons fait depuis quatre ans. Avant, c’était une Fédération de taxation où l’on prélevait les clubs en permanence, aujourd’hui, nous sommes redevenus une Fédération de redistribution, nous avons redistribué 36M d’euros en quatre ans. J’en suis fier et ça ira beaucoup plus loin dans les quatre ans qui suivent. 

 

Et si la Coupe du Monde est une réussite, et ça le sera, il y aura une redistribution pour le monde amateur des dividendes de cette compétition ? 

 

C’est clair, net et précis, je le dis à tous mes meetings. Il y aura aux alentours de 80M d’euros de dividendes, c’est une estimation mais quand on voit comment ont démarré les signatures avec nos gros partenaires, on voit que c’est parti sur des chapeaux de roue. Nous allons lancer la billetterie d’ici peu et je suis encore une fois convaincu que ce sera une grande Coupe du Monde et c’est pour cela que nous tablons sur 80M de bénéfices, qui sont les prévisionnels que nous avons fait avec Claude Astier. Et bien sûr que l’intégralité, je dis bien l’intégralité, sera redistribuée au monde amateur. Il n’est pas question de redistribuer cet argent au monde professionnel comme ils l’ont fait en 2007, je ne vois pas en quoi le monde professionnel interviendrait là-dedans. C’est le monde amateur qui a gagné cette organisation, c’est la Fédération et donc, encore une fois, l’intégralité des dividendes sera mise à disposition du monde amateur tout comme l’intégralité du partenariat que nous allons signer avec les 6 Nations via un fond d’investissement qui s’appelle CVC. Pour la France, cela représente 65M d’euros, ce qui n’est pas rien, et cet argent sera intégralement, et j’insiste sur ce mot, à nos clubs amateurs. 

 

Dans une campagne, il y a toujours un fait d’actualité qui vient la percuter, c’est pareil pour les présidentielles comme pour toutes les campagnes. La dernière fois, c’était le Grand Stade, là, c’est le Covid-19. J’imagine que tu as du réappointer un peu ton programme par rapport à ce problème du Coronavirus qui est en train de devenir quelque chose de très, très, très prégnant sur le rugby, sur la société et sur le sport en général ? 

 

D’abord, avant de parler d’élections, il a fallu gérer la situation en cours. C’est arrivé en Mars et, effectivement, nous avons été l’une des premières Fédérations à stopper toutes compétitions et, quand on voit la suite, on a bien fait car, malheureusement, la suite nous a donné raison. Il a donc fallu mettre ce fameux plan de relance en place puisqu’on le sait tous, les mois d’Avril, Mai, Juin sont des mois à recettes pour le monde amateur avec les buvettes, avec les tournois chez les jeunes, avec les phases finales. Malheureusement, il n’y en a pas eu et c’est pour cela que nous avons mis en place ce plan de relance de 35M d’euros pour accompagner nos clubs. Vous savez, nous avons 1 900 clubs et 35M de plan de relance et j’ai vu que le football, qui a 20 000 clubs c’est à dire un peu plus de 10 fois plus, a mis le même plan de relance de 35M. Donc, je pense que nous avons été très généreux avec nos clubs mais, ils le méritent tellement. Encore une fois, cela montre que les finances de la Fédération sont très saines, que la gestion a été très bonne et réalisée par notre trésorier Alexandre Martinez qui a fait de ce mandat une gestion merveilleuse. 

 

C’est un travail de l’ombre ? 

 

Un travail de l’ombre bien sûr avec une très bonne gestion et ça nous permet de redistribuer cet argent au monde amateur qui en a besoin. Et comme je vous le disais, on va voir ce qui va se passer, j’espère que ça redémarrera et que ça se passera bien mais si jamais ça venait à mal se passer, on ne sait jamais, si dans deux ou trois mois, l’état et le gouvernement nous disaient  » il faut stopper les compétitions « , il y aurait bien sûr à nouveau un plan de relance pour le monde amateur car il n’est pas question de les laisser tomber. 

