#Football – D2F / G.Balagué (ASPTT FA): «Nous ne pouvons pas accepter de perdre 9-0, c’est inadmissible!»

Nous sommes aller faire un tour d’horizon du côté de l’ASPTT Football de l’Albigeois en pleine préparation de la saison 2020-2021 de D2F. A l’aube d’une 3 même saison consécutive au second échelon national, le néo coach des rouges et jaunes nous a livré un premier bilan. Après une cinglante et lourde défaite face a l’ASSE (9-0) et quelques heures après l’annulation du match amical face au TFC pour cause d’une pléiade de blessures, Guillaume Balagué ne reniait pas être un brin dans le dur. Mais l’ex coach de Revel (R1 Masculine), n’est pas outre mesure inquiet, car pour lui , l’essentiel réside dans la compétition. Malgré cela, Guillaume Balagué en appelle à la remobilisation générale, et espère avoir manger son pain noir durant cette préparation et voir l’ASPTT FA arriver en ordre de marche face à Nîmes pour la première journée de championnat. Focus sur un club qui côtoyait Lyon, le PSG ou encore Montpellier dans un temps pas si lointain et qui essaye de retrouver un second souffle en D2F.

 

Le nouvel entraîneur Principal ASPTT FA, Guillaume Balagué et l’ensemble de son staff.

 

Guillaume, tes nouvelles prérogatives à l’ASPTT ont pris corps depuis quelques semaines avec une reprise sous la canicule. Comment se sont passés ces premiers pas au Stade Caussel et à la plaine Guitardié ? 

 

Les premiers pas ont été mitigés pour plusieurs raisons. Le début a été très bien avec une grosse participation de l’ensemble des filles sur les premières séances malgré une très, très grosse chaleur qui nous a obligés à décaler les séances en soirée. De très bonnes relations aussi avec le staff, les joueuses individuellement et collectivement, les membres du bureau, tout ça s’est très bien passé. Le petit défaut qu’il y a quand même depuis cette reprise, c’est qu’on accumule malheureusement des soucis physiques sur les joueuses, notamment au niveau musculaire donc, ce sont des petites blessures mais qui nous handicapent actuellement pour la préparation de la saison. Mais sinon, il n’y a pas d’inquiétude à avoir même si nous avons subi une grosse défaite contre Saint-Etienne. Nous ne sommes pas plus inquiets que cela pour l’instant parce-que nous savons qu’il y a encore du travail. Avec 10 nouvelles joueuses et un nouveau staff, nous savions en arrivant qu’il y aurait du travail donc, c’est forcément beaucoup de travail dès le départ mais nous allons nous y atteler encore plus que ce qui était prévu. Mais, nous ne sommes pas inquiets plus que cela. 

 

Tu nous parlais d’une pléiade de petites blessures qui handicapent la préparation de l’ASPTT. Avec un peu de recul, comment tu assimiles cet état de fait ? Peut-être par la longue pause qu’il y a eu pendant 5 mois, une charge de travail un peu trop conséquente ou la canicule qui a dû aussi faire son œuvre ? 

 

Je pense que tu as tout résumé et qu’il y a un petit peu un mélange de tout cela. L’arrêt de la compétition et de toute activité du fait du confinement a certainement influencé sur les filles. La reprise que nous avions pourtant mise très, très progressivement avec Marion Malabry, la préparatrice athlétique, a quand même laissé des traces parce-que ça reste une préparation athlétique de niveau D2 donc il faut quand même que les filles soient opérationnelles. Peut-être qu’elles n’ont pas non plus fait tout le programme qu’on leur avait donné individuellement de manière très, très sérieuse. C’est un enchaînement de plusieurs causes qui fait qu’on arrive à un effectif assez restreint à l’heure actuelle. 

 

Pour commencer les matches amicaux, vous avez attaqué avec Toulouse Métropole, une équipe de R1 à qui vous avez passé 9 pions. Ce n’était peut-être pas le meilleur des challengers parce-que l’adversité, sans leur manquer de respect, était quand même assez moindre ? 

