#Rugby – Fed1 / V.Labat (USSS) : «Je préfère reprendre avec 500 personnes que de ne pas reprendre!»

Sur le bord de la Lèze, Victor Labat, l’entraîneur de l’US Saint-Sulpicienne, appréhende cette nouvelle saison tant avec enthousiasme qu’inquiétude. Pour le binôme d’Olivier Argentin, cette fédérale 1 départie des cadors professionnels laisse espérer une belle aventure humaine et sportive pour ses hommes, dans une poule très recentrée sur le midi Toulousain. Mais celui qui drive les avants hauts garonnais s’inquiète aussi de l’armement à outrance de certaines écuries, ainsi que d’un contexte sanitaire qui sera une donnée prépondérante cette saison. Mais à l’USSS, fort d’un état d’esprit cultivé au cours de longues années de labeur, on espère à l’image de l’inoxydable fer de lance du club, Benjamin Roquebert, repousser les limites d’un temps passant et qui voit le rugby amateur en pleine mutation. En clair l’US Saint Sulpicienne avec ses armes, sa grinta et son public, compte une fois de plus renversé l’ordre établi cette saison.

 

 

Avec le soleil est revenu le rugby, dans des conditions assez particulières. Comment tout cela s’est il mis en place dans le club de Saint-Sulpice entre le retour à l’entraînement et la reprise du rugby mais dans des conditions sanitaires assez drastiques ? 

 

Un peu comme à l’image de tout le monde, nous avons dû trouver des solutions. Comme j’ai pu le lire dans différentes interviews, que tu as notamment pu faire, nous avons pris en compte le fait que nous soyons seulement amateurs, il a donc fallu composer avec ces mesures et notre problématique. Ce que l’on a fait depuis la reprise des échanges au mois de Mai, c’est que l’on a pu travailler par groupes réduits. Jusqu’au mois de Juin, on a pu travailler sur de la réathlétisation ou du travail postural par rapport aux joueurs de 1ère ligne ou de l’athlétisation au niveau de nos sauteurs en touche donc, nous avons pu travailler sur des petites choses que l’on ne fait pas durant la saison. Suite à quoi, sur le mois de Juin, nous avons réussi à travailler par groupes de 9 avec le nouveau préparateur physique, Romain Fresnaye, que l’on a recruté, ce qui nous a permis aussi de continuer ce travail de postural sur la partie spécifique. Après, pour pouvoir maintenir les joueurs dans une bonne forme physique, nous avons pris le parti de reprendre le sportif collectif. Par groupes de 9, nous avons fait revenir tout notre effectif senior et notre effectif espoir, pour qu’ils travaillent ensemble, au 30 Juin et ce, jusqu’au 24 Juillet. A raison de deux fois par semaine, nous avons pu retravailler sur un peu tout ce que l’on ne peut pas faire avec deux entraînements par semaine durant la saison donc, nous avons travaillé sur de l’aspect tactique et technique. Ça nous a fait gagner un peu de temps et l’on reprendra de manière collective à partir du mardi 18 à raison de trois fois par semaine, ce qui devrait nous amener au 13 Septembrepour le premier match officiel. 

 

Avec cette coupure XXL qu’il y a eu de Mars jusqu’à Juillet, il n’y avait pas un risque que les gars  » lâchent les chevaux  » un peu trop vite, avec la fougue du retour et le manque ? 

 

Non, ça a été, j’ai été assez surpris, je ne sais pas si c’est propre à chez nous ou si c’est un peu partout pareil, Nous avons recruté un jeune au niveau de la préparation physique, au niveau des réseaux, ils ont des façons de travailler beaucoup plus interactives aujourd’hui. Donc, c’est vrai que nos joueurs ont bien joué le jeu pendant toute cette partie de confinement, c’est à dire qu’il y a eu pas mal de suivi. Nous avons quand même réussi à individualiser à distance le travail, le besoin et nous avons réussi à mettre en place des jeux. Ils se sont challengés entre eux avec des vidéos et différentes choses et finalement, le maintien en forme a été assez bon. Après, c’est vrai que sur la partie aérobie et VMA, c’est toujours un peu délicat parce qu’on ne pouvait pas courir mais, néanmoins, nous avons des joueurs qui ont vraiment bien joué le jeu et qui sont revenus dans des états très satisfaisants. J’avais assez peur de cette longue coupure et j’étais assez satisfait dans l’ensemble, même s’il y en a toujours un ou deux qui passent à travers mais c’est un peu comme partout. Il n’y a pas de souci à ce niveau-là et il reste du temps pour se préparer correctement. 

