#Rugby / H.Broncan : «Pour moi, Albi, Narbonne et Bourgoin sont un ton au-dessus!»

Comme à l’accoutumée nous avons demandé à Henry Broncan, notre maître Jedi du rugby, de faire un tour de l’actualité de l’ovalie. Du contexte sanitaire, en passant par le rugby gersois, sans oublier la nouvelle division nationale, l’ancien manager d’Albi, Auch, Tarbes ou encore Agen nous livre sa science et son analyse. « Le Sorcier » n’oublie de jeter un regard sur des dossiers plus politiques, avec la bataille entre Bernard Laporte et Florian Grill, la nomination d’un gersois à Matignon dont le paternel est une figure dirigeante du rugby local. Entretien avec un sage qui au gré d’anecdotes comme ses repas gargantuesques avec son ami Michel Courtès, ravive la flamme d’un rugby fédérateur de par ses valeurs et ancré profondément dans un territoire.

 

 

Henry, j’imagine qu’avec les matchs amicaux qui pointent le bout de leurs nez, la reprise des entraînements et le championnat qui ne va pas tarder à reprendre, vous devez retrouver la banane ? 

 

J’espère la retrouver, je n’en suis quand même pas sûr (rires). Je suis un petit peu inquiet quand je vois des matches amicaux qui sont remis au plus haut-niveau, j’ai un petit peu peur pour nous parce-que l’épidémie semble quand même trouver son second souffle et ce qui est en train de se passer est extrêmement dangereux. Vous savez très bien que le rugby est le sport le plus à risque, je crois, parmi tous les sports qui sont pratiqués. Je suis vraiment craintif, j’attends de voir ces premières rencontres amicales chez les pros, je sais que Lombez joue en Fédérale 1 un amical contre Castanet. On verra à la sortie comment ça va se passer et j’ai un peu peur pour notre rugby, parce-que je l’aime beaucoup et c’est pour cela que j’ai peur. 

 

Pour la sociologie du rugby amateur, et même du rugby professionnel, on sait que c’est la convivialité dans les tribunes, que tout le monde vient parler à tout le monde. Avec la notion de groupe social et l’interdiction de se masser le long des talanquères, c’est un prisme qui se renverse ? Je pense à des clubs comme Mauléon, Saint-Jean-de-Luz ou encore Saint-Sulpice-sur-Lèze où l’animation se fait le long des talanquères, ça va être quelque chose qui va changer un peu les us et les coutumes locales ? 

 

Bien entendu. Ne pas pouvoir s’appuyer sur la main courante, je sais que, pour moi, ça va me poser beaucoup de problèmes parce-que j’adore m’appuyer sur les mains courantes quand j’assiste à un match, j’aime bien pouvoir circuler le long de cette main courante. Circuler, je crois que ce sera possible avec la limitation du public mais bon … Je suis un peu âgé, comme tout le monde le sait d’ailleurs, et je n’aurai jamais pensé connaître un épisode semblable dans ma vie et ma vie de tous les jours. Ce qui nous arrive dessus fait peur et c’est vrai que, plus l’on vieillit, plus l’on a peur. Je crains pour le rugby, je crains pour les autres sports aussi parce-que je crois qu’il est temps que l’on comprenne le danger qui est autour de nous. 

 

On dit souvent que le rugby est immortel, il a survécu à deux guerres, et que ce n’est pas le coronavirus qui va le mettre à genou. Mais, on peut parfois avoir des inquiétudes ? 

 

Oui, bien sûr. Heureusement que dans notre pays, nous n’avons plus de guerre et j’espère que cela ne reviendra pas justement à cause de cela parce qu’on ne sait jamais comment les hommes réagissent en période de crise. Nous avons eu la crise économique de 1929 qui avait ensuite abouti sur la guerre de 39. On s’aperçoit quand même qu’il y a de plus en plus d’agressions, d’agressivité chez les gens, de haine, de réclamations, un mécontentement un petit peu général. Ca n’empêche pas les gens de partir en vacances ou de vouloir partir aussi. 

 

Ce mécontentement et cette montée d’agressivité, vous les ressentez aussi dans le rugby ? 

