#Rugby – Fed1 / G.Gabet (Stade Métropolitain) : «C’est un message que nous envoyons à la métropole lyonnaise.»

Nous sommes partis à la découverte d’une nouvelle entité dans la Fédérale 1, le Stade Métropolitain qui est l’association entre l’ASVEL Villeurbanne et Rillieux-la-Pape. Pour nous parler de ce projet novateur dans l’ovalie française, nous avons choisit un interlocuteur de choix puisqu’il s’agit du nouveau président de l’association du Stade Métropolitain, Gérard Gabet. Pour celui qui était uniquement président de l’ASVEL jusqu’au rapprochement des deux clubs, cette synergie ouvre de nouvelles perspectives sportives, économiques et envoie un message fort aux acteurs du territoire. Focus sur une identité en pleine genèse qui draine d’ores et déjà la création d’une SASP et la construction d’un nouveau stade, mais qui rêve aussi, de pouvoir à moyen terme se mêler à la bataille de la division Nationale. (NB: Entretien réalisé avant l’annonce de cas de Covid au sein du club)

 

 

Gérard quelle est la genèse et comment s’est construite cette association qui n’est pas une fusion ? C’est bien un rapprochement entre l’ASVEL et Rillieux-la-Pape?

 

Effectivement, c’est un contrat d’association c’est à dire que, deux entités qui vivaient leurs vies de façon indépendante en ayant chacune une situation financière saine et des équipes autonomes dans l’ensemble des catégories ont souhaité s’associer. Donc, au départ, ce n’est pas une carence de quoi que ce soit qui a justifié ce montage. Ce qui justifie la mise en place de cette nouvelle entité, ce sont plusieurs choses et d’abord, la volonté de pérenniser un niveau sportif, celle d’être plus fort en matière de formation et puis, d’avoir plus de vie, plus d’engouement autour du club. Et donc, cela nécessitait de changer de dimension de façon à attirer plus de monde et d’avoir plus de visibilité pour attirer plus de partenaires.

 

Pourquoi avoir choisi le contrat d’association plutôt que la fusion ? Quel en est l’avantage ? 

 

Il est majeur : une fusion, c’est réducteur. Aujourd’hui, il y a des règlements généraux à la Fédération Française de Rugby, et c’est une bonne chose. Parmi les différentes dispositions de ces règlements généraux, il y en a une qui limite le nombre d’équipes à deux par catégorie et par entité. On peut parfaitement le comprendre mais la Fédérale 1 a un petit inconvénient : lorsqu’on est dans une zone urbaine, où les gens ne sont pas attachés à un clocher, ne sont pas rattachés de façon forte à des couleurs, il y a pas mal de mouvements de joueurs. Avec la création de la catégorie espoir, qui par ailleurs est une très belle chose, les joueurs qui n’avaient plus leurs places en Fédérale 1 étaient contraints de quitter le club. Aujourd’hui, avec des équipes seniors en Fédérale 2 ou en Fédérale 2B, ils pourront rester dans leur environnement du Stade Métropolitain. 

 

Ça vous permet aussi de rentrer de plain-pied dans ce rugby de métropole et de territoire qui est la grande mode actuelle ? 

 

Les deux clubs, avec chacun une équipe en U16 Nationale et une équipe en U18 Nationale, remplissaient leurs obligations. Néanmoins, le fait de nous rapprocher nous permet de mettre en place une structure sportive de formation commune avec des personnes dédiées à cela. Nous allons aller chercher la labellisation du centre d’entraînement mais au-delà de ça, de fonctionner avec des groupes de 60 U16 et 60 U18 permet de tirer vers le haut parce-que les meilleurs peuvent jouer entre eux, les autres ne sont pas exclus pour autant. Pour les plus jeunes qui, on le sait, sont parfois à maturation physique un peu plus tardive, ils peuvent aussi rester et là aussi c’est important parce-que, dans ce schéma, nous pouvons conserver tout le monde. 

 

Dans une fusion, on partage tout. Mais, dans un contrat d’association, qu’est-ce qu’on ne partage pas ? 

 

A l’instant T, nous allons partager énormément de choses. Néanmoins, on pourrait imaginer, si l’une des deux associations mères que sont le RC Rillieux ou l’ASVEL Rugby souhaite quitter cette entité à l’horizon d’une prochaine élection de comité directeur dans quatre ans, en faisant évidemment voter cela par ses membres, elle aura la possibilité de le faire. Les joueurs, en dehors de ceux de la SASP, sont licenciés au Stade Métropolitain pour ce qui est des U16, des U18 et des espoirs de l’ASVEL sur l’association. En revanche, en rattachement association, les joueurs conservent soit le RC Rillieux soit l’ASVEL Rugby. Et donc, à ce titre-là, ce sont eux qui éliront les prochains comités directeurs de l’ASVEL Rugby et du RC Rillieux. 