 

Arrive maintenant les premiers matches amicaux. Quel est le planning pour l’USSS ? 

 

Nous avons prévu un premier match amical, nous allons à Lannemezan samedi 22. (Défaite 24-19)

 

A Lannemezan, ça va déjà commencer à frotter ? 

 

Oui, ça ne va pas tarder à arriver (rires). A la suite de quoi, nous allons recevoir Auch le vendredi 28 Août, traditionnellement, ce sont les fêtes à Saint-Sulpice mais elles sont annulées cette année. Donc, nous organisons un match de gala contre un grand club, en l’occurrence Auch, et nous ferons des entrées payantes au club avec des barbecues, des animations pendant le match pour essayer de remplacer un peu le manque de fêtes et l’absence de terrain pendant de longs mois. Après, nous recevrons à nouveau Lannemezan pour un entraînement dirigé le vendredi 4 Septembre et entre-temps, pour nos avants, j’ai fait des oppositions de touche spécifiques avec le club de Rieum en Fédérale 2, pas loin de chez nous. Donc, en fait, nous avons un programme assez chargé mais nous allons travailler en opposition avec des clubs avec lesquels on s’entend bien, ça va permettre de retrouver un peu de rythme. 

 

Après, tout cela est assujetti à ce qu’il ne se passe pas de catastrophe ni à l’USSS ni dans les clubs que tu vas rencontrer, Lannemezan et Auch, puisqu’on a vu qu’il y avait eu quelques cas de Covid au Stade Niçois qui a dû annuler son match amical. Ça doit aussi être difficile de travailler comme ça, sans parachute ? 

 

C’est compliqué et dans le milieu amateur, c’est encore plus compliqué parce qu’on ne sait pas ce que font nos joueurs à côté. Nous, au club de l’USSS, nous avons pris parti avec les dirigeants d’être quand même assez précis et exigeant sur le quotidien et notamment lorsqu’ils viennent dans l’enceinte du club. Aujourd’hui, nous avons anticipé et nos joueurs portent le masque sur les bords du terrain ensuite de quoi, comme beaucoup, nous avons évité la bise. Nous avons aussi un nouvel intendant, Francis, que je remercie parce qu’il fait énormément de travail actuellement. En fait, avant et après chaque entraînement, le matériel est désinfecté à la javel donc, on essaie de limiter les risques au maximum. 

 

C’est le Covid Manager ? 

 

Voilà, on essaie en fait de limiter la propagation, après, on doit malheureusement vivre avec. Nous avons pris parti sur le mois d’Août de dissocier les deux groupes, le groupe espoir et le groupe senior. Comme ça, si une équipe est à l’arrêt, ça ne toucherait que 30 joueurs au lieu d’en toucher 65. Donc, on essaie de s’adapter comme on peut et puis, on avisera. 

 

En Fédérale 1, vous n’êtes pas obligés de tester les joueurs mais on sait qu’il y a des clubs qui l’ont fait en préventif. Est-ce que vous avez testé les joueurs dans ce but à Saint-Sulpice ?

 

Non, j’ai demandé à mes joueurs de le faire. 

 

Sur la base du volontariat ? 

 

Oui. Aujourd’hui, je n’ai pas de retour de leur part donc, je ne pense pas qu’ils l’aient fait. Moi le premier, je ne l’ai pas fait non plus. Si on écoute les chiffres, les personnes les plus touchées sont plutôt les 15-44 ans et, sur l’équipe première, nous avons une moyenne d’âge de 24 ans. C’est peut-être difficile, on demande beaucoup et peut-être que cela va entrer progressivement mais en tous cas, aujourd’hui, on peut le conseiller mais, malheureusement, on ne peut pas l’imposer. 

 

Bien sûr. Il y a des règles qui ont été édictées par la Fédération Française de Rugby pour encadrer les matches amicaux. On se souvient du match entre Saint-Sulpice et Albi avec la magnifique victoire de Saint-Sulpice au courage et à l’abnégation et avec un public le long des talenquères qui avait vraiment fait office de 16e homme. Là, il n’y aura plus ce public au bord des talenquères qui fait quand même le charme de Saint-Sulpice. 