 

Il y a un sujet par rapport au Covid-19 qui est en train de devenir d’actualité, ce sont les tests des équipes. On voit des équipes qui vont plus loin que le protocole FFR, surtout en Nationale où la moitié des équipes testent leurs équipes chaque semaine, d’autres ne le font pas. Il va peut-être y avoir une harmonisation de tout cela ? 

 

C’est compliqué parce-que cela coûte cher, il faut des moyens pour tester tout le monde. On ne va pas demander à tout le monde amateur de tester les joueurs, ce n’est pas possible économiquement parlant. Ce qu’il faut, c’est tout simplement respecter le cahier des charges qui est fait par la Fédération et sa commission médicale, la Direction Technique Nationale et les recommandations du gouvernement. Ce sont pour ces raisons que nous avons mis un Covid Manager par club, ce dernier reçoit des informations du Covid Manager départemental et du Covid Manager régional. Cela nous permet d’évoluer toutes les semaines en fonction des recommandations gouvernementales et des dispositions imposées par la Fédération Française de Rugby et la commission médicale. 

 

Le Covid-19 a par contre eu un bon côté, si on peut essayer d’en trouver un : ça a permis de faire une réforme de la Fédérale 1 et la création d’une Nationale. En trois mois a été fait ce qu’il a été impossible de faire en quatre ans ? 

 

Je crois d’abord que c’est dû au fait que le monde professionnel ne veuille pas que les clubs amateurs montent et fait que nous, nous ayons décidé de faire monter les deux premiers de chaque poule dans les divisions inférieures. Pourquoi ? Parce-que garder la dynamique d’une montée dans un club, c’est au moins ça, la saison n’aura pas servi à rien. Nous avons empêché les descentes parce-que ça, par contre, quand vous n’êtes pas descendus mathématiquement, ce n’est pas normal que l’on vous dise  » c’est comme ça, vous descendez « . Donc, nous avons fait en sorte qu’il n’y ait pas de descente et nous avons privilégié les montées des deux premiers. On s’est effectivement retrouvé avec 60 clubs en Fédérale 1 et j’estime qu’il y avait trop de différences entre le haut et le bas. Des différences d’abord de statuts avec des clubs qui étaient professionnels et d’autres complètement amateurs et c’est pour cette raison que nous avons décidé de créer la Nationale. Mais, quand je dis  » nous avons décidé « , c’est une proposition que j’ai moi-même faite aux 60 clubs de Fédérale 1 que j’ai appelé tout le week-end en leur demandant ce qu’ils en pensaient. Seulement trois m’ont dit qu’ils n’étaient pas d’accord, les autres m’ont dit oui en disant que c’était une bonne idée et que, de toute façon,  » nous allions la faire dans un an donc, faisons le maintenant « . Et encore une fois, une quinzaine de jours après, nous avons fait voter tous les clubs et 87% des présidents ont voté pour la création de cette Nationale. Là-aussi, c’est quelque chose qui me tient à cœur parce qu’on n’impose pas, moi, je veux être à l’écoute, je veux être proche des clubs, c’est à eux de décider de leur avenir. Nous, nous proposons et eux, ils disposent. 

 

Il y a deux semaines, nous avons eu Jean-Marc Lhermet et il nous disait que lui, à ta place, il aurait gelé la Fédérale et il aurait fait repartir tout le monde avec le même nombre de points pour une nouvelle saison. Est-ce que tu penses que c’était quelque chose de viable ?

 

Non. D’abord, ce n’est pas viable et, je le répète, je pense qu’il était mieux de garder la dynamique des montées. Les clubs sont dans la souffrance et, au moins, il y en a certains qui montent; cette saison n’aura pas servi à rien. 

 

Tu nous parlais aussi de la Ligue qui a empêché deux clubs de Fédérale 1 de monter. On entend poindre un écho de la Ligue qui veut de nouveau geler la saison prochaine avec aucune montée et aucune descente de Pro D2 à Nationale. Rassure-nous, si tu es président de la Fédération à cette date, tu t’y opposeras ? 