 

Vous en parlez, il va y avoir la création d’une SASP Stade Métropolitain. C’est également une nouveauté et une structuration de plus ce qui est important ? 

 

Nous allons déjà fonctionner avec un budget global qui sera de l’ordre d’1M4 et, par rapport à la masse salariale, joueurs, encadrement, administratif, nous serons dans les seuils de la SASP. C’est aussi un moyen d’affirmer une ambition et de se donner les moyens de se structurer. C’est également un message que nous envoyons à la métropole lyonnaise. 

 

En leur disant  » il n’y a pas que le LOU mais maintenant, à côté, il y a le Stade Métropolitain  » ? 

 

Oui. Ce n’est pas pour autant qu’il y a de la concurrence mais nous sommes sur une métropole qui a largement les moyens d’avoir deux équipes, avec une équipe en Top 14 et une équipe semi-pro en Fédérale 1. 

 

Il y a eu un changement de gouvernance à la métropole lyonnaise. Est-ce que cela peut aider ou handicaper le développement du Stade Métropolitain ? 

 

Ça, ce sont des questions qui sont difficiles. Nous n’avons pas encore rencontré le nouvel élu aux sports, en revanche, l’homme qui a été élu à la tête de la Métropole, nous l’avons déjà rencontré. Je ne sais pas mais, comme nous avons des projets qui sont également très orientés sur la formation, nous avons toujours une présence assez forte dans le monde scolaire. Au travers des salariés qui ont été embauchés sur la structure de formation, ils ont aussi dans leur cahier des charges d’aller chercher des jeunes dans les quartiers, pour employer un terme un peu habituel. Bruno Bernard est élu sous une étiquette écologiste donc, je pense qu’ils seront assez sensibles à tous ces sujets qui sont liés à l’éducation et à la prise en charge d’un maximum de jeunes. 

 

Et puis, avec les couleurs vertes de l’ASVEL, ça doit leur plaire ? 

 

(rires). Comme nous avions du vert, du noir, voire un liseré rouge à l’ASVEL et que, côté Rillieux, c’était rouge et blanc, nous nous sommes fait des maillots un peu Harlequins. Même si ce n’était pas dans le cahier des charges de base, on part sur quelque chose avec un côté un peu basque, avec du rouge, du vert, du blanc mais aussi du bleu, ça, c’est moins basque. 

 

Il va aussi y avoir un nouvel organigramme. Vous, Gérard Gabet, vous allez prendre la présidence de l’association du Stade Métropolitain tout en restant bien sûr président de l’ASVEL Rugby. Qui va prendre la tête de la SASP ? 

 

Didier Lenoir, qui était président-délégué de l’ASVEL Rugby et Nicolas Trompille, qui était président du RC Rillieux, prennent la présidence de la SASP. Ils seront les deux mandataires sociaux de la SASP. 

 

Ce qui est bien, c’est qu’il y aura une présidence bicéphale où les deux entités sont liées ? 

 

Nicolas est président et Didier directeur général tout simplement parce-que, statutairement, nous ne pouvons pas faire une co-présidence. En revanche, ce qui est important, c’est qu’ils soient tous deux mandataires sociaux et de fait, investis des mêmes pouvoirs et nommés tous les deux par les actionnaires. 

 

Donc, nouveau logo, nouvelle structure avec une SASP, également nouveau territoire qui est élargi. Peut-être aussi nouvelles ambitions pour le Stade Métropolitain ? 

 

Il y a encore autre chose qui est nouveau (rires). 

 

Dîtes-nous tout ! 