 

Non mais, vous le savez, je m’occupe d’un club de Fédérale 2. Ce que j’ai beaucoup ressenti dans ce club qui est amateur, c’est la grande joie de se retrouver ensemble, de retrouver des sensations, de recourir derrière un ballon et de revoir ses copains. Mais, le danger vient du fait que l’on est tellement enthousiaste, et je le vois autour de moi, que l’on recommence à s’embrasser, à se serrer les mains, à fusionner même si, bien entendu, nous n’avons plus droit aux vestiaires. A la fin de l’entraînement, il y a des tuyaux d’arrosage qui permettent aux joueurs de se nettoyer un peu tandis que d’autres repartent rapidement chez eux. Donc, on sent que les gens sont contents de se retrouver mais, le problème, c’est qu’ils ne respectent pas les consignes de sécurité qui sont données au plus haut niveau dans notre pays. 

 

Les tuyaux d’arrosage, vous allez pouvoir les ranger au garage puisque les vestiaires vont pouvoir être rouverts sous des conditions sanitaires strictes. C’est quand même un petit luxe de ce côté-là ? 

 

C’est un luxe mais, dans le vestiaire de Miélan et celui de Mirande, peut-être que des gens les connaissent, s’il faut plus de 4m2 par joueur, nous n’allons pas y mettre plus de 5 joueurs. Il est sûr que les 22 ou 23 joueurs ne pourrons pas rentrer dans les vestiaires. 

 

Ils iront à la douche à tour de rôle ? 

 

Il y a toujours des impatients, ça m’étonnerait qu’il y en ait certains qui attendent trois heures après pour se doucher. Peut-être qu’ils feront travailler la buvette pendant ce temps-là en attendant la douche. 

 

Pour les buvettes, c’est pareil, il va falloir s’organiser. Je connais quelques clubs qui commencent à se gratter la tête

 

Dans chaque club, il y a un Monsieur Covid qui a été désigné, chez nous, c’est le secrétaire général du club. On recommence le week-end du 22 / 23 Août par un match amical entre Fleurance, qui est en Fédérale 1, et Tarbes, qui est en Nationale qui viennent jouer chez nous pour notre plus grand bonheur et j’espère que le match sera maintenu (NDLR: il l’a été) . En lever de rideau, nos espoirs rencontrent les espoirs de Fleurance mais, je crains un petit peu pour la tenue de ce match. Nous avons prévu un repas avant le match avec toutes les normes de sécurité possibles, la distanciation et autres et je crains non seulement pour la tenue de ce repas, qui nous aurait rapporté quand même quelques sous parce qu’on en a besoin. 

 

C’est le nerf de la guerre

 

Nous n’avons pas de recette depuis un bon moment. Ce n’est pas facile, la situation est anxiogène, puisque c’est le mot à la mode. 

 

Totalement. Vous nous parliez de Mr Covid au sein du club, il y a eu un Mr déconfinement au sommet de l’état. Il est devenu Premier Ministre, il est issu du Gers, son père a été président du club de Vic-Fezensac, c’est Jean Castex. Le fait qu’il y ait un Gersois, passionné de rugby qui soit à la tête du gouvernement, ça peut être une planche de salut pour aider ce rugby qui est un peu sur une jambe ? 

 

Je sais qu’il aime le rugby. Il ne l’a pas pratiqué, son oncle, que j’ai affronté à plusieurs reprises, était un excellent joueur. Je pense être très lié avec son père parce qu’il a été dirigeant au Football Club Auscitain quand j’étais entraîneur. Il faut savoir aussi qu’il était très proche de Jacques Fouroux. Je n’ai pas connu Jean Castex mais, quand son père m’en parlait, il disait qu’il avait des résultats scolaires hors-normes alors qu’il avait 20 / 22 ans. J’étais vraiment très, très heureux de le voir à ce poste même si vous savez qu’entre Mirande et Vic-Fezensac, il n’y a pas des relations d’amour très fortes à cause du rugby. 

 

On va dire que c’est de l’amour vache ? 

 

On ne joue pas dans la même division. Je plaisante bien entendu mais les affrontements dans le passé, quand je jouais encore à Mirande, je vous assure que c’était vraiment très tendu. Et comme le grand-père de notre Premier Ministre était également maire de Vic-Jezensac, il y avait même des accrochages dans les tribunes entre le maire de Mirande et le maire de Vic-Jezensac, c’était sympathique. 