 

Elles aussi sont arrivées avec une équipe diminuée par rapport à leur équipe individuelle. Mais, ça nous allait bien, c’est ce que l’on voulait avec Nicolas Castanier à savoir avoir un adversaire  » abordable « , sans leur manquer de respect, pour le premier match et qu’on puisse avoir du temps de jeu pour faire tourner les filles sans vraiment risquer d’être dans la surcharge de travail ou dans des duels vraiment trop importants pour le premier match. C’était le souhait que l’on voulait, de jouer une R1 pour le premier match, c’est vrai que le score a été lourd mais ça nous a permis de faire une revue d’effectif et de travailler donc, c’était un match intéressant. 

 

Le second match était un choc, maintenant habituel, puisqu’il y avait eu l’année dernière le même match amical face à l’AS Saint-Etienne, une équipe calibrée D1 et qui était à un cheveu d’y accéder. Là, par contre, ça a été le score inverse avec 9-0 pour l’AS Saint-Etienne face à l’ASPTT. La pilule a dû être lourde et dure à avaler ? 

 

Exactement. Après, nous sommes arrivés avec une équipe qui était déjà un petit peu bancale parce qu’on avait des joueuses qui avaient déjà des petites douleurs mais qu’elles pensaient être des douleurs de fatigue et on ne pensait pas que c’était embêtant. Nous avions aussi des retours de blessures donc, nous avions quand même une équipe assez bancale. Nous n’étions pas hyper rassurés car nous savions que Saint-Etienne avait repris 10 jours avant nous, qu’ils en avaient mis 3 à Rodez la semaine d’avant. Comme tu l’as dit, en plus, c’est une équipe qui est calibrée D1 et le match que l’on a fait contre elles nous l’a confirmé parce-que c’est vraiment une équipe en tous points exceptionnels à ce niveau-là. On a eu la malchance en plus au bout de 10 minutes, un quart d’heure de perdre déjà une de nos défenseurs, une autre défenseur a pris un coup assez rapidement et est handicapée pour toute la période de jeu. Du coup, nous avons eu une défense en 2e mi-temps avec une seule vraie défenseur et les autres étaient un petit peu des joueuses de substitution malgré elles. Forcément, ça a créé des déséquilibres sur tout le bloc mais ça n’enlève en rien les qualités sur le jeu de Saint-Etienne qui a proposé quelque chose d’assez surprenant et une énorme différence à tous les niveaux, technique, athlétique, tactique. C’est une équipe qui est bien en place depuis au moins deux ans avec peu de recrues, qui a fait des résultats superbes l’année dernière et qui est malheureusement privé de montée pour des considérations administratives car elles méritaient certainement plus que Le Havre. Mais c’est comme ça, tant pis pour elles, nous aurons le plaisir de les revoir en championnat à Rigaud en espérant évidemment que l’on soit beaucoup plus compétitif que l’on a pu l’être sur le match amical. 

 

A Rigaud, pour la 3e journée de D2F, il y a Saint-Etienne qui débarque. On a vu sur les réseaux sociaux quelques supporters stéphanois qui commençaient à brancher l’ASPTT en disant  » elles se sont échappées, elles n’ont pas passé le milieu de terrain en seconde période « . Ce n’est pas l’un des meilleurs leviers pour motiver tes filles ça ? 

 

Quand tu perds 9-0, c’est facile de motiver les joueuses pour le match d’après mais il ne faut pas non plus qu’elles rentrent sur le terrain avec la peur au ventre. Mine de rien, sur les 9 que l’on a pris, je pense qu’il y en a plusieurs qui sont les conséquences des blessures ou des méformes de certaines. Mais évidemment que, dans un petit coin de nos têtes, on pense déjà au match du 27 Septembre parce qu’en tant que compétiteurs, nous ne pouvons pas accepter de perdre 9-0, c’est inadmissible. Donc, nous avons déjà la revanche à cœur même si, évidemment, les deux premiers matchs seront certainement plus importants que Saint-Etienne. 

 

Deux premiers matches dont un derby occitan face à Nîmes. Là, il faudra engranger des points ? 