 

Nous avons un stade nouveau qui va arriver. Un certain nombre d’équipes qui nous ont rencontrés peuvent témoigner du fait que nous avions des installations qui, lorsque nous étions à Georges Lyvet, étaient extrêmement vétustes. Depuis que nous sommes passés à Boiron-Granger, nous avons certes des vestiaires qui sont aux normes de la Fédérale 1 mais, en revanche, nous avons des petites tribunes qui ne sont pas terribles du tout avec un côté un peu ridicule et un espace réceptif qui est très petit. Donc, nous avons dû conserver notre siège un petit peu plus loin dans la ville et tout cela n’est pas très fonctionnel. L’ancienne municipalité, mais ça sera parfaitement repris par la nouvelle, a lancé le projet de construction d’un nouveau stade. L’architecte a été choisi, le permis de construire sera probablement déposé à la rentrée. Cela va mettre deux bonnes saisons voire trois pour que l’on puisse disposer de cet équipement dans son intégralité mais c’est un signe fort. On sait aujourd’hui que dans le monde du sport, que ce soit par rapport à des spectateurs ou à des partenaires, on a besoin d’espaces réceptifs qui soient dignes de ce nom et qui permettent de faire de la formation et des animations. 

 

En termes d’ambitions sportives pour cette saison, quelles vont-elles être ? Aller jouer les play-offs et puis, dans quelques années, un, deux ou trois ans, peut-on envisager d’avoir le Stade Métropolitain dans la nouvelle division Nationale ? 

 

Oui aux deux questions. Dernièrement, je m’amusais à constater qu’aujourd’hui, sur les 45 clubs qui sont en Fédérale 1,  il n’y en a que 9, je crois, qui sont arrivés en Fédérale 1 avant nous. C’est pour dire du reste la vitesse à laquelle ça tourne puisque nous, nous ne sommes montés qu’en 2016. Ce que je veux dire par là, c’est que nous n’avons pas de complexe à avoir et, nous en avons un petit peu parlé avec nos joueurs, j’espère qu’ils auront un peu un déclic. Quand nous sommes revenus en Fédérale 1, et je pense que c’est le terme juste, il y avait une forme de petit complexe donc, nous avons perdu certains matches peut-être en regardant un peu jouer les autres. J’ai bon espoir que, de ce point de vue-là, nous ayons franchi un palier. Après, ce sont les résultats du terrain qui valideront ce que j’imagine mais oui, cette année, l’objectif est de se qualifier soit directement mais ça, c’est toujours un peu difficile car il n’y a que deux places, soit d’être a minima entre la 3e et la 6e place. 

 

Et pour la Nationale ? 

 

Sans avoir les chevilles qui enflent, on verra. Aujourd’hui, nous disons  » pourquoi pas ?  » mais nous disons aussi  » ne brûlons pas les étapes « . Nous sommes sur un projet qui est certes ambitieux mais il faut que la maison se construise. L’équipe de l’ASVEL est celle de la Fédérale 1 à 95% et avec son encadrement de l’année dernière donc, nous sommes clairement dans la continuité. Néanmoins, cette équipe va évoluer dans un contexte un petit peu différent donc, il faut que tout cela prenne corps et il serait prématuré d’afficher tout de suite avoir l’ambition de monter en Nationale. En revanche, avec l’ensemble de ce que j’ai expliqué et avec la création de la SASP, nous avons le sentiment d’avoir créé une belle dynamique au niveau de nos partenaires. A nous maintenant, et aux joueurs notamment et à leur encadrement de valider cela sur le terrain. Avec le nouveau stade, je pense que ce n’est pas complètement idiot d’imaginer que dans un horizon de 2 à 3 ans, nous puissions imaginer postuler à la division Nationale. 

 

Lors de la création de cette Nationale, vous faisiez partie des présidents qui n’étaient pas du tout chaud pour la conception de cette division à ce moment-là. Par contre, maintenant qu’elle est créée, si le droit vous ait donné un jour d’y accéder, vous ne refuserez pas ? 

 

Je pense avoir été relativement clair dans mes propos. 

 

Vous êtes toujours circonspect sur le timing ? 

 

Oui, c’est ça. Je trouve que ça a été fait été mal fait et je pense que ça a été fait dans la précipitation. Les dirigeants actuels ont pris leurs responsabilités mais il me semble que l’on est sur une dilution des forces. Je vois arriver tout un tas de clubs à qui on n’a pas expliqué ce qu’était la Fédérale 1. Je crois qu’au fil des années, et notamment au cours des dernières saisons, il était de notoriété publique que j’étais assez proche de Thierry Murie parce-que je trouvais qu’il avait fait un travail fantastique en termes de structuration. Il y a le statut du joueur de Fédérale 1 qui est une réalité, tout un tas de structures qui étaient mises en place autour de la Fédérale 1 qui me semblaient, et qui me semblent toujours, intéressantes. Et là, j’ai eu le sentiment que l’on diluait et que c’était fait dans la précipitation alors que tout avait été dit lors d’un séminaire en Novembre en disant  » il ne faut pas le bouger tout de suite mais se remettre autour de la table pour reparler des conditions de création avec un cahier des charges « . Du reste, finalement, ce qui a été créé n’est guère différent de ce qu’était a Poule Elite il y a quatre ans. 