 

Toutes les galéjades du rugby que l’on aime bien ! 

 

Oui exactement. Nous avons d’excellentes relations. Et puis, nous sommes très fiers de son accent mais aussi de ses compétences parce-que, jusqu’à maintenant, il n’a pas fait de faux-pas et j’espère qu’il n’en fera aucun. De toute façon, même s’il en fait, ce n’est pas grave, ça voudra au moins dire qu’il a tenté de faire quelque chose. Et je vous assure que dans le Gers, on ne regarde pas le côté politique de notre Premier Ministre, nous sommes tout simplement très heureux. C’est le premier Gersois qui occupe ce poste et nous sommes très fiers de lui et, jusqu’à maintenant, nous sommes plutôt satisfaits de ce qu’il a organisé. 

 

En parlant du père de Jean Castex, si mes informations sont bonnes, il est encore dans le milieu du rugby et de la Fédérale 1. Il est du côté de Saint-Jean-de-Luz et il aide le SJLO en tant que dirigeant 

 

Oui, c’est un grand ami de Serge Mihas que vous allez avoir en face

 

Eh non, ils ont refusé la Nationale

 

Oui, c’est vrai. 

 

Ils l’auraient amplement mérité sportivement mais, financièrement et du fait qu’ils soient pluriactifs, ils l’ont refusée par sagesse

 

J’ai été étonné que Saint-Jean-de-Luz le refuse parce-que c’est un club qui avait eu d’excellents résultats la saison passée. Je regardais la poule d’Albi et les recrues de chaque équipe, dans cette poule Nationale, ça a quand même recruté fort un peu partout. La poule ne sera pas facile, elle peut être très intéressante et j’espère qu’il y aura 6 qualifiés, les 2 directs et ceux qui iront ensuite en demi-finale. 

 

Comme en Top 14 et c’est là que, parfois, les 1ers et les 2es ne sont pas obligatoirement les champions à l’arrivée

 

Ce qui est très intéressant, c’est qu’avec 6 qualifiés, il risque qu’il y ait de l’intérêt longtemps. Il le faut d’ailleurs parce-que des équipes qui ne pourront plus se qualifier dès Noël ou qui ne pourront plus descendre, cela veut dire des spectateurs en moins, des gens qui se déplacent qui ne se déplaceront plus justement et ça fera des recettes en moins. Parce-que le problème de cette poule va quand même un petit peut-être le problème économique et financier. On le retrouvera partout dans tous les clubs de rugby mais, la dernière fois que ce genre de division a existé, ça a été un petit peu à cause de ces déplacements longs et coûteux que ça s‘est mal fini

 

On peut allégrement dire que la nécessité sportive était là mais par contre, le défi de la Fédération et des clubs qui participent à la Nationale, c’est de trouver un modèle économique durable et pérenne ?

 

Oui parce-que la dernière fois, il y a eu échec. Là, je m’aperçois que toutes les équipes se sont bien armées, tout le monde y croit et ça peut être un championnat passionnant. L’Equipe TV continue à retransmettre les matches ?

 

Il y a de grandes chances, ce n’est pas encore totalement bouclé mais on va dire qu’ils tiennent la corde. Ils ont déjà la priorité puisqu’ils sont en contrat avec la Fédération Française de Rugby et il reste des aménagements horaires à faire entre la Fédé et le diffuseur

 

Ça ne m’empêchera pas d’aller voir Albi à Tarbes comme je le fais régulièrement, je cocherai ce déplacement-là, il n’y a pas de problème. 

 

Et peut-être de venir à Albi ? 

 

Oui, c’est vrai. (Rires)

 

Depuis le temps que l’on vous tend la perche pour que vous veniez à Albi ! 

 

Je ferai un effort. Bourg m’intéresse beaucoup parce-que j’ai des amis là-bas. 

 

Bourgoin peut aussi être intéressant à venir voir ?

 

Oui, c’est intéressant et puis je trouve que l’avantage d’Albi par rapport aux autres équipes, c’est qu’elle a gardé l’essentiel de son effectif de la saison passée, c’est à dire qu’il va y avoir une certaine homogénéité dans l’équipe de Méla. 