 

Je crois qu’aujourd’hui, en Fédérale 1, le public est autorisé. 

 

Mais pas le long des talenquères

 

Oui mais, nous en sommes au tout début, peut-être que les choses vont évoluer. 

 

C’est une arme en moins parce-que, ces talenquères de Saint-Sulpice, c’est quand même quelque chose ? 

 

Evidemment, ça, c’est sûr. Mais dans ce cas, nous avons deux mois pour monter une nouvelle tribune de 1 500 personnes, on trouvera une solution. Je lisais l’article de Collazo et c’est vrai qu’aujourd’hui, il faut que le rugby reprenne. Il est sûr qu’il y a des pertes financières pour les clubs, dans le monde amateur, nous n’avons pas de coût sur le stade puisque ce ne sont pas des structures professionnelles mais, honnêtement, je préfère reprendre avec 500 personnes autour du terrain que de ne pas reprendre. On ne va pas se le cacher, le rugby aujourd’hui ne va pas très bien, on a peu de licenciés, on a une médiatisation qui n’est pas extraordinaire, nous avons une équipe de France qui revient un peu mais il y a quand même un public à reconquérir même si la communication de l’équipe de France au niveau des joueurs semblent de plus en plus présente. Donc, il faut faire attention à cela et il faut vite que ça reprenne avec bien sûr les pertes que ça peut occasionner mais demain, s’il n’y a pas de buvette, s’il n’y a pas de monde autour des talenquères, il faut que cela reprenne parce-que sinon, on partira aux oubliettes. 

 

La reprise est le 12 / 13 Septembre, c’est ce week-end là qu’il y aura la première journée de Fédérale 1. Avec Saint-Sulpice, vous êtes dans une poule où il y aura toutes les équipes tarnaises, haut-garonnaises mais aussi deux équipes de la Méditerranée qui font un peu office d’épouvantails, Hyères-Carqueiranne-La Crau et La Seyne-sur-Mer, sans oublier Berre l’Etang, qui ont recruté dare-dare. Que penses-tu de ces deux équipes ? 

 

Ces deux équipes sont habituées, cela fait quand même quelques années qu’elles sont là même si La Seyne a eu une petite transition. Il est sûr que nous, nous n’avons pas été épargnés avec cette division Nationale. Aujourd’hui, il y a quand même de nouveaux riches dans le rugby français et je pense que La Seyne et Hyères-Carqueiranne font partie des équipes qui peuvent être éligibles d’un point de vue budget à cette division Nationale, après, le sportif, c’est autre chose. Aujourd’hui, ces deux équipes sont devant nous tous, il n’y aucun problème, maintenant, il faut que les choses prennent et on fera le point sur une saison. Ce qui me pose le plus question, c’est que je vois des recrutements dans ma poule des équipes qui étaient un peu en danger sportivement les saisons dernières. Alors que nous avons été assez dynamiques les dernières saisons, je vois les difficultés de notre club à recruter et, quand je vois le recrutement d’autres équipes de Fédérale, je me pose des questions. J’ai quelques interrogations, je ne sais pas comment ces équipes se sont organisées. 

 

Donne-nous des noms

 

Non mais, il y a des équipes qui se sont rudement armées partout, même dans différentes divisions fédérales. Nous, dans notre poule, on parle énormément de Hyères-Carqueiranne et de La Seyne qui ont une forte médiatisation. 

 

Le CO Berre aussi s’est bien équipé pour un promu

 

Berre qui fait partie des promus avec plus d’1M de budget, félicitations à eux. Après, il peut y avoir des équipes qui font moins de bruit mais qui vont être sûrement tout autant compétitives. Graulhet a fait un très, très gros recrutement, j’ai vu ça récemment, Castanet, une équipe avec beaucoup de jeunes, va avoir énormément de folie et peut créer beaucoup de danger, Pamiers a fait un recrutement très intelligent avec un nouveau staff qui arrive aussi. Je tiens à prévenir mes joueurs, et j’espère qu’ils liront cette interview, qu’il y a gros danger : nous sortons d’une saison qui était assez dynamique et la saison prochaine va être encore plus difficile puisqu’il va falloir confirmer et qu’en plus, les équipes se sont drôlement équipées. Donc, il va falloir être vigilant chaque dimanche. 