 

On va dire que le cahier des charges financier est un peu moins contraignant que celui de la Fédérale 1 Elite

 

Oui sauf que, pour le moment, il y a un seul règlement qui est celui de la Fédérale 1 et que ce cahier des charges Nationale devra être réalisé la saison prochaine. Ce qui m’a beaucoup, beaucoup agacé en plus de cela, c’est ce que je considère comme la remise en cause de la catégorie espoir qui était en train de trouver sa position avec un vrai lien avec la Pro D2. Ça me semblait tout à fait intéressant et là, j’ai l’impression que l’on est revenu à la Nationale B à papa, même si nous avons bien évidemment conserver des limites d’âge. 

 

Le sujet des espoirs est quasiment indissoluble, on n’arrive jamais à trouver la formule idoine

 

Il me semble que celle qui avait été mise en place était très bien, je ne vois pas pourquoi on l’a changée. Ça a changé uniquement pour que les espoirs jouent en lever de rideau des équipes premières. 

 

Pour réduire les coûts non ?

 

Moi, j’observe qu’il y a pas mal d’équipes qui se déplacent avec un budget différent pour les espoirs. Mais OK, admettons que ce soit pour réduire un peu les coûts mais, d’un point de vue sportif, ce qui était mis en place avant avait beaucoup, beaucoup plus de sens. 

 

Le message est passé…

 

C’est une certitude et d’ailleurs, la preuve de ce que je dis, c’est qu’une fois que ça a été décidé, ils n’ont pas pu le mettre en place complètement au niveau de la Nationale. Ils n’ont pas pu aller au bout de leur logique. 

 

Oui car il y avait des clubs au-dessus qui se retrouvaient rétrogradés de facto. Dans une saison où il ne devait pas y avoir de relégation, ça commençait à devenir antinomique 

 

Quand il y a eu le séminaire, ce sont les Narbonnais qui étaient montés forts au créneau. Du coup, il y a un truc qui a été fait mais que je qualifierai de  » ni fait ni à faire  » et qui sera à reprendre. Nous, nous avons une équipe espoir qui est assez performante, cela fait deux ans qu’elle se qualifie pour les play-offs. Je trouve que c’est dommage de ne pas leur donner la possibilité de, pourquoi pas, aller lutter demain avec les équipes de Nationale en espoir. Ce système de montées / descentes étaient très bien. 

 

Et c’est l’essence même du sport de pouvoir transgresser ses limites ? 

 

Et bien oui, il me semble. 

 

Un des défis qu’il va y avoir pour le Stade Métropolitain va être de se créer une identité propre. Certes, les deux clubs amènent leurs histoires qu’ils mettent en commun. Chacun amène aussi son public et son territoire mais maintenant, il va vous manquer de trouver une devise ? C’est aussi cela qui fait l’identité d’un club, une devise, une âme ? 

 

Pour ce qui est de la devise, joker. Nous avons prévu, ce qui n’était pas forcément le cas chez nous, de faire intervenir une bandas sur les différents matches et on nous a dit  » il faut que vous ayez un petit hymne « . Et j’avoue de ne pas avoir avancé sur le sujet donc, il faut le travailler. Mais, au-delà de ça, nous espérons nous créer une belle image, amener du monde au stade et générer autour de l’événement sportif des animations qui font que les spectateurs prennent plaisir à venir au stade et à encourager leurs couleurs. 

 

La meilleure force créatrice d’identité, ce sont aussi les aventures humaines et sportives ? 

 

Clairement, bien sûr. Nous avons des équipes compétitives parce-que, pour le coup, je pense que nous avons l’intégralité de nos équipes à 15 qui peuvent viser une qualification en championnat de France dans leurs championnats respectifs. Déjà, sur la ligne de départ, c’est intéressant, nous verrons comment tout cela se passe. Il est sûr qu’il n’y a rien de tel que les résultats sportifs pour créer une dynamique et faire parler de soi. 

 

Il ne reste maintenant plus qu’à transformer l’essai et on vous fait confiance, à vous et à votre équipe, pour le transformer de belle manière. On vous dit à très bientôt au Mag Sport et on vous souhaite le meilleur pour cette saison 2020 / 2021 en Fédérale 1

 

Merci beaucoup

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-11-aout-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Gérard Gabet lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 7 août 2020

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