#Rugby – ProD2 / B.Bagate (Béziers) : «Ca a été une grande fierté d’avoir été contacté par Christophe Dominici!»

Il fut un des acteurs du feuilleton de cette intersaison 2020, lors de la tentative de rachat de l’ASBH par Samir Ben Romdhane et la société SOTACO, Benjamin Bagate nous a livré son sentiment à froid sur une saga qui a tenu le monde de l’ovalie en haleine. Fier d’avoir pu œuvrer auprès de son ami Christophe Dominici, et du duo Pons/Baillard, l’ex coach de Perigueux a tout quitté pour s’investir à fond dans un projet, dont l’ambition était de rendre son lustre à un club mythique du rugby hexagonal. Usé, mais pas résigné après une bataille médiatique qui s’est emballée plus que de mesures, « Ben Ben » se ressource actuellement en famille tout en ne regrettant aucunement son investissement sans faille dans ce « projet Dominici« . L’ancien albigeois et chambérien conserve malgré tout une indéfectible amitié et une passion pour Béziers, car dans cette aventure qui n’est allé au bout de ses ambitions, Benjamin Bagate a rencontré des personnages autour du club biterrois dont il conservera un souvenir impérissable. Entretien avec un homme dont la passion n’a d’égal que les convictions et qui pose un regard sur l’actualité concernant son club de cœur , le Sporting Club Albigeois et les défis qui attendent son ami Bernard Laporte.

 

 

Benjamin, tu t’es retrouvé au milieu de l’un des feuilletons de l’été, de quelque chose qui a quand même tenu en haleine tout le monde du rugby puisque ça a concerné l’un des clubs les plus mythiques de France. On parle de Béziers et de la tentative de rachat par Samir Romdhane et toute l’équipe qu’il y avait autour de lui. Tu devais être dans les petits papiers et t’occuper notamment de la cellule de recrutement et, patatras, rien ne s’est fait. Comment as-tu vécu ce moment que l’on peut qualifier d’ubuesque ? 

 

Ca a d’abord été une grande fierté d’avoir été contacté par Christophe Dominici, que je ne remercierai jamais assez. C’était, et c’est un projet qui est ambitieux et se retrouver à avoir la confiance de quelqu’un comme lui dans un projet comme cela pour s’occuper de tout ce qui est recrutement était une grande marque de sa part. Donc, ça a plutôt été une fierté puis ensuite, dans un club comme l’ASBH avec ses 11 titres, de rencontrer les gens que j’ai rencontré, surtout le peuple biterrois et les supporters qui sont vraiment exceptionnels, ça a été deux mois très, très, très intenses. 

 

J’imagine qu’il y a eu des hauts et des bas mais on va d’abord commencer par la genèse. Comment ce contact s’est-il fait ? C’est Christophe Dominici qui prend le téléphone et qui t’appelle pour te dire :  » J’ai un projet. Benben, tu veux en être ?  » ? 

 

J’ai toujours eu contact avec Christophe depuis pas mal de temps et le fait qu’il commentait pour L’Equipe 21 a fait que nous nous sommes encore plus rapprochés. On a toujours plus ou moins échangé sur le rugby, sur comment on voyait les choses et, à la suite de ces échanges, il m’a proposé dans un premier temps de l’aider pour ensuite me demander de le rejoindre complètement dans ce projet. C’était merveilleux et, d’ailleurs, c’est toujours merveilleux. 

 

Quand tu as dû voir un tel projet, que certains ont comparé à celui du PSG avec les Qataris, c’était quelque chose de pharaonique avec de gros moyens, de grosses ambitions et surtout celle de ramener là où l’ASBH devrait être, à savoir au firmament du rugby français ? 

 