 

On va aussi parler de la Fédérale 1 parce qu’il y a quelque chose qui doit vous ravir : le fait qu’il y est trois clubs gersois en Fédérale 1 avec Auch, Lombez-Samatan et bien sûr nos amis de Fleurance. C’est un pur bonheur ? 

 

Ça, c’est super ! Les trois, c’est très bien mais ce qui est très bien aussi, c’est qu’il y a Lannemezan et Bagnères. En Armagnac-Bigorre, il y a une rivalité ancestrale et, pour ces matches-là, il va probablement y avoir beaucoup de public, beaucoup de monde. D’ailleurs, je suis content pour mes amis de Lombez et d’Auch et je suis très ami avec le président de Fleurance Mr Courtès. Je suis content qu’ils aient cette poule parce-que je crois qu’ils vont avoir beaucoup de monde au stade, en espérant bien sûr qu’ils jouent. Mais, il y aura beaucoup de monde au stade, le long de ces fameuses barrières qu’on ne peut pas toucher, j’espère d’ailleurs qu’à ce moment-là, on aura droit de les toucher. 

 

Ca gâcherait un peu la fête mais on fera avec. Ces clubs sont certes tous gersois mais ont chacun leurs spécificités. Est-ce que vous pouvez nous donner les particularités de ces trois clubs ? 

 

Je vais commencer par Fleurance parce-que c’est celui que je connais le moins. Depuis la saison dernière, Fleurance a hérité d’un remarquable manager sportif, le jeune Dupouy que j’ai connu à Agen quand je les entraînais et que lui y était junior. C’est quelqu’un qui est très strict, il a fait un excellent recrutement, il a aussi bénéficié de la filière agenaise puisqu’il travaille là-bas. C’était un demi d’ouverture de qualité, son père a été un excellent arrière de l’ASF. Le président Michel Courtès est quelqu’un d’ambitieux, un très bon président, très humain aussi. 

 

Et très bon vivant, c’est un épicurien comme on dit

 

Oui, bien sûr. Il était venu me retrouver à Albi, on a fait la fête certains soirs ensemble et c’était chaud. Personne ne l’a su, on n’a rien cassé et on s’était bien tenu, nous, les Gersois, nous sommes des gentlemen (rires).

 

On n’en doutait pas

 

Mais je peux vous assurer que nous marchions à pied ces soirs-là. Donc, l’an dernier, Fleurance était très craintif mais ils ont fait une saison à peu près correcte et cette saison, ils se sont vraiment bien renforcés et ils vont être prêts. Vous savez, dans le Gers, chacun essaie d’avoir le leadership, c’est de bonne guerre et, l’année dernière, Fleurance était le N°1 gersois puisqu’il était le seul et je sais qu’ils vont vouloir garder cette place. Ils sont ambitieux, ils ont peut-être un peu de difficulté pour les espoirs et les équipes de jeunes mais leur équipe une a l’air bien charpentée avec de bons entraîneurs et il y a de la qualité. 

 

On pourrait quasiment créer un trophée Fouroux pour ce combat à trois en Fédérale 1 ? 

 

Oui, ça serait une très, très bonne idée. Nous avons eu une réunion des clubs gersois de Fédérale au Conseil Départemental où nous avons été reçus par le président, Mr Martin. C’était déjà très bien parce-que tout le monde cherche à s’organiser tout simplement pour essayer d’avoir le plus de monde possible autour des barrières pour ces matches-là. Et je suis sûr qu’ils y parviendront parce qu’il y a quand même beaucoup de convivialité et ils sont très proches les uns des autres. Après, bien entendu, il y a Lombez avec ses qualités, son recrutement peut-être peu important numériquement mais de qualité. Chez eux, un sou est un sou et ils font confiance à leurs jeunes. 

 

Une gestion en bon père de famille comme on dit ? 