 

Oui, on joue d’entrée contre deux promus, chez eux en plus, Le Puy et Nîmes qui feront leurs premiers matches en D2 depuis assez longtemps à domicile. Il risque d’y avoir un petit peu d’engouement autour du terrain donc, ce n’est pas forcément le meilleur des calendriers pour commencer parce-que ça reste des équipes qui vont avoir la fougue du début de saison. Mais évidemment que ce sont des équipes qui sont a priori dans notre championnat, je dis a priori parce-que nous ne sommes pas à l’abri de certaines surprises. Elles se sont beaucoup renforcées et elles joueront autre chose que le maintien, je leur souhaite, donc nous verrons bien ce que ça donner mais il faut évidemment que l’on prenne des points sur ces matches-là, c’est un objectif. 

 

Normalement, il devait y avoir un match amical à Saint-Orens contre le Toulouse Football Club, une équipe qui était en D2F avec l’ASPTT et qui vient de descendre en D1. Mais, comme on dit, quand la scoumoune arrive, elle colle aux basques, ce match ne pourra pas être assuré au vu de la pléiade de blessures dont tu parlais ? 

 

Oui, nous avons un effectif qui est trop juste en quantité. Nous avons pesé le pour et le contre et je pense que le risque était plus important de jouer ce match-là que de ne pas le jouer, surtout pas rapport à ce que ça aurait pu nous apporter. Nous avons pris la décision d’annuler ce match pour préserver les joueuses qui sont encore en forme chez nous pour pouvoir faire un match dimanche contre le Pôle Espoir de Blagnac en étant un peu plus sereins parce-que, du coup, les mêmes joueuses auraient joué trois matches dans la semaine ce qui aurait fait trop. Normalement, nous avions prévu une rotation sur l’ensemble de ces matches-là mais nous ne pouvions plus les assurer par rapport à la quantité que nous avons à disposition. 

 

Quelle est la suite du planning des matches amicaux après le Pôle Espoir de Blagnac pour amener jusqu’à ce début de championnat ? 

 

Nous partons en stage à Cap Découverte et nous terminons par un match à Lavaur contre le Pôle Espoir de Blagnac. Samedi 29, nous nous sommes mis d’accord avec un club en R1 dans la région de Pau. C’est un club de R1 qui a fait une bonne saison l’année dernière et on a réussi à les repêcher au dernier moment parce qu’en fait, nous nous étions mis d’accord avec Montpellier mais qui ont annulé le match. Après, nous nous étions mis d’accord avec Mérignac qui nous a également annulé le match donc, on se retrouvait sans adversaire pour ce match avant le championnat et c’est certainement le match de préparation le plus important. Donc, il a fallu qu’on trouve au dernier moment et nous sommes très satisfaits d’avoir trouvé un adversaire. 

 

On a l’impression que, depuis quelques semaines, tu manges un peu ton pain noir ? Mais, il vaut mieux le manger en pré-saison pour manger le pain blanc pendant la saison ? 

 

Exactement, tu as tout à fait raison. Ça reste malgré tout une problématique dans la mesure où nous avons une partie des filles qui n’auront pas fait la préparation complète et qui auront forcément à un moment donné un manque athlétique. L’idée est d’arriver à avoir pour le match de Nîmes 13 / 14 joueuses opérationnelles à 100% et après, de rentrer des blessées petit à petit pour envisager la longueur du championnat. 

 

Ton recrutement a bien sûr été axé sur un socle de joueuses expérimentées et qui sont restées au club additionnées à 10 nouvelles arrivantes. Tu es pleinement satisfait de ces recrues, c’est une vraie plus-value pour le groupe ? 

 

Complètement. Les recrues s’intègrent petit à petit de manière très efficace au sein du groupe. On travaille bien malgré ces pépins physiques qui perturbent bien évidemment tout le travail mais on travaille vraiment bien, l’effectif vit bien. Je sais que tous les coaches vont vous dire ça,  » le groupe vit bien  » est la phrase préférée de tous les coaches mais c’est vrai que ça travaille bien. Il n’y a pas de jalousie, de concurrence négative pour l’instant, tout se passe agréablement dans le bon sens et il faut absolument continuer à travailler avec cet état d’esprit. C’est vrai que les nouvelles ont peut-être apporté un peu plus de concurrence qu’avant sur certains postes mais la concurrence est la même pour tout le groupe. Ça permet à chacune d’entre elles de tirer le meilleur d’elles-mêmes.

