#Rugby – Fed1 / F.Panafieu (Issoire) : «Nous avons une 2e opportunité de nous maintenir!»

Au cœur du massif central, Franck Panafieu, le manager de l’US Issoire prépare cette seconde saison en fédérale 1, avec humilité, malgré un esprit de compétiteur chevillé au corps. 11eme de la poule 1 la saison passée, le club du Puy de Dôme n’a pas eu le loisir de ferrailler jusqu’au terme de la saison pour acquérir son maintien sur le pré. Un brin frustré de cet arrêt prématuré dû au Covid 19, les gars d’Issoire compte bien prouver au microcosme de la fédérale 1, que leur place en fédérale 1 n’est pas usurpée. Mais au vu du contexte sanitaire général, l’USI va devoir commencer ça saison avec une de ces principales armes populaires amoindrie , la talenquères du Stade. Entretien avec un coach déterminé à inscrire durablement Issoire dans l’élite du rugby amateur.

 

 

Franck Nous t’avions laissé lors de notre dernier entretien en plein confinement et en pleine réflexion sur l’évolution de la Fédérale 1 : y allait-il avoir un brassage entre amateurs et professionnels, y allait-il avoir un divorce entre ces équipes pros et ces équipes amateurs ? Tout compte fait, il y a eu une réforme avec la création de la Nationale et le maintien de la Fédérale 1. Qu’en penses-tu maintenant que l’on est en plein dedans ? 

 

Le choix est fait maintenant donc, il faut aller dedans, avancer, ne pas regarder dans le rétro mais regarder devant. Je pense que c’est une très bonne chose pour les clubs qui veulent accéder à la Pro D2 parce-que ça leur permettra de se préparer tous les dimanches à cette accession et, pour les heureux élus, d’arriver en Pro D2 avec un maximum d’éléments de préparation sportive pour tenir la route, parce-que, c’est quand même important. Quant aux clubs qui eux vont rester en Fédérale 1, peut-être que ce sera, je l’espère, un championnat un peu plus accessible au quotidien avec des écarts un peu moins importants. Il y aura quand même des matches très compliqués, notamment pour nous, on s’y attend et on le sait mais peut-être que ça rebat un peu les cartes et que ça nivelle un peu les choses. On verra, je l’espère et on fera le bilan dans un an. 

 

La seconde étape qu’il y a eu fut le tirage des poules de Fédérale 1. Vous vous retrouvez en poule 2 avec quasiment la même poule que l’année dernière, c’est à la fois un avantage et un inconvénient ? 

 

Vu notre position géographique quasiment au centre de la France et vu la géographie de la poule, nous savions que l’on pouvait basculer d’un côté ou de l’autre. On rebascule sur l’est et le sud-est, ça nous permettra d’avoir des clubs et des équipes que nous connaissons et d’autres que nous ne connaissons pas et que nous allons découvrir. On sait qu’on voyage en Fédérale 1 donc, nous allons voyager encore une fois, cela fait partie des choses de la Fédérale 1 et, si on ne veut pas accepter cela, on ne vient pas en Fédérale 1. 

 

Pour toi, quels seront les gros morceaux dans cette poule ? Bédarrides et Mâcon entre autres ? 

 

Bédarrides, Mâcon, je pense que Nîmes a une belle équipe. Nous allons rester humbles, très humbles car, il ne faut pas se mentir, nous étions 11es au moment de l’arrêt du championnat, nous avons une 2e opportunité de nous maintenir en Fédérale 1 donc, les gros morceaux vont être les 10 autres équipes de la poule, c’est en tous cas le principe duquel je pars (rires). 

 

On connaît ce rugby du Massif Central, il y a aussi une question d’honneur et d’orgueil de prouver que vous pouvez vous maintenir sportivement ? 

 

Oui et de toute façon, le message est clair auprès des joueurs, et c’est d’ailleurs leur propre message. Nous voulons nous maintenir, nous maintenir sportivement, montrer que l’on mérite d’être en Fédérale 1 et d’y rester. On a pu se préparer depuis un petit moment cette année, bien mieux que la saison dernière où nous avions fini très tard en 2019. Nous allons mettre le maximum de chances de notre côté pour donner notre maximum tous les dimanches, et je n’ai pas d’inquiétude là-dessus, en espérant que ça suffira. 

