#Rugby – R.Casals (Albi) : «Je suis parti avec des souvenirs plein la tête et aucun regret du SCA.»

On va prendre des nouvelles d’un récent ex-joueur du Sporting Club Albigeois, il a mis un terme à sa carrière professionnelle cette année. Romain Casals, le talonneur passé par Auch et Tarbes avant d’arriver il y a 3 ans dans la cité épiscopale, a pris le temps de nous présenter son nouveau projet de vie et d’ouvrir la boîte aux souvenirs. Même si il aurait aimé partir sur un ultime match au Stadium ou sur une montée en Pro D2, cet homme de devoir, apprécié de ses coéquipiers et des supporters Albigeois, relativise sur la situation et a déjà passé le cap. Ayant plongé dans sa reconversion professionnelle, via l’entreprise familiale de construction de maisons en bois , quelques jours après la fin de son contrat, celui qui est retourné dans son pays catalan natal ne nourrit aucun regret et regarde avec fierté une carrière qui l’a vu barouder en Pro D2 et fédérale 1. Entretien avec un homme qui à la vie civile comme sur un terrain ne triche jamais, et qui gardera indéfectiblement le cœur jaune et noir.

 

Crédit photo Pierre Bras / Comité animation SCA

 

Pour toi, l’aventure albigeoise s’est arrêtée avec cette crise sanitaire du Coronavirus et le confinement. J’imagine que, pour une fin de carrière, tu aurais rêvé à autre chose et surtout, tu aurais aimé ramené Albi en Pro D2 ? 

 

Tu sais, il y a eu d’autres fins de carrières, des joueurs beaucoup plus importants que moi qui jouaient à plus haut-niveau et qui ont eux-aussi arrêté leurs carrières cette année. Je reste un petit joueur mais c’est vrai que ça fait toujours chier d’arrêter sa carrière sur une crise comme cela, surtout que ça n’était pas prévu. Ça a été un peu compliqué à digérer mais je suis parti avec des souvenirs plein la tête et aucun regret sur ma carrière et sur mon passage au Sporting Club Albigeois. 

 

On sait en plus que tu es un homme d’honneur et de devoir. Entre les gars du groupe, vous vous étiez promis de laver un peu l’affront de Rouen de l’année dernière et de ramener ce club en Pro D2. Là, c’est le destin qui est venu arrêté ce serment que vous vous étiez fait entre vous. Ça doit quand même être une sacrée amertume ? 

 

C’est sûr que ça a été dur à digérer parce qu’on nous a quand même fait miroiter des choses au début de la crise sanitaire. Sachant que nous étions en Pro D2 à 90%, il y a plein de choses qui se sont passées, donc, il est certain que ça a été très compliqué. Et surtout, comme tu l’as dit, avec ce qui s’était déjà passé l’année dernière, nous avions fait des efforts avec les joueurs pour remonter le club en Pro D2 cette année et ça ne s’est pas fait. J’espère qu’ils arriveront à le faire cette saison. 

 

J’imagine bien sûr que tu seras un supporter assidu du Sporting cette saison, que ça soit de loin ou de près. Que penses-tu de cette nouvelle poule Nationale ? 

 

C’est très bien. Je suis très content qu’ils aient fait cette poule Nationale parce-que c’est vrai que cela fait deux ans qu’ils sont revenus à une poule de Fédérale 1 qui a été compliquée car tu as toujours des matches difficiles à gérer à l’extérieur. 

 

Il y a un côté un peu Coupe de France de foot ? 

 

Ce n’est pas exactement ça. Sans porter préjudice à ces équipes-là, c’est vrai que ça a été compliqué de jouer contre elles. Mais bon, je ne dis rien non plus car ça a été très dur d’aller jouer contre Mauléon. Ce sont toujours des matches bons à prendre mais après, lorsque tu les joues à la maison, que ce soit pour eux ou pour nous, ce n’est pas très gratifiant de faire des matches comme ça. Je ne crache pas là-dessus, nous avons passé deux années en Fédérale 1 qui était bien aussi, notamment pour moi qui ne connaissais pas. Ça a été deux ans de Fédérale 1 et je suis très content que cette Nationale revienne, surtout pour ces 14 clubs parce-que, tous les week-ends, il va y avoir des gros matches à faire et c’est plus valorisant pour le Sporting Club de faire des matches comme ça. 

