#Rugby – Fed1 / N.Tranchant (Rumilly) : «Notre objectif est bien entendu de finir au moins dans les six!»

Nous sommes allés faire un tour du côté des Alpes et de la Haute-Savoie, avec Nicolas Tranchant de Rumilly le directeur sportif du club pensionnaire de fédérale 1. Pour cette seconde saison consécutive au 4ème échelon national, le RCSR nourrit de légitime ambitions de playoffs, après avoir tenu la corde pour la qualification en Du Manoir jusqu’à l’arrêt des compétions. Mais pour Nicolas Tranchant, une question se pose, la fédérale 1 pourra-t-elle reprendre le 12/13 septembre et dans quelle conditions? Le voile sera très rapidement levé

 

 

Tu es l’un des hommes de base de ce staff rumillien en tant que directeur sportif. Comment se passe l’intersaison à Rumilly pour cet an II en Fédérale 1 ? 

 

L’intersaison se passe plutôt bien, il a bien évidemment fallu gérer la période Covid. Nous avons repris l’entraînement depuis début Juillet donc, les garçons travaillent dur. Les deux groupes seniors ont repris en intégralité la saison et, pour l’instant, tout se passe bien. Nous attendons impatiemment les premiers matches amicaux (Itw réalisé avant Rumilly – Massy) , les joueurs ont hâte de retrouver le terrain et le ballon, bien entendu. 

 

Les poules ont été données il y a maintenant quasiment un mois. Quel est ton ressenti par rapport à cela : elles te conviennent, il y a quelque chose à faire dans ce championnat ? 

 

Bien sûr. De toute façon, on se retrouve aujourd’hui dans une configuration avec une poule de 11 clubs et je pense que c’est une poule qui va être très homogène. Difficile de dire à aujourd’hui qui est franchement le leader de la poule, à mon sens, tout le monde est à peu près à égalité donc, ça va être des matches très intéressants. Par rapport à cette poule, notre objectif est bien entendu de finir au moins dans les six pour aller jouer les qualifications. 

 

L’année dernière, il y avait un mano a mano avec Beaune pour la qualification en Du Manoir. On peut espérer qu’il y ait l’acte 2 cette saison parce-que c’était un joli duel auquel s’était livré les deux équipes ? 

 

Oui, c’est vrai que nous étions tout proches de se qualifier mais, il faut rester humble, nous avions un calendrier qui était sans doute moins favorable que Beaune. Malgré tout, tout était possible puisqu’il restait quelques matches pour savoir qui était le 6e qualifiable en Du Manoir. Aujourd’hui, les cartes sont redistribuées, nous serons 11 dans la poule et non 12. Quelques grosses équipes ont quitté la poule puisque nous n’aurons plus Massy, Dijon, Chambéry qui étaient quand même des équipes vraiment favorites en début de saison. 

 

C’est surtout Chambéry qui doit te manquer pour le petit derby, ça met toujours un peu de piment ? 

 

Oui, tout à fait. Il est sûr que ça aurait été quelque chose de vraiment intéressant que de jouer ce derby avec nos voisins chambériens, je pense pour eux comme pour nous, parce-que ça met toujours un peu de piment. Et puis, par rapport à la suprématie régionale, c’est toujours le petit truc que les joueurs, les dirigeants, les supporters et les bénévoles attendent avec beaucoup de plaisir donc oui, ça, ça va nous manquer. 

 

Pour savoir à qui appartient le Mont-Blanc parce qu’on a vu que Chambéry s’appelait maintenant le SOC Mont-Blanc. J’imagine qu’en Haute-Savoie, cette histoire doit vous piquer ? 

 

Non, pas du tout, je crois qu’il suffit de regarder la carte (rires). Le Mont-Blanc est bien dans le 74, sauf erreur de ma part donc, il n’y a pas de souci (rires). Nous, nous nous appelons bien Rugby Savoie donc, c’est un peu pareil : la Savoie est à Chambéry, nous c’est Rugby Savoie, eux, c’est Rugby Mont-Blanc. 

 

C’est de bonne guerre ? 

 

Bien sûr. Je pense qu’avec nos voisins chambériens, il n’y a pas de souci là-dessus, nous sommes vraiment en phase avec nos clubs et il n’y a pas de rivalité importante par rapport à cela. 

 

Dans cette poule de l’Est, quelle serait pour toi l’équipe qui va être la locomotive ? Beaucoup parlent de Mâcon mais il n’y a pas qu’eux : il y a aussi Bédarrides qui s’est bien armé et peut-être aussi Rumilly qui a une carte à jouer ? 