 

On va également un peu parler de l’intersaison d’Issoire. Comment s’est passée la reprise, quel a été le plan de marche ainsi que le planning des matches amicaux ? 

 

Nous avons fait une reprise fin Mai, dès que l’on a pu amorcer la sortie de la crise sanitaire. Nous avons fait une reprise par atelier, en suivant le protocole FFR spécifique Covid, par ateliers de 9 plus l’entraîneur. Après, nous avons pu faire des groupes un peu plus conséquents, toujours dans le respect du protocole parce-que je pense qu’on ne joue pas ni avec notre santé ni avec celle des gens donc, il fallait respecter ça. Nous avons fait un gros mois et demi de physique puis nous avons coupé 3 semaines avant de reprendre aux alentours du 20 Juillet. Là, nous sommes à trois séances par semaine, nous nous préparons à ce championnat de Fédérale 1 ainsi qu’au championnat espoirs puisque les deux championnats seront maintenant jumelés. Pour se préparer à cela, nous avons un stage de cohésion parce qu’il faut que les joueurs apprennent à vivre entre eux et à travailler entre eux même si nous n’avons pas eu de gros chamboulements dans l’effectif. Les notions d’humain et de collectif sont très importantes chez nous donc, il faut qu’on y travaille régulièrement  pour l’entretenir. Ensuite, nous jouerons un match amical contre Vichy, une des bonnes équipes de Fédérale 2 je pense, dans le cadre du Challenge Auvergne le vendredi 28 Août à Issoire à 20h, les espoirs joueront le lendemain contre un club d’honneur, Clermont-la-Plaine. La semaine d’après, le samedi 5 Septembre, nous irons rendre visite à nos amis de Trélissac avec les deux groupes, espoirs et Fédérale 1 de manière à peaufiner notre préparation et être fin prêts le dimanche 13 Septembrepour aller à Nîmes. 

 

En parlant du challenge Auvergne, il y a eu des petits chamboulements par rapport à l’organisation, les clubs pros ont fait défection pour jouer à Issoire ? 

 

L’AS Montferrandaise Clermont-Auvergne, qui était présente chaque année, nous avait prévenus relativement tôt de son absence cette année par rapport à la crise sanitaire, ils étaient dans l’impératif de faire leurs matches de préparation au Michelin. Nous devions avoir le Stade Aurillacois et l’USO Nevers qui devaient tenir le haut de l’affiche mais, pour des raisons qu’eux peuvent expliquer, les deux clubs pros ne seront pas présents à Issoire. Le plus embêtant, c’est qu’ils nous ont fait faux bond à la dernière minute et il a fallu se retourner. Donc, nous ferons un Challenge Auvergne 100% local et 100% circuit court puisque ce sont les clubs de Montaigut-Besse et Sauxillanges qui vont s’affronter en lever de rideau. Ce sont deux clubs voisins avec qui on travaille beaucoup au niveau des jeunes puis ensuite, ce sera Issoire / Vichy la tête d’affiche du Challenge Auvergne cette année. L’absence de club pro est bien sûr regrettable mais c’est comme ça, nous n’avons pas l’habitude de nous plaindre. On courbe le dos et on continue à avancer et, à l’image de l’équipe, le club fait la même chose et nous ferons le Challenge Auvergne dans ces conditions. 

 

Je reprends un de tes éléments de langage dans l’une de tes réponses précédentes où tu nous disais que le groupe avait peu changé. C’est une volonté du club de garder ce groupe pour aller au bout de votre objectif qu’est le maintien ? Vous êtes montés ensemble de Fédérale 2 à Fédérale 1 et c’est toujours ensemble que vous voulez aller chercher ce maintien pour boucler la boucle ? 

 

Il y a un peu de ça, il y a le fait que le groupe vit bien, ce n’est pas une sinécure de le dire parce-que c’est vrai, le groupe vit bien. Il faut bien sûr que le groupe connaisse des évolutions, des espoirs intègrent le groupe Fédérale 1 cette année, nous avons aussi 5 / 6 recrues. Nous sommes allés chercher des gens sur des postes qui étaient un peu déficitaires. Notre fonctionnement de club de Fédérale 1 fait qu’on ne peut pas attirer de grosses pointures de Pro D2 ou de Top 14 chez nous. Nous sommes vraiment sur un projet de vie pour nos joueurs et notre style de recrutement est soit des jeunes à forts potentiels soit des garçons un peu plus expérimentés qui, eux, sont un peu plus dans l’esprit de reconversion professionnelle. Nous sommes contents et satisfaits des garçons que nous avons donc nous allons continuer à travailler et à progresser ensemble pour se maintenir. 