 

En trois ans à Albi, si tu avais un match à retenir et à sortir du lot, un match qui t’a et sportivement et émotionnellement marqué, quel serait-il ? 

 

Nous avons vécu ces matches de phases finales en Poule Elite et en Fédérale 1 contre Rouen. C’est vrai que les matches de l’année dernière, le 1/4 de finale contre Dijon et le match aller de Rouen à la maison devant un Stadium plein ont été des moments marquants avec le Sporting Club Albigeois. 

 

Quand on revoyait le match à la télé et que l’on vous voyait sortir des vestiaires lors de ce match aller face à Rouen, nous avions l’impression que vous aviez la rage et qu’Arnaud Méla vous avait enfermé au frigo pendant 4 jours ? 

 

C’est l’histoire que l’on a avec Rouen depuis trois ans donc, ce match aller l’année dernière à la maison, on l’attendait de pied ferme. Nous avons fait un très bon boulot pour bien le finir lors du match retour mais après, il s’est passé ce qu’il s’est passé. Il vaut mieux ne plus en parler. 

 

On va aussi parler de ton après-carrière. Quand on a appris que tu partais du Sporting Club Albigeois, on a été beaucoup à mettre une pièce sur le fait que tu allais jouer dans un club local catalan, puisque tu es catalan et que l’on savait que tu retournais au bercail. Et puis non, tu as directement plongé dans le retour à l’activité professionnelle ? 

 

J’ai appris par Arnaud Méla que je n’étais pas gardé au club et 10 jours après, j’avais déjà déménagé. Je suis arrivé un dimanche chez moi en terre catalane et le mardi, je travaillais déjà dans l’entreprise familiale parce-que je ne voulais pas avoir le temps de trop gamberger. Donc, je me suis dit  » j’attaque de suite, au moins, ça me fera passer la chose « , non pas la pilule parce-que j’ai 33 ans et non 25 et que je savais que ça allait arriver. J’ai préféré commencer de suite la vie professionnelle et me vider la tête tout en travaillant. 

 

Tu n’as pas peur qu’au cœur de l’hiver, quand les matches vont être lancés, d’avoir un peu un phénomène de manque ? 

 

Je vais te dire la vérité : pour l’instant, j’ai eu des contacts ici et j’ai donné ma parole à un club qui est en Fédérale 2, Argelès-sur-Mer. Je viens de faire mon premier entraînement et c’est pour cela que j’ai quand même décide de re-signer dans un autre club, parce qu’on en a beaucoup parlé et que pour l’instant, je suis en travail saisonnier et qu’il y a beaucoup de boulot mais je me suis dit que quand ce serait un peu plus calme, la tête et les jambes allaient me gratter pour jouer au rugby. Donc, je me suis dit que j’allais re-signer dans un autre club de Fédérale 2 pour voir un peu ce que ça dit, pour retrouver un peu le rugby amateur et puis, on verra bien. 

 

Et Romain Casals éducateur, ça peut s’envisager dans un avenir proche ou lointain ? 

 

Educateur, je ne sais pas mais, en tous cas, j’ai envie d’entraîner. On verra par la suite les opportunités que j’aurai, j’ai un diplôme que j’ai passé à Albi, avec Vincent Calas, nous avons fait un BPJEPS sur Toulouse. J’ai entraîné les moins de 12 à Albi pendant deux ans alors, éducateur, je ne sais pas mais je verrai peut-être plus tard. Je me donne le temps, je ne suis pas pressé, je n’ai que 33 ans et j’attends de voir. 