 

Je n’ai jamais entendu le Lombez Samatan Club avoir eu la moindre difficulté avec la DNACG depuis que la DNACG existe. C’est un club qui compte ses sous et qui fait attention, je sais qu’ils ont réduit quelques défraiements tout simplement à cause du coronavirus. Les joueurs l’ont accepté sans problème parce qu’ils ont compris les difficultés que le club pouvait connaître et ils seront là avec leur vaillance. Je rappelle que l’an dernier, ils ont gagné à Auch, le match retour n’a pas pu avoir lieu justement à cause de l’épidémie mais, ils vont être bien. Je les ai vus à l’entraînement la semaine dernière, puisque j’ai gardé de très bonnes relations avec Lebel, Lauvernet et avec Patrick Miquel bien entendu. Ça travaille, ça bosse, ça se prépare, des trois, c’est le club qui fait le moins de bruit mais il sera prêt. Et ensuite, il y a Auch qui est entraîné par deux de mes anciens joueurs, que j’adore d’ailleurs, Grégory Menkarska et Patrick Bosque et eux-aussi vont être prêts. Ils ont aussi été sages dans leur recrutement et c’est bien, j’ai apprécié. On n’a pas voulu casser la tirelire, on tient compte de certains matches où il y aura éventuellement moins de monde car, une fois de plus, on en revient au coronavirus et il peut y avoir des problèmes. Auch a fait attention et ne s’est pas jeté comme un fou dans le recrutement et compte en grande partie sur l’équipe de la saison passée, même s’ils ont perdu leur capitaine Sourrouille qui, je crois, est parti à Anglet. Aujourd’hui, je ne saurai pas donner un pronostic pour dire  » le meilleur des trois, c’est celui-là « , ça va être très équilibré entre les trois. 

 

Entre nous, à court ou moyen terme, la place d’Auch serait en Nationale ? Un club avec un passé comme ça a toute sa place en Nationale ? 

 

Vous savez, je suis désespéré et triste que nous n’ayons pas un club en Nationale. 

 

A minima

 

Ce sont eux qui ont le plus grand potentiel parce-que la ville a du potentiel, c’est là qu’il y a le plus d’habitants et le Conseil Départemental. Fouroux me disait  » de toute façon, la cathédrale est chez nous et vous ne pouvez rien faire contre ça  » quand nous étions à Lombez-Samatan et que l’on essayait de lutter contre eux. On les a quand même dépassés mais il me disait  » sur la longueur, vous n’y arriverez pas « . Et c’est vrai qu’ils ont ce potentiel sur la longueur économique même s’ils sont plus éloignés de Toulouse que le sont Lombez-Samatan. Toulouse et la métropole toulousaine ont quand même une grosse importance sur notre département. Mais à Auch, il y a des valeurs, il y a du passé et, même si ça ne porte pas le même nom, il y a quand même des dirigeants de mon époque qui sont là, il y en a beaucoup qui sont restés. 

 

Il y a un ADN qui a subsisté ? 

 

Il y a tous ces anciens entraîneurs de l’équipe de France qui sont autour de cette équipe, il y a le passé, ce très beau stade. Il y a quand même des conditions de travail qu’ils ont héritées de l’époque où ils étaient pros qui sont restées, la salle de musculation, les grands vestiaires, ce qu’il n’y a ni à Lombez ni à Fleurance. Il y a des conditions de travail qui sont quand même meilleures et, sur la durée, c’est ça qui est important. Mais, je vous assure que ça sera très équilibré l’année prochaine. 

 

On viendra jeter un coup d’œil parce-que ces derbys vont valoir leurs pesants de cacahuètes

 

Ah oui ! Vous pouvez faire des interviews dans la semaine, ça va donner parce qu’il y a des personnes assez pittoresques dans les trois équipes. C’est quand même la beauté de notre sport, c’est extraordinaire. Vous pourrez mettre aux gens Clermont / Stade Toulousain à la télé, si le match est à la même heure que Lombez-Samatan / Auch, ils ne seront pas devant la télé mais à Lombez ou à Auch en fonction de l’équipe qui reçoit. 

 

En parlant de Gersois et de rugby gersois, en vieux sages que vous êtes, avez-vous le temps d’échanger avec Jacques Brunel sur ce rugby gersois ? 

 

Non, pas beaucoup. Nous, les Gersois, nous sommes tous derrière nos clochers. Moi, actuellement, je suis derrière mon clocher de Mirande, enfin de mes deux clochers puisqu’il y a aussi celui de Miélan. En période de guerre, on se resserre, quand nous sommes agressés, on se resserre mais, en période de paix comme c’est le cas actuellement, chacun vit un petit peu de son côté. Il y a plusieurs entraîneurs gersois mais, quand nous sommes vraiment en difficulté, c’est là que nous nous appelons. Ça ne veut pas dire qu’on se s’apprécie pas, pas du tout, c’est justement le contraire. 