 

L’actualité porte sur la crise sanitaire et les mesures contre le Coronavirus, on voit que les matches amicaux peuvent avoir lieu mais dans des conditions très encadrées. Il y a des questions qui commencent à se poser pour savoir si le championnat pourra reprendre en temps et en heure surtout lorsqu’on voit des équipes comme Vienne qui sont mises en quarantaine totale ? En plus, ils sont dans ta poule, j’imagine que ça doit t’inquiéter un petit peu ? 

 

Oui, ça m’inquiète parce qu’on a beau être en Auvergne et respirer l’air pur, nous ne sommes pas à l’abri. Malheureusement, les conditions sanitaires sont très compliquées au quotidien dans la vie de tous les jours pour tout le monde et le rugby n’échappe pas à la règle. Aujourd’hui, pour l’instant, tout va bien chez nous mais qu’en sera-t-il demain ? J’ose espérer que ça continuera comme cela mais nous ne sommes pas à l’abri. C’est vrai que nos matches amicaux sont prévus, notre première journée de championnat est prévue à Nîmes et j’ose espérer que nos conditions sanitaires tout comme celles de nos adversaires sur chacun de ces rendez-vous feront qu’ils puissent avoir lieu correctement. 

 

Entre nous, d’habitude, dans une saison normale, il y a une variable sportive, une variable physique et une variable économique pour un club. Cette année, il y aura une variable en plus qui sera la variable médicale qui sera vraiment quelque chose de prépondérant. Les équipes qui vont avoir une pléiade de joueurs contaminés par le Covid vont vraiment être très handicapées ? 

 

Oui, c’est vrai que cela fait un paramètre supplémentaire à gérer. Là, je crois que nous sommes comme tout le monde, on part dans une inconnue totale puisque personne n’avait à gérer ce paramètre-là jusqu’à présent. Quoi qu’il en soit, il y a une certitude, c’est qu’on ne prendra aucun risque avec la santé des joueurs, des nôtres comme de nos adversaires. Nous ferons les choses avec un seul objectif et un seul but : la santé des personnes, que ce soit celle des joueurs, des encadrants, du public, des partenaires, de tout le monde. Il faut quand même relativiser les choses, la santé passe avant tout le reste. 

 

On sait que vous n’êtes pas obligés de vous tester en Fédérale 1. Au vu des dernières nouvelles, le Stade Niçois qui a eu quelques cas, Vienne qui en a beaucoup, est-ce que ça vous fait réfléchir à vous tester, surtout maintenant que les tests sont gratuits ? 

 

Je vais avoir rendez-vous avec le médecin du club, justement en fonction de ces évolutions que l’on voit apparaître à droite et à gauche un peu partout, pour voir quelle politique nous tenons. Je ne suis pas médecin donc, je fais totale confiance au corps médical et aux médecins qui nous suivent. Nous allons évoquer la chose ensemble et voir ce que l’on fait et comment on gère. 

 

Maintenant qu’il y a des cas en Nationale et en Fédérale 1, pour l’équité sportive, tu ne penses pas que ce serait bien que la Fédération Française de Rugby oblige chaque équipe à se tester au moins une fois pour voir où ils en sont, pour qu’il n’y ait pas des équipes qui avancent dans le feutré ? 

 

Oui, ça mettrait peut-être sur un pied d’égalité mais après, avec la relativité qu’il faut accorder aux tests, je peux me tester aujourd’hui et être nickel et être positif dans 48h. Honnêtement, c’est une situation que personne n’a jamais eu à gérer, on ne va pas se mentir là-dessus, que ce soit au niveau des instances dirigeantes, politiques, fédérales ou de la Ligue, que ce soit au niveau des médecins de clubs et des médecins de familles. Personne n’a jamais eu à gérer une telle problématique, nous sommes vraiment dans l’inconnu et l’inconnu évolue tous les jours donc, c’est quand même d’une complexité assez prégnante. 

 

J’imagine aussi que vous avez des talanquères à Issoire ? 

 

Et oui, et nous avons du monde ! 