Je crois qu’au départ, c’est surtout un coup de cœur de Mr Ben Romdhane pour ce club et surtout pour cette ville. Quand il a été contacté, il est vraiment tombé amoureux du club et surtout des gens et des supporters. Donc oui, ça a été fort, ça a été intense comme tu le dis et la genèse de ce projet est d’abord une rencontre et ensuite, la rencontre de Christophe avec Mr Ben Romdhane puis avec les Biterrois qui a fait que ce projet est parti. Il est sûr que ça a été une saga et que ça a fait réagir pas mal de gens mais ce n’était pas tant que ça sur l’aspect financier. Bien sûr, nous avons besoin de moyens, bien sûr qu’il ne faut pas être hypocrite et qu’on sait qu’aujourd’hui, pour avoir un grand club, il faut avoir des moyens. Mais, au sujet du recrutement, puisque j’étais à la genèse du recrutement avec Christophe, il y a plein de choses qui ont été dites qui étaient fausses. Nous avons effectivement contacté des joueurs  » stars  » mais également des vrais joueurs de Pro D2 et surtout, quelques joueurs de Fédérale 1 qui avaient de grosses qualités. Donc, la base du projet n’est pas tant l’argent mais c’est le cœur : c’est qu’a fait Mr Ben Romdhane au départ avec Christophe, c’est ce que Christophe a fait ensuite avec moi puis ce que nous avons essayé de faire dans notre projet de recrutement et notre projet de club. 

 

Est-ce que tu penses que la lessiveuse médiatique et la surenchère qu’il y a eu dessus ont participé à faire capoter ce projet ? 

 

Oui, il est certainement vrai qu’à un moment donné, ça a été un peu loin. C’est vrai qu’il y a eu pas mal de choses, comme tu l’as dit, ça a été la saga de l’été. Il n’y avait pas un article qui sortait dans un journal spécialisé que l’on connaît bien sans qu’on parle de Béziers. Il y a un proverbe qui dit  » pour vivre heureux, vivons cachés  » et effectivement, il est sûr que qu’on mène des négociations, ça a fait le buzz médiatiquement, c’est une certitude. 

 

On a quand même vu ensuite qu’il y avait quasiment une guerre entre deux clans : les anciens dirigeants et le projet auquel tu participais. Ce mano a mano, ce bras de fer, ont aussi dû être éprouvants ? 

 

Il y a des choses que je maîtrise et d’autres que je ne maîtrise pas donc je me suis surtout concentré sur l’aspect sportif. Encore une fois, ma mission avec Christophe était de bâtir une équipe compétitive pour pouvoir essayer de jouer la montée en Top 14. On sait que c’est compliqué, surtout quand tu es en Pro D2 qui est un championnat très difficile donc, je ne me suis pas trop occupé de tout ce qui s’est passé à côté. Il est sûr qu’à un moment donné, il y avait une opposition mais sincèrement, je te dirai des bêtises donc, quand on ne sait pas, il vaut mieux ne pas s’exprimer. Il y en a trop qui se sont exprimés sans savoir. 

 

On te connaît, on sait que, quand tu fais les choses, tu les fais à 200 voire à 300%, tu as entre autres quitter Périgueux pour t’occuper à 300% de ce projet Béziers. Maintenant qu’il ne se fait pas, tu dois quand même avoir une certaine amertume ? 

 

Non, pas du tout, je n’ai aucune amertume. J’ai l’habitude depuis pas mal de temps, et depuis que je suis dans ce métier et que je fais ce sport, d’assumer ce que je fais. Je remercie encore une fois Didier Casadéï et Francis Roux qui ont été supers avec moi, qui m’appellent toujours et me passent des coups de fil. Si j’ai choisi de partir pour le projet biterrois, c’est que je crois en ce projet et que, quelque part, c’était pour moi, non pas le tremplin idéal, mais le projet qui nécessitait une intensité totale de ma part et un travail au quotidien. Comme tu l’as dit, je ne voulais pas faire les choses à moitié donc j’ai préféré quitter le projet périgourdin après avoir quand même fait une grande partie du recrutement et avoir mis les choses en place. Je ne le regrette absolument pas, j’ai quand même une pensée pour quelques joueurs qui sont venus pour moi mais je suis certains qu’ils seront entre de bonnes mains avec Didier et qu’ils arriveront à leurs objectifs. 

 

Dans la presse ou même dans les médias en général, beaucoup ont jugé ce projet Béziers fantaisiste. Qu’aurais-tu à leur répondre, toi qui étais au cœur de ce dernier ? 

 

Je n’ai pas grand-chose à leur répondre, il faut les laisser parler, mon grand-père disait  » ceux qui savent se taisent et ceux qui ne savent pas parlent « . Donc, encore une fois, il faut quand même reconnaître que Béziers est une terre de rugby, c’est un endroit où on pense rugby, où on vit rugby, où on mange rugby. Ça a fait parler, trop à mon goût. Je pense que les gens qui voulaient reprendre le club sont des gens qui travaillent dans le calme et dans la paix, comme ils aiment à le dire. Je crois qu’après, il faut laisser aux gens la teneur de leurs propos et sincèrement, il n’y a pas besoin d’en dire beaucoup plus. 