 

C’est dans la difficulté que l’on voit les amis ? 

 

Exactement, c’est d’ailleurs comme cela que l’on pratique. Pour le reste, on s’occupe de nos clubs en essayant d’y faire le maximum à l’intérieur de ces derniers. 

 

On sait que vous avez un œil avisé sur l’ensemble du rugby hexagonal et même mondial. On voit qu’en France, il va y avoir des élections fédérales qui vont opposer Bernard Laporte à Florian Grill. Que pensez-vous de ce débat idéologique entre les deux ou bien, est-ce qu’à votre âge, vous vous tenez loin de ces batailles ? 

 

Moi, j’aime bien, ça me passionne. Je suis allé écouter Florian Grill à Argelès-Gazost parce-que j’étais invité, je l’ai découvert car je ne le connaissais pas du tout. Bernard Laporte, c’est le contraire, tout le monde le connaît et il faut savoir qu’il sera à Miélan le 21 Août où il réunit les clubs du département du Gers et des Hautes-Pyrénées. Je vous en parlerai après si vous voulez parce-que j’ai déjà vu Grill et je veux voir ce que nous dira Laporte. Mais ça, ça me passionne, j’aime bien ce combat qu’ils sont en train de se livrer. Pour le moment, c’est à fleuret moucheté, ça va se durcir un petit peu dans quelques temps mais c’est intéressant. Je pense quand même que, des deux côtés, les deux leaders sont très attachés au rugby et c’est peut-être dommage qu’ils ne soient pas ensemble. Florian Grill était quand même élu sur la liste Camou la dernière fois dont il sait un petit peu comment cela se passe au niveau de la Fédé. Au moment des élections, c’est toujours pareil, il va aussi y avoir un peu d’agressivité qui va naître mais c’est normal. 

 

Ça fait partie du folklore ? 

 

Avant un match de rugby, il faut construire l’agressivité et elle est absolument nécessaire pour que le match soit beau. Et j’espère justement que le rugby donnera une très belle image de tolérance, je le souhaite. 

 

Vous n’avez jamais été tenté, dans un passé proche ou plus lointain, de vous investir dans les instances du rugby fédéral ? 

 

J’ai eu un grand-père qui a longtemps été maire de mon village, à Mirmont, juste à côté de Mirande. Et, ma grand-mère qui m’a élevé m’a dit  » Henry, surtout, ne fais jamais de politique « . 

 

Et les élections fédérales, c’est de la politique ? 

 

Voilà. J’ai toujours écouté son conseil, à chaque fois que j’ai été sollicité pour entrer quelque part, j’ai toujours été sage parce-que je me suis toujours souvenu de ce qu’avait dit ma grand-mère (rires):  » tu n’es pas assez costaud pour ça, tu n’es pas assez fort pour ça « . 

 

Question bonus : un petit pronostic pour les trois premiers en Nationale ? 

 

Puisque je suis sur un média albigeois, si je ne mets pas Albi, je vais prendre des coups de téléphone anonymes ou autres (rires). Je mets Albi, il me semble que Narbonne s’est équipé ainsi que Bourgoin. Après, je ne vais pas me faire des amis à Bourg, à Massy ou Blagnac mais, il me semble que les trois sont un ton au-dessus. J’étais récemment avec l’entraîneur de Dax, Arnaud Mignardi, malheureusement pour les obsèques de sa grand-mère qui avaient lieu à Auch. Il est assez content, ça se passe bien à Dax et il découvre ce métier d’entraîneur. Je suis heureux parce-que c’est encore l’un de mes joueurs qui devient entraîneur. Il est tout jeune, il a 34 ans, c’est l’un des plus jeunes entraîneurs de France et je suis heureux que quelqu’un qui soit passé entre mes mains se retrouve lui-aussi entraîneur. Il y en a un paquet maintenant ! 

 

On vous remercie, c’est toujours un plaisir et un luxe de vous avoir avec nous. On vous dit à très bientôt et, quoi qu’il arrive, on reviendra en Mai prochain pour voir si votre pronostic a été le bon

 

Très bien, merci

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-14-aout-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw d’Henry Broncan lors de l’émission  » Le #MagSport – RadioAlbiges » du 14 août 2020

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s