 

Bien sûr que je m’y opposerai. D’abord, je ne l’ai pas entendu dire mais bien sûr que je m’y opposerais, ce serait illogique et injuste. 

 

Concernant l’équipe de France, et comme on l’a entendu lors de ton premier meeting à Hyères, c’est la locomotive du rugby français. Et tu comptes bien qu’elle draine tout ce rugby vers le haut ? 

 

Evidemment que c’est la locomotive. Je crois que, quand on veut des licenciés, il faut bien sûr aller dans les écoles, là où tous les enfants sont, pour initier et recruter mais il faut aussi une équipe de France qui fasse rêver les gamins, qu’elle soit masculine ou féminine. C’est pour cela que nous 25 à 30% de licenciées de plus chez les filles parce qu’on a d’abord une grande équipe de France et qu’elle fait rêver nos petites joueuses. Ça, c’est une bonne chose, à nous maintenant de faire en sorte que notre grande équipe de France masculine soit belle, qu’elle fasse rêver et c’est tout ce que l’on essaie de faire. J’ai envie de dire que, depuis la Coupe du Monde où l’équipe de France a redonné et retrouvé un certain enthousiasme et une certaine ferveur, nous sommes passés avec le nouveau staff de la 9e place au ranking à la 5e, ce qui est déjà pas mal. Bravo à eux et surtout, il faut continuer. 

 

Et puis, bravo aussi à Jacques Brunel qui a fait l’intermédiaire, le trait d’union entre l’époque Novès et l’époque Galthier. Comme Alexandre Martinez, il a lui aussi fait un peu un travail de l’ombre ? 

 

Exactement. Il a eu le mérite de reprendre cette équipe qui était dans la difficulté depuis plus de 10 ans, qui manquait de tout, d’âme, d’enthousiasme et il est évident qu’il a généré quelque chose. Ça n’a pas été facile pour Jacques, il a grossi son staff pendant la Coupe du Monde et on a vu que nous avions fait une Coupe du Monde de bon niveau. Ça a donné un certain élan que l’on a ensuite retrouvé pendant le Tournoi des 6 Nations 2020. Donc oui, bravo à Jacques, à Fabien, à Raphaël et à tout le staff. 

 

Dans les 15 engagements de ta liste, il y en a qui sont très forts envers les licenciés. Pour toi, le rugby scolaire et le rugby féminin sont des choses qui vont permettre au rugby de passer un cap ? 

 

C’est la priorité. Nous avons investi 9M d’euro dans la création de 162 CTC, conseillers techniques de clubs, leur mission étant de former des éducateurs dans tous les clubs, chez eux, dans leurs club-house, sur leurs terrains et ce, pour faire en sorte que ces éducateurs puissent aller dans les écoles primaires ou les collèges pour initier au rugby. Ils seront diplômés donc, ils y entreront beaucoup plus facilement. En plus, nous avons signé une convention avec Jean-Michel Blanquer et le Ministère des Sports au mois de Février, c’est la première fois que la Fédération Française de Rugby signe une convention avec l’Education Nationale. Donc, forts de cette convention, il nous sera là-aussi plus facile de rentrer dans les écoles. 

 

Nous allons aussi parler des adversaires, ils se plaignent un peu que tu sois rentré dans  » les ribs  » de Jean-Claude Skrela. On a vu passer des choses et ces adversaires ne te ménagent pas. Lorsque tu as refusé le débat avec Florian Grill, une affiche est apparue avec la mention  » dead or alive « .  » Mort ou vif  » pour un débat, ça va quand même un peu loin et ça devient très, très, très viril ? 

