#Football – Arbitrage entre vocations et critiques constantes pour Youenn Rollin

Quel supporter de football n’a jamais été tenté de crier « Arbitre Enc*** » n’appréciant pas le jugement de l’homme en noir lors d’une action. Souvent mis en porte-à-faux pour la moindre erreur humaine, les arbitres n’en restent pas moins des fans de sport qui veulent faire vivre cette passion. C’est un peu le cas de Youenn, jeune arbitre de 17 ans en Ligue Nouvelle Aquitaine dans les catégories jeunes et féminines…

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Comment en êtes-vous venu à endosser le maillot noir pour arbitrer des rencontres ?

J’ai commencé à 12 ans en gardien de but dans un petit club du bassin d’Arcachon, la Jeunesse Sportive Teichoise et ce jusqu’à l’âge de 15 ans. A mes 13 ans, le président de mon club, m’a proposé de passer une formation pour devenir arbitre officiel. Je n’ai pas hésité et dis direct oui. J’ai fais ma formation lors d’un week-end au centre de football au Haillan pour ensuite passer mon examen d’arbitre. J’étais lancé dans cette aventure.

Une aventure qui si je ne me trompe n’est pas prête de s’arrêter en si bon chemin…

Non c’est sûr. Durant la saison 2018-2019 on m’a proposé de passer jeune arbitre de ligue, pendant trois-quatre mois, des cours théoriques tout les vendredi soirs jusqu’à l’examen final que j’ai réussi autant sur le théorique que sur le physique. Maintenant, je suis candidat Ligue pour la Ligue Nouvelle Aquitaine. Je devais passer en Ligue mais avec l’arrêt de la saison les observations sont reportées à la saison prochaine. J’espère dans les années à venir passer JAF, Jeune Arbitre de la Fédération.

L’arbitrage ce n’est pas forcément la première vocation foot vers laquelle on se tourne. Qu’est-ce qui vous a directement motivé pour prendre le sifflet ?

Premièrement la passion du football qui réunit joueurs et arbitres ! Et aussi le fait de voir le match sous un angle différent de celui du joueur. J’étais le premier à critiquer les arbitres en tant que joueur et supporter…

Une pratique qui a du s’estomper avec ces nouvelles responsabilités…

Oui. Être arbitre, ça permet de prendre du recul sur le jeu, et je m’en veux d’avoir critiqué les arbitres parce que c’est très compliqué. Même à la télé quand l’arbitre siffle contre mon équipe favorite et bien j’essaye de comprendre au lieu de critiquer.

La critique c’est justement un peu le pain quotidien du corps arbitral. Avez-vous déjà subit de grosses critiques lors d’une rencontre ?

Oui plusieurs fois même ! Pour moi c’est le supporter le pire. A entendre c’est plutôt drôle, on ne va pas se le cacher mais ça donne envie aux joueurs de faire pareil, sauf lorsque certains entraîneurs calment les supporters, mais c’est très rare. L’année dernière en coupe j’ai eu une rencontre assez compliquée. A la neuvième minute, je sors un carton rouge pour le numéro 9 local pour insultes vulgaire à un adversaire juste sous mes yeux. Dans la foulée, je sors un carton jaune au coach pour contestation. Quelques jours après je reçois un message vocal sur Messenger en me menaçant de me retrouver avec toutes les insultes existantes. J’ai prévenu le district non pas par peur mais juste pour lui montrer que nous sommes des êtres humains aussi et que nous n’avons pas à nous faire insulter comme ça surtout sur les réseaux… Ça a finit avec trois matchs de suspensions pour le carton rouge auxquels se sont ajoutés neuf matchs pour menace à officiel sur les réseaux.

De tels comportements si extravagants vous ont-ils donné envie de raccrocher ?

Non jamais, après, il y a des matchs où tu n’as qu’une envie c’est arrêter et siffler la fin du match. Mais tu te reprends vite. Si tu arrêtes d’être arbitre, tu leur donnes raison.

Actuellement vous arbitrez des rencontres de jeunes et de féminines. Voyez-vous des différences entre ces deux catégories ?

Les féminines j’ai fais deux matchs R1 en touche. Ça râle beaucoup plus mais c’est beaucoup moins vulgaire que les hommes attention ! Pour les jeunes, on voit la différence entre certains clubs : clubs de Ligue, de district, pros amateurs. Les clubs pros comme les Girondins par exemple, eux ne râlent jamais.

Des fois les excès des personnes sont dues à des erreurs arbitrales. Comment gère-t-on d’avoir commis des boulettes ?

Ça arrive. quand un joueur rate une passe c’est une erreur aussi, après sous certains angles on ne peut pas tout voir. Le public peut voir une main flagrante dans la surface et l’arbitre a un joueur juste devant lui. Voilà la raison pour laquelle nous sommes trois sur un match et pourquoi ils ont la VAR chez les pros ! Après moi quand je fais une petite erreur, sachant que tu ne peux pas revenir dessus, je m’excuse et généralement ils ne disent rien. Après si tu fais trop d’erreurs, il faut mieux apprendre les règles du foot (rires).

On a tous en tête l’image du corps arbitral au rugby. Rares sont les contestations dans l’ovalie. Comment pourrait-on en faire de même au football ?

Faire des interventions sur l’arbitrage dans tous les clubs, interventions faites par des arbitres du club ou du district. Pour moi les joueurs qui frappent les arbitres devraient tous être suspendus à vie et pas seulement dix ans ! Il faut prendre exemple sur le rugby, chez eux l’arbitre est bien plus respecté qu’au football. Il existe le carton blanc pour exclure temporairement au rugby notamment pour contestations.

Propos recueillis par N.Portillo

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