 

La dernière fois que je t’ai eu en interview, je te disais qu’avec les deux dernières saisons qu’avait fait Saint-Sulpice, vous alliez avoir l’étiquette de favori. Mais je vois que tu arrives toujours à te débrouiller pour refiler la pancarte à quelqu’un d’autre ? Tu veux garder ce côté village d’Astérix ! 

 

Non, non, pas du tout. On fait une belle saison l’année dernière mais malheureusement, on ne saura jamais où ça nous aurait menés et je pense que le plus dur va être de confirmer. Nous avons eu la volonté de confirmer ce groupe qui nous a vraiment apporté satisfaction et qu’on a renforcé de quelques éléments et en sachant que nous avons eu quelques arrêts. Mais finalement, nous n’avons recruté que quelques joueurs et nous avons la volonté de développer notre catégorie espoir et d’aller sur le vivier plutôt que de recruter sur l’équipe senior. 

 

Vous avez gardé Roquebert, votre arme fatale ? 

 

Pour le moment, Benjamin moissonne et il travaille énormément mais oui, il reste avec nous mais malheureusement, les années passent (rires). J’espère qu’il restera compétitif le plus longtemps possible, je n’ai pas de doute, il a quand même une faculté à performer sur les grands rendez-vous et même sur les petits. 

 

Ce garçon a des capacités physiques hors-normes ? 

 

Oui, il a des capacités, c’est vrai qu’il est assez étonnant (rires). Il vaut mieux l’avoir sur le terrain qu’à table à côté de soi. Après, c’est l’amalgame, ce qui se passe autour de Benjamin et puis, peut-être que nous aurons aussi le luxe de laisser au repos certains cadres et de rentrer des joueurs qui vont apporter autre chose et qui, je l’espère, seront au club pour longtemps. Nous, notre ambition est évidemment de jouer une qualification maintenant, à quelle place, je ne sais pas. Il y a six places dans les qualifiés, si elle est dans les deux premiers, tant mieux, si elle est 5e ou 6e, tant mieux aussi. Et puis, si jamais on ne se qualifie pas mais qu’on remplit ce que nous demande nos dirigeants, à savoir de donner le maximum, ce sera quand même une saison réussie. 

 

La plus belle des récompenses n’est-elle pas aussi quand un joueur comme Damien Nevers qui, deux ou trois ans après qu’il soit passé à Saint-Sulpice, ait encore en mémoire ce qu’il s’est passé et ce club dans un coin de la tête ? 

 

C’est une chance. Nous avons des personnes qui passent ou qui restent chez nous qui sont vraiment des personnes à grosses qualités humaines. Damien fait partie de ces joueurs-là, il arrivait d’Albi, il pensait avoir une certaine étiquette. Il ne s’attendait pas forcément à cette transition avec la Fédérale 1 et il a passé un début d’année pas forcément si positif que cela. C’est une personne qui a réussi à se remettre en question, qui a payé de ses propres deniers pour pouvoir s’entraîner différemment avec notamment l’appui d’Alexandre Castola, qui a une structure spécifique sur le travail de pilier. Ça, je pense que ça lui a énormément apporté mais, encore une fois, c’est lui qui se l’ait payé tout seul. Il travaillait à côté et la transition n’a pas été évidente pour lui. Je pense qu’il a passé de bons moments chez nous, finalement, la confiance est arrivée et il a joué. Puis après, il a du faire un choix pour retourner sur la Bourgogne et au final, on voit qu’il va prétendre aujourd’hui à jouer avec le club d’Albi en Nationale. Il n’a d’autres joueurs et pas que Damien qui ont eu ce genre de parcours mais c’est vrai que de les entendre ou de les lire parler encore du club … C’est là qu’est notre travail aujourd’hui, c’est de garder cette idée. 

 

C’est cet esprit famille qui fait que, même lorsque l’on est parti de Saint-Sulpice, on le garde toujours dans un coin de la tête ? 