 

Oui, je pense que l’année dernière, Mâcon avait beaucoup d’ambitions qui n’ont pas été réalisées. Ils ont fait un début de saison avec uniquement des déplacements. 

 

Quatre d’affilée

 

Je pense que ça a été compliqué pour eux de revenir parce-que, malgré tout, ils ne sont pas imposés en début de saison et que, quand on ne gagne pas les premiers matches, la spirale est différente. Donc, je pense que cette année en effet, c’est une équipe sur laquelle il va falloir compter. Bien entendu Bédarrides, comme tu le disais à juste titre, avec un recrutement plus qu’intéressant. Mais, comme je le disais, je pense que toutes les équipes dans cette poule aujourd’hui se tiennent pour moi. Il n’y a pas de gros leader comme on pouvait avoir l’année dernière avec un Massy ou un Dijon qui avaient vraiment affiché des ambitions de Pro D2. Je pense qu’aujourd’hui, tous les clubs ont des ambitions, Rumilly sera présent, ça, c’est sûr puisque nous avons fait une première saison en Fédérale 1 où nous ne savions pas trop où nous allions. La montée de Fédérale 2 est arrivée très rapidement, nous avons eu très peu de temps pour préparer les premiers matches de Fédérale 1. Là, nous sommes plus préparés et nous savons plus où aller donc oui, il est sûr que Rumilly sera là. 

 

La prochaine marche et la prochaine étape de structuration de Rumilly est d’accéder à court ou moyen terme à la Nationale ? 

 

Forcément, c’est une ambition que nous aurons dans les trois prochaines années sachant que cette Fédérale 1 Elite va se mettre en place dès la saison qui arrive. Donc, ça permettra déjà de voir quelles sont les conditions et ce qu’il faut réellement mieux faire pour y accéder. Il est certain qu’il faudra déjà finir dans les six mais oui, je pense que ce sera l’objectif de Rumilly d’ici trois ans. 

 

Et puis, c’est le plus court chemin pour retrouver Chambéry et le derby ? 

 

Oui, tout à fait. J’espère que l’on retrouvera ces derbys, il y a Chambéry mais aussi Bourgoin et Bourg-en-Bresse. Ce sont des équipes que nous aurions aimé avoir dans notre poule cette année si la Fédération Française n’avait pas décidé d’accélérer cette Poule Elite. 

 

On va également parler un peu de toi et de ton rôle de directeur sportif au sein du club de Rumilly ? En quoi consiste ce poste ? Pour moi, je sais à peu près de quoi il en retourne mais, pour les profanes, il y a beaucoup de termes : directeur du rugby, directeur sportif, manager, entraîneur adjoint … Peux-tu nous expliquer un peu ton rôle ? 

 

Cette appellation a forcément différents sens en fonction du club dans lequel on évolue. Me concernant, c’est surtout faire le lien avec les dirigeants et les sportifs, c’est d’être au plus proche du staff et des joueurs. C’est ce que moi j’aime le plus : échanger avec eux, partager, faire en sorte que les joueurs que nous avons dans notre collectif soient le plus à l’aise possible car, par la suite, ça leur permet de passer une bonne saison. C’est donc être proche d’eux, bien communiquer, bien échanger mais c’est aussi bien entendu participer à toute la partie recrutement, que ce soit des joueurs ou du staff. Pour moi, cela va de l’équipe première jusqu’aux U16 en passant par les espoirs et les U18. J’ai une personne, Laurent Charlier, qui s’occupe de toute la formation du club, des plus petits jusqu’aux U18 ainsi que pour nos équipes féminines et qui est un relais très important pour moi. Je pense que ma principale mission est vraiment de faire le lien entre la partie sportive et la partie dirigeante. 

 

J’imagine que cette année, il y a dû y avoir une feuille de route bien particulière pour le recrutement ? Il fallait s’équiper pour cette seconde année de Fédérale 1 mais il devait aussi y avoir des contraintes financières liées au Covid ? 

 

Tout à fait. En fait, la saison s’est terminée mi-Mars donc, comme tout le monde, nous avons été dans l’attente de savoir si la saison allait reprendre ou pas. Nous avons doucement profité de cette saison pour échanger avec nos joueurs et beaucoup écouté nos cadres, voir ce qui était important pour eux, comment nous pouvions articuler notre collectif et nos équipes au mieux possible. Les contraintes budgétaires sont bien entendu arrivées et ça nous a obligé à revoir certaines positions. Nous avons rebâti une équipe équilibrée avec un objectif qui était de remettre tous nos joueurs en pluriactif. Ça a été quelque chose que l’on a pu faire tranquillement pendant cette période difficile et aujourd’hui, nous sommes arrivés à ce résultat à n’avoir quasiment que des joueurs pluriactifs. Il nous reste deux contrats professionnels qui étaient signés sur deux ans et que nous allons bien évidemment honorer. 