 

Ce sont des gens qui insultent et qui agressent en permanence. Mon grand-père disait une chose  » quand tu te promènes seul dans la nuit et que tu siffles, c’est que tu as peur, c’est pour se donner du courage  » et je crois qu’eux, c’est la même chose. Ils ont choisi l’insulte et l’invective parce qu’ils ne sont pas sûrs d’eux, ça, c’est clair. Il y a très peu de monde sur leur liste qui connaît le monde amateur, ça me fait bien sourire. Je crois qu’ils se sont trompés d’élection, c’est à la Ligue qu’il fallait qu’ils aillent. Quand vous regardez leur tête de liste, c’est ce qu’on appelle des debentures. Des debentures, c’était des actions qu’on achetait pour le Grand Stade, vous vous rappelez de ce Grand Stade qui fait qu’aujourd’hui, nous serions en faillite  s’il avait été construit. Lui, il y a cru à ce Grand Stade, il a pris des debentures, c’est à dire que vous payez 10 000€ et vous êtes remboursé 25 ans après. Il  n’avait pas compris que ce Grand Stade était un fiasco et je crois que, malheureusement, l’avenir nous a montré qu’il est tout sauf un grand gestionnaire. Lui nous donne des cours de gestion, je crois que là-aussi, il s’est trompé (rires). 

 

Tu nous parles de la composition de la liste d’Ovale Ensemble. On a un peu regardé la composition des deux listes, la tienne et celle d’Ovale Ensemble et on trouve un paradoxe. Sur la tienne, tu es tête de liste, tu es quand même un personnage médiatique issu du monde pro mais derrière, au soutien, il n’y a quasiment que des gens du monde amateur. Sur la liste de Florian Grill, la tête de liste est issu du monde amateur mais derrière, il n’y a que des gens qui sont issus de ce rugby pro, avec des Pelous, des Benazzi, des Lhermet. C’est un peu un renversement entre les deux ? 

 

Oui, ce sont des gens qui ne se sont jamais occupés de rugby amateur. Ce qui les intéresse tous ceux-là, c’est l’équipe de France, ce n’est pas le rugby amateur, ils ne savent même pas ce que c’est qu’un match de Fédérale (rires). Mais peu importe, moi, je suis fier d’avoir des gens du rugby amateur parce qu’encore une fois, c’est la Fédération Française de Rugby que l’on brigue et donc, c’est le monde amateur. Vous savez, il y a beaucoup de joueurs professionnels qui sont à mon soutien, vous verrez d’ailleurs le comité de soutien qui est mené par Richard Dourthe et plein d’autres anciens qui espèrent bien sûr que nous gagnerons à nouveau la Fédération. Comme je leur disais, beaucoup voulaient venir sur ma liste et je leur ai dit  » non, moi, je veux des gens du monde amateur « . Je ne veux pas de noms, je veux des gens du monde amateur et non pas des gens du monde professionnel. 

 

Quand on parle aussi de la liste Ovale Ensemble, on a vu sur le Midol la prochaine organisation de la Fédération s’ils arrivent au pouvoir. Il y a une chose qui, moi, m’a interpellé ; il y a un responsable du rugby Europe, un responsable qui va être en liaison avec la Ligue, un responsable du bénévolat mais je n’ai pas vu de responsable du monde du rugby amateur. D’après toi, est-ce un oubli volontaire de leur part ? 

 

Tout cela me fait bien sourire. C’est tout ce que j’ai à dire, je ne vais pas commenter leurs actions mais tout ça me fait bien sourire. C’est comme Sylvain Derouex qui nous donne des cours de gestion, demandez à Perpignan le trou qu’il a laissé quand il est parti. Il a surtout été viré et jeté comme un malpropre parce qu’il est nul, parce qu’il n’est pas bon. Moi, la différence que j’ai avec lui, c’est que tout le monde me proposait 5 ans de plus de contrat et il y avait un club français qui me proposait encore plus. Mais lui, il a tout simplement été écarté pour incompétence, c’est par exemple la différence entre lui et moi. Ça va aussi pour Benazzi et pour beaucoup de sa liste (rires). 

 

On va te parler d’un sujet qui doit te piquer un peu.On a vu qu’il y avait un journal très connu, dont on a parlé au début de l’interview, c’est le Canard Enchaîné qui vient dans le ruck déblayer pas très régulièrement et en plus, que d’un côté. C’est quand même assez bizarre ? 