 

Oui, tout à fait. Je ne veux pas faire de Saint-Sulpice ou faire de moi un entraîneur à la Guy Roux, c’est vraiment en-dehors de tout aspect financier, il y a des clubs même de très haut-niveau qui ont cet affect-là. Notre but avec Olivier Argentin, avec qui j’entraîne, c’est que chaque personne puisse nous apporter, que le club apporte quelque chose à la personne, et généralement, ça se passe bien dans ce sens-là, et garder cette idée de famille. Ce n’est pas tout le temps facile mais à la fin, il faut que ce soit du positif. Généralement, le positif arrive aussi avec des phases qui sont difficiles mais, les personnes intelligentes arrivent à analyser ces phases et au final, elles arrivent à grandir de ça et c’est le principal. Mais c’est cela l’esprit famille, c’est ce que chacun apporte à l’autre et c’est la transmission. Je pense qu’aujourd’hui, il faut savoir transmettre, avec Olivier, nous avons énormément de passion à transmettre ce que l’on sait faire. Et généralement, quand on transmet, il y a un public qui est réceptif et puis, ils nous transmettent aussi autre chose. Ce sont des échanges avant tout et je pense que c’est ça aujourd’hui la force de Saint-Sulpice : c’est beaucoup de respect et de partage entre les personnes. 

 

Dans 2 / 3 ans, si Saint-Sulpice continue à performer et que vous arrivez à accéder à la Nationale, vous acceptez cette montée ? 

 

Je pense qu’aujourd’hui, le club de Saint-Sulpice se construit progressivement. D’un point de vue budgétaire, nous ne sommes pas très loin de notre plafond et il y a tout un travail de structuration sportive autour de différentes catégories. Il n’y a pas qu’une équipe senior 1 à Saint-Sulpice, il y a les espoirs qui performent, on a aujourd’hui un nouveau partenariat et un nouveau rassemblement au niveau des cadets et des juniors avec un staff qui va justement travailler pour faire monter tous ces jeunes en compétences. On a une école de rugby qui travaille aussi sur le secteur local avec des clubs aux alentours donc, nous avons réussi à mettre Saint-Sulpice un peu au centre par rapport à la Fédérale 1. En fait, nous allons travailler conjointement sur tout le territoire pour que ce dernier monte en compétences. Nous avons fait tout ce travail-là mais il reste encore plein de choses à faire. Et puis malheureusement, la vérité est que la Nationale est sportive mais elle est surtout financière. Aujourd’hui, à Saint-Sulpice-sur-Lèze, je ne pense pas que nous ayons les moyens structurels ni les moyens financiers. 

 

Il y a aussi la pluriactivité qui est un frein aux longs et récurrents déplacements de la Nationale ? 

 

Oui et non. Moi, j’ai connu une forme de Fédérale 1 il y a maintenant quelques années et quelques-uns étaient pluriactifs à ce moment-là aussi. Je me suis vu avec Massy aller jouer à Lannemezan et certains se levaient le lundi matin. Je pense qu’on en parlait moins, c’était comme ça, les personnes savaient pourquoi elles le faisaient. 

 

Les yeux devaient quand même piquer le matin ? 

 

Ca piquait, oui, et puis, il y avait des dimanches soirs qui piquaient encore plus que d’autres. Mais, c’était comme ça, peut-être que nous faisions partie d’une société qui regardait moins cela, on s’attardait moins sur le bien-être. On faisait les choses, le lendemain il fallait aller bosser et c’était comme ça, les gens se plaignaient peut-être un peu moins ou je ne sais pas. Mais en tous cas, parler de grands déplacements, ça fait partie du jeu, on reste amateur. Il y a des clubs d’honneur ou de série qui font 3 / 4 heures aussi,  c’est comme ça. Il faut savoir s’adapter : soit on se dit  » c’est comme ça  » soit on baisse les armes et on passe son temps à se plaindre, il y a deux façons de voir les choses. 

 

La seule chose que l’on peut te souhaiter maintenant, c’est d’aller décrocher des play-offs pour que vous puissiez faire une belle aventure humaine et qu’il y ait un match à guichet fermé dans votre magnifique stade ? 

 

Voilà. Comme je l’ai dit à mes joueurs, j’espère qu’ils écouteront : l’objectif principal reste la qualification sur la poule. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-14-aout-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Victor Labat lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 14 août 2020.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s