 

Samir Ben Romdhane, Pons, Baillard te rappellent en te disant  » Benben, on a un nouveau projet « . Tu fonces les yeux fermés ? 

 

Christophe est en contact avec eux. J’ai bien évidemment une entière confiance en eux comme en Christophe. Dans la vie, il y a ce que l’on est, ce que l’on veut et la représentation que l’on nous donne. Et je trouve que l’on a donné une mauvaise représentation de ces gens, qui sont vraiment des gens très bien, là-dessus, tu peux me faire confiance et notamment Mr Ben Romdhane, Mr Baillard et Christophe Dominici que je ne remercierai jamais assez. Mais aussi les gens que j’ai pu rencontrer à Béziers : Eric Freitas, le président de l’association,  » Papy  » Faure, des gens qui sont des amoureux de ce sport et qui ont des vraies valeurs. 

 

Maintenant, comment s’inscrit l’avenir de Benjamin Bagate ? 

 

Il est d’abord de se ressourcer tranquille, d’être bien en famille avec des amis qui viennent me voir et passer du bon temps avec eux, m’occuper aussi de mes enfants, qu’ils fassent une bonne rentrée scolaire pour que tout se passe bien et puis, comme je le dis, ce n’est que du rugby. J’ai eu quelques sollicitations mais sincèrement, je ne me vois pas du tout replonger dans l’immédiat, en tous cas, pas dans le mois qui arrive. Je ne me vois pas me replonger dans autre chose que ce projet que j’ai dans la tête. 

 

On sait que tu as un club de cœur qui est Albi. On a vu qu’il y avait un nouveau partenaire / sponsor, également un brin mécène qui arrive au Sporting, Philippe Ginestet. Qu’est-ce que cela t’évoque ? 

 

Ca n’évoque que du bien, je l’ai déjà dit, la place d’Albi est en Pro D2. On sait qu’aujourd’hui, Albi avait besoin d’argent, on sait que la connivence d’Arnaud Méla avec Mr Ginestet a fait qu’il a réussi à faire venir ce monsieur qui connaît bien le sport de haut-niveau dans ce club. J’espère simplement qu’il sera bien accueilli et qu’Arnaud n’aura pas à regretter le fait de l’avoir fait rencontrer aux dirigeants et qu’il sera adoubé par le public albigeois mais ça, j’en suis sûr, et par les dirigeants actuels. A un moment donné, il faut se rendre à l’évidence que la mairie ne pourra pas tout le temps, tout le temps couvrir le Sporting et qu’une personne comme ça, de par ses relations d’abord et de par son vécu, peut amener quelque chose d’extraordinaire à cette ville et à ce club avec tous ses bénévoles et tous ses supporters qui le méritent tant. 

 

Question bonus : on sait qu’il y a quelqu’un qui compte beaucoup pour toi et qui est un ami, le président de la Fédération Française de Rugby Bernard Laporte. Tu as du temps à tuer, lui est en pleine campagne électorale, ça ne te donne pas envie d’aller lui donner un coup de main ? 

 

Comme tu l’as dit, Bernard est quelqu’un qui fait partie de moi, je l’ai toujours connu. Il est arrivé à Bègles quand j’étais tout petit, c’est quelqu’un pour qui j’ai énormément de respect. Et, s’il faut lui donner un coup de main, évidemment que je lui donnerai, évidemment que je le soutiens, évidemment que je serai à fond derrière lui. C’est normal, lorsqu’on est ami avec quelqu’un, on le soutient. 

 

Ça ne m’étonne pas de toi, je connaissais quasiment la teneur de la réponse. On va te souhaiter le meilleur pour l’avenir, déjà de bien te ressourcer et puis surtout, de nous faire un joli rebond comme seul le rugby peut en connaître

 

C’est gentil, le plus beau rebond est déjà avec les miens et de passer du bon temps. Le téléphone a beaucoup sonné, un peu moins ces derniers temps mais cette période m’a au moins permis de voir qui était vraiment sincère avec moi. Je pense que je ne me suis pas trompé sur mes amis et sur le fait de me recentrer sur eux et surtout sur ma femme et mes enfants qui m’ont suivi et m’ont soutenu depuis pas mal de temps. Donc, je les remercie encore une fois parce que c’est important. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-7-aout-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Benjamin Bagate lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 7 août 2020

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