 

Comment allez-vous faire pour faire de la pédagogie auprès des amoureux des talanquères ? Car on le sait, dans le foot comme dans le rugby, il y a des gens qui préfèrent être au bord des talanquères qu’en tribune. Là, il va falloir faire beaucoup de pédagogie parce-que ça fait partie du folklore du rugby mais là, pendant quelques temps, il va falloir mettre le folklore dans la poche ? 

 

Oui, aujourd’hui, honnêtement, nous ne savons pas trop où l’on va de ce point de vue-là. Le Challenge Auvergne sera un bon test puisque nous attendons du monde. Je pense que nous aurons une jauge aux alentours de 1 500 personnes, je sais que les billets se vendent déjà beaucoup, malgré le contexte que l’on a évoqué tout à l’heure par rapport aux clubs pros. Ça sera peut-être un peu une soirée test, une soirée qui permettra justement de voir ce que l’on peut faire pour améliorer les choses sur les premiers matchs de championnat notamment. En plus, nous avons du monde qui vient au stade puisque l’an dernier, nous étions entre 1 500 et 1 700 personnes sur tous nos matches à domicile. La tribune fait 900 places donc, les 800 autres étaient, comme tu le disais, autour des talanquères. On est en train de voir pour qu’une tribune mobile et amovible que nous allons mettre en place pour le Challenge Auvergne reste sur le début de saison pour justement aider à ce que ces gens-là trouvent leurs comptes malgré tout. C’est vrai que le contexte de nos matches va changer parce-que je sais que, le long de la talanquère qui fait face à la tribune du stade, il y a nos inconditionnels qui s’y trouvent, on sait qui y vient tous les dimanches. 

 

C’est un point chaud du stade ? 

 

Oui, c’est ça. Il va falloir que les inconditionnels fonctionnent autrement et c’est dur de changer les habitudes de quelqu’un qui les a depuis plus de 20 ans. 

 

Bien entendu. Et en plus, si vous avez plus de supporters que de places disponibles, il va y avoir spéculation sur les places. Elles vont se vendre sous le manteau dans Issoire ? 

 

Je ne sais pas, on n’en est pas encore là. J’ose espérer que nous n’aurons pas à réglementer l’accès au stade et dire à certains  » non, tu ne peux pas rentrer parce qu’il n’y a plus de place « , j’ose espérer qu’on n’en arrivera pas là parce-que ce serait dramatique. Je vois les gens qui viennent nous voir à l’entraînement parce-que cela fait longtemps qu’ils n’ont pas vu de rugby et qu’ils sont contents de venir voir des entraînements, de venir voir leur club parce-que les gens sont très attachés au club. Je me dis que, si demain, ces gens-là ne peuvent pas rentrer pour les matches du Challenge Auvergne ou pour les premiers matches de championnat, ça va être dramatique e très, très compliqué humainement. 

 

On va finir par le registre sportif et sur du positif. Quel est le mot d’ordre pour cette saison 2020 / 2021 ?

 

Le maintien, le maintien et le maintien ! 

 

Simple, rapide et efficace

 

Le maintien, oui. Il ne faut pas se voir plus beau que l’on est. Le maintien pour le groupe Fédérale 1 et faire un très beau championnat, comme ils l’avaient commencé, pour le groupe espoir, toujours dans l’esprit de faire progresser nos jeunes. Si avec le groupe espoir, les choses doivent aller un peu plus haut, tant mieux. Nous, nous sommes vraiment dans l’objectif maintien pour la Fédérale 1 et de faire la saison la meilleure et la plus longue possible pour le groupe espoir. Et continuer à faire que nos joueurs se plaisent et aient la banane chez nous quand ils viennent à l’entraînement et en match. 

 

Et on va vous souhaiter de pouvoir accueillir tout le public, que le chaudron d’Issoire puisse vivre avec ferveur les matches de Fédérale 1 qui l’attendent ainsi que les belles joutes qui vont s’annoncer à l’US Issoire

 

J’espère que ça sera le cas parce-que nous savons que le maintien passe à 90% par nous et à 10% par notre public qui nous soutient à domicile et qui l’année dernière, malgré les difficultés sportives, était toujours présent mais surtout de plus en plus. Ça, ça fait chaud au cœur. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-18-aout-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Franck Panafieu lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 18 août 2020

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