 

Une question d’actualité : on sait que cette crise du Covid est en train d’avoir un rebond et vous allez avoir un match amical contre Massy ce week-end. Est-ce qu’à Rumilly, comme dans beaucoup de clubs, vous ne commencez pas à vous gratter un peu la tête en vous disant  » est-ce que ce championnat va bel et bien recommencer ?  » ? 

 

Forcément, c’est un casse-tête pour tout le monde. Comme la plupart des gens, je dirai qu’on évolue à tâtons au jour le jour : nous avons des contraintes qui arrivent, des choses à modifier. Si on prend simplement le cas de ce déplacement à Albertville où l’on va affronter Massy vendredi soir, il faudra mettre un joueur par siège dans le bus, il faut que les joueurs aient le masque, il faut qu’on ait du gel … Il y a plein de contraintes qui sont à mettre en place aujourd’hui mais c’est tout à fait normal. Je pense qu’il faut que tout le monde s’adapte, le plus important, c’est la prudence et la sécurité. Maintenant, est-ce que le championnat reprendra le 13 Septembre ? Je l’espère, comme tout le monde et que tout sera rentré dans l’ordre. Mais, il faut en effet entre prudent et également avoir de l’humilité ; je pense que si toutefois le rugby devait s’arrêter pour des raisons de santé, on acceptera bien sûr cette chose. Je crois qu’il y a plus important que le rugby malgré que ce soit notre passion, et on en est tous convaincu, mais je pense que c’est la sécurité des personnes avant tout. Nous concernant, c’est la sécurité de nos joueurs donc, on s’adaptera forcément. 

 

Il y a aussi un risque, celui qu’il y ait des matches à huis-clos s’il y a une véritable seconde vague du coronavirus. Pour Rumilly, qui a un gros 16e homme, le fameux public des Grangettes, ce serait vraiment une double peine ? 

 

Oui, ce serait une double peine déjà pour les joueurs qui joueraient dans des conditions comme celles-ci, avec un stade vide. Ce serait une double peine pour nos supporters qui sont, comme tu le disais, des gens fidèles et sérieux. Ça serait dommageable pour nos partenaires, pour nos bénévoles, qui sont toujours présents auprès de nous, on les remercie toujours mais pas suffisamment, pour tous les jeunes de l’école de rugby qui eux-aussi ont subi le Covid. Les enfants ont aujourd’hui besoin  de gambader, de courir et de jouer au rugby donc forcément, tout ça serait impactant. 

 

Si tu pouvais nous décrire un peu ton club de Rumilly ainsi que l’identité et l’ADN qui en ressort en quelques mots, quels seraient-ils ? 

 

Ce sont un peu les valeurs des gens de la montagne : le courage, l’abnégation, l’envie de bien faire. Mais moi, je pense que ce qui est le plus important dans tout cela, c’est la notion de plaisir. Et ça, je pense qu’il ne faut jamais l’oublier : s’il n’y a pas de plaisir au rugby, s’il n’y a pas le plaisir de voir les copains à l’entraînement, de voir les supporters le dimanche, de voir les bénévoles en permanence proches de nous, pour moi, ça ne sert à pas grand-chose. Le rugby, c’est vraiment cela pour moi. 

 

Le plaisir, l’amitié, la balle à l’aile, la vie est belle et un petit coup à la fin du match, c’est aussi cela que l’on aime dans le rugby ? 

 

Oui, c’est ça. Un peu comme dans le Sud-Ouest ou comme dans le Sud ou comme dans toute la France, le rugby, c’est cela : c’est voir du monde, jouer, gagner aussi car il faut quand même garder cette notion de résultat. 

 

Oui, ça fait quand même du bien quand la victoire passe

 

Oui (rires). C’est plus facile d’avoir un bon après-match quand il y a une victoire que l’inverse. 

 

On va finir sur ces notes pleines d’optimisme, dans une période assez grave et sombre. Ça fait du bien à entendre et on vous souhaite, comme à toutes les équipes de Fédérale 1,  la meilleure des saisons 2020 / 2021 en espérant que vous alliez au bout de vos rêves

 

Merci pour cette interview et je souhaite aussi une très bonne saison aux clubs en espérant que tous ces problèmes de Covid seront derrière nous rapidement. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-11-aout-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Nicolas Tranchant « Le #MagSport – RadioAlbiges » le 7 août 2020.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s