 

L’année dernière, au Sporting Club Albigeois, tu étais un peu un  » papa  » au talon avec entre autres Arthur Castans et les années d’avant avec Guillaume Vedel ou même Arnaud Feltrin qui, malgré son expérience, est assez jeune. Si tu avais un conseil à leur donner, quel serait-il ? 

 

Ce sont quand même des jeunes qui ont un gros potentiel et qui savent où ils vont. Aujourd’hui, les jeunes attaquent le rugby professionnel tôt. Moi, quand je suis arrivé dans le rugby professionnel, j’avais 18 ou 19 ans, ce n’est pas une chose que je voulais faire, ça m’est tombé dessus et j’y suis allé. Je pense qu’eux, depuis tout jeunes, ils sont là-dedans, ils sont dans les centres de formation donc ils sont préparés. Qu’est-ce que tu veux que je leur dise ? Qu’ils travaillent et qu’ils continuent comme ils font. 

 

En parlant du rugby professionnel, avec le recul, on revient en arrière, tu as 18 ans et tu plonges dedans. Tu n’as aucun regret ? 

 

Non parce-que j’ai quand même vécu 12 ans de professionnel. Je suis passé par Auch où j’ai fait 4 ans de Pro D2, par Tarbes où j’en ai fait 3 ans puis une en Fédérale 1 et puis, j’ai fini à Albi. Ça m’a permis de voir des clubs, j’ai vu trois clubs dans ma carrière, je ne pense pas non plus être un mercenaire et puis, je n’ai aucun regret de la pratique de ce sport. De toute façon, quand tu vis de ta passion, je ne pense pas qu’il y ait de regret à avoir. Il est sûr qu’à 33 ans, j’ai vécu des moments un peu difficiles à Albi ces dernières années parce-que peut-être que je n’avais plus la même hargne que j’avais quand j’étais plus jeune mais c’est comme tout le monde. 

 

C’est la paternité qui t’a assagi ? 

 

Non, pas la paternité mais c’est vrai que, la dernière année, il y a eu la naissance de ma fille, j’ai eu quelques soucis familiaux et ça m’a un peu foutu en dedans. Mais, c’est la vie et c’est comme pour tout le monde donc, aucun regret. 

 

Comme on le dit à Radio Albigès, le championnat National est un ruck géant avec des équipes qui peuvent battre tout le monde tous les week-ends. Quels sont pour toi les 3 / 4 favoris de cette Nationale ? 

 

On ne va pas se mentir : il y a Albi et Massy et pour les autres clubs, je ne sais pas trop. Il y a eu de gros recrutements comme Nice, Bourgoin avec d’anciens joueurs de Pro D2 et de Top 14. Mais il faut reconstruire alors qu’à Albi, cela fait trois ans qu’ils pérennisent l’effectif avec 90% de l’effectif qui est resté. Donc, je pense vraiment, et sans être chauvin parce-que j’ai joué à Albi, qu’Albi a toutes ses cartes à jouer, Massy aussi. Comme tu le dis, ça va se jouer entre 2 / 3 clubs mais je pense vraiment qu’Albi est le grand favori de cette poule. 

 

Tu as peut-être un petit message à envoyer aux joueurs et aux supporters du SCA ? 

 

Je n’ai pas coupé avec les joueurs, je les ai même si j’ai cassé mon portable il n’y a pas longtemps et que cela faisait une semaine que je ne les ai pas eus. On reprend contact, ils le savent, ils ont une grosse saison à faire et je pense qu’ils se sont très bien préparés malgré tout ce qu’il s’est passé pendant ce confinement, ils ont été contents de se retrouver. Et puis, je sais très bien que les supporters albigeois seront toujours au Stadium pour les supporter et même à l’extérieur pour aller les encourager. Je leur souhaite bon courage dans cette nouvelle poule qui va quand même être très difficile, je ne veux pas trop en dire mais franchement, je ne me fais pas trop de souci pour le Sporting Club Albigeois. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-18-aout-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Romain Casals lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 18 août 2020.

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