 

Le nouveau challenge que tu as maintenant est de donner une vraie identité à ce groupe pour qu’il ait une certaine grinta ? 

 

Exactement. Avec Nicolas, nous avons un caractère qui est un petit peu similaire dans le sens où nous sommes de vrais compétiteurs, nous aimons le match et la compétition. C’est vrai que les matches amicaux ne sont pas mon point fort, j’aime bien en faire pour préparer l’équipe parce-que c’est indispensable mais j’aime quand il y a 3 points à aller gagner derrière. J’aime vraiment quand il y a un enjeu sportif au classement et petit à petit, avec Nicolas, nous allons changer de braquet, notamment sur nos discussions d’avant-match ou sur nos exigences à l’entraînement pour relever le niveau d’exigence des filles pour qu’elles soient prêtes dès le premier match de championnat. 

 

On va également parler d’un sujet d’actualité : la gestion d’un groupe de sportives de haut-niveau avec cette crise sanitaire du Covid-19. Comment est-ce que cela se passe dans la pratique ? 

 

C’est perturbant parce qu’on doit se méfier un petit peu de tout et de tout le monde. On a malheureusement eu une joueuse qui a eu une angine et du coup, ça nous a fait un peu peur parce-que, avant que l’on sache qu’elle avait une angine, on ne savait pas trop ce qu’elle avait donc, évidemment, ça a créé un petit peu d’affolement. Nous n’avons pas de vestiaire pour nous préparer, pour nous changer, pour faire des causeries, des analyses vidéos. Il faut s’adapter, je pense que les autres clubs sont dans le même bateau que nous même si j’imagine bien que certains sont mieux lotis mais on ne se plaint pas à Albi. On fait avec les moyens du club albigeois qui sont déjà assez élevés, on ne va pas se cacher derrière ce problème du Covid pour dire que l’on va rater le début de saison ou perdre un match. Nous sommes tous, les clubs de D2, logés à la même enseigne, c’est évidemment une adaptation au quotidien pour les exercices et plein de trucs qui font que nous sommes obligés de nous adapter, tout simplement. 

 

Quels sont l’objectif et la feuille de route un peu chiffrée du premier mois de championnat en Septembre ? Essayer de gratter deux victoires face aux promus pour être dans la bonne dynamique ? 

 

Je vais directement taper en touche parce-que, comme je l’avais dit aux joueuses, je ne donnerai aucun objectif chiffré tant qu’on ne saura pas quel est le niveau réel de notre groupe mais aussi le niveau des adversaires. Ce n’est pas parce-que ce sont deux promus que nous allons prendre 6 points, ça, c’est une certitude ou, en tous cas, ce n’est pas parce-que ce sont deux promus que nous allons facilement prendre 6 points. Evidemment que cela reste un objectif puisque l’objectif est de prendre 66 points sur le championnat et nous verrons au premier tiers où nous en sommes et ce qu’on est réellement capable de faire. 

 

On va souhaiter à l’ASPTT une belle saison 2020 / 2021. Vous êtes pour l’instant un peu dans le creux de la vague mais l’essentiel est de surfer à partir de Septembre

 

Exactement. L’objectif reste la compétition annuelle et pas la préparation, même si les deux sont forcément liées. Mais, l’objectif reste d’être compétitif pour le championnat. 

 

On donne rendez-vous à tous les supporters du Stade Maurice Rigaud le 27 Septembre pour la réception de Saint-Etienne afin qu’ils viennent nombreux, en respectant bien sûr les consignes sanitaires, supporter les rouge et jaune

 

Exactement, ça sera un beau match le 27 Septembre

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-18-aout-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Guillaume Balagué lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 18 août 2020.

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