 

Ce n’est pas bizarre, la journaliste fait partie de la promotion HEC de Florian Grill donc, elle fait partie des journalistes qui ont été achetés pour écrire des saloperies, pardonnez-moi l’expression. Là-aussi, elle nous a fait sourire parce-que, quand elle a écrit ce qu’elle a écrit sur Vincent Moscato, on est tous morts de rire, ça nous fait vraiment sourire. 

 

Surtout quand on connaît la gouaille de Vincent Moscato 

 

Oh oui, exactement, c’est pour cela que ça nous fait rire. 

 

Si tu es réélu président de la Fédération Française de Rugby, quel sera le premier engagement que tu prendras ? 

 

Continuer à être proche des clubs, c’est là qu’est mon leitmotiv, continuer à les accompagner, je l’ai dit et redit. Dès que nous aurons signé CVC, j’ai demandé au trésorier de regarder la prise en charge de l’arbitrage dans le monde amateur. Ça me semble dépassé que l’on fasse des chèques au cul du camion après les matches à des arbitres et je crois qu’avec le digital, tout cela peut-être grandement amélioré. Et surtout, encore une fois, à partir du moment où nous en aurons les moyens, puisqu’avec CVC, nous aurons les moyens, je pense que prendre en charge les frais d’arbitrage de tout le monde amateur serait une bonne chose. C’est ce que je dis dans mes meetings et c’est ce vers quoi nous irons une fois le contrat signé avec CVC. 

 

Tu as un cri du cœur à envoyer au rugby amateur et à la Fédérale ? 

 

Qu’ils ne s’inquiètent pas, je serai toujours à leur secours. Je le dis et je l’ai fait pendant 4 ans, je crois qu’ils me le rendent bien : il y a beaucoup de monde dans les réunions qui me disent  » vous vous êtes engagés avec un bilan, vous l’avez respecté donc ça suffit à faire en sorte de vous faire à nouveau confiance « . 

 

Pour finir comme d’habitude avec la question humour et décalée, on sait que tu étais le poisson pilote de la tortue béglaise de par ton poste de demi. Ca a du te servir pour une élection car une élection, c’est un maul géant ? 

 

D’abord, c’est une grande équipe, j’en étais le leader mais c’était une grande équipe. Tout seul, on ne fait rien et donc, autour de moi, j’ai des gens compétents, un vice-président Serge Simon qui est hyper compétent. Je dis au monde amateur  » heureusement que nous l’avons avec nous  » parce-que d’abord, il est plus intelligent que tous et surtout, je crois qu’il fait peur à tout le monde (rires). Ça, c’est quand même hyper important quand il faut négocier et notamment avec la Ligue Nationale de Rugby. N’oubliez pas que dans la convention que nous avons signée avec la LNR, Serge y est pour beaucoup. Quand nous sommes arrivés, la Fédération donnait pratiquement l’équivalent d’1M d’euros à la Ligue Nationale de Rugby et aujourd’hui, il y a une convention où c’est la Ligue Nationale de Rugby, via bien sûr les droits TV, qui nous donne 5M d’euros par an. Encore une fois, c’est tout le travail réalisé par Serge Simon et les membres de la Fédération qui étaient dans ces commissions paritaires. Moi, je n’y étais pas donc, je le dis avec d’autant plus de recul et Serge est allé défendre le bout de gras, comme on dit, pour le monde amateur. Ça nous permet de mettre en place toutes ces réformes et d’accompagner encore plus les clubs amateurs. 

 

Et puis, avoir un docteur à ses côtés en pleine crise sanitaire du Covid-19, c’est toujours utile ! 

 

Exactement, c’est toujours utile (rires)

 

Merci Bernard pour ce point de passage pendant les élections et à très bientôt dans les colonnes du Mag Sport

 

Merci  Loïc à très bientôt .

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-27-et-28-aout-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Bernard Laporte lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 27 août 2020

 

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